Le lycée ne connaît pas la crise


Jour tranquille au lycée de Moissac, comme hors du temps en ce mercredi pluvieux d’octobre. La bâtisse, toutes grilles fermées, semble endormie. A croire qu’ici on n’occupe pas, on déserte. François Mitterrand ne semble pas concerné par la colère lycéenne. Pas de cris, de fureurs, encore moins de flammes, pas même un petit slogan, une pauvre revendication, un mot sur les maux sensés turlupiner cette jeunesse. C’est à y perdre son latin.

Quand la France entière se sent sur des charbons ardents, parle de rapports de force, rêve de convergence des luttes, Moissac traîne son ennui comme un cartable trop lourd. La jeune génération ne semble pas prête à suivre le mouvement. Pas encore en tout cas ! Reste qu’il y a quelque chose d’incompréhensible dans ce retard à l’allumage, voire cette apathie, même si, il faut bien l’admettre, chacun fait comme il le sent et d’ailleurs rien ne dit que demain les choses ne pourraient pas changer.

J’avoue cependant que cette situation me questionne. N’y a-t-il aucun problème au lycée : pas de classes surchargées, pas de profs absents, pas d’emplois du temps impossibles ? Manque-t-il une ou un leader capable de fédérer les petites colères ravalées jour après jour ? J’en viens même à me demander, mais je divague, si la situation politique locale n’y serait pas pour quelque chose. A moins que pour marquer une fois encore son éternelle différence, Moissac se garde de mettre ses pas dans ceux de Castelsarrasin, où les lycéens n’ont pas hésité à se faire entendre. Quand l’écume des jours sera retombée, il faudra bien tenter de comprendre.

6 réflexions sur “Le lycée ne connaît pas la crise”

Votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.