Les commerçants du marché de Moissac ne sont pas contents. Ils vont être reçus aujourd’hui mardi 3 mai à la mairie. Voilà des semaines, voire des mois que le feu couve sous les parapluies des Récollets. Les commerçants estiment ne pas avoir été associés à la nouvelle organisation du marché qu’ils jugent préjudiciable à leurs intérêts. De leur coté, les chalands ont constaté un dépérissement inquiétant du marché du samedi que la mauvaise saison ne saurait seule expliquer.
Mais la grogne croissante des commerçants se nourrit surtout de la politique tarifaire de la mairie. Elle a, pour se mettre en conformité avec la loi, instauré un droit de place calculé, non plus sur le m2 occupé, comme précédemment, mais sur le mètre linéaire. Ainsi un étal de 2 mètres carrés, soit 2m par 1, voit désormais sa redevance calculée sur la base de son périmètre réel, soit 6 mètres. Certes la mairie a baissé les tarifs comptant ainsi retomber sur ses pieds. A l’évidence, le calcul n’était pas bon. Nombreux sont les commerçants qui payent aujourd’hui 2 à 3 fois ce qu’ils payaient avec l’ancien système. On peut comprendre leur colère, d’autant que dans les villes voisines, Castelsarrasin, Valence d’Agen, ils payent beaucoup moins cher!
Interrogé par nos soins lors du dernier Conseil municipal, le maire tente de défendre son système, expliquant au passage qu’avec son équipe, il n’y a plus de passe-droits. Tout le monde serait traité de la même manière. En creux, il laisse entendre que les « râleurs » sont ceux qui avaient su passer à travers les gouttes. Quant à la dégradation du marché, qui s’étiole, répétons-le, J M. Henryot annonce un bilan quand la saison battra son plein!
En attendant, le climat ne s’améliore pas entre les étals. Il est temps que la mairie renoue le contact avec les commerçants, leur explique sa démarche, accepte de peser les situations individuelles. Nous avons plaidé en vain pour qu’elle fasse un peu de pédagogie. On n’impose pas un système, on cherche d’abord à en convaincre les acteurs principaux du bien fondé. Et si la ville de Moissac veut développer son marché, son marché de bouche car c’est celui là qui en fait la réputation, il faudra qu’elle se compare à ses voisines, qu’elle sache prendre en compte un environnement qui dans ce domaine aussi, est concurrentiel.
On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. L’animation d’un marché ne se réduit pas à un geste comptable. Il faut savoir courtiser les commerçants, offrir aux chalands des produits de qualité, mais aussi un espace de convivialité, débarrassé des voitures, favorable aux échanges et aux rencontres. Il est peut être grand temps que la municipalité ose une vraie table ronde, réunissant commerçants sédentaires et ambulants, producteurs, simples moissagais et élus afin de trouver les voies et moyens pour redonner à ce marché le rôle qui fut le sien.