Hôpital Moissac: il y a urgence!

Troisième mobilisation en quelques jours, près de trois cents personnes se sont réunies mardi soir devant l’hôpital de Moissac pour s’opposer à la fermeture, la nuit, du service des urgences, qui manque de personnel. Cette décision que l’ARS a annoncée comme provisoire, devrait être effective le 1° décembre. C’est peu dire qu’elle ne passe pas, au sein de la population comme dans le milieu hospitalier. Mais l’hôpital de Moissac ne fait pas exception. Partout en France, les hôpitaux publics ont du mal à recruter des praticiens hospitaliers. Partout en France les médecins remplaçants préfèrent le secteur privé au secteur public.

 Les raisons sont multiples : conditions de travail, comportement des patients et de leur famille, mauvaise organisation, défaillances de la médecine de ville, rémunérations pas assez attractives… et concernent toutes les catégories de personnels soignants. Le Ségur de la santé a certes permis la revalorisation de certains métiers dont la pandémie Covid a montré la place essentielle. Mais le Ségur n’a pas touché à l’organisation de notre système de soins qui repose sur trois piliers : la médecine de ville (libérale pour l’essentiel) l’hôpital public et l’hôpital privé.

Parallèlement au Ségur de la santé qui a permis, il faut le rappeler, d’injecter selon les calculs du journal Les Echos, 12 milliards d’euros dans le système, il y eut au printemps 2021 la loi Rist du nom de sa rapporteuse, la députée Stéphanie Rist. Cette loi voulait réorganiser l’hôpital public. Mais face à la réaction quasi instantanée du corps médical, son application a été reportée à 2022 par le ministre de la Santé. Il faut dire que cette loi a d’un coup d’un seul aggravé les difficultés des hôpitaux contraints de gérer les urgences Covid, les diminutions du nombre de lits, et d’incroyables difficultés de recrutement… Pour l’essentiel, il s’agissait du lourd héritage des quinquennats précédents ! Mais que prévoyait cette loi qui procédait semble-t-il de bonnes intentions?

L’effet Rist

Elle entendait ramener à la raison l’intérim médical. Un plafonnement à 1.100 euros était prévu, alors que certaines spécialités demandent jusqu’à 4000 euros pour 24h de garde. Il s’agissait de soulager quelque peu les finances de l’hôpital public ! Du coup, la rémunération des médecins remplaçants aurait diminué en moyenne d’environ 40%.

Les procédures de recrutement de praticiens hospitaliers devaient dans le même temps être assouplies. Cela aurait aidé au comblement des postes vacants dans des délais plus brefs. La loi voulait aussi toucher à la gouvernance des hôpitaux en renforçant le rôle des chefs de services. Le texte promettait d’élargir les directoires des hôpitaux aux soignants, aux étudiants en médecine et aux usagers. A noter encore qu’il prévoyait le déploiement du Service d’Accès Aux Soins (SAS). Il s’agit d’un nouveau service d’orientation et de guidage dans le système de santé permettant la coopération et la coordination entre la ville et l’hôpital dans l’accès aux soins non programmés.

Mais voilà, ce texte a agi comme un épouvantail.  D’où le report de son application ! A la pénurie de médecins sur le marché de la santé, il a ajouté une désertion importante au sein de l’hôpital public, les intérimaires préférant le privé qui leur promet des rémunérations, des conditions de travail et des perspectives professionnelles plus alléchantes. Les difficultés actuelles du CHIC de Moissac, comme un peu partout dans les hôpitaux de France, procèdent de cet imbroglio, car il faut le savoir, les postes budgétaires existent, tout comme les financements. Ce sont les professionnels qui font défaut.

Chasseurs de têtes

Cette situation qui se répète un peu partout, fait la démonstration que le secteur de la santé a besoin d’une réforme globale, car tout se tient. On ne peut légiférer sur le public sans se pencher sur le privé, on ne peut toucher à l’hôpital sans revoir l’organisation de la médecine libérale. On ne peut laisser les hôpitaux, comme celui de Moissac se transformer en chasseurs de têtes. A ce jeu-là les petites structures, installées dans des territoires peu attractifs, seront toujours en manque et toujours perdantes.

Dans l’immédiat, l’ARS (l’Agence régionale de santé) qui est responsable de l’organisation des soins sur le territoire régional et départemental, doit trouver les intérimaires nécessaires au bon fonctionnement de nos urgences et de notre hôpital. Ce service, dans un contexte de pénurie chronique de médecins de ville, est vital pour les quelque 80000 personnes du bassin de vie. Imaginez ce que serait la situation s’il venait à disparaître alors que près de 90% de son activité relève de la médecine générale. Où iraient ces patients qui n’ont pas d’autres adresse pour pouvoir consulter?

Service médical

Dans l’immédiat et dans l’attente que l’ouverture du numérus clausus produise ses effets – il faut 10 ans pour former un médecin – Moissac appelle des mesures d’urgence. La création par exemple d’un service sanitaire et médical pour les jeunes médecins, permettrait de répondre aux besoins de nombre de territoires qui deviennent peu à peu des déserts médicaux. Ce système, inspiré par celui en vigueur au Québec, serait basé sur le principe du gagnant-gagnant, et devrait être négocié avec la profession. Il éviterait, ce n’est pas l’un de ses moindres mérites, la concurrence sauvage de territoires qui chacun dans leur coin, rivalisent d’initiatives pour attirer les jeunes médecins.

Cherche médecins désespérément

Et voilà. La décision de l’ARS est tombée encore plus vite que prévue. Finies à partir du 1° décembre, les urgences de nuit à Moissac, et ce pendant deux mois ! Après, l’ARS affirme qu’elle fera le bilan. Lequel ? Du nombre de malades ou de blessés qu’il aura fallu amener à Montauban ? Du nombre de médecins qui auront refusé de prendre un des postes vacants, ou d’assurer un remplacement en dépit des sollicitations ? On ne sait pas bien, mais il est à craindre que cette période dite de test, se conclut par la disparition définitive des urgences de nuit. La cause serait-elle entendue depuis longtemps?

Le facteur humain

En fait, le problème de Moissac, c’est le facteur humain. Nous devons affronter une pénurie de médecins et de personnels de soins qui affecte durablement le territoire. Au premier chef ce qu’on appelle la médecine de ville. Je fus un des premiers ici à m’alarmer du manque de médecins, de l’apparition de ces déserts médicaux où les cabinets ferment les uns après les autres, au fur et à mesure que les praticiens partent à la retraite. Et rien n’y fait. Ni les aides publiques, ni les structures nouvelles, comme les maisons de santé. Affaire de génération entend-on ici ou là! Sauf exception, la profession, corsetée par un numérus clausus désormais partiellement levé, boude les zones rurales, privant ces populations de leur médecin de famille. Du coup, nombre de patients n’ont pas d’autre choix que d’en appeler aux urgences qui doivent assurer tout à la fois les consultations courantes et les interventions de première nécessité. Mais sous tension, le service des urgences, l’hôpital en général, n’échappent pas aux difficultés du secteur de la santé et ce en dépit du renfort des internes. La profession de médecin hospitalier n’attire guère plus que celle de médecin de campagne. Il faut dix ans pour former un médecin, c’est dire que nous risquons de crier misère pendant quelques années encore.

L’effet Rist

Le Ségur de la santé a pourtant décidé pour les hospitaliers des revalorisations salariales trop longtemps attendues. Le Ségur régional a acté 2,8 millions d’euros pour la rénovation du plateau technique de l’hôpital de Moissac. Le service des urgences a été profondément modernisé pour mieux répondre aux besoins des quelque 80000 personnes du bassin de vie de l’ouest de notre département. L’outil de travail est donc opérationnel. Et pourtant il ne parvient plus à trouver des médecins remplaçants ! Certains, parmi les cadres hospitaliers de Moissac avancent une explication : la loi Rist du nom d’une députée de La République en Marche. Cette loi impose un encadrement des salaires des intérimaires au sein de l’hôpital public. Il faut dire que ça dérapait de toute part : 2000, jusqu’à 4000 euros pour 24h de remplacement! Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, était favorable à la loi. Mais devant la levée de bouclier des médecins concernés, et leur fuite immédiate vers le secteur privé, l’application de la loi a été reportée à 2022. On verra à la fin de l’année si ce moratoire aura eu quelques effets sur la situation. La décision de l’ARS, sincère ou pas, à coup sûr, procède en ce qui concerne Moissac de cette attente. Pour autant, rien ne sera réglé. « Il y a sans doute à travailler à une charte avec l’Ordre national des médecins, avec les sociétés d’intérim pour qu’elles respectent le cadre réglementaire » ajoute Frédéric Valletoux qui pointe du coup l’incurie de l’Ordre. Mais l’état a aussi sa part dans le désordre ambiant qui n’a pas su, ou pas voulu toucher au secteur privé. Notre système qui fait coexister, parfois difficilement, la médecine libérale, la médecine hospitalière publique et la médecine hospitalière privée s’avère perclus de rhumatismes, la pandémie Covid en fut dès le début une triste illustration.

Imagine

Donc Moissac cherche médecins désespérément ! En attendant des jours meilleurs et un changement des vents générationnels, élus et responsables professionnels ne sauraient rester les bras ballants De nombreux dispositifs d’aide aux études (sous forme de bourses) ou d’incitations à l’installation (aides directes, Maisons de santé, Centre de santé) existent déjà. Ils ne donnent pas toujours les résultats escomptés. D’autres dispositifs sont envisageables comme celui de Gaillac dans le Tarn. Il faut faire preuve d’imagination et développer les coopérations à travers les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Par ailleurs, Moissac peut, sans renoncer à son domaine de compétence actuel, revendiquer le label « Hôpital de proximité » qui concrétise l’engagement à s’inscrire dans un projet collectif de territoire, avec des actions de prévention et d’expertise.

Ce n’est pas le moment de désarmer nos services hospitaliers, obligés de compenser les défaillances de la médecine de ville. Ce n’est pas le moment de réduire la voilure dans les services hospitaliers. Plus que jamais, la population de nos territoires a besoin de l’hôpital public, d’un maillage susceptible de répondre aux besoins, d’une organisation au sein du GHT (groupement hospitalier de territoire) qui permettent la mobilisation la plus efficiente des moyens. L’ARS et les directions des centres concernés, le département et la Région Occitanie ne peuvent se soustraire à leurs responsabilités.

 

 

 

 

Drôle de relance dans le 82

L’heure est à la relance. Et le Tarn-et-Garonne ne veut pas faire exception. D’ailleurs, afin que nul ne l’ignore, la Dépêche a consacré deux pages entières dans deux éditions différentes à ce fameux plan concocté par… son patron lui-même, Jean Michel Baylet. Michel Weill, le président en titre du département, n’a semble-t-il pas eu son mot à dire ! Bien sûr le maire de Valence d’Agen est expert pour tirer la couverture à lui, pour dire qu’avant lui, tout n’était qu’immobilisme et vacuité. Mais faut-il lui rappeler que le Tarn-et-Garonne a déjà bénéficié en novembre 2020 de 5,27 millions d’euros octroyés par l’Etat dans le cadre de ce qui était déjà annoncé comme un plan de relance ?

Lire ici l’analyse que j’avais réalisée en 2020Relance: la part du 82

Faut-il lui rappeler que la communauté de communes des Deux Rives étaient avec le Grand Montauban les principaux bénéficiaires de cette manne gouvernementale ? Faut-il rappeler à tous ces élus anciens ou nouveaux qu’ils avaient été priés de formuler les besoins des territoires et qu’en la matière, ils n’avaient pas fait preuve de grande créativité, mettant une fois de plus le paquet sur le patrimoine ? Et le plan JMB, puisqu’il faut l’appeler ainsi, ne s’aventure pas beaucoup plus loin. Rénovation des collèges, entretien des routes, enveloppe améliorée pour les subventions aux communes et aux intercommunalités… rien que de très ordinaire et qui ressort de la compétence des conseils départementaux. Le plan Baylet promet aussi des bourses pour les étudiants en médecine qui accepteraient de s’installer dans nos contrées. Mais là encore, faut-il rappeler que l’ancienne équipe départementale avait déjà mis en place un tel dispositif. Utile certainement, mais largement insuffisant au regard des besoins.

Au même moment, le Petit Journal interroge le nouveau directeur de l’hôpital de Montauban. Ce dernier confirme les promesses du premier ministre sur la création d’une nouvelle structure, en dehors du site actuel.

Lire ici l’article que j’avais consacré à ce projet: Un nouvel hôpital public

Un appel à projet va être lancé sous peu. Il s’agit de trouver une quinzaine d’hectares pour installer, probablement au nord de la ville, le nouveau centre. C’était le projet de Pierre Mardegan, combattu parfois par certains syndicats, mais surtout par la Dépêche qui feignait il y a encore quelques semaines encore de croire que les propos de Jean Castex n’étaient que vaines paroles et que ce projet ne verrait jamais le jour.

En cette rentrée, la nouvelle majorité départementale sous la férule de Jean Michel Baylet s’est montrée sous son vrai jour : forte en gueule pour dénoncer la gestion précédente, sans vision pour un département qui doit affronter le défi climatique qui ne sera pas sans conséquence pour l’agriculture et le défi démographique avec l’arrivée de populations nouvelles à la recherche d’un cadre de vie et d’un environnement culturel satisfaisants. Mais le radicalisme à la mode cassoulet, touille toujours les vieilles recettes et au passage règle ses comptes sur le dos des collégiens : les sixièmes n’auront plus droit à un ordinateur personnel ! Pour le coup, le département fait figure de précurseur et s’illustre à sa manière dans le club des collectivités territoriales : un président fantôme, un conseiller omnipotent et une majorité de « gauche » absente. Ça pourrait ressembler à quelque république bananière, n’est-ce pas ?

 

 

4 milliards pour rien?

Si le gouvernement espérait des louanges, il en est à l’évidence pour ses frais. En l’occurrence près de 4 milliards promis à 38 millions de personnes. 100 balles comme disent les jeunes, offerts à toutes celles et tous ceux qui perçoivent moins de deux mille euros nets par mois. Y compris les étudiants boursiers. Voilà donc une mesure sociale, ciblant les plus en difficulté ! Que nenni s’égosille aussitôt le carré des gauches qui dénonce en vrac l’effet de seuil, l’effet d’aubaine, et même l’effet tout court. Des seuils, sauf à filer le chèque à tout le monde (et où commence le tout le monde ?) il y en a eu et il y en aura toujours. Des aubaines aussi. Après tout si le retraité sans bagnole en profite pour s’offrir une sortie TGV où est le problème ? A moins que les grèves n’empêchent les trains de circuler. Quant à l’effet, 100 balles, ce n’est pas le Pérou, mais c’est mieux que rien, d’autant que ce chèque s’ajoute à d’autres chèques, énergie, rentrée scolaire, prime d’activité, ou encore prime dite Macron dans les entreprises. Sans oublier l’augmentation de 30% du complément mode de garde pour les familles monoparentales, l’année blanche avec maintien intégral des prestations pour les intermittents du spectacle, la création du pass culture, du pass sports pour les jeunes, du repas à 1 euro pour les étudiants boursiers…

Il faut et je sais que c’est difficile, même pour un militant bien intentionné, pour juger de l’action du gouvernement en matière de pouvoir d’achat, prendre en compte l’ensemble des dispositifs qui ont été mis en place cette année ou l’année précédente. Il y a les chèques, il y a aussi et surtout des mesures plus structurelles. Suppression des cotisations chômage et maladie pour les actifs ; suppression de la taxe d’habitation pour 80% des Français, 100% en 2023 ; baisse de l’impôt sur le revenu pour 18 millions de contribuables ; augmentation des rémunérations pour les enseignants, les policiers, les personnels médicaux ; défiscalisation des heures supplémentaires ; soutien aux revenus des agriculteurs ; aides massives aux commerçants et indépendants,  remboursement intégral des prothèses dentaires, auditives ou de vue… Et j’en oublie !

La dentelle ou le symbole

C’est bien là une des difficultés de la méthode Macron : le discours, la mise en récit de ses actions ! A la dentelle, destinée à des publics divers et variés, l’opinion sans distinction d’appartenance, préfère les mesures symboliques qui parlent aux imaginaires, qui s’inscrivent dans une lecture univoque de l’histoire. On convoque les mannes des grands ancêtres pour juger de la pertinence et de l’efficacité des politiques actuelles. On veut du lourd, du spectaculaire !

Bien sûr, les oppositions qui n’ont jamais rien proposé depuis le début de la crise sanitaire n’ont pas tout à fait tort quand elles dénoncent des « chèques de campagne » Mais les Français doivent garder en mémoire que c’est ce président, ce tenant affirmé de l’économie de marché qui a osé le « quoi qu’il en coûte », qui a convaincu nos partenaires européens, et notamment l’Allemagne, de s’affranchir des dogmes libéraux, de construire une riposte massive et coordonnée à la crise. De faire de la dette, un outil de reconstruction nationale, de reconquête de notre souveraineté industrielle. On commence à en toucher les dividendes, il suffit de voir la situation de l’emploi et la confiance des investisseurs à l’égard de la France !

La dette, la dette

La dette, personne au gouvernement, et surtout pas E Macron, n’a l’intention de s’en exonérer. Mis à part ceux, les deux extrêmes de l’arc politique, qui tout à leur propagande, professent qu’il faut refuser de payer, il y a consensus au sein des partis de gouvernement. Y compris chez LR qui ferait donc mieux de mettre un bémol sur la question. Mais à six mois de l’élection présidentielle, les vieux démons prennent le dessus. Toutes les mesures d’accompagnement social et de soutien à l’activité économique leur paraissent juste des cadeaux électoraux. Et trop pressés de les dénoncer, droite et gauche en viennent à brouiller complètement leur message.

Le chèque ou la taxe

La séquence du « chèque pouvoir d’achat » en est un exemple caricatural. On sait que sur le sujet le gouvernement a beaucoup hésité. Le chèque n’est pas le meilleur choix, c’est le moins mauvais, si l’on veut articuler mesures sociales et mesures climatiques. Et c’était bien la difficulté. Baisser les taxes sur les carburants fossiles, comme le réclament encore, gauche, droite et même écolos, c’était faire plaisir au consommateur et ruiner d’un seul coup d’un seul tous les efforts pour sortir le plus rapidement possible de notre dépendance à ce type d’énergie. C’était s’interdire de fait tout retour en arrière, quand, dans quelques semaines ou dans quelques mois, le marché des carburants se détendra. En l’occurrence, tous les contempteurs de Macron, socialos, insoumis, écolos, feraient bien de se mettre au clair avec eux-mêmes. Mais le peuvent-ils, en sont-ils capables ? On ne peut le dimanche demander la baisse des taxes, au risque d’ailleurs de creuser un peu plus la dette, et la semaine, dénoncer Macron et sa politique environnementale. Le combat politique, sauf à risquer d’y perdre son âme, n’autorise pas tous les reniements, toutes les contorsions. Car au final, c’est la démocratie qui a le plus à y perdre!

Mise au point

Il me revient, parfois par les réseaux dits sociaux, que certains citoyens qui s’intéressent à la chose publique, ne comprennent pas mes prises de position à l’égard du maire de Moissac. A mon tour de m’étonner de la chose. Qu’on m’accorde au moins cela : je n’ai pas la critique en dessous de la ceinture. Je tape politique. Je critique les idées, je dénonce les actes, je mène un combat idéologique et dans ce domaine, il ne faut laisser aucun répit à l’adversaire. J’allais dire à l’ennemi, mais comme je suis un républicain, je tiens, rênes courtes mes emportements.

Je n’ai jamais contesté le résultat de l’élection municipale comme voudrait parfois le faire croire un plumitif local. Faut-il le répéter, le maire a été élu et très bien élu. Là n’est pas la question ! D’ailleurs disons-le, au titre de maire, il est pour les Moissagais et pour les institutions, un interlocuteur inévitable. Un interlocuteur obligé, si l’on préfère. Ainsi est faite la démocratie. Pour autant, rien n’oblige à faire plus qu’il ne faut. Rien ni personne n’oblige le représentant d’une association, d’un club, d’une amicale à tirer gloire sur ces mêmes réseaux sociaux d’une rencontre, d’un échange par ailleurs normal entre le patron de la commune et lui-même. Je ne parle pas là d’un sympathisant RN pour qui cela irait de soi, je parle de certains autres qui en pleine campagne des municipales ne parlaient qu’à gauche, à celles et ceux qui qu’ils avaient eux-mêmes estampillés tels.

Certains, je crois hélas qu’ils sont à cette heure-ci toujours nombreux, peuvent apprécier la politique que mène le maire RN de Moissac. Ils peuvent se sentir en accord avec lui. D’autres, ceux qui dénoncent depuis des lustres l’extrême droite, les différents visages qu’elle peut emprunter, s’ils veulent rester cohérents avec eux-mêmes, seraient bien inspirés de garder leurs distances avec le « petit moissagais ».  Contrairement à lui, Ils n’ont rien à y gagner, même pas la « warholienne » minute de célébrité !