Moissac: dimanche de marché

Ils sont sympas les Moissagais du marché. Indifférents, amusés, curieux aussi, mais jamais agressifs ou vindicatifs à l’égard des militants qui ce matin se faisaient concurrence place des Récollets. Et pourtant, ils étaient nombreux à aborder le chaland, à titiller le citoyen pour l’intéresser qui à Macron, qui à Hamon, qui à Albugues.

Vous avez dit Albugues? Un nouveau candidat à la présidentielle? Que nenni! Juste un candidat LR à la députation, sur la 2° circonscription!  Avec celle qui sera sa suppléante, Maïté Garrigues, adjointe à la mairie de Moissac, le jeune Conseiller départemental distribuait à qui voulait son portrait. Jean Luc Henryot, l’adjoint à la sécurité était venu leur prêter main forte. La droite moissagaise dont on a vu ce matin quelques autres élus déambuler furtivement entre les étals, est en campagne. Le cocasse dans l’affaire, c’est qu’elle a allègrement zappé une élection, le scrutin présidentiel! Il y a c’est certain, comme un malaise chez les LR locaux qui éludent comme ils peuvent la question Fillon. « Le climat national n’est pas bon, heureusement au niveau local les choses sont différentes… » Tout juste si ces élus de droite ne taillent pas un costard de plus au pauvre (?) F. Fillon. Avec de pareils soutiens, il a de quoi se faire du souci!

Benoît Hamon était aussi sur le marché. Pas lui bien sûr. Ses militants qui proposaient par tracts interposés « la construction d’un futur désirable ». A la tâche, ce matin, des socialistes bien sûr, mais aussi quelques autres qu’on ne savait pas amis du Parti de la rue de Solférino. Etrange spectacle pour qui connait son petit monde politique! Par les temps qui courent, la politique va décidément cul par dessus tête. Car au même moment, sur le même marché, en escouade serrée, on pouvait voir des militants d’En Marche! distribuer le programme Macron. Un fascicule de 32 pages que ceux qu’Internet rebute pourront compulser tout à loisir. Et parmi les Marcheurs de ce dimanche, là encore, des socialistes! Cocasse non? C’est l’heure des migrations certes, mais c’est aussi dans l’univers militant, celle des remises en question.

Je ne suis pas sûr qu’après les élections le monde politique aura changé de face, mais je crois que nous vivons une séquence inédite, inquiétante de notre vie démocratique. Prenons deux cas emblématiques. Un parti, LR,  qui se déchire autour d’un candidat, qui vainqueur incontestable d’une forte primaire, tel Janus, révèle chaque jour davantage la face obscure de sa personnalité. Un autre parti, le PS, qui au terme d’une primaire conçue pour le Président sortant, se voit représenté par un frondeur dont le programme, qui vante la participation citoyenne,  n’a jamais été discuté par les sympathisants ou les militants. Certes, ces deux situations ne doivent pas être mises sur le même plan. L’une relève de la probité et de la nécessaire exemplarité, l’autre d’un simple dysfonctionnement démocratique, qui au final concerne d’abord les encartés du parti. Néanmoins, elles jettent le trouble, elles questionnent notre démocratie, les promesses des candidats, auxquelles nombre d’électeurs ont du mal à croire. Et ils ne se privent pas de le dire sur le marché et ailleurs.

Tout cela serait après tout banal, s’il n’y avait une énigme, celle du FN. Voilà un parti  dont la candidate utilise l’argent public pour faire tourner son petit commerce, se moque comme d’une guigne des procédures judiciaires, tout en prétendant imposer dans les banlieues et dans les campagnes l’ordre républicain. Et malgré tout cela, voilà une candidate qui échappe à la critique, à la suspicion populaire et parvient à se faire passer pour le chevalier blanc. Le « tous pourris » qu’on entend quelquefois sur le marché, ne la concerne pas, ne l’égratigne pas. Elle surnage! Comme si en guise de futur désirable, l’envie de renverser la table, de faire la nique à la classe politique, était plus fort que tout, rendait soudain sourde et aveugle une partie, une bonne partie de la population. Les digues sont en train de se rompre dans bien des têtes, pendant que la gauche, du rose pâle au rouge profond, se livre avec délectation à son sport favori: la détestation mutuelle.

Les militants de ce dimanche matin, sur le marché de Moissac l’affichaient plus conviviaux. De la gauche à la droite, on se parle. « C’est pas comme à Montauban » expliquait un rescapé des campagnes électorales. Un autre, rappelé soudain à la réalité locale s’interrogeait tout à trac: « Mais où est Sylvia Pinel? ». Et c’est vrai, depuis la primaire de la »Belle alliance », on ne l’entend plus, on ne la voit plus! Est-elle encore candidate dans la deuxième circonscription? Et sous quelle casaque? Réponse peut-être mercredi  15 mars, lors du Comité directeur du PRG.

N.B.

J.M. Baylet serait sur le point de se rallier au panache d’ E Macron. L’entourage du candidat répond que chacun fait ce qu’il veut, mais qu’il ne peut y avoir ni négociations, ni accords d’appareils.

Moissac: samedi de marché

Est-ce à cause du vent fripon qui soulevait parapluies et jupons, ou de l’humidité qui tombait raide et froide sur les marchands et chalands, le fait est que ce samedi matin le marché était morose? Petit marché dira pour s’excuser la mairie. Pauvre marché lui disent depuis quelques mois les Moissagais! Même les militants, de Macron et de Mélenchon, qui très tôt battaient de la semelle place des Récollets, ont dû assez vite battre en retraite devant une telle adversité.

Mais à moins de deux mois  d’un rendez-vous majeur dans notre vie démocratique, l’élection présidentielle, les giboulées ne sont pas que climatiques. Les électeurs, à leur corps défendant, racontent leur jugement sur l’époque et ses dirigeants. Il y a ceux qui slaloment pour éviter la rencontre avec les distributeurs de tracts, qui tournent la tête de peur de croiser un sourire ou un simple regard, qui se bouchent les oreilles pour n’avoir pas à répondre, qui disent ainsi leur aversion pour la politique, peut-être aussi leur crainte d’avoir à se situer, à choisir dans une période qui avouons-le tourneboule jusqu’aux têtes les mieux faîtes.

Les plus hardis s’arrêtent quelques secondes, pour dire tout le mal qu’ils pensent de la période, des hommes politiques, des partis. Pour dire qu’ils ne voteront pas ou blanc, ou qu’ils voteront Marine, une soudaine familiarité qui au passage renseigne sur leurs sentiments à l’égard de  la dame de Montretout, D’autres qui déplorent le climat ambiant, ne veulent plus entendre parler des affaires, ont leur petite idée sur cette soudaine crise d’urticaire, et fatalistes mettent dans le même sac, élus de droite, de gauche ou d’ailleurs. Il souffle comme un vent mauvais entre les étals du marché. Là se mesure la crise démocratique, la fracture entre élites et citoyens ordinaires! On y perçoit comme une pulsion qui monte du profond des terroirs et qui s’accommoderait volontiers, comme le malade d’une purge salvatrice, d’un autoristarisme, d’un dégagisme prônés par les extrêmes.

Parfois malgré tout le dialogue se noue. Avec les plus convaincus, avec ceux qui se savent d’une famille politique et veulent en excuser les incartades, jusqu’au bout. Du coup, pour certains à droite, Fillon passerait presque pour une victime, qu’on plaint et dont on apprécie par dessus tout le programme. On admet du bout des lèvres le problème Pénélope, pour aussitôt contre-attaquer: « Pourquoi ça sort maintenant, et les autres, ils font tous ça… » Sonnés, comme le boxeur dans les cordes, les électeurs de droite tentent de se dégager, en attendant la manif du Trocadéro dont ils espèrent secrètement le salut.  A gauche, au PS, Hamon, qui n’est pas tourmenté par les affaires, a ses irréductibles. On lui passe tout, les petits arrangements avec les Verts, comme ses embarras de campagne. On revendique un vote identitaire. La famille rêve d’ « Avenir désirable ». Un point c’est tout. Agacé, un quinqua qui tire un caddie assume: « je vote Hamon, basta, au second tour, on verra bien » Comme si le risque FN,  tant de fois rabâché par les ténors socialistes, n’était plus un argument.  A ce stade, l’histoire bégaie. En 2002, on sait ce qui arriva à Lionel Jospin et à la France.

Macron n’est pas -pas encore – le plus applaudi sur le marché. Certains s’accommodent assez mal des jugements du candidat sur la colonisation. Comme une résurgence très marginale de la culture « Pieds noirs ». En revanche la hausse annoncée de la CSG  n’est pas passée inaperçue. Les retraités s’inquiètent, les plus modestes qui en dessous de 2000 euros de pension ne seraient pas concernés, doutent de la mesure. La suppression de la taxe d’habitation pour les catégories sociales les moins fortunées en laissent certains dubitatifs: « les plus pauvres sont déjà exonérés » affirme une dame qui se dit proche des idées de Mélenchon. Il y a du vrai, la mesure concerne les autres, la strate au dessus comme disent les sociologues. Au total, cela pourrait toucher 80% de la population. Observateur attentif de la situation française, un citoyen suisse, résident secondaire à La Mégère, s’interroge: « les communes vont-elles récupérer le manque à gagner? » Bonne question. Le candidat s’y est engagé.

Vers midi, un coup de vent plus fort que les autres, balaie les dernières velléités militantes, fracasse sur le sol quelques parapluies mal arrimés, disperse les chalands retardataires et sonne la fin du marché. La météo n’annonçait pas meilleur temps pour le dimanche!

 

 

Présidentielle: un choix de raison

Le Pen menace les fonctionnaires. La dame de Montretout se laisse aller. Au passage, elle se démasque. Sous les sourires adressés à la classe ouvrière et aux travailleurs en général, pointe le museau de l’extrême droite, d’un pétainisme ripoliné, d’une sorte de fascisme qui attend son heure.

Le Pen, père, fille, petite fille, c’est la même culture, la même histoire, avec juste des sensibilités différentes. Une sorte de partage des tâches ! Mais au final le même projet. Prise la main dans le pot de confiture, Marine Le Pen, comme François Fillon d’ailleurs, crie au complot, veut y voir la main du pouvoir socialiste. Pourquoi pas celle du complot judéo maçonnique, ou islamo-gauchiste ?

Il est pour le moins stupéfiant de constater que des candidats à la fonction suprême, qui pourraient demain être les garants de la loi, dont on est en droit d’attendre un minimum d’exemplarité, s’exonèrent aussi facilement de toute obligation, se déclarent intouchables. La loi et ses rigueurs, c’est fait pour les autres, les petits, les sans grade, les immigrés… Arrogance de caste, privilèges de nantis.

Emplois fictifs, sociétés écrans, surfacturations, fausses déclarations,  le FN n’y va pas avec le dos de la cuillère, persuadé que plus c’est gros et plus ça passe. Et digne héritier de l’extrême droite du siècle dernier, (les fascistes sont arrivés au pouvoir par la voie légale), il fait son beurre sur le dos de l’Europe, une des structures démocratiques qu’il voue pourtant aux gémonies.

C’est pourquoi, en avril et mai prochain, nous n’avons pas droit à l’erreur. Ni Le Pen, ni Fillon ! Au moment où l’on apprend qu’il n’y aura ni accord, ni alliance entre B. Hamon et JL. Mélenchon, il faudra faire le bon choix. Par défaut ou par adhésion, peu importe au final. Car il est trop tard pour avoir des regrets, encore moins des remords.

Et pourtant, on a le droit d’en avoir, et même de la colère. Eclatée, ravagée par de fausses querelles idéologiques, la gauche historique est déjà hors jeu, impuissante en l’état à peser sur le cours des choses. Pas une de ses composantes n’a droit aux circonstances atténuantes. Le PS dont nombre d’éminences ont inventé la Fronde républicaine, a, cinq ans durant, géré son capital d’élus, incapable de travailler sur le moindre programme, spectateur contrit des joutes au sommet de l’état. Ce parti, mon parti, a pris ou soutenu, toutes les mauvaises décisions, la première étant d’imaginer qu’un Président de la République sortant puisse participer à une primaire comme n’importe quel autre candidat à la candidature. Arrogant, il a dénoncé le départ de Macron du gouvernement, comme une trahison (ah Brutus !) au service d’une aventure personnelle. Double erreur encore ! Mais dans le même temps il a snobé les Insoumis, estimant à juste raison, qu’un bout de chemin ensemble était impossible. Mais alors, pourquoi faire semblant aujourd’hui, pourquoi ce jeu du « tu veux ou tu veux pas ? » qui décourage et fait fuir une bonne partie des sympathisants ?

Et puis, il y a les deux satellites qui se sont abimés dans un dilemme shakespearien

Le PCF, partenaire traditionnel du PS. Idéologiquement il en pince pour les Insoumis, mais le réel étant ce qu’il est, s’il veut sauver les quelques collectivités qu’il dirige, il va devoir faire ami-ami avec les socialistes. Cette situation plus qu’inconfortable n’aura échappé à personne et surtout pas aux électeurs. Les Verts qui de leur côté ont claqué la porte de l’actuelle majorité parlementaire, ont voulu jouer les francs-tireurs. Refus de participer à la primaire de la gauche dite « La Belle alliance », désignation par vote interne d’un candidat à la présidentielle, puis virage à 180%. Le candidat vert qui proclamait urbi et orbi qu’il avait toutes les raisons de porter seul le message écologique, s’en remet au sortir de quelques restaurants, au candidat socialiste, il est vrai ex frondeur. Cette soudaine conversion ne serait pas étrangère à un bon cassoulet, en l’occurrence quelques circonscriptions, permettant aux Verts, si les dieux des urnes ne leur sont pas trop défavorables, de constituer un groupe parlementaire. C’est capital, car ça fait vivre le parti !

Enfin, il y a les Insoumis et leur chef. Ils partagent un même objectif : démolir le PS, tuer politiquement les sociaux démocrates, faire « dégager » les sortants. Irréconciliable, ce populisme veut avancer, seul, mais il fait du surplace.. On mesure ainsi à quel point étaient vaines, voire pitoyables les démarches de B. Hamon qui a fini par comprendre.

Triste spectacle, terrible constat d’une gauche en miettes, qui ne se résout pas à sa mue, qui n’ a pas su gérer le temps, aller à la rencontre des citoyens, mettre les egos sous le boisseau, incapable en définitive de répondre politiquement aux évolutions de la société. Comme dit la chanson, « c’est comme ça » ! Mais, une fois passée la présidentielle, le paysage politique Français ne sera plus le même. Une douloureuse période de recomposition s’ouvrira. Très vite ! A gauche, mais aussi à droite !

 

Et si c’était Macron!

« En Marche » dispose dorénavant de deux comités locaux, un à Castelsarrasin , l’autre à Moissac. Ce comité, pour la première fois, s’est réuni autour d’un apéro. Ses militants sont issus de divers horizons professionnels ou géographiques, pour certains de familles politiques différentes. Tous ont d’abord explicité leurs parcours. Comment en étaient-ils arrivés là ? Qu’est-ce qui pouvait bien les réunir, leur donner l’envie d’aller de l’avant, ensemble ?

A l’évidence, c’est la situation politique, extraordinaire au sens plein du terme, jamais vue depuis un demi siècle, qui a poussé quelques Moissagais, comme près de 200 000 autres citoyens, à chercher un chemin, à se donner des raisons de ne pas désespérer. De la politique, de ce pays et peut-être d’eux mêmes ! Ceux-là ont dû changer de lunettes, revoir leurs grilles de lecture, tenter de ne plus regarder le monde en noir et blanc. Ils aiment les couleurs. Ils craignent la chimère, mais savent comme tout autre faire la part du rêve : Liberté, Egalité, Fraternité.

La devise de la république est trop souvent à la peine, dans les quartiers, dans les territoires ruraux. Elle a ces derniers temps du mal à s’incarner. Pour conjurer ce mauvais sort, ils ont parié sur le mouvement. En quelques mois, partie de rien, « En Marche » s’est imposée comme une composante centrale du paysage politique. Sorte d’OPNI, d’objet politique non identifié ! Rares sont les commentateurs qui l’avaient vu venir. Et pourtant, elle est là, elle grossit, se ramifie, elle brouille les cartes, elle séduit jeunes et moins jeunes par sa modernité, son inventivité militante, sa démocratie participative qu’avait esquissée en son temps et avec des moyens moins étudiés, Ségolène Royal. Pour y parvenir, les Marcheurs se sont choisis un candidat, Emmanuel Macron, sans passé politique, même pas élu quelque part, la tête bien faite et pourtant bien pleine. Mais un bleu ! Une bulle prophétisaient les vieux briscards ! Il est vrai que l’homme dérange. Sa seule existence met en émoi le sérail politique. Certains, qui ont l’argument court et ne sont pas à une contradiction près, dénoncent un agent de la Finance. Les mêmes qui ont voulu faire d’un simple trader imprudent, le chevalier blanc de la lutte contre le système.

Sarcasmes et railleries n’ont pas eu raison à ce jour du phénomène, du cas Macron. Il trace ! Il ouvre une voie de crête, exigeante, en tout cas inédite. On peut s’étonner de son côté prêcheur qui cherche parfois ses mots, mais il ne s’embarrasse pas de promesses pour soulager les maux de notre société. Ce pragmatisme éclairé, ce progressisme bien tempéré, nourri des remontées du terrain, est peut-être une chance. Un avenir ! Il est à construire, collectivement

Car cette présidentielle, c’est de l’inédit, du spectaculaire, du grandiose, du tragique ! Voilà le FN qui fait la course en tête depuis des mois, pas très loin des portes du pouvoir ? Pauvres militants de toutes les gauches, l’auriez-vous cauchemardé il y a encore quelques années ? Voilà LR, son candidat, embourbé dans les sables mouvants du mensonge, victime de sa suffisance, et de son mépris de toute règle éthique. Auriez vous imaginé le père la vertu pris la main dans le sac?

Voilà les Insoumis qui sous la conduite de leur leader maximo affichent leur intransigeante superbe à 12% ! Auriez-vous imaginé le retour de Marchais sur les épaules de Chavez ? Voilà le PS, avec sa primaire désertée par ce président que tout le monde attendait et au final emportée par le troisième homme ! Auriez-vous imaginé que la mal nommée « belle alliance » consacre la victoire d’un frondeur minoritaire ?

Au train où vont les choses, la gauche estampillée, PS, PC, Verts et même Insoumis est dans l’incapacité de passer le premier tour de la présidentielle. Parce qu’atomisée, parce que ravagée par la sournoise bataille des egos. Reste pour inverser le cours des choses, E. Macron dont la démarche, et les propositions peuvent rassembler toutes celles et tous ceux qui, au déclinisme, préfèrent le progressisme.

Mais il faudra à E. Macron beaucoup d’application, un discours clair et incisif, des propositions puissantes et articulées, susceptibles de marquer sa différence, de baliser son projet. Il lui faudra aussi et surtout une mobilisation populaire, une adhésion sans faille qui sache rester critique. Nous ne cherchons pas, en tout cas moi pas, un homme providentiel, encore moins un gourou. Nous voulons un candidat crédible, porteur de nos espoirs, dans lequel nous puissions nous retrouver.

NI FILLON, NI LE PEN!

Si j’écris aujourd’hui c’est parce que je suis scandalisé de ce qui se passe à l’occasion de l’élection présidentielle de 2017
La qualité majeure d’un homme politique, candidat à n’importe quelle responsabilité locale ou nationale, me semble être nécessairement l’honnêteté personnelle. On ne peut diriger une collectivité quelle que soit son importance, imposer parfois des choix difficiles et être respecté, si la population vous considère comme malhonnête en ayant profité et abusé du système à partir des responsabilités qui vous ont été confiées par le suffrage universel.
C’est la raison pour laquelle je suis furieux de constater que, malgré les faits graves incontestables qui lui sont reprochés, M. Fillon persiste dans sa candidature. Les responsables et élus du Parti Les Républicains qui le soutiennent et savent, se discréditent aux yeux de l’opinion et leurs arguments qui ne trompent personne, contribuent à laisser penser à la population que la classe politique dans son ensemble est corrompue (« tous pourris »).
J’ai été député, parfois en même temps que M. Fillon, entre 1988 et 1993, et entre 1997 et 2002. J’avais comme tous les collègues que je fréquentais des bureaux dans la circonscription ouverts au public avec un assistant et une secrétaire parlementaires à temps complets, y compris le samedi.
Les citoyens, pour les raisons les plus diverses (remarques, revendications, demandes de conseils ou de soutiens, …), les syndicats, les associations, venaient au secrétariat parlementaire dialoguer avec l’attaché ou, s’ils le souhaitaient, sollicitaient une rencontre avec le député. Nous avons reçu ainsi des centaines de Tarn et Garonnais au cours du mandat. Je partageais avec d’autres députés un assistant parlementaire à Paris pour travailler sur les textes de loi et amendements.
Pour M. Fillon rien de tel, son assistante parlementaire et épouse, bien mieux rémunérée que n’importe quel autre assistant, restait au château, en pleine campagne, et son « rôle » était ignoré, y compris de tous les habitants de Sablé sur Sarthe, grande comme Moissac.
Un président de la république, avec ce passif, génèrerait des protestations, des manifestations, des émeutes à la moindre décision exigeant des sacrifices de nos concitoyens, qu’il ne se serait pas, d’évidence, appliqués à lui-même et à sa famille. Son programme, copié sur celui de Mme Thatcher, provoquerait souffrance et régression dans la société française et serait bien sûr impossible à mettre en œuvre avec l’image dont il n’arrivera pas à se défaire.
Le mode de scrutin aux élections présidentielles est en France ce qu’il est: seuls les 2 premiers arrivés en tête au 1er tour seront présents au 2ème tour. Je ne peux pas accepter le cas de figure d’un 2ème tour avec M. Fillon et Mme Le Pen. Ce choix impossible et en tout cas dramatique pour notre pays, ne doit pas se produire.
La situation n’est pas simple pour les autres candidats, et peut faire hésiter nos compatriotes, mais personnellement, je voterai pour celui dont j’estimerai qu’il peut être présent au 2ème tour en dehors de M. Fillon et Mme Le Pen.
Si l’élection avait lieu dimanche, je voterais Macron, pour cette raison, malgré quelques interrogations.
Les choses peuvent évoluer au cours de ces 2 mois et ma décision sera prise quelques jours avant l’élection mais ma détermination est claire, forte et irréversible: NI FILLON NI LE PEN!

Jean Paul Nunzi

Moissac : le chouchou de l’état

La mairie qui dans une note interdit tout contact à ses agents avec « la presse ou les blogueurs » (sic) a bien du mal à communiquer avec les élus. A plusieurs reprises, au cours du dernier conseil, nous avons dû lui rappeler que pour se prononcer sur un projet, il faudrait que les élus disposent d’une présentation claire, plans, maquettes en 3D ou tout autre élément, qui permettent d’en visualiser l’importance.

Le réaménagement de L’ABBATIALE qui sera le plus gros chantier de la mandature, près de 5 millions d’euros, vise à augmenter la fréquentation du site. L’accueil sera reconfiguré, de nouvelles salles d’exposition ouvertes et des animations proposées à un public aujourd’hui très exigeant. Des plans, des maquettes auraient permis de mesurer l’ambition de ce projet. Nous n’avons eu droit qu’à quelques lignes et un tableau de financement, histoire d’autoriser le maire à partir à la chasse aux subventions.

Même problème avec l’aménagement de la RUE DE PARIS. Un chantier certes plus petit, 190000 euros estimés, mais qui aurait cependant mérité un éclairage plus précis. L’aménagement de la ville, son embellissement sont des facteurs de fierté pour les Moissagais et les élus. Il eut été plus respectueux de la représentation communale de ne pas la renvoyer à la lecture de la presse locale.

Les élus ont eu à se prononcer sur différentes initiatives concernant le CONTRAT DE VILLE. Il s’agit, rappelons le, d’une aide particulièrement importante de l’Etat, afin de permettre la requalification de certains quartiers (centre et Sarlac) et de soutenir les associations qui opèrent dans les domaines de la cohésion sociale, de la lutte contre les inégalités, voire du développement économique. Un emploi de chargé de mission a donc été créé pour coordonner chantiers et initiatives. La mairie a dégagé une enveloppe de 92000 euros pour financer quelque 24 projets. L’état donnera autant. Mais le plus surprenant dans cette affaire, c’est la faiblesse du chapitre « emploi et développement économique ». A peine 5 projets qui n’ont pas grand chose à voir avec l’activité économique. Les Moissagais n’auraient –ils pas d’idées ? Probablement pas ! Cette opération dont nous avons relaté sur ce site la mise en place a été mal préparée, mal expliquée, lancée in extremis avec des délais très courts. Pas étonnant dès lors qu’elle ne produise pas les résultats attendus. Dommage, car pour une fois, on ne pourra pas dire que cette indigence manifeste est la conséquence d’un manque de moyens. Jamais l’Etat ne s’est autant investi sur notre ville. C’est heureux ! Encore faut-il savoir saisir les occasions !

Pour l’OPAH, cela devrait le faire. L’opération actuelle qui vise à aider les propriétaires occupants ou les propriétaires bailleurs à améliorer leurs logements, se termine le 22 mars 2017. Depuis le début, en 2012, cette OPAH a permis de remettre en état 93 logements subventionnés pour un montant total de 815 000 euros et un coût global des travaux estimé à 2 millions 600 000 euros. C’est autant de retombées sur l’économie locale. Du coup, la mairie a décidé de prolonger jusqu’à la fin de l’année cette opération. Elle le peut. Elle y consacrera quelque 80 000 euros. Et si tout va bien, l’Etat, décidemment bon prince, va étudier avec la ville une nouvelle OPAH, dite RU pour « renouvellement urbain », plus adaptée aux problématiques de centre ville.

 

Soutien à Carole Delga

Les élus de Moissac, après ceux des Terres des confluences ont voté la motion suivante:

« Suite aux menaces de mort dont a fait l’objet la Présidente de la région Occitanie, le Conseil municipal de Moissac entend manifester sa profonde émotion. De tels comportements sont intolérables en démocratie. Les élus assurent Carole DELGA de leur entière solidarité »