
Socialiste, toujours socialiste, j’ai fait campagne pour E Macron. J’avais très tôt, il y a plusieurs mois attiré l’attention de mes camarades, de nos amis, de toutes celles et de tous ceux qui s’estiment de gauche sur la catastrophe qui nous attendait, faute d’avoir travaillé, d’avoir rassemblé, d’avoir été capables de proposer aux Français un projet politique, ambitieux, ouvert, en phase avec la société. C’est Macron qui a fait à sa manière le travail. Je m’en réjouis. J’y ai pris ma part. Nous devons maintenant tout faire pour qu’il gagne le second tour, que le message envoyé au pays et au reste du monde, à l’Europe en particulier, ne soit pas contestable. Il faut un signal fort, donc un score sans appel. Cela veut dire bien entendu écraser le Front national.Mais cela veut aussi dire qu’il faut, pour ce second tour, une participation au moins aussi importante que celle de ce premier tour. Voilà un des objectifs que va devoir se donner « En Marche! », mais aussi les autres partis politiques qui appellent aujourd’hui à voter Macron. L’autre objectif, c’est la construction d’une majorité présidentielle, dont on sait bien qu’elle devra intégrer peu ou prou des pans entiers de la gauche de gouvernement. Et c’est à Macron de prendre l’initiative, dans le cadre d’une coalition, d’un contrat de gouvernement. Parallèlement, cette gauche va devoir oeuvrer à sa propre refondation. Elle ne saurait différer plus longtemps ce moment de vérité.
Mais parlons pour l’instant de Moissac. Pas brillant! Accablant! Le FN caracole en tête et confirme du même coup ses résultats des régionales. Il atteint dans cette deuxième circonscription, des scores impressionnants, plus de 28% et fait encore mieux à Castelsarrasin. Cela lui permet de rêver à des lendemains qui chantent, mais cela fait cauchemarder les démocrates que nous sommes, à gauche, comme à droite. Les Lepénistes qui ont investi pour les législatives un jeune candidat, issu de l’appareil frontiste, peuvent espérer tirer leur épingle du jeu face au candidat de la droite passablement affaibli par les 19% de F Fillon, face aussi à S Pinel qu’on croyait investie par le PS et le PRG et qui, à la veille de la présidentielle, a voulu se débarrasser de cette casaque, au point de briller par son absence au meeting toulousain de Benoît Hamon. Et Macron, que va-t-il faire? Investir un/une candidate qui n’aura que 4 petites semaines pour convaincre, voire se faire connaître? A moins que le ralliement de JM Baylet n’annonce un tour de passe-passe dont il est devenu un expert. Quoiqu’il en soit, le FN a devant lui un boulevard. Et les divisions à gauche, la concurrence imbécile qu’elle est prête à se livrer ne peuvent que lui faciliter la tâche.
Comment en est-on arrivé là? Pourquoi nos bourgs et nos campagnes sont-ils prêts à se jeter dans les bras de ce populisme exécrable, de cette pensée racornie, de ces militants qui chaque jour au Conseil régional d’Occitanie montrent de quoi ils sont capables? Mais je parlais aussi dans ce blog (voir plus bas) d’un autre populisme, celui de Jean Luc Mélenchon. Il réussit dans nos territoires une percée qui doit à son tour nous interroger. Il dispute au FN. un électorat malheureux. Malheureux de la situation économique dans laquelle la société l’assigne. En colère aussi contre les élites, les gens des villes, les politiciens, la finance, la concurrence, l’Europe, l’Allemagne et j’en passe. A cela, l’extrême droite xénophobe ajoute les immigrés, les réfugiés, les dangers qui nous menacent. Tout cela porte un nom: la peur et la rancoeur. Il nous faudra bien interroger ces votes. Pas pour porter une énième condamnation morale. Mais bien pour en trouver les causes profondes et répondre par des solutions concrètes, des pratiques politiques nouvelles et respectueuses de ce peuple en souffrance.
