Sainte Barbe se porte bien

Il y avait du monde pour la traditionnelle fête des pompiers qui pour la première fois se déroulait dans la toute nouvelle caserne de Fleury. Les volontaires venus de Moissac et de Castelsarrasin travaillent maintenant avec des professionnels ce qui ne va pas sans bousculer les habitudes. Par exemple, les tours de garde sont dorénavant postés, c’est dire que 24h sur 24, il y a des pompiers à la caserne de Fleury prêts à démarrer à la première alerte.

La féminisation progresse doucement: 16% des effectifs. On est loin de la parité, et il reste encore des organisations, et des comportements à faire évoluer pour convaincre les jeunes femmes d’embrasser la carrière. Pour autant, les vocations ne manquent pas. Les jeunes, filles et garçons, intègrent toujours plus nombreux les JSP (Jeunes sapeurs pompiers). Pendant 4 ans, ils apprennent le métier dans les centres de formation de Valence d’Agen, Montpezat de Querçy et Laguépie   (voir ici) … Et heureusement que la relève est en route car les besoins de la population augmentent d’année en année. Presque 3000 interventions par an pour le Centre de secours principal de Castel-Moissac dont plus de 80% pour venir en aide à des personnes.

Le « 8 » à tout faire

Pierre Mardegan, vice président du Service départemental d’intervention et de secours (SDIS)  a annoncé ce matin une petite révolution. premier département en France à tenter l’expérience, les Tarn-et-Garonnais disposeront bientôt en cas de besoin d’un seul numéro d’appel: le « 8 »

Le « 8 » va ainsi remplacer le 15 (Samu), le 17 (Police secours), le 18 (Pompiers), le 112 (numéro d’appel général) et surtout le 115 (Urgence sociale, en particulier pour les sans abris).

Une plateforme unique gèrera tous les appels, les usagers n’auront donc qu’un seul numéro à retenir (le »8″), ce qui reconnaissons le devrait nous faciliter les choses. Cette organisation sera expérimentale dans un premier temps et testée pour en évaluer l’efficacité, l’objectif étant aussi de réduire au maximum les délais d’intervention.

 

Toute une histoire

Je publie aujourd’hui, c’est d’actualité, le courrier d’une possible lectrice où il est question de retraite, de diesel, d’impôts et au final de cette existentielle question : comment être rural ? (J’ai volontairement raccourci le texte, par crainte cher lecteur de te lasser)

« J’habite une charmante bourgade. Jusqu’à aujourd’hui j’ai été épargnée par la maladie. Je suis donc dans la force de l’âge. Et J’ai beaucoup de chance, j’ai un mari, qui a un an de plus que moi et que le temps et le labeur n’ont pas trop abimé. A tous les deux nous touchons un peu plus de trois mille euros de retraite. Pas de quoi dîner tous les soirs chez les étoilés du Michelin, mais assez pour vivre correctement dans la maison que nous avons fini de payer il y a tout juste 10 ans, et où nos deux enfants sont nés.

Nous sommes des retraités actifs, engagés au service des autres. Mon mari est aux Restos du cœur, au club de rugby où il encadre des minots et moi je fais du soutien scolaire. Conseillère municipale, c’est mon premier mandat, je travaille sur l’animation, les fêtes et les activités culturelles de notre commune. Voilà, nous sommes des ruraux comme il y en a tant d’autres qui veulent rester vivants, les deux pieds dans la modernité.

Mais quand on habite la France profonde, c’est comme ça qu’ils disent à la télé, les choses ne sont pas toujours très simples, pas aussi évidentes que ces messieurs-dames des villes l’imaginent. Comment réserver un billet de train -il n’y en a plus beaucoup par chez nous- quand on n’a pas internet ? Comment faire sa déclaration d’impôts quand on n’a pas internet ? Je vous épargne la litanie. Le fait est que dans nos campagnes, comme jadis l’électricité, puis le téléphone, l’internet se fait désirer. Pas de réseau ou si peu ! Fracture numérique ! A propos de fracture, le voisin ne se remet pas de la sienne, à la jambe gauche. Pas de bol pour ce socialiste historique ! Il enrage, il n’a plus de médecin. Le dernier du coin est parti en Tunisie vivre une retraite de nabab. Le voisin, comme nous tous, n’a plus que l’hôpital pour se faire soigner. Plus de trente kilomètres à parcourir et des urgences transformées en dispensaire. Galère ! Et voilà qu’on nous dit que l’hôpital pourrait fermer, avalé par celui de Montauban. Le désert !

En centre-ville, les boutiques ferment les unes après les autres et à la mairie, on s’arrache les cheveux pour stopper l’hémorragie. Mais je me demande parfois si on n’est pas un peu tous responsables. Au bonheur des supermarchés, le grand commerce au milieu des champs ! Le béton et la bagnole. Le rêve des années Pompidou ! Les Glorieuses qui vendaient pas cher, la liberté au volant d’un diesel. Mais voilà que le carrosse se révèle citrouille empoisonnée. Particules fines. Elémentaire mon cher Watson ! Quand je démarre mon DCI, je pense à mes petits enfants. Et puis j’oublie, jusqu’à la pompe qui me dit qu’il va falloir arrêter les frais. Elle n’est pas la seule. Le gouvernement annonce des assurances plus chères, des contrôles techniques plus tatillons, des amendes plus lourdes…On nous roule, et à petite vitesse. A petit feu ! Du coup je me remettrais bien à la bicyclette s’il n’y avait pas toutes ces côtes dans notre beau pays de Serres. Avec ces économies je pourrais payer la CSG. Dommage qu’on ne soit pas assujettis à l’ISF, on aurait fait encore plus d ‘économies maintenant qu’elle est supprimée.

Certains soirs, quand la pluie tapisse la nuit, coup de blues. Sommes-nous les derniers des Mohicans, d’encombrants indigènes rescapés du monde d’hier ? Comme me disait mon mari, c’est parfois difficile d’être moderne, surtout quand la modernité semble nous faire grief d’exister. Mais trêve de jérémiades, à la gare ! Mamie va à la grande ville, embrasser ses petits enfants. »                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        s

 

Quand t’es dans le désert…(*)

Je suis prêt à prendre les paris : les déserts médicaux seront ici, en Tarn et Garonne, un des thèmes forts des prochaines campagnes des municipales et départementales. Ce dossier s’ajoute déjà à celui du CHIC. A Moissac, dans l’intercommunalité, on avait et on a toujours des craintes pour l’hôpital. Son avenir est en effet suspendu à plusieurs problèmes qui sont loin d’être réglés : le management que dénoncent les syndicats, les relations, dans le cadre du GHT (groupement hospitalier de territoire) vraiment compliquées avec Montauban, et… les difficultés de recrutement, chez les médecins comme chez les personnels soignants… (voir ici)  N’en jetons plus ! Jusque-là, le discours officiel, administration et majorité municipale réunies, c’était : « tout va bien, dire le contraire, c’est faire du tort à l’hôpital… » Comme si la politique de l’autruche allait régler les problèmes, par miracle !

Mais c’est de notoriété publique, l’hôpital peine à recruter. La médecine de ville, généraliste ou spécialisée, n’est pas mieux lotie. Voilà des mois que j’alerte dans ce blog et au cours des Conseils municipaux, sur ce problème, qui à en croire les Moissagais est une de leur préoccupation majeure. L’équipe municipale, maire en tête, reconnait, au détour des conversations, que la situation ne va pas en s’arrangeant. Elle vient, en s’exprimant dans la presse locale, d’en reconnaître la gravité.

Pour autant elle ne propose guère de solutions sur une question qui reconnaissons-le est pour une bonne part nationale. Certes, la com-com va construire une maison de santé à Saint Nicolas de la Grave. Mais elle est si peu assurée de l’efficacité du projet qu’elle conditionne le début des travaux à l’engagement écrit des professionnels de santé à s’y installer. Et elle a raison de prendre ses précautions! L’interview dans la Dépêche de la présidente tarn-et-garonnaise de l’ordre des médecins, révèle bien le corporatisme cadenassé d’une partie de la profession. En clair, il faut mieux payer les consultations, elle veut du « cash » (sic) mais refuse tout engagement, toute réflexion même,  comme si les médecins pouvaient s’exonérer de leur part de responsabilité dans l’apparition des déserts médicaux. Avec des partenaires de cette trempe, il faut bien l’admettre, il va être difficile d’avancer. Pour autant… il faudra bien ! Reste donc -une paille- à trouver les voies et moyens pour ouvrir nationalement et localement, la concertation!

(*) Titre d’une chanson de Jean Patrick Capdevieille

 

2020

La Dépêche est taquine. Jean Philippe Besiers, maire de Castelsarrasin en sait quelque chose lui qui n’a pas assez des réseaux sociaux pour démentir les « informations » publiées sur sa ville par le quotidien de Jean Michel Baylet.

Serait-ce le début de la campagne électorale pour les municipales dont on ne sait toujours pas si elles auront lieu en 2020 ou 2021 ? Ce n’est pas la première fois que la Dépêche se découvre une tendresse pour l’opposition Castelsarrasinoise. Jean Philippe Besiers n’est plus en cour au sein du clan Baylet qui lui reproche d’avoir œuvré à la défaite du « patron » lors des dernières élections départementales. Crime de lèse-majesté ! La rancune est un plat qui se mange froid !

Il faut dire que depuis quelques semaines, foi de Moissagais, un petit bonhomme a été aperçu le week-end dans les rues de Moissac. Guy Michel Empociello is back ! L’homme qui fit tomber Jean Paul Nunzi en organisant la dissidence radicale a reçu mission de Jean Michel Baylet : organiser tel un preux en croisade, la reconquête de Moissac, Castelsarrasin, Caussade et pourquoi pas Montauban, même si les relations Baylet-Barrèges (la maire LR) qui oscillent entre détestation et cynisme sans complexe n’ont pas fini de nous réserver des surprises.

Caussade est encore une autre histoire. Celle de François Bonhomme, fils de son père et jeune maire de droite, qui a pris en 2014 à J.M. Baylet son fauteuil de sénateur. Aie ! Et puis, il y a Moissac. La majorité de droite n’a pourtant pas à se plaindre du journal qui prend soin de l’épargner. Une telle mansuétude est curieuse, surtout quand on sait qui est à la manœuvre. G M. Empociello chercherait-il à ménager ainsi une partie de cette majorité, à esquisser de nouvelles alliances sans lesquelles les portes de la mairie resteraient fermées aux quelques radicaux du clan ? Il se dit qu’il est en quête d’une personnalité, qu’il aurait même fait des avances à l’un des fils Boyer, l’industriel du melon. Mais il n’est pas sûr que ce dernier soit tenté par l’aventure électorale.

en terre de manœuvres

Les grandes (petites ?) manœuvres ont donc commencé. Tout ça dans la perspective de 2020 qui devrait, si les calendriers ne sont pas chamboulés, être une super année électorale avec trois rendez-vous d’importance : les municipales bien sûr, mais aussi les sénatoriales, le siège de François Bonhomme (LR) sera renouvelable. Sans oublier les départementales. En 2015, Christian Astruc, sans étiquette, en délicatesse avec son ancien mentor, avait mis fin à 45 ans de règne sans partage de la famille Baylet (Evelyne et Jean Michel) sur le département. Le patron de la Dépêche, qui n’est pas homme à renoncer, n’a jamais abandonné l’idée de la reconquête, si ce n’est pour lui, pour sa famille (un de ses fils pourrait reprendre le flambeau) et pour son clan.

en terre inconnue

Pour autant rien n’est joué, car il reste plusieurs inconnues dans l’équation tarn-et-garonnaise. Quid de la gauche ? Quel poids auront les Insoumis de Mélenchon ? Feront-ils front commun avec un PS fantomatique qui espère encore un sursaut salvateur de son congrès de printemps ?

Quid surtout de la République en marche ? Le parti du président a besoin d’une assise locale. Il doit pour exister s’implanter au cœur des territoires. Apportera-t-il son soutien à la majorité départementale sortante dont Pierre Mardegan (candidat macroniste aux législatives de 2017) est un membre éminent ? La REM sera-t-elle en capacité de partir à l’assaut de Montauban, Caussade ou Moissac sous ses propres couleurs ? Est-elle disposée à nouer ici ou là des alliances avec la droite constructive ? Avec des socialistes tendance Valls ? Avec des radicaux ? Cette dernière hypothèse doit être considérée avec attention. On aura remarqué que sous la houlette de Sylvia Pinel, le nouveau parti radical, qui n’est plus de gauche mais demeure républicain, se garde bien d’entrer en opposition frontale avec Macron. Et on se souvient, qu’en dépit de ses promesses, la République en marche a laissé, lors des législatives de 2017, le champ libre à Sylvia Pinel sur la 2° circonscription du département. Cadeau !

On n’est donc pas à l’abri de nouvelles tambouilles, si ce n’est de nouvelles embrouilles car en Tarn-et-garonne, les positions idéologiques, les professions de foi, ne résistent pas longtemps au travail des réseaux, à l’entrelacs des relations personnelles faites de complicités et de détestations plus imprévisibles que le temps.

Grand site: attention danger!

 

Grand Site, c’est un label, des subventions et une communication à l’échelle du continent.

La région Occitanie compte à ce jour 17 Grands sites, conséquence d’un appel à projets lancé en septembre par le Conseil régional. Montauban qui candidatait pour la première fois, fait son entrée dans ce club très fermé. Moissac n’y figure pas. Et pour cause, elle n’a toujours pas déposé son dossier. Elle a jusqu’au 31 janvier pour le faire.

« Formalité » allez-vous dire « avec le patrimoine que nous avons, pas de souci !» Pas si sûr ! Avec la création de la grande région Occitanie, les critères sont devenus plus durs, le cahier des charges plus contraignant. Du coup, face à une concurrence qui a quelques beaux atouts et atours, Moissac a raté le coche, le premier. Pour monter dans le second, elle devra faire la preuve de sa capacité à irriguer, à structurer un territoire entier. L’abbaye qui doit paraît-il son existence à un jet de javelot de Clovis vainqueur en 506 des Wisigoths, est pourtant au cœur d’une constellation que dessinent les Chemins de Saint Jacques ou l’entreprise clunisienne pour ne parler que de ceux-là.  Moissac serait fondée à se tourner vers Figeac, Conques ou encore Rocamadour. Il y a là me semble-t-il, de possibles dialogues historiques et artistiques qu’aurait pu organiser sans difficulté le label Grands sites. Raté. Le Conseil régional a préféré la géographie à l’histoire. Rocamadour fait ainsi équipe avec la vallée de la Dordogne, quand Figeac devient la porte des vallées du Lot et du Célé. Montauban s’élargit avec le Grand Montauban. Jusqu’où ?

Venue récemment à Moissac pour faire le point sur l’avancement du dossier, une émissaire de la région a expliqué à la municipalité qu’il fallait dans cette affaire lier le sort de Moissac à celui de Montauban. Faute de s’être concertées, et pourtant elles sont dirigées par des équipes de la même famille politique, les deux villes se sont engagées dans un cavalier seul. Du coup, Moissac est condamnée à présenter un dossier impeccable, conforme au cahier des charges et séduisant de surcroît. Car trois hypothèses sont désormais sur la table :

  • Moissac garde sa couronne, toute seule, comme une grande et tout va bien
  • Moissac devient un satellite du Grand Montauban et perd de facto son titre officieux de porte d’entrée du tourisme dans le département.
  • Moissac n’est plus Grand site. Ite missa est !

Disons-le tout net, cette affaire est mal emmanchée. La Commission tourisme de Terres des Confluences n’a eu droit au début du mois qu’à une information. Au cours des échanges, le tout jeune Office de tourisme intercommunal, comme les élus de Moissac ont été incapables d’exposer leur stratégie, de donner leur vision.  En ont-ils une aujourd’hui ? Et pourquoi n’ont-ils pas remis leur dossier lors du premier appel à projets, laissant le champ libre à Montauban ? Croisons les doigts, mais si le pire n’est jamais sûr, il n’est pas non plus complètement improbable.