2101 actes chirurgicaux, c’est le seuil fatidique en deçà duquel les services de chirurgie des petits hôpitaux seront contraints de se restructurer ou de fermer. Pourquoi 2101 et pour quoi pas 2100? Mystères de la statistique! L’administration qui est à la manoeuvre a fixé l’objectif. Pour économiser 3 milliards d’euros d’ici 2017, le ministère de la santé veut regrouper et parallèlement développer la chirurgie ambulatoire. Objectif très clairement affiché dans l’étude fournie par le cabinet « Mapping Consulting » sur l’hôpital de Moissac. Certains pensaient un peu vite que ces objectifs qui ont pour nom « projet médical de territoire » étaient peut-être tombés aux oubliettes. Il n’en est rien, l’ARS (l’Agence régionale de santé) a même reçu sa feuille de route dès le mois de septembre dernier, une circulaire qui reprend et confirme celle de 2010.
Les chirurgiens de l’hôpital de Moissac annoncent 2800 actes chirurgicaux environ (chirurgies orthopédique et viscérale) par an. De quoi, si les chiffres sont vérifiés, rester la tête hors de l’eau. Mais rien n’est acquis, rien n’est joué. Car au final, c’est l’administration qui comptabilise et il n’est pas sûr qu’elle retienne tous les actes revendiqués par les praticiens. Le Comité de défense de l’hôpital de Moissac que préside Jean Paul Nunzi est bien entendu en alerte. Pour autant, il ne ferme pas la porte à toute discussion. « Le Comité refuse à priori la fusion des services, il demande, comme préalable à toute évolution des structures, que les professionnels de la santé, les personnels soient concertés » explique l’ancien maire de Moissac. Pas de réforme donc sans implication des acteurs de terrain!
La rentrée de janvier s’annonce sous haute tension. L’ARS a une feuille de route, elle va vouloir tracer et vite. Il faudra que le Comité, les professionnels de santé, au final, la population du bassin de vie, redoublent de vigilance et se mobilisent pour obtenir de l’administration de la santé une concertation large et sincère.

