Les sourires et les propos de circonstance, lors de l’inauguration peinaient à maquiller la profonde crise qui secoue l’OTI (Office de tourisme intercommunal). Nommée il y a moins d’un an,
Emmanuelle Gau, sa directrice a finalement choisi de jeter l’éponge. Son départ sera effectif à la mi-septembre, afin de sauver ce qui reste d’une saison déjà bien compromise. Adossé à une association, présidée par Marie Josée Maurièges, par ailleurs vice-présidente du Conseil Départemental, l’OTI a d’entrée de jeu été pris dans les bisbilles politiques, les rivalités personnelles, l’incapacité de certains élus à garder leurs distances, à laisser sa chance à ce nouvel outil, sans interférer en permanence dans ses décisions. Certains à la Communauté de communes expliquent que le sort fait à l’office est un avatar tardif de la guéguerre que se livraient naguère Moissac et Castelsarrasin.
« J’ai passé l’âge d’être sous tutelle » s’insurge la présidente de l’association intercommunale qui prend fait et cause pour sa directrice : « je ne peux accepter qu’on puisse venir au travail avec la boule au ventre. » Elle a rencontré le Président de la Communauté de communes et lui a annoncé qu’elle était à son tour sur le point de renoncer. « Je prendrai ma décision au cours de la prochaine assemblée générale, en octobre. Mais si je reste, j’y mettrai mes conditions » Le personnel qui vient tout juste d’être transféré de l’EPIC de Moissac (établissement public d’intérêt commercial) à cet office, se demande quelles mauvaises fées se sont penchées sur son berceau.
L’OTI est un enfant de la loi, la loi Notre ! Et cette naissance en a indisposé plus d’un. Les offices de Castelsarrasin, Moissac, Saint Nicolas, contraints de se transformer en ont conçu quelques aigreurs. La mise en place de la structure juridique fut une galère. Les transferts des personnels prirent du temps, tout comme le choix de l’implantation. La dévolution des biens, la reprise des contrats fournisseurs furent autant de chausse-trappes. Résultat, l’office a ouvert le 1° avril, bien trop tard pour donner pleinement la mesure de ses ambitions. Et pour ne rien arranger, outre les difficultés prévisibles à souder son équipe autour d’un projet, la directrice de l’office a du s’accommoder de congés maladie qui à l’évidence lui plombent ses effectifs.
Mais la gestion de cet office, c’est comme un iceberg. Il y a ce qu’on voit, qui saute aux yeux, et le reste : la partie cachée ! La partie immergée, c’est toute l’agitation de certains politiques, le petit bal des egos qui d’entrée de jeu ont fait farandole autour de cet organisme. Théoriquement, le conseil d’administration où siège des élus et des socio-professionnels, est souverain. Il contrôle l’activité, et après débat, il décide. Evident mon cher Watson ! Pas pour tout le monde. A peine avalée la dernière collation qui clôt invariablement ce genre de réunion, les décisions prises sont remises en cause. Certains élus, silencieux en séance publique, multiplient les interventions téléphoniques, font littéralement le siège de l’institution pour imposer leur point de vue. On comprend dès lors qu’il est bien difficile dans ces conditions de travailler sereinement et efficacement. D’autres, c’est le cas de Moissac, mettent en place des stratégies de contournement, comme cette maison des pèlerins, installée à grands frais au Patus, gérée par les sœurs de l’ordre des Hospitaliers, et qui devient peu à peu (nous évoquions cette dérive il y a déjà quelques mois) une annexe hors de contrôle de l’OTI. Désespérant, même pour des âmes bien nées !
La suite, c’est une nouvelle réunion du personnel dans quelques jours, une Assemblée générale de l’association en octobre. Si Marie Josée Maurièges renonce à son mandat de présidente, il faudra trouver une personnalité consensuelle, compétente et disponible. Et puis il y aura la question du remplacement de la directrice. Homme ou femme, il faudra procéder à un appel à candidature. Encore quelques mois pendant lesquels l’OTI sera sans capitaine. Bernard Garguy, le patron des « Terres des Confluences » ne cache pas son dépit et sa colère contre les petites manœuvres du landernau politique . Et dans les couloirs de la Communauté de commune, on se demande s’il ne faut pas purger l’abcès avant toute décision, avant toute nomination ! Pour s’épargner de nouvelles et prévisibles déconvenues!
Temps suspendu. Soudain, en rangs d’oignon sortent les enfermés, d’un pas rapide qui dit qu’ils n’ont rien à dire. La chef, toute en esquive, donne cependant rendez-vous aux élus. Nous voilà sortant du bois, pour rejoindre une petite salle déjà trop chaude. Tour de table de présentation et patatrac: la porte s’ouvre avec éclat, les syndicalistes viennent de s’inviter au banquet. Quelques invectives et beaucoup de mauvaise foi plus tard, la déléguée quitte les lieux, elle n’aura pas dit un mot sur l’avenir du lycée de Moissac, renvoyant les indignés et les dépités à la déclaration qu’elle fera à la presse.
A l’appel de tous les syndicats,
La ville avait apporté une forte contribution à cette implantation, faisant don du bâtiment principal et de structures annexes.
Dans le domaine touristique vous avez, en partie, continué les réalisations avec par exemple le traitement de la rue de l’Inondation, programmée dès 2010 et qui parachève l’itinéraire « de la pierre à l’eau » que vous avez puérilement baptisé de « l’eau à la pierre », ce qui prête à sourire bien de nos concitoyens. L’appellation de la « pierre à l’eau » est toutefois plus judicieuse car le but consiste à ce que les dizaines de milliers de touristes qui sont venus essentiellement pour le patrimoine soient incités à pénétrer plus avant dans notre ville et découvrir le centre et ses commerces, les ports et les bords du Tarn que nous avions aménagé avant 2014, et aller ainsi de « la pierre à l’eau » par un itinéraire aménagé, animé et donc attractif. Vous n’avez d’ailleurs pas modifié l’affiche de promotion de Moissac, Grand Site, comme en témoigne le panneau publicitaire dans le métro de Toulouse.
