La prune et le disque bleu

Petite histoire édifiante et vraie sur le parking, place des Récollets. Une automobiliste cherche une place, elle est bien entendu pressée, c’est l’heure des courses du matin. Après un ou deux tours de pistes, une case se libère, en zone bleue. Pas de bol, elle a égaré son disque. Elle décide pour ne pas perdre plus de temps de payer normalement son stationnement. Elle se croit en règle. A son retour, elle voit deux policiers municipaux qui viennent de lui mettre un FPS, un forfait post stationnement, une amende quoi. Elle tente de s’expliquer : « Je n’ai pas le disque, mais j’ai payé ma place sur la borne ad hoc, je n’ai donc pas fraudé » Sans effet sur les uniformes qui lui rétorquent que le PV est déjà dans les ordinateurs, et que la zone bleue, c’est la zone bleue… bref qu’il n’y a plus rien à faire !

Elle tente de leur faire comprendre qu’elle s’est comportée en bonne citoyenne, soucieuse des deniers publics. Ses arguments restent sans effet, le règlement étant le règlement. Et pour couper court, les policiers s’éloignent, laissant notre dépitée automobiliste méditer sur les lois, sur ceux qui sont chargés de les faire respecter, et sur l’absurdité d’une telle situation. Quelques jours plus tard, elle reçoit donc la notification de l’amende, 30 euros à payer fissa, sinon le montant en sera doublé. Son étourderie lui aura donc coûté 30,50 euros et une colère rentrée. Un voisin, en apparence bien intentionné, s’est même empressé de lui faire remarquer que d’autres bénéficient de plus de clémence. Mais cette fois la contrevenante a préféré mettre fin à la conversation, convaincue qu’une telle sollicitude exhalait comme un petit fumet électoral.

Il n’empêche ! Prendre une prune quand on a payé rubis sur ongle a de quoi vous mettre en pétard !

Le droit au débat

Censure. C’est bien ainsi qu’il faut qualifier l’interdiction faite à la philosophe Sylviane Agacinski, de tenir une conférence sur la PMA et la GPA devant les étudiants de l’université de Bordeaux. On sait que cette universitaire est réservée sur la PMA et très opposée à la GPA dont elle dénonce à juste titre le risque de marchandisation du corps de la femme. Féministe depuis toujours, elle affiche son désaccord de fond avec les orientations d’un nouveau féminisme qui a fait siennes les thèses des groupes lesbiens et trans. Du coup, voilà S.A. vouée aux gémonies, accusée tout de go d’homophobie !

Il n’est pas nécessaire de s’étendre davantage sur le grotesque d’une telle assertion. En revanche, on peut ne pas partager les positions de S. Agacinski sur la GPA, ouvrir avec elle une controverse philosophique sur la bioéthique. Dans son dernier livre « L’homme désincarné » elle écrit : « La procréation, assistée ou non, n’a que faire des orientations sexuelles. Elle a revanche tout à voir avec l’asymétrie des deux sexes, qui ne sont, en la matière ni équivalents ni égaux. »  Bref, ça se discute.

Mais ce qui dans cette affaire, pose un véritable problème de démocratie, de tolérance et d’ouverture, c’est bien l’attitude des groupuscules prêts à faire le coup de poing pour imposer leurs idées à la majorité. Le débat n’est plus toléré. La contradiction se gère avec des barres de fer. Insidieusement, une police de la pensée qui n’a rien à voir avec celle de la nation, s’est organisée. Désormais, elle occupe le champ médiatique et fait place nette autour d’elle. C’est vrai en matière de bioéthique, comme dans d’autres domaines qui touchent à la vie quotidienne. L’université de Bordeaux a cédé au chantage, elle a préféré se coucher plutôt que de se donner les moyens de faire face. La prime en quelque sorte à ceux qui vocifèrent le plus fort, qui n’hésitent pas à joindre le geste à la parole. Cette sorte de terrorisme « bien pensant » est pourtant archi minoritaire. Mais la peur d’affrontements, le discours ambiant qui transforme toute tentative de faire respecter la loi en répression barbare, piègent totalement les démocrates. Cela ne leur vaut pas excuse. En capitulant aussi facilement, ils encouragent dans notre société pareilles attitudes, ils ouvrent la porte à une démocratie du coup de force.

Les Kurdes ne jouent pas au foot

Les Kurdes. Ils se battent avec ce qu’ils peuvent. Ils tentent l’impossible. Ils pactisent avec Hassan, l’ennemi, dans l’espoir que les Russes vont se réveiller. C’est le cas, ils préviennent qu’ils ne permettront pas que les Turcs touchent aux troupes Syriennes. Les Chinois se font à leur tour entendre. Le conflit s’internationalise alors que Trump rétropédale devant les critiques de son armée et de son propre parti. L’histoire s’emballe. Mais sans aviation, sans soutien de la coalition occidentale, les Kurdes mènent le combat du désespoir. François Hollande propose la création d’une zone d’exclusion aérienne. C’est de bon sens. Encore faudrait-il que  les occidentaux, les Russes, ou l’ONU le décident, et là, ce n’est pas gagné

Pendant ce temps, en France, les Turcs paradent au stade de France. Drapeaux  déployés et salut militaire de footeux payés pour certains par le complexe militaro-industriel comme on disait naguère. Les télés ont censuré la scène. Faut pas écorner la belle image du sport, il faut fermer les yeux, comme en 1934, quand Hitler faisait des jeux olympiques un instrument de propagande nazie. Le sport et la politique, le sport et l’argent! Ne cherchons pas plus loin, l’abêtissement, l’asservissement des foules commence là, dans ces stades où les milliards se négocient pour le plus grand profit d’organisations mafieuses. Le sport business n’a pas d’état d’âme. On l’a bien vu à Doha, cette aberration absolue de la raison, où le Qatar a climatisé un stade à ciel ouvert sans se soucier un seul instant des conséquences environnementales. L’argent rend fou.

Mais tout le monde regarde ailleurs. Silence des partis politiques, silence des associations. Faut pas déranger, faut pas perturber la fête du sport. À Paris, comme à Doha, comme à Berlin! Que valent donc nos protestations vertueuses, hypocrites, petites bourgeoises à se coucher ainsi devant le veau d’or? Allez, je retourne à la manif contre les éoliennes, avec un foulard sur la tête!

Ne pas trahir les Kurdes

Soutien plein et total aux Kurdes de Syrie. On ne va pas faire de la littérature. On va juste se mobiliser, demander à notre gouvernement, à l’OTAN, à l’ONU de prendre leurs responsabilités, de faire cesser l’agression Turque. Nous devons bien ça à ces femmes (c’est à souligner) et à ces hommes qui ont combattu en première ligne les illuminés de Daech. Ils sont nos alliés, nous leur devons aujourd’hui respect et protection. Des dizaines de personnalités ont signés un appel dans Libération. Il faut soutenir cette initiative, la prolonger partout en France. Ne les abandonnons pas !

Le Festival des Voix cherche sa voie

Le retour du maire après plusieurs semaines d’absence et une minute de silence à la mémoire de Jacques Chirac et de Jean Claude Giavarini, vice président de la communauté de commune, ancien maire de Castelmayran, ainsi s’ouvrit ce conseil municipal de septembre.

Il y fut question de garanties d’emprunts, en faveur de Promologis et Tarn et Garonne habitat, deux organismes qui doivent réhabiliter quelque 25 logements sociaux sur la commune. Mise en place au cours du dernier mandat de Jean Paul Nunzi, l ’OPAH, l’opération programmée d’amélioration de l’habitat continue. 7 nouveaux propriétaires du centre-ville, vont bénéficier des aides de la mairie pour des rénovations de façades, ou des améliorations thermiques. Une nouvelle OPAH a même été lancée dans le cadre de la rénovation urbaine. Voir Aide à l’habitat

La communauté de communes a décidé de regrouper en un seul organisme les trois syndicats qui distribuaient l’eau sur le territoire. Conséquence : un prix du m3 qui devrait diminuer légèrement pour certains usagers, une capacité d’investissement accrue – il faut rénover des centaines de kilomètres de réseau – et séparer le pluvial des eaux usées. L’usine de l’eau de Moissac, gérée par Véolia sera à l’avenir gérée par ce syndicat unique, le SMOC, (Syndicat mixte 0 confluences). L’objectif, selon J.P. Besiers, vice-président de la com-com, est de maîtriser et de gérer correctement la ressource en eau sur tout le territoire des Terres des Confluences.

Les moissagais, retour dans les murs de la ville, ont pu découvrir à l’occasion des journées du patrimoine, la nouvelle entrée du cloître. (voir ci dessous) Si les travaux de l’aile Saint Julien ne sont pas remis en question, les aménagements prévus sur le parking devant l’office du tourisme, vont faire l’objet d’une nouvelle étude des Bâtiments de France. Résultat, le chantier principal va coûter un peu moins cher, autour de 2 millions, une baisse de 565 000 euros. Mais, cette économie n’est que provisoire, on espère en effet que les architectes autorisent la suite des travaux : escaliers, office du tourisme et toilettes… Mais en attendant, les honoraires de ces messieurs dames ne baisseront pas, près de 650 000 euros, si rien de fâcheux ne nous guette au coin du cloître.

L’association MCV, Moissac culture vibrations, qui est en charge de la programmation des spectacles moissagais et du Festival des Voix, connaît une mauvaise saison. Elle a demandé et obtenu une subvention exceptionnelle de 35000 euros pour boucler le budget 2019. Avec le temps, l’équilibre des finances devient de plus en plus difficile à trouver. L’an dernier, avec un budget de 390000 euros, l’association avait dû faire face à un déficit de 83000 euros (en grande partie comblé par des aides exceptionnelles). Cette année, ambitions revues à la baisse, le festival accuse encore un déficit de 44000 euros pour un budget pourtant raboté à 259000 euros. « En cause « l’évolution défavorable du contexte local » selon la mairie. Il ne s’agit pas d’accabler MCV sur qui repose l’essentiel des propositions culturelles de Moissac. Et il faut saluer le travail des bénévoles et des responsables de cette association. Mais il est temps de se poser les questions qui dérangent, sur le concept, sur le périmètre, sur le calendrier… Chacun doit en être persuadé, la culture coûte cher, n’est pas forcément rentable, mais est un supplément d’âme nécessaire. Raison de plus pour être exigeant, pour ne pas craindre les remises en question, si l’on veut que dans un paysage culturel très concurrentiel, Moissac conserve son lustre de naguère.