Le maire de Moissac perd ses nerfs, ce n’est rien de le dire. Lors du dernier Conseil municipal, il s’en est pris une fois de plus à l’opposition de gauche en des termes que ne renieraient pas ces dictateurs que par convention diplomatique on qualifie d’illébéraux. Que les élus de l’opposition aient le toupet de lui demander des comptes, dénoncent la disparition d’une association, Moissac animation jeunesse, qui par le passé a permis aux petits et aux ados de passer quelques vacances agréables, constitue aux yeux et aux oreilles de l’élus RN un véritable casus belli. L’homme qui se croit seigneur et maître dans cette mairie qui n’est jamais que la maison commune, faut-il le lui rappeler, a même menacé physiquement un élu qui de guerre lasse a fini par quitter la séance.
Une ou deux défections de plus auraient frappé de nullité cette réunion, où les présents et les représentés par le biais des procurations ont peiné à atteindre le quorum. C’est en effet dans une salle à moitié vide que s’est tenu ce conseil dont l’ordre du jour squelettique témoignait du peu d’intérêt des élus de la majorité pour les affaires publiques, pressés semble-t-il de se mettre en mode vacances. Une petite heure et l’affaire était pliée!
Au-delà des ricanements inévitables et de la légitime indignation qui doit saisir tous les démocrates, l’incident est doublement révélateur. Au premier chef, il raconte un maire qui ne se sent plus tout à fait à l’aise dans ses souliers. L’Union citoyenne moissagaise lui taille des croupières en s’ancrant dans le paysage politique moissagais. Séverine Laurent, candidate déclarée pour le scrutin de 2026, bénéficie d’une cote d’amour grandissante au sein de la population qui semble apprécier sa disponibilité et son ouverture d’esprit. Ses prises de position, ses premières propositions pour Moissac font mouche et conduisent les électeurs à s’interroger sur cette mandature RN essentiellement construite sur des faux semblants.
Et puis, il y a ce qui se passe dans l’entourage du maire. Voilà déjà plusieurs mois, que les démissions au sein de l’équipe municipale se multiplient. Le phénomène est certes courant en fin de mandat, quand les désaccords et la lassitude gagnent les moins ardents. Mais à Moissac, il prend des proportions que d’aucuns jugeraient inquiétantes. Voilà l’état-major municipal réduit aux derniers grognards ! La bataille électorale s’annonce du coup plus difficile à conduire et l’arrogante assurance du maire apparaît pour ce qu’elle est : un réflexe de défense. Le roi serait-il nu ?
