Résultats du premier tour de la primaire « la belle alliance » dans le 82
Benoît Hamon: 31,1% – 2298 voix
Manuel Valls: 30,8% – 2278 voix
Arnaud Montebourg; 15,8% – 1167 voix
Sylvia Pinel: 11,5% – 850 voix
Vincent Peillon: 7,1% – 526 voix
François de Rugy: 2,9% – 218 voix
Jean Luc Benhamias: 0,8% – 61 voix
La participation était modeste, en dessous de celle de 2011 et très loin de celle de la primaire de la droite. Mais au moins dans ce département et à fortiori à Moissac, la consultation fut transparente et sincère. Pas de couac, de bug, de stroumph, pas une fausse note! Les électeurs peuvent donc revenir aux urnes, dimanche prochain pour le deuxième tour, l’esprit tranquille et le bulletin clairvoyant!
Benoit Hamon a pris une sérieuse option pour la victoire, et Manuel Valls à l’évidence peine à rassembler derrière lui. Seule Sylvia Pinel lui a, à cette heure, apporté son soutien. Pour autant, rien n’est encore définitif dans ce paysage politique sismique, le résultat du second tour dépendra aussi de la participation. Forte, elle peut avantager l’ancien premier ministre. Faible, elle signera la victoire du frondeur!
Tel les plaques tectoniques, le paysage politique n’en finit pas de bouger, créant à chaque fois de véritables séismes. A l’évidence les électeurs, de droite comme de gauche, prennent un malin plaisir à faire tomber les sortants, à préférer les options radicales, les postures de dynamiteurs, les fiers à bras de l’idéologie. Au risque de très vite déchanter, se sentir cocus, trahis par ceux là-même qui leur ont promis la lune, quand la lune n’est pas là! L’histoire radote!
Plus prosaïquement, Fillon et Hamon partagent une même trajectoire. Venus des profondeurs du tableau, crédités de sondages misérabilistes à l’annonce de leurs candidatures, ils finissent par s’imposer face à des concurrents que sondeurs , médias et vox populi promettaient au plus bel avenir. Leur secret? Avoir su prendre la primaire par le bon bout. Et tenir le discours de la frange la plus radicale de leur camp. Faire récit avec les peurs, les détestations, les aspirations ou les chimères de leurs électeurs qui peuvent ainsi à peu de frais s’offrir le frisson du renouveau, la promesse de la belle aventure. Mais après? Après c’est souvent -toujours- le régime gueule de bois et bicarbonate, quand le candidat a fait sa mue et feint de découvrir le bilan, c’est-à-dire le réel.
Il y a pourtant une différence entre la droite et la gauche. A l’UMP on croit à la victoire, on veut gouverner et prendre sa revanche. A gauche, au sein de la « belle alliance », personne n’envisage réellement d’accéder au pouvoir, n’imagine pouvoir inverser le cours des choses. Chacun joue là le coup d’après. la recomposition de la famille, le contrôle du PS ou de ce qu’il en restera… Les progressistes ne peuvent accepter ce Munich politique. Ils peuvent, nous pouvons nous ressaisir. Dimanche prochain, il sera l’heure de s’atteler à cette tâche nouvelle et pressante!

