
Raymond n’était pas mon médecin, il était un ami que la vie militante m’avait présenté. Il était, pour beaucoup de Moissagais je l’espère, une conscience qui quelque part nous rappelait à notre devoir d’empathie, d’attention aux autres, aux plus fragiles, aux plus démunis. Raymond incarnait dans ce qu’elle a de plus noble la notion de solidarité qu’il avait fait vivre jour après jour, au cours de sa longue carrière professionnelle, et à laquelle avec son ami, son complice et camarade, Jean Paul Nunzi, ils avaient donné un cadre presque officiel. Raymond père fondateur et premier président de l’Association Moissac Solidarité. Président par la suite d’Escale Confluences dont les bureaux portent son nom depuis trois ans. Raymond qui il y a plus de trente ans ouvrait les premières consultations médicales gratuites à Moissac.
Disciple d’Esculape, il ne cachait pas son admiration pour Michel Rocard dont la simple évocation allumait au fond de son œil un rayon de lumière. Il était l’homme des passions tranquilles, mais fortes, aussi solides que la montagne ariégeoise qui l’avait vu naître. Il était et s’en faisait gloire un fils d’Occitanie. Il en avait conservé l’accent chantant et pratiquait volontiers un humour décalé qui rendait le personnage attachant et sympathique.
Platon disait que la médecine est un art fondé sur le savoir. Raymond, n’en manquait pas. Il pratiquait à l’ancienne, fâché disait-il avec les réseaux sociaux. Lui qui incarnait à sa manière la figure du médecin de campagne, aurait pu faire sienne la parole de Benassis, le Héros de Balzac : « Notre conscience est le point de départ : nous allons de nous aux hommes, jamais des hommes à nous. » Salut docteur Py !