Au rapport

Pour ce Conseil municipal de novembre, on a examiné le ROB, le rapport d’orientation budgétaire. Pas de vote, juste une discussion avant la présentation du budget 2019. Pas de surprise, le ROB 2019 ressemble comme un jumeau à celui de 2018. Voir ici le document original

Fonctionnement

L’état a demandé que ces dépenses ne progressent pas de plus de 1,2%, soit un peu moins que l’inflation. La majorité municipale s’engage sur 1,3%, mais avec une masse salariale en progression de 4%

Raté, la majorité ne parvient pas à contenir les dépenses de personnel, qu’elle explique par des missions nouvelles. Mais combien de missions ont-elles été transférées à la communauté de communes, avec quel volume d’emplois. On a posé la question, on attend la réponse. Depuis des années nous demandions la mise en place d’une GPE, gestion prévisionnelle des emplois. La majorité vient de s ‘y résoudre.

Dotations

Elles sont stables ou en progression, effet politique de la ville. La DGF, dotation globale de fonctionnement, la dotation principale, ne diminuera pas en 2019.

L’état a ponctionné les communes riches au profit des communes les moins favorisées.

Fiscalité.

La taxe d’habitation n’augmentera pas. Rappelons qu’une partie des ménages moissagais, les moins favorisés, ont bénéficié cet automne d’une ristourne de 30%, compensée à l’euro près par l’état.  En 2022, tous les ménages de France seront dispensés de cette taxe.

La taxe foncière devrait progresser de 1% en raison d’une révision des bases, les taux restant inchangés. Du coup ces deux ressources, un peu plus de 5 millions d’euros, demeurent stables pour la ville.

Seuls 40% des Moissagais sont assujettis aux impôts locaux. C’est dire l’état de la ville.

Subventions

Le volume de subventions aux associations est maintenu

Investissement

Une nouvelle OPAH (opération programmée d’amélioration de l’habitat, sera lancée en 2019, dotée de 180 000 euros.

Il est en effet nécessaire de poursuivre le travail entrepris par la précédente majorité, tant l’habitat de centre-ville est dégradé.

Et puis…

Rien ou presque. Poursuite du projet de musée dans l’abbatiale pour 1 million d’euros. Participation à la construction du complexe aquatique, la seconde phase se montant à 500 000 euros.

La ville est en roue libre. On aurait pu imaginer des investissements autour de l’énergie, de la valorisation des déchets ménagers et agricoles. Et le tourisme ? La majorité en parle, elle tire même des plans sur la comète à la faveur du Contrat Grand site, mais fera de 2019 une année blanche dans ce domaine. Et la formation ? Rien non plus. Et la place de Moissac dans la Com-com… Toujours rien.  A deux ans des élections, ce ROB annonce déjà un budget de fin de mandat

Têtes de gondoles

Le grand capital au secours des gilets jaunes! On croyait avoir tout vu, et bien non ! Voilà les Intermarchés, Leclerc et consorts qui se déclarent solidaires des protestataires à quatre roues. Certains ont même décidé de fermer boutique le temps des manifestations. Une telle prise de position, une première, interroge : est-ce bien leur rôle ? On peut en douter, il est clair que pour eux le citoyen est d’abord un consommateur. Le bonheur est dans le caddie, accessoirement dans le réservoir.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, ces messieurs dames font et ils le savent de la politique. Ils consolident un modèle de société dont on mesure bien les impasses, dont on aperçoit les dangers. Pour eux, peu importe que le client soit rouge ou bleu, pourvu qu’il consomme. Les politiques, qui sont censés défendre l’intérêt général, leur ont trop longtemps et trop facilement cédé. Ces nouveaux commerçants comme dit une de leurs publicités, ont bétonné les campagnes, vidé les centre-ville, pollué les ondes radio et télé, transformé le client en machine à cash. Et ce n’est parce que le client a toujours raison (c’est encore un de leurs slogans) qu’ils peuvent s’arroger le droit de dire ce qui est bon, ou bien, ou souhaitable pour le pays.

11 novembre 2018

Comme elle est impressionnante la liste, la longue liste des morts, des enfants de Moissac fauchés par la Grande Guerre. Ce matin du 11 novembre 2018, sous un timide mais encourageant soleil d’automne, chacun d’eux fut évoqué, comme ramené à nous un court instant, honoré parce que nommé publiquement devant quelques cinq cents Moissagais, de tous âges, et de toutes origines. La cérémonie à laquelle participaient très nombreux les enfants des écoles, ils ont chanté a capella la Marseillaise, ne manquait ni de solennité, ni de panache. Elle fut conclue par le passage au-dessus du Tarn d’un Breguet 14, construit à 8000 exemplaires et qui dès le début du conflit, servit d’avion de reconnaissance et de bombardement.

Les discours en ce centième anniversaire de l’armistice ont parlé de paix, et des craintes que l’état du monde suscite, mais ils ont aussi et c’est bien le moins, évoqué la souffrance, les indicibles souffrances de ces soldats, de tous ces soldats dont on peine à comprendre aujourd’hui comment ils ont pu accepter un si funeste sort. Certes, il y eut bien quelques rébellions, quelques mutineries, vite réduites par la répression militaire, mais dans leur immense majorité, les poilus, les familles, se sont résignés plus ou moins facilement à cet immense sacrifice. Une très touchante exposition, dans la salle du Moulin de Moissac raconte, à partir de documents fournis par les familles moissagaises, un peu de ce quotidien des tranchées et du vécu de l’arrière, dans ces villes et villages de nos campagnes dont les monuments aux morts racontent dans leur silence de pierre le terrifiant tribut payé aux nationalismes belliqueux.

 

 

 

 

La santé crie misère

Le CHIC, le centre hospitalier intercommunal qui connait depuis quelques mois des jours étrangement tranquilles ferait-il l’objet d’une double menace ? La première, c’est le projet d’hôpital de Bressols, que porte Pierre Mardegan, directeur du SAMU 82 et vice-président du Conseil départemental de Tarn et Garonne. Ce projet s’il se concrétise, remplacera l’hôpital de Montauban, vétuste et inadapté. Il deviendra de fait une antenne décentralisée des CHU de Toulouse. La deuxième s’appelle « hôpital de proximité », il y en aura 600 en France, inscrits dans la loi santé de la ministre Agnès Buzin. Notre CHIC, avec son service de chirurgie et ses urgences ne fera pas partie de ce réseau. Du coup, le Comité de défense de l’hôpital qui tenait à Castelsarrasin son AG annuelle sous la présidence de Jean Paul Nunzi manifeste une certaine inquiétude, palpable dans les interventions des différents orateurs.

Aux grandes interrogations structurelles s’ajoutent en effet des préoccupations plus terre à terre. Quand pourra-t-on remplacer le chirurgien récemment décédé ? Pourquoi les médecins de l’hôpital de Moissac ne peuvent-ils pas assurer des remplacements à Montauban ?  Et les conditions de travail ? Déplorables, raconte une déléguée CGT qui dénonce pèle mêle des horaires à rallonges, des heures supplémentaires non payées, des formations insuffisantes et un manque criant de personnels… L’hôpital crie misère, même si le Comité admet que le matériel a été modernisé et que les robots d’analyse répondent bien aux besoins et aux attentes des personnels.

EHPAD

Mais le CHIC c’est aussi les établissements pour personnes âgées. A Castelsarrasin, après des années de tergiversations, la première pierre du nouvel établissement vient d’être posée. Ouverture escomptée en 2020, pour 130 lits et un coût global de 16 millions d’euros. De quoi avoir le sourire, d’autant que tout le monde y a mis du sien : la commune, le département qui a triplé sa contribution, et l ’ARS (l’agence régionale de santé ) Bref, l’effort de tous a permis de réduire le recours à l’emprunt : 11 millions sur 30 ans. Une bagatelle ! Et du coup les sourires se figent. Les familles ne vont-elles pas supporter cette charge ? Et pourquoi n’ont-elles pas été consultées sur le projet ? Elles avaient des choses à dire : sur les chambres sans robinets à oxygène, sur la buanderie, le linge sera lavé à Montauban, sur le parking insuffisant pour les besoins des familles et du personnel. D’ailleurs les syndicats en rajoutent : trop d’étages, pas commode pour les soins, d’autant qu’il n’y aura pas assez de personnels soignants. Qu’importe si l’ARS estime que les EHPAD de Moissac-Castelsarrasin sont mieux dotées que la moyenne des autres.

Dans le désert

Et pour compléter le tableau, le Comité de défense a sagement écouté Michel Beugin, son secrétaire, rendant compte de sa mission auprès de la Fédération des Centres de santé. Dans ces structures, les professionnels sont salariés, contrairement aux Maisons de santé où ils acquittent un loyer et sont à leur compte. La première Maison sur le territoire, verra le jour dans quelques mois à Saint Nicolas de la Grave.

L’effet gazole

Combien seront-ils le 17 novembre sur les routes, pour bloquer le département ? L’extrême droite et dans sa jupe, une partie de l’extrême gauche se prennent à rêver au plan national d’une opération à la chilienne, quand les camionneurs avaient bloqué le pays. En France, à priori rien de comparable. Mais ce mode d’action pue, et réduit le débat à un règlement de comptes.

Pourquoi le gazole augmente-t-il ?

Les marchés en sont les premiers responsables : 50 dollars le baril il y a quelques mois, 73 aujourd’hui ; soit une hausse de 46%. On le sait, les marchés n’aiment pas les tensions internationales et ils en profitent. On a déjà vu ça par le passé, il y a deux ans à peine.

Le gouvernement a de son côté décidé d’aligner la fiscalité du gazole sur celle de l’essence. Pour envoyer un signal fort. Il faut en finir avec un carburant polluant, qui met en danger la santé des citoyens.  Mais on le comprend aisément, cette décision, courageuse, tombe au mauvais moment.  Les automobilistes, à qui, par le passé, constructeurs et autorités sanitaires ont menti (tests truqués, analyses bidons) se sentent doublement floués. Certes, la prime à la casse, considérablement augmentée, comme les aides à la conversion énergétique, devraient aider à faire passer la pilule. Mais ce sont là remèdes de moyen terme et qui ne concernent pas tous les consommateurs ! Dans l’immédiat, ça fait mal au porte-monnaie des ruraux et à l’image que leur renvoie le pouvoir : des gens de peu ! Des gens dont le sort indiffère les citadins. Voilà qui risque d’élargir un peu plus la fracture entre ville et campagne.

Comment se tirer une balle dans le pied

Tardivement, Emmanuel Macron, itinérant mémoriel sur les champs de bataille de la grande guerre, a pris conscience du danger. Et voilà que tardivement, il annonce des aides, à effet immédiat.  Des compensations. Car dans cette affaire le pouvoir s’est piégé. Il a fait jusqu’ici la sourde oreille aux voix qui montaient des territoires. Et le voilà maintenant contraint de bricoler en urgence des réponses à la grogne populaire. En effet, subventionner le litre de carburant, reviendrait à détruire l’effet « pédagogique » du prix et à faire machine arrière sur l’environnement. La droite Wauquiez et les Insoumis, qui font assaut de démagogie, cherchent sur ce dossier à pousser le pouvoir à la faute. Ils ont en partie gagné: les Français ont déjà passé par profits et pertes toutes les mesures sur le pouvoir d’achat, toutes les mesures sociales.

De fait, ce n’est pas la première fois que le gouvernement se montre aussi imprévoyant. Brutal même avec les classes moyennes. Il devrait prendre garde. L’effet est terriblement contre-productif. D’abord sur la mesure envisagée, qui est vécue comme une punition et donc contestée tout de go. Ensuite, sur l’objectif d’une France rassemblée qui suppose un partage juste et intelligent de l’effort nécessaire. En politique, c’est comme en amour, il n’y a que les preuves qui comptent.