Sur le chemin de l’école

L’école du numérique qui a pris ses quartiers dans l’ancien Hôtel des impôts à Moissac se met en place. (voir ici les explications). Mais cette installation se fait dans une certaine opacité, comme si les promoteurs locaux de cette opération n’étaient pas qualifiés pour la suivre, l’accompagner, y intéresser chefs d’entreprise et potentiels candidats à ces formations.

Ce projet, il faut s’en convaincre, est un projet de territoire. Il doit donc en priorité bénéficier aux publics locaux, même si nous savons bien que son périmètre de recrutement est plus large que le territoire intercommunal. Quels sont les dossiers retenus? D’où viennent les candidats? Combien sont issus des quartiers relevant de la Politique de la ville? Nous avons besoin de savoir, ne serait-ce que pour corriger éventuellement le tir!

A cette heure,  communauté de communes, mairie de Moissac, et initiateurs de cette opération, à savoir votre serviteur et Jean Philippe Besiers, tous,  nous manquons d’informations précises. J’ai fait savoir au Conseil régional qui en est le maître d’ouvrage, que pour la bonne réussite de cette école d’un genre nouveau, il faut mobiliser et impliquer les acteurs locaux. Ne nous arrêtons pas en si bon chemin!

Les bleus de Denise

Elle voulait installer hors les murs de Monjoi son atelier de fabrication de pastel. Elle renonce après plusieurs mois de galère et annonce son départ pour la Montagne noire, décidément plus accueillante. Rêve envolé ! Triste réveil ! Bleue en ces terres, Denise dont le savoir-faire est sollicité par les grandes maisons parisiennes de couture, a écrit au maire pour dire son dépit et son départ.

Monjoi, tout à sa torpeur, ne lui a pas réservé le meilleur accueil. A croire qu’elle dérangeait. Histoire édifiante. L’étranger n’est pas toujours le bienvenu par ici. Même quand il est la promesse de plus de vie, et de retombées touristiques et économiques. Montjoi n’est pas un cas isolé. Nombre de nos bourgades, de nos petites villes répugnent au changement, se complaisent dans un lent déclin, tout en pleurant sur leur sort. En effet, le désert gagne peu à peu, les services publics plient boutique, les écoles se regroupent dans les bourgs centre, les médecins déménagent vers les agglomérations et au final les jeunes disparaissent du paysage.

On a coutume de dire que cette situation est de la responsabilité des pouvoirs publics. Certes ! Mais elle est aussi le fruit d’une attitude, de l’égoïsme à courte vue d’une partie de ces populations qui ne veulent pas admettre qu’en ces temps difficiles un projet, une opportunité sont autant de lucarnes sur un ciel… bleu.

 

La riche idée du gouvernement

Non le budget 2018 d’E Macron n’est pas « celui du CAC 40 », n’en déplaise à Martine Aubry qui d’un coup de dent a voulu faire un bon mot. Ce budget porte des ambitions progressistes, dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la défense, tout en planifiant la réduction de la dette de la France. Ce n’est pas son moindre mérite ! Il a pour objectif plus globalement de donner de l’air à l’économie, de relancer la croissance, d’améliorer l’emploi. Et nombre de mesures que le gouvernement a mis sur la table, sont de nature à donner des résultats positifs. C’est le cas, entre-autre, de la réforme du droit du travail qui loin « d’être un coup d’état social » selon la formule de Mélenchon, sera vite perçue comme un outil de responsabilisation individuelle et collective des partenaires sociaux, qu’ils soient organisés, syndiqués ou pas.

Mais l’ISF ?

Sa suppression, sans contrepartie, sans précaution, sans engagement contractuel est plus qu’un pari sur l’avenir. Elle est une révérence faite aux riches, aux très riches, ce qui, dans la France d’aujourd’hui, dans ce vieux pays accro aux symboles, est une faute politique. Il ne suffit pas de dire avec le premier ministre « j’assume » ! Il faut voir et entendre les dégâts qu’un tel geste fait dans l’opinion et singulièrement dans l’opinion de gauche. Comment comprendre en effet que cette richesse qui ne sait même pas où s’employer, ne soit pas un brin mise à contribution? Comment comprendre que la classe moyenne, celle qui vit de son travail, paye régulièrement l’impôt, place ses quelques économies dans la pierre pour transmettre à ses enfants le fruit de son labeur, soit ponctionnée sans ménagement, soit in fine la seule à supporter l’effort national ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. D’un côté, le gouvernement renforce ses dispositifs d’aide aux plus démunis. Rien de plus normal ! Et à l’autre bout de l’échelle sociale, il fait un cadeau de plus de quatre milliards au 1% des Français les plus riches. A croire qu’il n’a pas tiré toutes les leçons du quinquennat Hollande qui d’entrée de jeu, avait cru bon de matraquer fiscalement les classes moyennes. On a vu le résultat.

Cette mesure est injuste. Mais sera-t-elle efficace ? Permettra-t-elle de relancer l ‘économie ? Chacun le souhaite, mais on peut en douter. La mondialisation c’est la circulation des richesses, la course aux profits. Elle n’a que faire des patriotismes économiques, elle est essentiellement prédatrice et apatride. Sa voracité la pousse à exiger toujours plus, toujours plus de dividendes, et toujours moins de règles, de responsabilités envers la nation, envers l’environnement. Comment croire que ceux qui jouent au Monopoly mondial, vont demain matin, soudainement touchés par la grâce, investir dans l’économie nationale?  Comment croire à cette théorie du ruissellement, si chère à Reagan et à l’école de Chicago, quand nulle part, dans aucun pays, les économistes sérieux n’ont pu en mesurer les effets ? Comme dirait Bush père qui n’était pas un gauchiste invétéré, on est là dans l’économie vaudou. En fait, cette politique fiscale relève du pari : et si cette fois les décideurs économiques se montraient un brin vertueux ? Et si cette fois ça marchait ? Une chose est sûre, le risque est colossal et en cas d’échec le prix se paiera cash.

Bien sûr, il faut décorseter la France, donner plus de responsabilités, plus d’initiatives aux acteurs socio-économiques, changer le logiciel conçu après-guerre pour relever le pays, admettre enfin pour en tirer toutes les conséquences, que la mondialisation et la révolution numérique ont déjà profondément changé le cours de nos vies. Les Français y sont probablement prêts, qui bien que ronchons, ne se sont pas levés en masse (la fameuse démocratie de la rue) contre la politique de Macron. Mais ce consentement grincheux a ses limites. Elles procèdent de notre histoire et de cette aspiration jamais comblée, parce que pure chimère, à l’égalité.

 

 

Terres des compétences

Notre communauté de communes est à ce moment de sa courte histoire où elle doit, en même temps, se doter des moyens de fonctionner, montrer qu’elle existe en lançant des projets concrets, palpables, identifiables par la population et organiser le chantier des transferts de compétences. Un énorme chantier où non seulement il faut savoir calmer les inquiétudes des communes qui se voient dépouillées d’une partie de leurs prérogatives, mais aussi progresser dans le maquis administratif, slalomer entre des institutions qui veillent jalousement sur leurs territoires. Bref, la tâche est lourde !

La dernière réunion de Terres des Confluences, dans la salle des fêtes de Castelferrus, charmante bourgade à quelques encablures de Castelsarrasin, en a une nouvelle fois fait la démonstration. L’ordre du jour était copieux, très technique, ne souffrant pas la controverse pour peu que l’on veuille enfin donner corps à cette communauté d’intérêts si ce n’est de destin. La séance fut donc relativement courte. Mais ne croyez pas que les travaux des représentants des 22 communes membres, ne vous concernent que de loin. Ils posent tout au contraire, les fondations de ce que sera demain notre quotidien. Ils visent à donner à la puissance publique les moyens de ses interventions, ainsi que la masse critique nécessaire au lancement de grands projets.

C’est pourquoi, ont été adoptés de nouveaux statuts qui fixent les compétences de Terres des Confluences. La loi en donne 5: Aménagement du territoire/Développement économique/Accueil gens du voyage/Déchets ménagers/Gestion des milieux aquatiques et prévention des risques d’inondations.

Vont s’ajouter : Politique de la ville/Voirie/Action sociale d’intérêt communautaire/Maisons de service public/Politique du logement et du cadre de vie/Assainissement/Equipement culturels et sportifs/Action culturelle/Formations post bac/Fourrière/Restauration collective.

Tourisme

Du coup, une taxe de séjour intercommunale sera mise en place. Au grand dam des  hébergeurs (hôtels, gites etc…) qui ont pétitionné contre ce dispositif. Rappelons que cette taxe est payée par les touristes, pas par les contribuables du territoire.

Numérique

Outre le plan « haut débit » qui bénéficiera à des milliers de foyers, l’Ecole du numérique, installée à Moissac et dont la première promotion sortira dans un peu plus d’un an, se met en place.

Zones d’activités

Les critères sont désormais clairs. Une ZAC est le fruit d’un aménagement spécifique, cohérent et de taille suffisante, sa vocation est mentionnée dans le document d’urbanisme, elle regroupe habituellement plusieurs établissements ou entreprises. 16 ZAC vont ainsi être transférées à la Communauté de communes.

Cadeaux

Pour aider au décollage de notre territoire et inciter les entreprises à s’y installer, il a été décidé d’exonérer de CFE, la taxe foncière, les jeunes entreprises innovantes et universitaires, les créations, extensions, reconversions ou reprises d’établissements, ainsi que les reprises d’entreprises en difficulté. Ces exonérations sont valables pour une durée limitée. Les communes du territoire auront dix ans pour harmoniser les bases de calcul de cette taxe.

A cela s’ajoutent quelques gestes bienvenus. Les médecins, vétérinaires et autres auxiliaires médicaux ne paieront pas la CFE dans les communes de moins de 2000 habitants. Exonérés aussi, les jeunes agriculteurs et les cinémas.

Au total, ces mesures concernent 369 établissements économiques sur Terres des Confluences.

Conseil municipal: SOS médecins!

Le désert avance. Il menace Moissac. Je veux parler de ce qu’il est convenu d’appeler le désert médical. Ce phénomène n’est pas propre à notre ville, il touche en priorité les territoires ruraux qui ont de plus en plus de mal à remplacer les médecins généralistes partis à la retraite. Les jeunes diplômés n’ont plus la vocation, les modes de vie urbains les aspirent, les considérations économiques emportent les dernières velléités. A Moissac après les spécialistes, ce sont nos bons vieux médecins de campagne qui commencent à faire défaut. Et voilà qu’on apprend en plein conseil municipal, au détour d’une anodine délibération, que le SMTI, le Service de santé en milieu de travail inter-entreprise, va déménager. De Moissac à Montauban. Plus de médecin du travail ! Pas de candidat pour le poste ! On croyait que la maladie ne concernait que la médecine libérale, elle touche maintenant les fonctionnaires ou assimilés de la santé.

Après la trésorerie, un autre service public, le SMTI a délégation en la matière, échappe à notre ville. On en voit déjà les conséquences, pour les salariés, obligés à faire le déplacement jusqu’à Montauban, pour les entreprises contraintes de s’adapter et d’acquitter la facture. Pressée de questions par le groupe Divers gauche, la majorité de droite affiche une fois de plus une inertie préoccupante. Comme si tout cela était sans importance pour l’avenir de Moissac ! Comme si cela tenait de la fatalité ! Certes, pareille affaire ne relève pas de la responsabilité directe de la mairie. Elle engage au premier chef l’état, mais aussi les organisations professionnelles, et les autres collectivités territoriales. Pour autant, à rester l’arme au pied, on est sûr que rien ne se passera. Les usagers, le comité de défense, les élus, pour une fois unanimes, ont sauvé l’hôpital. Il est possible de faire pareil sachant qu’il faudra afficher, ici, encore plus de détermination et d’imagination. Nous y sommes prêts !

Ce Conseil municipal de rentrée a repris son cours avec le vote des subventions aux écoles de sport ainsi qu’aux bénéficiaires de l’OPAH, opération programmée d’amélioration de l’habitat. Les citoyens les plus curieux pourront consulter en mairie et sur internet, les volumineux rapports sur la gestion de l’eau et de l’assainissement, et même découvrir la SLGRI, la stratégie locale de gestion du risque inondation. Une étude de la préfecture sur les conduites à tenir et les actions à mener en cas de crues. Depuis les inondations de 1930, l’eau est à Moissac l’objet de toutes les attentions. D’ailleurs, un nouveau PPRI, plan de prévention des risques d’inondations, est actuellement en cours d ‘élaboration.

Enfin, un nouveau Règlement intérieur a été approuvé. Il permettra, comme la loi y oblige, de donner dans Moissac Mag un espace d’expression à une dissidence de la majorité de droite de plus en plus victime d’humeurs centrifuges. L’opposition élue pourra dorénavant disposer sur le site internet de la ville d’un espace d‘expression. Nous l’avions demandé. Nous l’utiliserons.