Les championnats de France de jet ski auront bien lieu à Moissac, les 26 et 27 aout comme prévu. Le préfet vient de prendre un arrêté autorisant la manifestation. L’épilogue heureux d’une série de couacs, qui ont opportunément nourri la mauvaise foi de quelques associations moissagaises manifestement peu disposées à partager le plan d’eau. A moins, mais peut-on le croire, que la présence de « Plein Vent » dans le comité d’organisation en ait contrarié certains.
Le jet ski, comme tous les sports motorisés, ça fait du bruit et ça n’améliore pas le bilan carbone de la planète. Ce n’est donc pas ma tasse de thé. Mais un championnat de France à Moissac, ça mérite réflexion. Outre les inconditionnels de la discipline, la ville devrait voir débarquer des milliers de curieux, amateurs d’un spectacle qui ne manque pas de panache. En 2013, cette manifestation avait connu un franc succès, pour le plus grand bonheur du commerce local et la réputation de Moissac.
Alors, pourquoi cette année cette polémique ?
C’est au cours du Conseil municipal de Juillet, donc très tardivement, que les élus découvrent le projet par le biais d’une demande de subvention pour une association, « Plein Vent » dont l’objet est la promotion du commerce moissagais. L’opposition municipale, Divers gauche en tête, s’interroge aussitôt sur ce curieux mariage, cherche à connaître le rôle de chacun. Agrippée à une délibération bien mal ficelée, la majorité municipale est à la peine. Elle capitule finalement et accepte, pour plus ample information, la tenue d’un Conseil municipal extraordinaire fin Juillet. La leçon a servi et cette fois la délibération est plus précise. « Plein Vent » est co-organisateur et demande pour ce faire 3000 euros à la mairie. Subvention votée à l’unanimité ! Jusque-là, pas de problème, après tout d’autres associations, comme « l’Union sucrée » ont précédemment bénéficié de la manne municipale, pour l’organisation du salon de la Rando par exemple !
Mais c’était mal connaître le petit milieu moissagais. La décision fait des vagues. Chacun y va de ses arguments. Tout y passe, protection de la nature, préjudice économique, absence de concertation, jusqu’à cette étrange sortie d’une association dénonçant l’organisateur, « Action jet », comme étranger à la ville. On se pince ! Du coup le maire interrompt ses vacances pour organiser vendredi 4 aout, une réunion de conciliation. Le préfet de son côté, avant de prendre son arrêté, a consulté pêcheurs et club d’aviron. Les palabres semblent avoir fait leur office. Les remous s’apaisent. Un modus vivendi sera défini au cours d’une nouvelle réunion, mardi 8 aout, entre organisateurs de ce championnat et acteurs locaux. Une embarcation va même inspecter les berges du Tarn, les photographier sous toutes leurs coutures. Elle refera le travail après la manifestation, histoire de pouvoir disposer d’un constat objectif !
Alors, tempête dans un verre d’eau ? Oui et non ! A l’évidence, les organisateurs s’y sont mal pris, ont manqué de diplomatie. La mairie n’a pas su anticiper, mettre d’entrée de jeu tout ce petit monde autour de la même table. Elle s’est bien tardivement réveillée. Mais les arguments des opposants posent questions. Si la préservation du site apparaît comme un souci légitime, on peut cependant s’interroger sur cette fâcheuse inclination de certains à « privatiser » le domaine public. Le Tarn n’appartient pas aux associations qui en ont fait leur terrain de jeu. Dans le respect des règles en vigueur, il doit demeurer un espace libre, susceptible d’accueillir des manifestations d’envergure. Et personne ne détient le monopole des activités, fussent-elles sportives. D’ailleurs, « Plein Vent » qui ne décolère pas, va modifier ses statuts pour y inclure les manifestations sportives et culturelles. L’entre-soi n’a jamais ouvert les horizons. Et Moissac ne peut se payer le luxe de vivre repliée sur elle-même.