En marche, à reculons…

Les choses sont désormais tristement claires. Alors que le grand ordonnateur des candidatures, J.P. Delevoye, explique à Paris qu’une, qu’un candidat qui met par exemple le sigle PRG sur ses affiches, ne peut se prévaloir de l’appartenance à la majorité présidentielle, Sylvia Pinel, ex ministre, reçoit le renfort d’un nouveau collègue. Quelle audace! Mais cela sent l’investiture officielle. Elle annonce en effet pour sa réunion, jeudi prochain à Moissac,  la venue de Jacques Mézard, ministre de l’agriculture, celui-là même qui a négocié pour sa patronne radicale une petite place au soleil macronien. Bonne opération à priori puisque si les sondages ne se trompent pas, La REM (République en marche) devrait bénéficier d’une vague de fond comme rarement vue sous les ors de la V° république. Autant dire que le badge macron vaut élection ou presque!

Décidément dans ces « terres radicales » comme aime à le dire le quotidien régional, au pays des faux semblants, la politique demeure une affaire de copains, de cercles, de loges, de groupes de pression, experts dans l’enfumage, et le clientélisme. Pour le renouvellement vous repasserez. Macron avait promis la fin des vieilles pratiques, l’émergence d’une génération politique nouvelle. C’est peut-être vrai ailleurs, mais pas en Tarn-et-Garonne. Ici on recycle, ad vitam aeternam! Ici on sert du réchauffé! Ici on fait dans la tambouille électorale! Et le pire c’est que ça marche… que ça pourrait marcher. Heureusement, c’est aux électeurs de trancher!

Que reste-t-il de ces marcheurs, ces joyeux militants qui ont fait la campagne du Président? Sont-ils tous d’accord avec ces petits arrangements de maquignons, eux qui rêvaient comme dit la chanson « d’un autre monde »?  En attendant, c’est officiellement silence radio. Certains, par conviction ou discipline, font du côté de Montauban la campagne de Pierre Mardegan, Cet ancien protégé de Brigitte Barrèges, membre de la majorité départementale derrière Christian Astruc, lui même ancien de l’équipe Baylet  (vous suivez?) devient, à son insu de son plein gré, le meilleur adversaire de Valérie Rabault, la députée sortante, dont le travail à l’Assemblée nationale est unanimement salué. Haro sur Rabault! Sus aux socialistes! Voilà le programme commun de ces messieurs-dames! Faut-il donc redire ici que notre département a besoin d’une députée compétente, dévouée, investie dans le territoire, portée par de solides convictions sociales? Nous avons besoin de Valérie Rabault. Il faut voter et faire voter Rabault!

Mais que reste-t-il de ces quelque 1500 marcheurs revendiqués dans le département, sommés aujourd’hui de faire silence. Tais toi et marche! Tous ceux qui ont accompagné Macron dès le début sont retournés à leurs affaires. Dépités, en colère surtout! Et si chacun a bien compris qu’ici « le changement ce n’est pas pour maintenant », nombreux sont ceux qui sur les réseaux sociaux, annoncent que dans l’isoloir, ils mettront leurs convictions en conformité avec leur bulletin. Le Mouvement a soudain pris un sérieux coup de vieux. Saura-t-il trouver les voies et moyens de reprendre sa marche?

 

 

 

Démocratie réelle et démocratie formelle

Les absents, comptez-vous ! La majorité avec à peine 16 élu(e)s s’est présentée clairsemée à ce Conseil municipal de juin. Assez nombreuse cependant pour voter les yeux fermés les délibérations inscrites à l’ordre du jour. Question : la droite municipale aurait-elle un problème ? Ce qui est sûr, c’est qu’elle a un problème avec la démocratie.

Certes, elle sauve les apparences, se fait violence pour écouter les questions de l’opposition et en particulier du groupe Divers gauche. Certes, poussée dans ses retranchements, elle consent même à lâcher quelques explications, à faire semblant d’ouvrir le dialogue. Mais dans les faits, et les élus de l’opposition, voire certains de la majorité, le constatent Conseil après Conseil, en matière de débat démocratique, la droite municipale fait le minimum syndical. Il lui arrive même par moment de vouloir hausser le ton, couper court dans l’échange, pressée sans doute d’en finir avec ce mauvais moment pour bien vite retrouver ses pénates.

Mais le problème n’est même pas là. Après tout, chacun serait dans son rôle, si nous avions le sentiment, que dis-je, la preuve matérielle, que cette majorité est soucieuse de la bonne information du Conseil et donc des élus de l’opposition. Hélas, il n’en est rien. Trop de délibérations ne sont que l’habillage administratif de décisions déjà actées. Trop de délibérations sont ainsi rédigées qu’elles ne racontent qu’une petite partie de la réalité. On peut dès lors légitimement se demander jusqu’à quel point les textes sont sincères. Ainsi, notre Conseil est-il trop souvent réduit à une chambre d’enregistrement, condamné à écouter « radio Moissac » pour savoir ce qui se trame à la mairie. Un comble !

Par exemple, cet Espace de travail partagé que la mairie veut créer dans l’ancien hôtel des impôts. 72000 euros de travaux ! Ce projet répond-il à des demandes, à des attentes ? Réponse : on ne sait pas on fera une étude. Ce flou cacherait-il un loup ? Et bien oui, car collée au mur, la mairie finit par avouer qu’elle a été démarchée par Relais d’entreprises, une boîte qui cherche à vendre ce concept aux petites communes. A noter que Terres des Confluences, pourtant compétente pour le développement économique, n’a pas été mise dans la boucle. Officiellement, elle aurait décliné l’offre. Autre exemple. Le périmètre de l’école Chabrié va s’agrandir, la mairie s’est portée acquéreur de la maison Rouges, pour 230000 euros. Ce n’est pas un scoop, tout Moissac était au courant de la transaction, sauf les élus de l’opposition. Tout Moissac sait qu’avec cet achat, la mairie entend regrouper les écoles Chabrié et Delthil, libérant du même coup les emprises autour de l’ancien tribunal. Certes, ce projet a sa cohérence. Pourquoi ne nous a-t-il pas été présenté complétement, avec ses tenants et aboutissants ? Pourquoi sommes nous les derniers informés ? Que dire aussi du chantier Caboche, cette maison du Patus, restaurée à grands frais pour y installer des religieuses et dont on découvre, dans le quotidien régional, que la facture des travaux s’allonge de jours en jours.

Moissac est malade de sa démocratie. Moissac n’est pas au mieux de sa forme. C’est le Compte administratif, véritable bulletin de santé, qui le dit et que nous avons examiné au cours de cette mémorable séance. Trois indicateurs :

  • La masse salariale de la ville augmente encore et toujours. (1% en 2016). Préoccupant ! Plus on parle de mutualisation avec la Communauté de communes et moins on la voit.
  • Les dotations de l’état diminuent inexorablement. Rien ne vient les compenser. Pas même les subventions dont bénéficie Moissac au titre » de la Politique de la ville » dont on a du mal à mesurer l’efficacité.
  • Les investissements, qui sont la promesse d’avenir, font du sur place et peinent à trouver des financements.

Bien entendu, la majorité de droite n’est pas seule responsable de cette situation. Mais face à l’adversité, aux difficultés nouvelles que Moissac pourrait rencontrer avec par exemple la possible suppression de la taxe d’habitation, il faut un plan de bataille, il faut une politique. Il faut anticiper. Interrogée sur la question, la droite est sans réponse. A moins qu’elle ne préfère garder ses réflexions pour elle, ou pour « radio Moissac » !

En fait, la majorité est à la ramasse sur presque tous les dossiers. Elle s’essouffle dès qu’il faut accélérer le pas. A preuve, le nouveau mode de rémunération des agents municipaux. Toujours pas en place, faute d’avoir su anticiper une réforme pourtant essentielle pour la fonction publique territoriale. A preuve encore, la question des activités péri-scolaires dont on sait qu’elles pèsent lourd sur les budgets communaux. Pour la rentrée de septembre, les communes devront choisir : maintien du dispositif actuel ou réorganisation. A Moissac, on attend, on fait l’autruche. La droite n’a rien à dire sur ce sujet, pourtant essentiel pour les familles et surtout les enfants.

Bonne nouvelle. Le Cinéma Concorde va se moderniser. Des travaux estimés à 190000 euros. La mairie lui octroie une aide de 8000 euros pour boucler son plan de financement.

Ca l’affiche mal!

Dans les cafés, à l’heure du pastis, on n’entend plus que ça : « Sylvia Pinel bouffe à tous les rateliers ». Vous avez vu son affiche de campagne ? Elle est la candidate du PRG, de Génération écologie et du PS ! Ne vous étranglez pas, elle bénéficie d’un accord signé avec le PRG par Christophe Borgel , député de la Haute Garonne, monsieur élections de la rue de Solférino. Résultat, il y a des mois, des plombes que la circonscription 2 du Tarn et Garonne lui a été offerte. Et comme l’accord n’a pas été dénoncé, y compris au vu de la nouvelle donne politique, madame « Ex. » s’en sert. Elle aurait bien tort de s’en priver, même si le résultat n’est pas garanti. Du coup reconnaissons lui une forme de courage, à moins que, finaude, elle n’ait parié sur son nouvel atout maître : le Président !

Depuis qu’elle sait que Macron la protège, elle s’autorise toutes les audaces. La voilà, en même temps, PRG-PS et majorité présidentielle. Ce n’est plus la politique du ni-ni, mais bien celle du et-et. Un véritable saut quantique !

On peut en rire… jaune. Il y a dans cette affiche une usurpation, un abus de sueur militante qui a de quoi révulser les pauvres couillons qui ont travaillé à l’élection de Macron. Pendant toute la campagne des présidentielles, Sylvia Pinel était aux abris, se gardant bien de parler, de sortir, de se mouiller un instant. Il est vrai que dans l’ombre, à Paris, à Lyon, ailleurs, ses amis travaillaient pour elle. Au premier rang , Jean Michel Baylet aidé de son compère désormais ministre, le sénateur PRG Jacques Mézard.

Travail efficace. La dame a raflé la mise, au grand dam des militants d’En Marche qui après un moment de sidération ont tenté de réagir, de protester, d’expliquer aux cénacles parisiens qu’il y avait meilleure image du renouvellement à trouver en Tarn et Garonne. En vain !

Mais ce qui est encore plus choquant dans cette péripétie, c’est la surdité d’En Marche, son absence de démocratie interne qui le conduit à nier toute intelligence politique à ses militants de terrain. A les prendre pour quantité négligeable, tout juste bons à coller des affiches et à tracter ! Pas sûr qu’en Tarn et Garonne le mouvement n’y laisse pas des plumes. J’en connais plus d’un sur le point de rendre son tablier !

Législatives: 14 candidats à Moissac-Castelsarrasin

Et voilà la liste exhaustive, établie par la préfecture du département

Quatorze candidates/candidats en lice dans la deuxième circonscription de Tarn et Garonne.

Extrême droite

  • FN:                         Romain Lopez/Louis Galvani

R. Lopez est l’attaché parlementaire de Marion Maréchal Le Pen

Droite

  • LR/UDI:                                                            Mathieu Albugues/Maïté Garrigues
  • Union populaire républicaine:                     Elodie Monteront/Bernard Zanusso
  • Union forces citoyennes républicaines:      Kevin Fermine/Gisèle Maximin
  • Union des patriotes:                                        Pierre Verdier/Constance Dijoux

M. Albugues est conseiller départemental 82

Gauche

  • PRG:                                                             Sylvia Pinel/Jean Luc Deprince
  • La France qui ose:                                      Jean Avallone/Sabine Peretti

S. Pinel est députée sortante, 1° vice présidente de la région Occitanie, ancien ministre.

  • Divers gauche:                                             Thierry Hamelin/M. Sentis
  • Europe écologie, les Verts:                        Dominique Parcellier/Justin Giraud
  • Mouvement écologique indépendant:    Véronique Hoarau/Sylvette Salzard
  • PCF:                                                                Françoise Tardin/Maximilien Reynes-Dupleix

Extrême gauche

  • France Insoumise:                                       Ivan Jacquemard/Claire Teinturier
  • Lutte ouvrière:                                             Anne Bourguignon//Françoise Ratsimba
  • Parti Pirate:                                                   Cédric Levieux/Chloé Bernard

 

Législatives, « En Marche »: le faux pas

« En Marche » trébuche sur le Tarn et Garonne. En investissant sur la première circonscription P Mardegan, UDI, aujourd’hui en délicatesse avec B. Barèges, la maire de Montauban, dont il fut un des affidés, le mouvement d’E Macron n’a guère surpris. Tant l’impétrant semblait sûr de son fait et n’en faisait pas mystère! Mais comment parler de renouvellement quand sur la deuxième circonscription, le parti du Président a décidé de laisser le champ libre à S. Pinel. Pas de candidat « macronien » face à la présidente du PRG! Une faveur, une « habileté » qui n’a rien à envier aux petits arrangements entre amis dont les Radicaux sont depuis longtemps les champions incontestés. Il faut voir dans cette « bienveillance » la main de J.M. Baylet qui s’est, les dernières semaines, dépensé sans compter, pour « sauver » sa protégée. Y parviendra-t-il ? Rien n’est moins sûr !

Dans cette deuxième circonscription, l’offre politique, du centre à l’extrême gauche, s’annonce pléthorique et vide de sens. Outre S. Pinel, seront en lice les Verts, les Insoumis, et les Communistes qui sont fâchés avec Jean Luc Mélenchon. Ça fait beaucoup pour un territoire fortement ancré à droite où le Front national flirte avec les 30% au premier tour de la présidentielle. Fallait-il dès lors ajouter à la confusion et présenter une autre candidature, « indépendante » car privée du soutien d’un PS toujours lié par un accord avec le PRG ; privée surtout de l’onction d’ « En Marche » qui a préféré faire une fleur à Mme Pinel ? Cela on s’en doute a fait débat dans les rangs de toutes celles et de tous ceux qui aspirent ici à une respiration démocratique. Mais une telle démarche aurait été vouée d’entrée de jeu à l’échec. Elle aurait risqué de surcroit d’apparaître motivée par la seule ambition personnelle, pire encore par le dépit ou la rancune. On fait mieux en guise de programme politique ! Sans parler des conséquences qu’elle aurait pu avoir sur la première circonscription où la socialiste Valérie Rabault n’aura pas la partie facile et dont il faut assurer la réélection.

Pour revenir à la deuxième circonscription, Castelsarrasin-Moissac, et si l’on se réfère aux résultats du premier tour de la présidentielle, on pourrait bien avoir le 18 juin prochain une triangulaire, voire une quadrangulaire. C’est dire l’embrouillamini politique de ce département, de cette circonscription en particulier. Et il n’est pas dit que la candidate du PRG qui se pare déjà des plumes de la majorité présidentielle, prend même la pose sur une photo jaunie avec E. Macron, fasse le plein des voix PRG, PS et « En Marche ». Elle dispose certes d’un petit bonus de départ, mais nombreux sont les électeurs de gauche et de droite qui ne semblent pas disposés à lui donner leurs suffrages. L’heure de vérité n’est plus très loin.

Quel que soit le résultat des législatives, il faudra, à gauche et plus loin chez les progressistes de tout poil, rebattre les cartes. Tout reprendre à zéro. Cela n’a pas été possible avant les élections, pris que nous étions dans la nasse de partis clientélistes, claniques, à bout de souffle. Cela n’est toujours pas permis par « En Marche » dont on pourra longtemps se demander ce qui dans sa décision l’a emporté : le travail de Jacques Mézard, sénateur PRG, compagnon de route d’E Macron et nouveau ministre de l’agriculture, ou l’incapacité à entendre ce que lui disait le terrain, au premier chef, les quelque 600 adhérents Tarn et Garonnais… qui marchaient, qui marchaient !

Qu’importe, le renouvellement est inéluctable, tant les citoyens de ce département aspirent à renverser la table. Il nous reste à y travailler.             Avec eux !