Conseil d’avril

Les conseils municipaux se suivent et ne se ressemblent pas. La plupart des élus des oppositions étaient absents en ce mois d’avril. Le groupe divers gauche était à Montauban, aux obsèques de Roland Roux qui fut un compagnon de route pour beaucoup d’entre nous et plus que cela, un ami. Les Moissagais le savent, il fut un élu assidu et compétent, auquel les clubs, les sportifs, le sport populaire dans son entier vouent toujours une reconnaissance sincère et méritée. Il fut un militant de la gauche, élevé dans le giron radical, puis engagé jusqu’à la fin sous la bannière socialiste. Il fut un fidèle parmi les fidèles de l’ancien maire Jean Paul Nunzi. Roland qui avait décidément du talent, aura réussi à rassembler le temps de cette émouvante cérémonie des adieux, presque toutes les composantes de la gauche. Un exploit par les temps qui courent !

Au même moment, dans sa bonne ville de Moissac, les élus de droite,  votaient pour 2019 les subventions aux associations. Et surprise, surprise… à un an d’un scrutin qui s’annonce difficile pour cette majorité bien lézardée, l’enveloppe globale a pris du poids. 470 000 euros pour l’année en cours ! Comme d’habitude, il y a les perdantes, comme Organum (2000 euros de moins), Plein Vent (8OO euros de moins), l’office municipal des sports qui perd 2500 euros à l’occasion de son 40° anniversaire, ou l’Amicale du personnel mairie qui passe de 20500 à 15000 euros. Mais il y a aussi les gagnantes comme la Bobine (1700 euros en plus) Moissac Judo (1500 euros de plus), ou encore Pétanque Moissagaise (800 euros). Et il y a les revenantes, comme Firmin Bouisset qui de 0 passe à 1000 euros, ou la Compagnie du bout du nez.

A noter que le Volley Ball et le Club de confluences football reviennent dans le giron Moissagais avec respectivement 16833 et 15750 euros de subventions. Du coup, le sport avec plus de 77000 euros d’aides municipales se taille la part du lion, devant la culture qui émarge à hauteur de 49000 euros et le social qui totalise 37000 euros d’aides communales.

Le chirurgien fantôme

Promis, juré, c’est la dernière fois que je vous parle du docteur Belair. Après moult péripéties et revirements, Moissac se réjouissait enfin de son arrivée comme chirurgien viscéral. Après plusieurs semaines de tables rondes, d’ambassades diverses, l’affaire semblait enfin faite ! Que nenni ! L’homme n’était pas lundi dernier au rendez-vous que le directeur de l’hôpital lui avait fixé (lire le précédent article). Les personnels qui espéraient sa venue comme celle du messie ne s’expliquent pas cette énième volte-face. La dernière pour ce qui concerne Moissac. François Belair a pris ses quartiers à Pézénas. Fin de saison ! La déception est grande, d’autant plus cuisante qu’élus, direction et syndicats de l’hôpital ont le sentiment de s’être fait rouler dans la farine. Pour une raison qui nous échappe, le chirurgien a multiplié les faux fuyants, les justifications vaseuses, donnant rétrospectivement l’impression de n’avoir jamais voulu s’installer à Moissac. Dans la chronique hélas longue de cette affaire, j’ai été amené à parler du bluff des protagonistes (lire ici). En l’occurrence, l’attitude du docteur Belair a failli envenimer sérieusement les relations entre les différentes parties.

Jean Philippe Béziers, vice-président de la Communauté de communes et maire de Castelsarrasin ne dit pas autre chose aujourd’hui : « on ne peut souffler le chaud et le froid en permanence, monter les gens les uns contre les autres, tenter de « couper les têtes » ou autre. » Et pour conclure sur l’hôpital « il a tant à apporter dans ce territoire et plus encore dans le GHT (groupement hospitalier de territoire) où les instances gouvernantes n’ont pas été réunies depuis fin janvier 2017 » Mais, dans l’immédiat, le poste de chirurgien viscéral est toujours vacant à l’hôpital de Moissac. Le directeur, M. Cabrière est à nouveau en quête d’un intérimaire.

Grand et faux débat

Haro sur les fonctionnaires. Haro sur les baudets! Et pour faire bonne mesure, haro sur les élus, députés, sénateurs ! Si l’on en croit les tribunes sur les ronds points, les cahiers de doléances, les débats publics de ces dernières semaines, il est de la première urgence d’en finir avec les privilèges de la caste républicaine, de lui faire rendre gorge dans une sorte de remake de la fameuse nuit du 4 aout. Notre haute fonction publique, dont on oublie qu’elle fut créée à la Libération, pour reconstruire l’administration française a probablement de grands torts, en premier lieu de constituer une élite intellectuelle, bénéficiant de surcroît de la garantie de l’emploi. Nos élus, qui eux (elles) n’ont ni statut ni assurance de pouvoir renouveler leur mandat, sont accusés de bien des turpitudes, et d’abord de s’enrichir sur le dos des pauvres contribuables. Il y a probablement un peu de vrai dans ces procès où l’on n’entend que les procureurs. Il y a certainement beaucoup de mauvaise foi, comme si faute de pouvoir abattre la « gueuse », la République, il fallait livrer à la vindicte populaire ses fidèles serviteurs ainsi que celles et ceux qui l’incarnent.

Réduire les parlementaires de moitié, supprimer les privilèges accordés aux anciens présidents de la République et à leur famille, expédier les énarques dans les campagnes comme le fit Mao avec les intellectuels chinois pendant la révolution culturelle, ne fera pas gagner grand-chose au budget de la France. La dette restera intacte, les prélèvements obligatoires plomberont toujours autant les fins de mois de nombre de nos concitoyens, et les inégalités demeureront toujours aussi criantes. Certes, dans le premier mois de grand débat on a beaucoup parlé ISF, plus symbole qu’outil de redistribution. La France qui a consenti à s’exprimer s’agite beaucoup autour des impôts, exhorte le pouvoir à plus d’économies, mais réclame dans le même temps plus d’hôpitaux, d’écoles, de transports publics… O tempora, o mores ! Mais cette France, que les inégalités énervent, ne dit pas grand-chose sur les revenus, sur les pactoles -il ne s’agit plus de salaires-  perçus par les athlètes du 4/40, du sport business, ou de la société du spectacle. Elle ne dit presque rien sur l’emploi, versus chômage, qui naguère taraudait tous les esprits. [i]Etrange retournement, qu’il faut peut-être apprécier au regard des difficultés que nombre de secteurs économiques éprouvent à trouver aujourd’hui de la main d’œuvre qualifiée.

Baisser les impôts, qui serait contre ? C’est la réponse que la droite de gouvernement, soudain très loquace, propose. Réponse un brin simpliste qui évite de questionner notre système social, notre système fiscal et notre organisation administrative. Car tout se tient, et si le gouvernement n’aura pas d’autre choix que de faire payer un peu plus les riches comme on dit chez les Insoumis, il devra aussi, en même temps, augmenter les salaires, et revoir ce millefeuille administratif, cher et peu efficace. Car l’impôt n’est pas que d’état. Il y a les impôts locaux, les taxes, d’aménagement, de collectes diverses, qu’au bénéfice de telle ou telle collectivité, chacun peut être amené à payer.Qui en parle ? Personne ou presque !

La séquence « Grand Débat » est maintenant refermée. On veut croire que le Président de la République, parviendra à en faire son miel pour opérer en douceur une correction de trajectoire, « sans reniement, ni entêtements »

 

Re-voilà le chirurgien!

Nouveau rebondissement dans l’histoire du chirurgien de l’hôpital. Parti pour Pezenas où une clinique privée lui promettait le graal, François Belair serait de retour à Moissac. Il doit même être présenté ce jeudi à l’ensemble du corps médical et à la CME (Commission médicale d’établissement) qui pour l’occasion sera presque au grand complet. Dans le cadre du GHT (le groupement hospitalier de territoire), le chirurgien se verra proposé un poste à plein temps, à cheval sur Moissac et sur Montauban. Est-ce enfin l’épilogue – heureux- d’une histoire bien mal ficelée ? lire ici (1) et (2) les articles précédents.

Il faut l’espérer ! Ce retournement de situation, cette volte-face de l’intéressé est en fait le résultat de la mobilisation rapide et pour le coup réussie des personnels soignants, des médecins, des élus et du comité de défense de l’hôpital. Tous ont fait connaître leur incompréhension, manifesté leur colère, et dénoncé la gestion de ce dossier par la direction. Ce coup de menton collectif a porté. L’ARS (l’Agence régionale de santé) a même confirmé le maintien de la chirurgie à Moissac pour les trois années à venir. C’est bien! Mais cela ne vaut pas engagement pour le plus long terme, alors que la réforme Buzin prend corps et prévoit dans les territoires des hôpitaux de proximité sans chirurgie autre qu’ambulatoire. II faudra donc, et c’était la réaction du Comité de défense, rester vigilants et mobilisés. Toute vacance de poste, singulièrement à Moissac, peut fournir un prétexte à l’ARS, les difficultés de recrutement faisant le reste.

On ne le sait que trop, un hôpital est un corps vivant et solidaire, avec des arrivées, mais aussi des départs. Son bon fonctionnement nécessite du personnel compétent -c’est le cas à Moissac- et suffisamment nombreux pour garantir la sécurité des patients et la sérénité des soignants. Les regards se tournent déjà vers l’anesthésie, insuffisamment pourvue : il y faudrait 3 médecins la semaine et un infirmier par salle, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Nouveau dossier à suivre!

Le docteur Belair va bientôt découvrir ce qui l’attend à Montauban. Pour cette prise de contact, avec une institution réticente à jouer le jeu, il sera accompagné, histoire de montrer que Moissac n’a pas l’intention de s’en laisser compter. Alors le chirurgien pourra retrouver le sourire, lui qui a fait forte impression sur les équipes médicales moissagaises. Une syndicaliste m’a même confié qu’à peine arrivé à Pézénas, le bon docteur avait dû déchanter, rêvant peut-être d’un retour prochain sur les berges du Tarn.  Qui a dit qu’il ne faut pas rêver ?

Golfech tire des plans sur l’avenir

La centrale nucléaire de Golfech a encore de beaux jours devant elle. Par l’intermédiaire de la SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), elle cherche à acquérir autour de ses emprises actuelles des dizaines d’hectares de terrain. Une première réunion d’information avec la population de Golfech a eu lieu en septembre dernier. La communauté de communes des Deux Rives doit début avril faire un point sur les procédures en cours. Il semble que l’offre d’achat d’EDF concernerait essentiellement un propriétaire dont les terres jouxtent la centrale.

Dès lors, on entend de loin la rumeur qui va bon train sur les bords de Garonne : « il va y avoir une troisième cheminée », traduisez un troisième réacteur sur ce site qui en compte deux de 1300 MW, d’autres parlent d’un site de stockage et j’en passe de plus farfelues. Il est vrai que tout ce qui touche au nucléaire est sensible, tout en aiguisant les appétits. Le projet Golfech avait soulevé de nombreuses oppositions, y compris au sein de la population locale. Mais, la Centrale fait depuis sa mise en service en 1994, le bonheur d’un territoire exposé à de juteuses retombées … financières.

Comme à son habitude EDF reste discrète sur sa démarche, déléguée à un organisme bien connu dans le monde agricole, et sur ses intentions industrielles, se retranchant derrière la loi de programmation de l’énergie (PPE) présentée en novembre 2018. « Nous suivons les orientations que nous donne notre actionnaire » explique un des responsables de la Centrale qui admet cependant qu’un industriel comme EDF est obligé de se projeter sur l’avenir. En fait, toutes les options semblent sur la table. Par exemple le grand carénage. C’est une très lourde opération, dont le principe a été posé en 2008, qui consiste à arrêter la production et à changer les gros composants, comme les turbines, les générateurs de vapeur, ou les transformateurs. Seules les cuves, trop radioactives, ne sont pas touchées. Ce grand mécano vise à prolonger la vie de certaines centrales. Prévues pour fonctionner une quarantaine d’année, elles peuvent ainsi, au prix de vérifications drastiques de l’ASN l’Autorité de sureté nucléaire, gagner 10 à 20 ans de vie. Ces opérations pour lesquelles une enveloppe nationale de quelque 55 milliards a été dégagée jusqu’en 2025 ont besoin d’espace, donc de terrains.

Mais pour ce qui concerne Golfech, le service de presse d’EDF reste évasif. Pour produire de l’électricité décarbonnée, plusieurs solutions sont possibles. Il y a bien sûr le photovoltaïque, l’option choisie par la Centrale du Blayais en Gironde. Il peut aussi y avoir l’option nucléaire, avec l’installation d’un EPR « adapté ». Carénage, EPR, photovoltaïque, toutes les hypothèses sont soumises à l’acquisition des terrains, puis aux procédures de consultation, qui, on le sait, sont longues et contradictoires. On parle donc là d’objectifs industriels de moyen terme. De quoi rassurer Golfech et son territoire sur l’avenir et peut-être réveiller quelques velléités contestataires.