Sénatoriales : Barèges barrée, la gauche explosée


« Je n’étais peut-être pas la bonne candidate » confie benoitement à la Dépêche Brigitte Barèges défaite par ceux-là même qui l’avaient faite reine. Mais que se passe-t-il dans l’extrême droite Tarn-et-garonnaise ? En se maintenant coûte que coûte au second tour, le RN Quentin Lamotte, par ailleurs directeur de cabinet de Romain Lopez, maire RN de Moissac, savait parfaitement qu’il condamnait Brigitte Barrèges à mordre la poussière. Impensable il y a encore quelques mois, alors que les figures de l’extrême droite départementale faisaient copains-copains, prêchant chacune à leur manière pour le rassemblement de ce pôle radical. Mais dans une élection où la personnalité du candidat compte au moins autant que ses orientations politiques, ce coup de Jarnac raconte plus un antagonisme, une inimitié personnelle que l’affirmation d’un choix doctrinal. Le RN a-t-il décidé de siffler la fin de partie pour celle qui fut députée, et maire de Montauban, avant de devoir renoncer à se représenter à la municipale par décision de justice ? Ne serait-elle plus fréquentable aux yeux des Lepénistes ? Plus le bon profil ? 

Cet échec ferme en tout cas l’horizon politique de Brigitte Barrèges réduite dans le meilleur des cas à jouer la pythie, au pire, sans aucun mandat électoral, à faire de la figuration.

L’autre enseignement de cette élection, c’est au moins pour ce qu’il en reste, une gauche et un centre gauche introuvables, émiettés façon puzzle, incapables de s’entendre dès le premier tour sur une candidature susceptible de tenir la dragée haute à la droite. Ce marais a paraît-il des valeurs qu’il s’empresse à la première occasion de fouler aux pieds. Les écuries bien décaties ont voulu compter leurs petits chevaux… Et après ? Après c’est la bérézina ! La candidate la moins mal placée, restée en lice après d’interminables palabres avec « ses camarades » améliore à peine son résultat de premier tour. Preuve que là aussi, il y a quelque chose qui cloche. Dur, dur !

Anne Ius, PRG, c’est d’elle qu’il s’agit, a été lâchée en rase campagne, par nombre de grands électeurs dont elle pouvait espérer les suffrages. Qu’importe d’ailleurs à cette gauche déboussolée si la droite sort renforcée de l’épreuve, Pierre Antoine Lévi et François Bonhomme conservant et de quelle manière, leur siège de sénateurs ! Les modérés, la gauche dans la splendeur éteinte de ses composantes, perdent mois après mois leurs positions dans le département. Il est vrai que tourner la page d’un certain radicalisme, s’émanciper de Jean Michel Baylet est une tâche longue et difficile surtout quand le bataillon des bougons, des fâchés et des arrivistes peine à se trouver un chef, une figure de proue, capable de remettre de l’ordre dans les rangs. Alors dans son journal, le maire de Valence d’Agen en appelle une fois de plus au rassemblement. Mais au train où vont les choses, il y a fort à parier que sa voix aura du mal à être entendue.

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