Petit budget, petites ambitions

Moissac a son budget pour 2018. (cliquez-ici pour en découvrir le détail) Nous avons voté contre. Evidemment, la discussion sur le Rapport d’orientation budgétaires (cliquez ici) du mois dernier, n’a servi à rien. La majorité de droite est sourde et persiste. Hier encore, lors de ce dernier Conseil municipal de l’année, nous avons longuement, arguments à l’appui, pointé les insuffisances, pour ne pas dire l’inconsistance de ce budget. Dans un contexte de réduction des dotations de l’état et alors que la Communauté de communes pourrait constituer une opportunité de rebond, la droite moissagaise se contente de gérer, en bon père de famille, diraient certains notaires, une situation qui est préoccupante pour l’avenir.

Trois chiffres suffisent pour poser le problème. Baisse de 3% des rentrées fiscales. Moissac qui perçoit taxes foncières et d’habitation s’appauvrit inexorablement. La dette. Le ratio de désendettement passe de 4 ans en 2016 à 6,3 ans en 2017. Le budget d’investissement : la mairie annonce pour 2018 une baisse de 6%. Tout est dit !

On aurait pu imaginer dans le domaine économique une action concertée, articulée avec Castelsarrasin, une action portée par l’interco qui dispose de la compétence depuis la loi NOTRe. Un projet quoi ! Au lieu de cela, chacun se replie derrière ses murs. Castelsarrasin qui met en avant ses résultats, Moissac qui se glorifie de lancer les travaux du musée abbatial, un projet qui, il faut le rappeler, avait été étudié et décidé par nous, l’ancienne majorité.

Chacun l’admet désormais, le centre-ville dépérit, les lumières de Noël masquent mal les fermetures de commerces, la perte de vitalité du cœur historique. Face à cette situation, la mairie, promet 51000 euros pour « financer des actions » On est prié de ne pas rire ! D’autant que le maire a du mal à dire si les 26000 euros du FISAC , le Fond interministériel de soutien à l’activité commerciale (cliquez ci), sont compris ou pas. Quand il faudrait un plan audacieux, se débarrasser des oripeaux du vieux monde, aller de l’avant quoi, la majorité propose des emplâtres sur des jambes de bois. Et encore, cette équipe dont on sent la fatigue a beaucoup de chance. Elle bénéficie des aides de la « politique de la ville », un dispositif mis en place sous le quinquennat de François Hollande. Et si elle est un brin proactive, elle pourra émarger au budget annoncé à Cahors par le premier ministre, Edouard Philippe pour aider les villes en difficulté. Encore faudra-t-il qu’elle monte des dossiers, qu’elle ait des projets à présenter. Interrogé sur la question, le maire se veut confiant. Il a dans son cartable tout ce qu’il faut, le Contrat de ville, le dossier cœur de ville, son inscription dans le projet de territoire porté par la région Occitanie (PETR)…  Et pour gérer une telle profusion, donner cohérence à ce capharnaüm administratif, il compte sur la directrice du CCAS, qui va désormais consacrer la presque totalité de son temps, au Contrat de ville de Moissac et à la mise en œuvre d’un CIAS (Comité intercommunal d’action sociale) à Terres des Confluences.

Je n’ai rien dit encore sur le budget de fonctionnement de la ville. Il baisse un peu, mais les dépenses de personnel progressent. Effet mécanique du au vieillissement et à la technicité expliquent les élus de droite qui promettent une baisse de la masse salariale en 2018… Il en va de la mutualisation comme du développement économique, on attendra !

Prélude

Mis à part ce gros plat de résistance, on a aussi parlé culture, et de MCV (Moissac culture vibration. Cette association à qui on doit le Festival des Voix est désormais en charge de toute la programmation culturelle de la ville. Elle va dans le cadre d’une Convention toucher quelque 170 000 euros annuels de subvention, à laquelle il faut ajouter les mises à disposition de personnels. L’opération est profitable aux deux parties. L’association se voit conforter et peut inscrire son activité dans le temps. La mairie fait l’économie de la TVA qu’elle ne pouvait récupérer.

Caserne

L’ancienne caserne des pompiers sera réaménagée pour accueillir des activités sociales et caritatives. La Croix rouge qui est à l’étroit dans des locaux par ailleurs dispersés est intéressée par le site.

Hôpital: des signaux d’alerte

Notre hôpital est comme l’oiseau sur la branche: en recherche permanente d’équilibre. Cette année il va concéder un déficit d’exploitation de 900000 euros environ, et 500 000 euros pour l’EHPAD les Grains dorés. Un résultat fâcheux alors que l’avenir de notre structure hospitalière n’est pas assuré, en dépit de ses performances en médecine et en chirurgie. Ces mauvais résultats financiers sont semble-t-il la conséquence de deux phénomènes qui n’affectent pas que notre Chic (centre hospitalier intercommunal). Il y a d’abord l’explosion de l’intérim. Il devient en effet de plus en plus difficile de recruter des médecins désireux de travailler à Moissac. Pour faire face aux besoins, l’hôpital se tourne vers les intérimaires, d’autant plus chers qu’ils sont demandés. Deuxième facteur d’explication: l’augmentation de l’absentéisme parmi le personnel soignant. Là aussi, les syndicats s’inquiètent des postes vacants, des difficultés à trouver des remplaçants, d’où pour les personnels en place, une surcharge de travail qui peut très vite devenir insupportable pour les agents et problématique pour la qualité des soins aux malades.

Du coup Jean Paul Nunzi, président du Comité de défense de l’hôpital a mis en cause, dans son rapport moral, la politique du gouvernement en matière de santé. Ce qui n’était pas pour déplaire au maire de Moissac qui a fait chorus pour dénoncer les baisses de subventions aux collectivités territoriales. Mais aux économies dont les conséquences sont d’autant plus dures que cette politique n’est pas assortie de profondes réformes, il faut ajouter quelques interrogations sur le fonctionnement de la nouvelle organisation de la santé dans les territoires. La loi santé de 2016 a mis en place les GHT, groupements hospitaliers de territoire. Résultat, Moissac doit fonctionner avec Valence d’Agen, Négrepelisse, Caussade et surtout Montauban. On nous promettait alors complémentarité et mutualisation. Aujourd’hui le tableau s’assombrit: les médecins montalbanais rechignent à venir à Moissac et préfèrent s’ils ont besoin de renforts médicaux, prendre des intérimaires plutôt que les spécialistes moissagais. Certains le craignaient, mais cela se dessine: Montauban prend progressivement la main. Le maire de Moissac qui avait soutenu la création du GHT, répète qu’il faut avoir confiance et ne pas dénigrer notre hôpital. Foi du charbonnier ou politique de l’autruche? Ce qui est sûr, c’est que 2018 ne sera pas plus rose: la direction du Chic prévoit une optimisation des moyens, en clair des coupes sombres et une réduction de l’intérim médical. Mais alors, la structure sera-t-elle en capacité de répondre aux besoins? Mauvais scénario!

Ouf!

L’EHPAD de Castelsarrasin sort enfin du tunnel. La vieille bâtisse est en cours de démolition, les 69 pensionnaires ont été relogés à Moissac dans un bâtiment fermé depuis 2012. 250 lits sont prévus dans la nouvelle institution dont les travaux vont commencer en avril prochain pour un coût estimé à 17 millions d’euros. Les collectivités, Castelsarrasin, Département, financent une partie de l’ouvrage, le reste, soit près de 11 millions sera fourni par l’emprunt. Les familles des résidents craignent bien entendu une augmentation des tarifs, elles qui assurent 75 à 80% des recettes de l’EHPAD.

Tout un symbole

lumières et petits sapins

Le retour du kitch ! A coup de lampions, de multicolores guirlandes ampoulées, d’effets laser qui transforment l’espace public en pistes de danse. Moissac n’a pas résisté à cette tendance lourde. Les noces du père Noël et de la fée électricité. Charmant bien sûr, et d’ailleurs les enfants en redemandent. Mais est-ce bien raisonnable ? Est-ce vraiment beau ? A chacun d’apprécier. Pour autant, les traditions ont été respectées avec les sapins, une forêt de vrais sapins installée en centre-ville par les commerçants. Et ailleurs, dans les quartiers, que se passe-t-il ? Rien ou presque !

Dans les brouillards de décembre, les entrées de Moissac sont encore plus blafardes que de coutume. Le contraste avec le cœur de ville et avec l’avenue qui conduit à Castelsarrasin n’en est que plus saisissant. La ville semble tout à coup réduite à deux places et quatre rues. L’obligation de ne pas dilapider l’argent public y est certainement pour beaucoup. Mais le choix, car choix il y a eu, est aussi politique. Il s’agit de montrer ostensiblement que cette majorité se préoccupe du centre-ville, veut le faire vivre, n’est pas disposée à céder le moindre pouce de ce terrain à quiconque. Et qu’importe que cela ne soit que symbolique !

Pour trouver Noël, il faut faire le tour des lotissements qui ont poussé sur les coteaux. Là, les moissagais rivalisent d’imagination pour mettre en lumière leurs maisons. Ils se sont lancés dans un bien innocent concours de façades enguirlandées. (voir la vidéo à coté) Il y a même quelques réalisations dont le sens artistique le dispute à la magnificence des moyens. Le père Noël appréciera.

 

 

 

Au dessus du volcan

Notre bonne ville de Moissac est comme un volcan, qui sommeille en temps ordinaire et se réveille brusquement, sans crier gare. En quelques semaines, les incidents se sont multipliés, jusqu’à, plus spectaculaires, ces incendies de voitures dont les auteurs ont été fort heureusement confondus et condamnés rapidement. Au même moment la page Facebook de la mairie recevait quantités de commentaires, dont la teneur à tout le moins xénophobe, si ce n’est raciste a ému jusque dans les rangs de la majorité municipale. Le maire, son adjointe en charge du social, ont tenté d’éteindre l’incendie et d’opposer à ce front de haine, une réprobation que tous les humanistes ne peuvent que partager.

Mais le constat est amer. Moissac brûle, si j’ose dire par les deux bouts. La délinquance, les incivilités continuent de plus belle et la baisse affichée du nombre de cambriolages en centre-ville n’est hélas qu’une illusoire et sectorielle embellie. Le maire le concède qui annonce un déploiement des rondes de police sur la périphérie de la commune où s’est déplacée une partie des trafics et des actes délictueux. En même temps monte au sein d’une partie de la population des sentiments qui ont trouvé avec internet le moyen et l’occasion de violemment s’exprimer. Et c’est l’arbre qui cache la forêt. Car derrière ces mots obscènes, il faut entendre, comme un bruit de fond persistant et croissant, l’expression d’une fatigue, d’une douleur, d’un ras-le-bol face à la situation économique et sociale de la ville. Vérité mathématique ou pas, les Moissagais sont convaincus du déclin de leur cité, dont ils voient chaque jour le centre dépérir. Ils constatent aussi et s’effraient en même temps de la présence physique et palpable d’une pauvreté que les associations caritatives, et les aides sociales ont bien du mal à faire reculer. Et pour cause, si Moissac n’attire pas les investisseurs, elle reste un point de chute pour bien des migrants, alléchés pour certains par de petites annonces qu’on peut aussi trouver sur la toile. La pauvreté ici est toujours mieux que la misère ailleurs !

La question est économique, sociale, mais aussi sociétale avant d’être policière. Et la droite qui avait fait campagne en 2014 sur le thème de l’immigration non contenue, sur l’appauvrissement de la ville dont elle rendait la gauche responsable, ne peut que constater, si elle est un tant soit peu lucide, qu’elle n’a rien réglé. Bien au contraire. En dépit des aides substantielles de l’état, par le biais de ce qu’on appelle « la politique de la ville », cette droite dont le budget pour 2018 (voir ici) souligne le manque d’imagination et de volonté, ne sait pas, en vérité n’a jamais su, comment relever le défi qui nous est collectivement posé.

Au dessus du volcan

Où sont les ressources humaines?

Le groupe Divers gauche a au cours de ce dernier Conseil municipal interrogé le maire sur les relations sociales dans différents secteurs.

  • Hôpital. Les syndicats, les personnels en général se plaignent des conditions de travail : surcharges, non remplacements des absents ou des démissionnaires, notamment à l’EPHAD… Alors que le CHIC affichait des résultats financiers positifs en 2016, la rumeur annonce un déficit pour 2017. A cet heure, faute de rapport infra, aucun chiffre n’est disponible. Qu’en est-il réellement ? Y aurait-il un problème de management au sein de notre hôpital ? Que comptez-vous faire pour rétablir un climat de confiance, indispensable à la pérennité de cette structure dont chacun sait qu’elle est fragile et menacée ?

L’hôpital devrait effectivement  terminer l’année en déficit. En juin, la prévision portait sur 1 million d’euros. En décembre cela ne devrait pas s’arranger. Les raisons? Un volume d’activité en baisse, une masse salariale en hausse (augmentation du point d’indice des personnels soignants, distribution de primes aux médecins…) A cela le directeur ajoute la fin des contrats aidés et un absentéisme en hausse. Mais récuse tout problème de remplacement, toute difficulté à trouver des remplaçants.

On retiendra que le maire, par ailleurs président du Conseil de surveillance s’obstine à nier les problèmes internes, conséquence d’un management très décrié par les syndicats, comme par certains médecins. Il a même trouvé la parade: attention à « la mauvaise publicité »qui peut mettre en danger notre hôpital. Du coup, chacun est prié de se taire. Tout va très bien madame la marquise.

  • CCAS. Le CCAS connaît aussi des problèmes de remplacement des personnels, en particulier dans les crèches. Comment comptez-vous améliorer cette situation, alors que les emplois aidés sont en voie de raréfaction et qu’une baisse de la subvention municipale est annoncée ?

A l’évidence, il y a comme « un mal être » dans le secteur de la petite enfance nous a dit Maryse Baulu. Contrairement à l’aide à domicile, l’absentéisme y est un gros problème, faute de personnel diplômés disponible. Il sera fait appel à trois jeunes gens effectuant un Service civique. pour faire face aux besoins.

La réponse a le mérite de la sincérité. Dans le secteur médico-social, il est de plus en plus difficile de trouver des personnels compétents pour effectuer les remplacements. Les remontées de terrain confirment toutes cette situation préoccupante.

  • RH. Globalement, on constate chez les agents municipaux, un absentéisme préoccupant qui obère le bon fonctionnement des services. Quel est le taux réel de cette absentéisme, service par service ? Comment expliquez-vous cette situation ? Que comptez-vous faire ? On note au passage la création auprès du DGS d’un poste de chargée de mission, et l’annonce du recrutement d’un (d’une) nouveau DRH. Pensez-vous ainsi pouvoir résoudre ce problème d’absentéisme ?

Nous n’avons pas les moyens techniques de faire des statistiques service par service. La faute au virus qui s’est logé dans le système informatique de la mairie, nous a dit le maire. Quant aux chiffres globaux, l’adjointe en charge des personnels ne sait pas trop… Elle nous en livre deux ou trois estimant que Moissac est dans la moyenne de la strate.

Est-ce bien sérieux? En fait, cette non réponse révèle l’étendue du malaise. La majorité municipale ne contrôle rien, ne dispose d’aucun outil de pilotage. Les services sont en roue libre. Comment peut-elle prétendre dans cette absence de politique RH, tenir les engagements du ROB (rapport d’orientation budgétaire)?