Le Tribunal administratif de Toulouse vient d’infliger un sérieux camouflet au maire RN de Moissac. Saisi en référé par Séverine Laurent, agissant au nom de l’UCM, le tribunal a estimé que l’opposition municipale, en l’occurrence l’Union citoyenne moissagaise, était en partie privée de son droit d‘expression sur les supports officiels de communication de la mairie de Moissac.
Tout a commencé avec le vote du Règlement intérieur du Conseil municipal et notamment de l’article 37 sensé encadrer l’expression des différents groupes politiques, y compris celle de la majorité par ailleurs toute acquise au maire. Bien sûr le RN ne peut pas s’exonérer en la matière de toute obligation. Le Code des collectivités territoriales l’oblige à respecter un minimum son opposition. C’est ainsi que dans « Moissac Mag » le bulletin municipal, l’UCM peut tenir tribune, réduite cependant à la portion congrue, quand la majorité s’octroie plus du double de place. Sur le site internet de la mairie, ainsi que sur Facebook, c’est pire. L’UCM est privée de toute expression spécifique et adaptée au support. Réduite au régime de la photocopie. Quant au compte officiel Instagram, c’est territoire réservé. Propriété exclusive du RN !
On comprend dès lors que ce régime, dont les oppositions précédentes s’étaient plus ou moins accommodé, n’était pas du goût de l’UCM et en particulier de Séverine Laurent qui a demandé justice au Tribunal administratif de Toulouse, le seul compétent en la matière. L’affaire a été plaidé le 8 juillet dernier. La mairie était représentée par un avocat parisien, manifestement à court d’arguments. L’UCM par Séverine Laurent, qui citant le grand juriste Condorcet, a posé les termes du débat : « La liberté d’opinion n’a de valeur que si elle reconnue à tous, y compris à ceux dont les idées dérangent »
Et on sait qu’à Moissac, mais aussi ailleurs, le RN n’aime pas les idées qui LE dérangent. Qui viennent contrecarrer ses campagnes de propagande, sa volonté de bâillonner toutes celles et tous ceux qui ne pensent pas comme lui, notamment dans la culture et l’éducation. Bien que minoritaire, l’UCM refuse, et elle le dit haut et fort lors des séances du Conseil municipal, le joug de l’extrême droite. Un activisme qui porte ses premiers fruits, puisque le Tribunal vient de donner raison à l’Union qui va pouvoir d’ici la rentrée s’exprimer librement sur le site internet et sur le Face book de la ville. Une première victoire qui sera suivie probablement d’une autre quand le même tribunal se prononcera sur le fond de l’affaire. En effet, Severine Laurent n’en démord pas. Elle veut la suppression pure et simple de cet article 37 afin que l’opposition dispose « d’un espace individualisé sur chaque support de la mairie » Elle, que le maire feignait de tenir pour quantité négligeable a osé le défier. Il va très vite apprendre à ses dépens qu’il ne faut jamais sous-estimer l’adversaire.