Le 15 mars fut donc un coup pour rien. Les élections municipales seront très certainement reportées en octobre, voire plus loin si l’on en croit les propos du premier ministre. La grande majorité des communes ne sont pas concernées qui ont déjà élu leur conseil. Pour elles, les résultats du 15 mars sont acquis, même si pour l’instant, confinement oblige, les maires sortants jouent les prolongations, au grand dam souvent des nouveaux élus. A Moissac, on refera le match, premier et deuxième tour. Pas de bol pour le RN qui se voyait déjà dans le fauteuil du maire, une chance pour Moissac et pour les autres, les quatre autres qui vont devoir décider si, instruites de ce premier galop d’essai, elles y retournent ou pas.
La raison devrait leur commander de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Quatre listes face au RN, c’est à coup sûr partie gagnée pour les Lepénistes. Je lis et constate que certains découvrent maintenant le problème. Ce n’est pas mon cas. Il y a plus d’un an, j’expliquais à droite comme à gauche, que sans rassemblement, sans un front républicain, nous courrions tous à l’échec. On a vu le résultat. Mais il ne suffit pas d’avoir raison pour convaincre. Je n’y suis pas parvenu, mon équipe n’y est pas parvenue. Nous nous sommes heurtés à des intransigeances coupables. Les uns croyant leur heure venue, n’ont pas voulu saisir la main tendue. Les autres, héritiers aveugles et sourds au jugement des Moissagais, ont cru pouvoir imposer un leadership hors de saison.
Mais quel était donc la cause profonde de ces impossibles rapprochements ? Les égos, pas grand-chose de plus ! Ce sentiment qui est finalement la chose du monde la mieux partagée que l’autre n’est pas légitime, n’est pas conforme, n’est pas de la famille : le mouton noir ! Il suffit de peu, il suffit de rien pour donner corps à ce qui apparaît au final comme du ressentiment : de vieilles et minuscules histoires ressassées parfois comme un mantra, de petites frustrations, des jalousies rentrées, des ambitions tristes, contrariées, le tout maquillé d’un improbable vernis idéologique pour justifier cette pathétique altérité. Il en est même qui se croient investis d’une mission, détenteurs d’une vérité historique, moines soldats venus des siècles précédents. L’inquisition et la Guépéou réunies !
Mais le programme monsieur ? Les programmes, il suffit de les lire. Excepté celui du RN, qui promettait de ressusciter le temps de nos grands-mères, tous les autres tournaient autour de quelques valeurs cardinales, la tranquillité, la solidarité, et même le développement durable devenu un marqueur de l’époque. Autant dire qu’il n’y avait pas là un obstacle insurmontable. Notre liste, « Moissac naturellement » avait construit ses propositions autour de ces mêmes valeurs en les inscrivant dans une vision pour notre ville, et surtout en leur donnant une cohérence avec l’Ecopôle. La clé de voûte du système. Car là était et demeure toute l’originalité de ce programme. Faire de la préoccupation écologique, une chance pour le territoire. Conjuguer l’économie, le social et l’environnement. Je ne vais pas ici détailler à nouveau cette proposition, (à découvrir ou redécouvrir en cliquant ici), mais je ne peux m’empêcher de pointer pour mémoire, et pour demain, l’ambition que nous portions et qui demeure : l’autonomie alimentaire, les circuits courts pour les producteurs, les ateliers solidaires pour un territoire zéro chômeurs, ou encore les entreprises liées au numérique dont on mesure en ce moment toute l’importance, mais dont on voit avec effarement qu’il épouse les fractures sociales.
Je ne sais pas à cette heure ce qui se passera dans les mois qui viennent. Avec mes amis, nous poursuivons la réflexion, nous prendrons le moment venu les initiatives utiles, nécessaires pour assurer à notre ville un avenir de progrès économique, social et environnemental. Mais à mes yeux, une chose est certaine : il faudra rebattre les cartes, il faudra que chacune et chacun qui s’intéresse à la chose publique accepte de tourner la page et s’inscrive dans une nouvelle donne. Pour Moissac !