Un méchant coup de projecteur

Un homme qui serait âgé entre 20 et 30 ans et dont l’identité n’a bien évidemment pas été révélée, a été assigné lundi à résidence à Moissac. Cela veut dire qu’il ne pourra pas sortir de chez lui la nuit et devra trois fois par jour aller signer à la gendarmerie. Fiché « S », l’homme est-il un propagandiste salafiste, est-il de retour de Syrie? On ne connait pas les raisons de cette mesure administrative. Le maire lui même n’a été mis dans la confidence qu’au dernier moment ce qui l’a quelque peu fâché avec l’autorité préfectorale, seul donneur d’ordre dans ce type de procédure.

Presque au même moment, la police judicaire intervenait dans le quartier du Sarlac, cette fois sur mandat d’un juge, dans une affaire de trafic de drogue à l’échelle du département. Un homme a été placé en garde à vue et de la marchandise saisie.

Deux affaires qui jettent un méchant coup de projecteur sur Moissac. On sait depuis longtemps que la ville abrite de petits trafiquants qui d’ailleurs cachent de moins en moins leur commerce lucratif. Des trafiquants dont les liens avec les milieux toulousains remontent à plusieurs années et se sont ces derniers temps resserrés.

La fiche « S » a de quoi inquiéter plus encore. Alors que le pays se relève à peine du terrible choc provoqué par les attentats parisiens, les Moissagais peuvent se demander si l’homme qui avait été repéré depuis plusieurs mois par les enquêteurs, n’a pas fait des émules.

Certes, le pire n’est jamais sûr, et il serait terrible pour Moissac et sa population qu’une partie d’entre elle suspecte l’autre. Un délinquant, voire un salafiste ne saurait représenter une communauté, religieuse ou ethnique. Gardons nous donc de les mettre dans le même sac. Ne cédons pas à ce démon de la xénophobie!

Mais il est sûr que Moissac qui cherche à conforter son image de capitale des fruits, de ville touristique fière de son patrimoine chrétien, se serait bien passée de cette publicité. De quoi mettre à l’épreuve notre capacité, notre détermination à défendre un « vivre ensemble » dont nous sommes collectivement et individuellement comptables.

Reste aussi cette lancinante et incontournable question : comment réduire la fracture culturelle, cultuelle, en définitive sociale qui semble s’approfondir entre les différentes populations moissagaises? Faute de réponses adaptées, la gauche, mais aussi la droite risquent de sérieux revers électoraux et de bien plus graves déboires sociétaux.

«Je deviens solennellement français», par Magyd Cherfi

« Il y a des jours comme ça où on aime la France, où on a envie de chanter la Marseillaise, envie d’être tricolore comme un supporter insupportable. Il y a des jours où on se reproche de ne pas être assez français. Des jours où on voudrait s’appeler Dupont quand on s’appelle Magyd. Suis-je toqué ? Suis-je choqué ? Oui je laisse se répandre la douleur en mon cœur et reposer ma tête percutée de plein fouet.

Sans titreC’était un carnage et c’est mon jour de baptême, je deviens solennellement français, c’est dit. Je promets devant le fronton des mairies d’aimer la France pour le pire et le meilleur, de la protéger, de la chérir jusqu’au dernier souffle. Suis-je sonné ? Miné ? Je nais.

Il y a des jours comme ça où même anar on porte un drapeau parce que c’est tout ce qui reste à brandir après l’embrasement et il est bleu blanc rouge. Il y a des jours où on aime ce pays même quand il a tort, même quand il se trompe parce qu’il est nous jusque dans les entrailles.

Des jours comme ça où on aime ce pays, ses hameaux, ses villages, ses monuments aux morts. Des jours où on regrette de pas la ménager la vieille dame aux quatre cents fromages.

Des jours où on préfère la justice à sa propre mère, des jours où on est à l’envers. Des jours qui dépassent nos propres idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité. Des jours plus forts que la vie et c’est des jours de mort.

C’est vrai, des jours comme ça où on reprocherait à Renaud, Ferré, Brassens d’avoir aimé que la France et pas assez la patrie. Des jours où on voudrait être patriote sans qu’un danger nous guette. Avant le sang, avant le feu.

On devrait avoir envie de sauver la France avant les signaux d’alerte, avant que la mort ne vienne exhaler son odeur dégueulasse. Allez ! Prenons les armes et sauvons ce trésor qui est la république et même la nation. Il y a des jours comme ça où on est de droite, de gauche, de tous les bords tant qu’ils respectent le droit de pas être d’accord. On envie ce pays d’autant tolérer d’avis contraires, d’idées extrêmes et nauséabondes.

Des jours comme ça où on mesure l’état de droit, la liberté, le combat pour la laïcité qu’elle que soit sa maladresse. D’assumer les débats foireux de l’identité nationale, de dire oui à la France quelle qu’elle soit, de tout assumer, Pétain et Jean Moulin, le lâche et le héros, l’orfèvre et le bourrin, l’étroit comme l’iconoclaste ? Des jours où Finkielkraut est un enfant de cœur, où le front national n’est qu’un adversaire de jeu.

Il y a des jours à lire Houellebecq pas pour ce qu’il écrit mais parce qu’il a peur ! Des jours à écouter Zemmour, Morano et Delon et la cohorte des dépités parce qu’ils perdent la boule. Des jours comme ça où on veut s’acheter deux sapins, un pour la tradition, l’autre pour l’effort de porter ce pays qui essaie en trois mots de nous faire une place.

Des jours où on veut manger des crêpes à mardi gras et à Pâques du chocolat.

Des jours où même noir ou même musulman, on veut bien que nos ancêtres soient gaulois.

Des jours comme ça où on s’incline devant la tombe du soldat inconnu, où on rechigne pas à la minute de silence. Des jours de fleurs pour tous les «morts pour la patrie» et qu’ils le soient au front ou à l’arrière-salle d’un restaurant. Des jours où on choisit son camp parce qu’il n’y en a pas d’autres.

Des jours où on applaudit à tout rompre les uniformes, tous les gardiens de la paix, les paras et les flics. Ce jour-là on aime les Français quels qu’ils soient. Des jours, mais il y en aura d’autres. »

Magyd Cherfi (Zebda).

 

Rassemblement républicain

Lundi 16 novembre, à 12h, les Moissagaises et les Moissagais sont invités à se réunir devant la mairie pour observer, tous ensemble, à l’appel du gouvernement, une minute de silence.

Un hommage aux victimes des terroristes, pour réaffirmer aussi notre détermination à faire vivre les valeurs de la République:

« Liberté, égalité, fraternité »

Spontanément, plusieurs dizaines de Moissagais ont déjà manifesté dimanche matin leur besoin de faire France. Avec le maire de Moissac et le Président de la Communauté de communes qui étaient présents, nous avons décidé d’appeler lundi à une rassemblement le plus large possible. Demain, nous dirons donc  une fois de plus notre volonté de défendre les couleurs et les valeurs de ce pays, la France.

Après les attentats

Rassemblons-nous dimanche, devant la mairie de Moissac à 11 heures. En hommage aux victimes, en soutien aux valeurs de la  République 

Notre France est en deuil. Elle pleure ses morts. Elle est profondément blessée, mais la France est grande et forte. Elle saura réagir. L’heure est aujourd’hui au deuil, au rassemblement, à la communion laïque autour de la République et des valeurs qu’elle porte : »Liberté, égalité, fraternité ».

Comme nous avions su si bien le faire lors des attentats contre Charlie et l’hyper casher, je propose à toutes les Moissagaises et à tous les Moissagais de nous retrouver, dimanche matin, devant la mairie, pour partager notre immense peine, dire aux familles des victimes combien nous pensons à elles et affirmer tous ensembles notre attachement à nos valeurs républicaines auxquelles rien ni personne ne saurait nous faire renoncer.

 

Un conseil…

Le Conseil municipal est dans toutes les communes, le lieu par excellence du débat démocratique. Il permet aux élus, mais aussi à la population, les séances sont obligatoirement publiques, de débattre des affaires de la cité et de décider des choses de la vie communale. C’est dire combien ce rendez-vous est important! A Moissac, naguère, le Conseil municipal était réuni tous les mois. Aujourd’hui, la majorité de droite, le réunit tous les mois et demi après l’avoir mis en sommeil tout l’été.

Qu’en conclure? Que la droite a peu de goût pour le débat citoyen? Rien de surprenant à cela. L’histoire le raconte lieu après lieu, époque après époque. Dans ce domaine, comme dans d’autres, la droite moissagaise ne se démarque pas de la famille. Mais ce calendrier révèle surtout combien cette majorité est sans projet, sans ambition pour notre ville. D’un conseil à l’autre, on règle les affaires courantes, on autorise des actes administratifs, on valide comme la loi nous y oblige des délégations de signatures… A l’image de la ville, le Conseil  s’ennuie, se désespère, se languit au sens flaubertien du terme.

Jeudi 12 novembre, on va donc traiter une fois encore des affaires courantes. Heureusement qu’il y a l’OPAH (Opération programmée d’amélioration de l’habitat) mise en place par l’équipe Nunzy, sans quoi l’ordre du jour aurait ressemblé à un courant d’air. Où sont les projets, quel est le devenir de l’hôpital, comment la trésorerie va-t-elle fonctionner, pourquoi le tourisme est-il en panne à Moissac, pourquoi le commerce de centre ville dépérit-il, pourquoi la pauvreté progresse-t-elle, où est en est la politique de la ville, que va devenir MAJ (Moissac animation jeunesse) quand au printemps prochain elle risque d’être sans ressources?

Les Moissagais pourraient ajouter à la liste des questions, tant ils voient leur ville décliner, et la majorité de droite, qui contrôle maintenant le département,  sans imagination, sans volonté, inerte devant l’adversité. Attention, les Moissagais vont finir par s’en rendre compte!