DOB, daube!

Avec ou sans réforme de l’orthographe, ça donne la même chose : Le DOB, Débat d’orientation budgétaire pour 2016 a accouché d’une daube. 

  • La ville n’augmentera pas les taux de la fiscalité locale (mais les bases peuvent changer)
  • Le désendettement sera poursuivi
  • Et les dépenses de fonctionnement seront réduites (les départs à la retraite ne seront pas remplacés)

Moralité, en 2016 la ville va réduire ses investissements à quelques opérations pour lesquelles les dossiers de demande de subventions  sont en cours de montage

  • rue de l’inondation. Coût total 1, 2 million d’euros
  • caméras, 360 000 euros
  • aire de campings cars, 266 000 euros
  • accessibilité des bâtiments, 150 000 euros
  • monuments historiques, 200 000 euros

Ce projet de budget trahit donc un double renoncement.

  • Au volontarisme. Peut-on se satisfaire de la situation économico sociale de Moissac? Peut-on accepter quand on est responsable et maire de voir croître la misère sans réagir? Bien sûr que non! Et pour cela il faut s’en donner les moyens, y compris en recourant à l’emprunt dont les taux sont aujourd’hui très favorables. Mais encore faut-il avoir au préalable fléché des opérations économiquement productives.
  • A l’imagination, à l’audace. Il faut en effet en ces temps difficiles aller chercher loin des solutions qui ne sont pas toujours  garanties sur facture. Mais il faut le faire, mobiliser les énergies, les imaginations, se livrer à un bench marking effréné  (aller voir ce que font les autres, copier, adapter…) pour trouver la porte de sortie. Pour sauver la ville!

Rien de tout cela dans les projets de la mairie. Juste une gestion de père tranquille, résigné au déclin. Pourtant, le sursaut économique sera le fruit des efforts de tout le territoire ou ne sera pas. « Terre de confluences » n’est même pas pas inscrite en toile de fond de ce DOB qui n’est que la copie palie du DOB 2015.

 

Dernières nouvelles du FISAC

Je vous expliquais (voir plus bas) le rendez-vous manqué du FISAC (Fond d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce).  Cet article a réveillé nos élus qui se sont dépêchés de boucler un dossier déjà prêt et instruit en son temps par un ex adjoint en charge du commerce, revenu en odeur de sainteté pour les besoins de l’exercice. Affaire à suivre donc!

 

Des nonnes chez Caboche?

Patus patus
Moissac, le Patus, son Palais abbatial et sa maison Caboche, du nom de l’un de ses derniers propriétaires. Cette maison appartient aujourd’hui à la ville, achetée par la municipalité de gauche qui voulait y installer des activités commerciales et culturelles.

Le projet qui avait sa cohérence, en rapport avec le développement touristique de la ville, n’avait pas pu aboutir en dépit des démarches alors entreprises. Depuis, la maison est vide. Arrivée aux affaires, la droite a timidement repris le flambeau, sans succès. Puis elle a levé le pied. Jusqu’à ces jours derniers, où un nouveau projet semble se dessiner. La maison Caboche pourrait devenir un bureau destiné à l’accueil des pèlerins. Elle serait ainsi confiée à des soeurs.

Etrange destinée, si cela se confirmait, pour cette maison, achetée quelque 300000 euros  (évaluation des domaines) et dans laquelle de gros travaux d’aménagement sont à prévoir. Outre que cette option ne permettra pas à la ville de rentrer dans ses fonds, on comprend mal la logique de ce choix. Le clergé, les congrégations ne manquent pas de locaux. Ont-ils besoin d’en investir de nouveaux?

A moins que la mairie ne veuille répondre à je ne sais quel appel et rendre par petites touches au clergé, ce périmètre abbatial qui depuis des lustres est devenu en grande partie un espace profane, partie intégrante d’un patrimoine collectif. Il faut dire, que depuis quelques temps, on entend souvent parler de paroisse. Il suffit d’ouvrir un peu ses oreilles. Le terme qui fleure bon l’ancien régime et décrit une circonscription ecclésiastique  revient dans les conversations et s’invite même dans différentes réunions officielles.  On espère des éclaircissements au Conseil de février!

Lutosa: la mémoire qui flanche

Ce matin, la Dépêche, en veine d’inspiration, exhume  un dossier vieux de trois ans au moins: celui du bar-restaurant Lutosa. L’histoire d’un commerce que la gauche avait tenté de sauver et au final réussi à conserver. Un traiteur s’y est installé… Elle feint de découvrir que le dernier conseil municipal de Moissac a décidé fin 2015, d’effacer une ardoise de quarante mille euros. Une créance de l’ancien propriétaire que la ville  aura en effet bien du mal à recouvrer, sauf à s’abîmer dans d’interminables procès.

Le journal de la démocratie est soucieux de l’argent public! Il va, chacun le sait, au fond des choses. Et donc pour établir les responsabilités, son enquête le conduit tout droit dans l’étude d’un notaire, qui bien que retiré des affaires, tente encore de donner de la voix. Et l’imprécateur de creuser sa mémoire.

Du coup, le voilà qui reprend sa campagne, là où il l’avait laissée en 2014, Quand il n’avait pas de mots assez durs pour condamner la gestion Nunzi. Normal, il était en service commandé de la maison Baylet. Le hic, c’est qu’alors le notaire était l’adjoint aux finances, et le resta jusqu’au bout du mandat. C’est donc lui qui était en charge du dossier Lutosa . Il est aujourd’hui bien mal venu pour faire la leçon à quiconque… J’ai la mémoire qui flanche disait la chanson!

Commerces: à fonds perdus

 Les commerçants de Moissac n’ont plus qu’une dizaine de jours pour présenter au FISAC un dossier de subventions. La mairie les a réunis au tout dernier moment pour leur présenter la démarche. Ce calendrier impossible interpelle sur le sérieux de l’équipe municipale.

Mardi 12 janvier 2016, Pierre Fontanié, l’adjoint à la mairie de Moissac en charge du commerce et de l’artisanat, réunissait en grande pompe, à Confluences,  des représentants de la Chambre de commerce de Montauban, de la Chambre des métiers, et d’un Cabinet d’études . Un bel aréopage pour présenter à la soixantaine de commerçants et artisans moissagais qui avaient fait le déplacement, la relance du projet de revitalisation du centre ville.

Sur la base d’une étude commandée en 2013 par l’ancien maire, Jean Paul Nunzi, la majorité de droite découvre qu’elle peut obtenir des aides du FISAC, le Fond d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce. Précédemment, ce dossier n’avait pu aboutir, mais cette fois, les élus et techniciens pensent que l’alignement des planètes peut être favorable. D’une part, Moissac a signé avec l’Etat un Contrat de ville (dont on ne voit pas encore  les effets… ) d’autre part, la ville joue la carte de l’inter-communalité.  Deux « événements » qui constituent une opportunité et un atout pour Moissac.

L’Etat avait l’an dernier consacré 10 millions d’euros d’aides à sa politique en faveur des centres villes. Cette année l’enveloppe devrait au moins être comparable, mais pour bénéficier des subventions, il faut désormais présenter des projets.concrets, individuels ou collectifs, visant à améliorer l’offre et les structures commerciales. Directement impliquée parce que co-financeur des opérations retenues,  la mairie doit procéder au préalable à un appel à projets, puis arbitrer entre eux avec l’aide des sociaux professionnels. Cela suppose la création d’un comité de pilotage et impose une procédure relativement contraignante.

le coup du lapin

Incrédules ou blasés, les commerçants de la ville sont restés mardi soir bien silencieux à la fin des exposés. Mais une dernière précision a fini d’assommer l’assistance: les dossiers devront être déposés auprès du ministère du commerce avant le 29 janvier! C’est à dire d’ici une dizaine de jours. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que Moissac venait une fois de plus de gagner au grand jeu des occasions perdues. Personne bien évidemment n’aura le temps matériel de monter un projet, de le partager avec le groupe de pilotage, de le faire avaliser par les instances compétentes. Bref, c’est foutu! Encore une année de perdue. Ne pouvait-on pas faire la même réunion à l’automne dernier? Bien sûr que oui, et devant les boutiques qui baissent rideaux, les Moissagais, les commerçants pourront toujours se consoler en se disant que dans un an, nous aurons des dossiers fin prêts.

Je ne voudrais pas tirer systématiquement sur les ambulances, mais un tel amateurisme, un tel laisser-aller confond. Comme si Moissac avait l’éternité devant elle! Comme si la situation n’imposait pas de s’emparer de tous les outils sans perdre de temps! Le FISAC n’est certainement  pas une baguette magique, il est juste un des instruments qui articulé avec d’autres, peut aider à améliorer la situation, à retourner la tendance. Mais pour avoir suivi la réunion de mardi, je me dis que ce qu’il manque le plus à la mairie, et donc à notre ville, c’est la volonté et l’imagination. Est-ce une révélation pour les Moissagais?

Le FISAC finance à hauteur de 20 à 30% (investissement et/ou fonctionnement) les projets des commerçants ou artisans de centre ville dont l’activité est prioritairement destinée à la clientèle locale. Pour être éligibles, ces entreprises, dont le CA ne doit pas dépasser 1 million d’euros,  doivent bénéficier de subventions d’un montant équivalent de la part de la mairie. 

 

Bonne année les Moissagais

Il sent le danger le maire de Moissac, il découvre déjà que la patience des électeurs a des limites et qu’ils attendent de leurs élus autre chose qu’un électro-encéphalogramme plat. Ses antennes doivent en effet lui faire remonter des quartiers moissagais, le même message : mais que fait-il, que se passe-t-il, que projette-t-il pour la ville ? Et la réponse de tomber de plus en plus souvent: RIEN! C’est ce rien qui a du faire sortir Jean Michel Henryot de sa réserve pour offrir aux Moissagais, en guise de cadeau de nouvel an, une grille de lecture de son action ou de ce qui en tient lieu, à la mairie.

Quoi de neuf M. le Maire?

Dans cette interview à la Dépêche du Midi, il annonce deux priorités: la sécurité et le tourisme. La sécurité, il est vrai, était une de ses promesses de campagne. Pas étonnant donc qu’il remette le couvert, même si son bilan n’est pas à ce jour plus flatteur que celui de  Jean Paul Nunzi. Certes un nouveau commissariat va être inauguré, square Firmin Bouisset, à l’endroit même qui était naguère ouvert aux mômes, certes les policiers disposent maintenant de SUV avec Ray-bans, certes quelques caméras nouvelles vont être installées, mais cela ne suffit pas à faire une politique. Même dans le domaine de la sécurité!

Si l’on peut se féliciter, avec les Moissagais,  que l’opération « Voisins vigilants » n’ait été qu’un feu de paille, force est de constater que la sécurité, le sentiment d’insécurité ne sont pas qu’affaire de police ou de gendarmerie. En toile de fond, il y’a la question sociale, la question économique. Et dans ce domaine, Moissac donne le spectacle d’une ville qui perd pied, où la pauvreté gagne du terrain, où le centre ville se délite, où le commerce s’étiole. Tout se tient et faute d’avoir une approche globale du problème, la mairie se condamne à l’impuissance. C’est à ce jour la question économique et sociale qui est la plus préoccupante, celle qui plombe tout et dont bizarrement M. le maire ne parle pas.

Comment dans ces conditions construire une offre touristique susceptible d’attirer et de garder les visiteurs? Notre ville est pauvre, mais la pauvreté est une spirale dans laquelle il ne faut pas se laisser prendre. Et tout indique que c’est aujourd’hui le cas.

La majorité de droite nous a précipités dans l’oeil de la dépression.

La ville ne dispose pas de grosses recettes fiscales, mais elle doit faire face à de gros besoins sociaux. Du coup elle investit peu ou mal (cf commissariat de police)  et s’interdit un recours franc à l’emprunt par pusillanimité bien sûr, et pour ne pas alourdir la pression fiscale sur les assujettis à l’impôt. 

La Petit Site attitude

Le maire annonce une aire de camping cars, sur le terrain de l’ancienne piscine. Il aurait pu obtenir une aide conséquente de la région. Il ne l’aura pas parce que cette aire ne répond pas au cahier des charges « Grands sites ». Même chose avec la Rue de l’Inondation dont il vante l’intérêt touristique. Outre qu’il n’y a derrière cet investissement aucune stratégie éco-touristique, il a, sur ce dossier aussi, perdu les aides régionales (« Grands sites »), parce qu’il n’a pas voulu, ou su, ou pu, scinder les travaux en plusieurs lots. Signataire d’un Contrat de ville avec l’Etat, la mairie en attend des retombées financières. Elles tardent à venir. Elles ne suffiront pas à remettre la ville en selle. Moissac, Castelsarrasin, le bassin de vie, des territoires qui ont besoin d’un sorte de plan Marshall! En attendant, la communauté de communes, Terres de Confluences, qui a différé sine die le projet de piscine, ne parvient pas à arbitrer entre les festivals des deux villes. « Alors chante » est venu à Castelsarrasin poser ses notes et ses pénates. A Moissac le Festival de la Voix s’inquiète à raison pour son avenir.

Notre ville perd du temps et désespère les énergies créatrices. Une crise dans l’agriculture la précipiterait dans des convulsions sociales lourdes de conséquences. Aujourd’hui, gérer la ville, développer l’inter-communalité, imposent un changement de logiciel. Faire de la politique autrement, c’est d’abord s’attaquer sans tabou aux questions économiques et sociales. Souhaitons nous l’envie, la force, le talent de faire gagner notre ville. Bonne année les Moissagais!