Castelsarrasin: le maire congédie Bouisset

Le Musée Firmin Bouisset, installé dans la Maison d’Espagne à Castelsarrasin fermera ses portes le 23 février. Ainsi en a décidé le maire, Jean Philippe Besiers, qui lors du dernier Comité de pilotage de l’institution a sans autre forme de procès, décidé de ne pas reconduire la convention qui liait la ville à l’Association pour un Espace Firmin Bouisset.

Cette annonce est tombée comme un coup de tonnerre, sur les participants qui à l’évidence n’étaient pas dans la confidence. Le Sous-Préfet, le représentant de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles), les services concernés du Conseil départemental ont pris acte, même si certains n’ont pu s’empêcher, la réunion terminée, de réagir. « Je reste toujours sidérée par la situation actuelle concernant votre expulsion de l’Espace Firmin Bouisset. J’espère que des solutions seront trouvées pour faire perdurer cette belle collection qui met à l’honneur une figure emblématique de notre territoire » écrit dans un mail une des représentantes de Tarn-et-Garonne Tourisme. Une autre responsable affiche son incompréhension : « Cet espace est un des lieux de visite incontournables du Tarn-et-Garonne. Il est incontournable grâce à l’implication de son équipe, la qualité et la modernité de sa scénographie, la richesse des œuvres exposées, et le parcours de visite adapté aux familles. Ces dernières représentent la première clientèle touristique du département »

De son côté, la présidente de l’Association Firmin Bouisset, Annie Claude Elkaim, qui a créé de toute pièce avec François Sikic ce musée, avoue son incompréhension. « Je ne m’attendais pas à une telle décision. J’ai du mal à comprendre pourquoi elle tombe maintenant et aussi abruptement. Je me demande si entre la mairie et nous, il n’y a pas une incompréhension majeure sur la place et le rôle d’un musée » Dans sa lettre, confirmant sa décision, le maire Jean Philippe Besiers fait état de « dysfonctionnements… notamment dans la mise en œuvre du pôle événements, le renouvellement de votre collection et le suivi du planning des personnels d’accueil ». Ce qui interroge un des amoureux de la Petite Menier : « les raisons me paraissent assez étranges, inconsistantes même et rendent encore plus incompréhensible la décision du maire »

Créé il y a quatre ans, ce Musée a donné vie à la Maison d’Espagne qui venait d’être restaurée. Firmin Bouisset, né à Moissac, célèbre affichiste de la fin du XIX° siècle est l’un des fleurons du patrimoine tarn-et-garonnais.  Son musée a reçu à ce jour, quelque 3000 visiteurs par an qui ont tous loué, le Livre d’or et les commentaires sur les réseaux sociaux en témoignent, la qualité de présentation et l’intérêt pédagogique de l’installation. Sur la base d’une scénographie particulièrement soignée, il montre qu’on ne peut réduire Bouisset à ses affiches iconiques comme le Petit écolier de Lu, ou le petit pisseur des Biscuits La Touraine. L’un de ses mérites, et pas des moindres, est de donner un visage, une existence à cet artiste proche de Mucha, Chéret ou encore Toulouse-Lautrec. Il permet de comprendre à travers de judicieuses cartouches, et de jolies vidéos comment est née la publicité à une époque, la Belle époque comme on dit encore, artistiquement foisonnante.

Ce Musée était devenu au fil des ans une étape obligée sur le parcours des touristes, concourant à sa manière à faire connaître Castelsarrasin et le département. Mieux, il a développé, soutenu par les enseignants, tout un programme de médiation culturelle à destination des scolaires, accueillant aussi des groupes autour d’un biscuit ou d’un chocolat. Il propose aussi des expositions à thèmes, la dernière en date, « Un Noël Bouisset à la belle époque » présentée dans la salle des Augustins à Montauban.

Que vont donc devenir cette collection, ces affiches, ces livres illustrés, ces tableaux ? Annie Claude Elkaim n’entend pas baisser les bras. « Après les élections, nous allons avec l’association repartir en quête d’un point d’attache. Moissac, Montauban ou ailleurs. Je ne m’imagine pas qu’un tel patrimoine sombre dans l’oubli. Nous ferons tout pour qu’il retrouve un lieu à sa mesure, et je sais que l’histoire de Firmin Bouisset ne s’achèvera pas là »

La liste de l’UCM

Il suffit de cliquer sur ce lien pour découvrir les 32 colistiers de Séverine Laurent.

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Le RN fâché avec les RH

A Castelsarrasin, le RN a finalement investi Cyril Jannic, policier à Valence d’Agen et gendarme de réserve. Là aussi, ça trainait, là aussi on se demandait ce qui pouvait bien se passer. On imaginait un calcul tactique, une opération savante, un coup politique de dernière minute… Il ne fallait pas. La vérité, comme toujours, est plus simple, plus triviale. L’homme pressenti pour conduire les troupes RN posait un gros problème. Un problème qui met le parti d’extrême droite dans un état proche de la sidération et qui pourrait mettre un coup d’arrêt à la carrière de Marine Le Pen. L’homme, Marc de Vergnette, est assistant parlementaire de la députée européenne Anne-Sophie Frigout. 

On voit le tableau. En plein procès sur ces assistants parlementaires qui ont servi à détourner l’argent public au profit de leur parti, un autre, encore un, allait passer ses jours à faire campagne en Tarn et Garonne, payé bien entendu par les contribuables de l’UE. Ça fait plus que désordre. C’est de la provocation à l’état pur et on imagine ce que les magistrats auraient pensé d’un tel pied de nez.

Décidément, le RN n’est pas fortiche dans la gestion des ressources humaines. Au sein de ses organisations, comme dans les municipalités qu’il dirige, il fait montre d’une légèreté préoccupante quand ce n’est pas comme à Moissac, d’un autoritarisme dont les fonctionnaires territoriaux ont fait les frais. On attend avec gourmandise de connaître à Castelsarrasin comme à Moissac les candidats que le RN aura trouvés, alors que le parti avance masqué. Pas de logo, pas de référence à Le Pen ou à Bardella. Juste le candidat et un slogan ! Tant de modestie confond !

Quo vadis (où vas-tu ?)

Il est enfin sorti du bois. Sans tambour ni trompette. Juste un communiqué sur le réseau social X, avec en prime ce qui sera son affiche de campagne. Et un slogan invitant les Moissagais à poursuivre avec lui. 

Sur cette affiche, il y a lui et rien d’autre. Pas une fois n’est évoqué ou mentionné le RN, son parti. Il y a, à n’en pas douter, comme un malaise chez les lepénistes. Cependant à quelque chose malheur peut être bon : l’absence du parti ouvre la porte aux ralliements de premier tour. L’objectif se confirme donc (voir le Dahu de la municipale) : réunir autant que possible les droites compatibles, éviter l’éparpillement des voix. Se poser en rassembleur !

La posture du chef. Ce que confirme cette affiche dont l’esthétique semble chercher ses marques en Italie. Jusqu’au lettrage du slogan qui rappelle à s’y méprendre ces fameux péplums des années cinquante. 

Le dahu de la municipale

La confiture ça dégouline, ça colle aux doigts. Pris la main dans le pot, le RN ne sait plus comment s’en sortir. Marine Le Pen a bien tenté, devant ses juges de faire amende honorable, d’en rabattre sur sa morgue coutumière, mais en vain. L’avocat général de la Cour d’appel ne s’est pas laissé berner par le repentir tartuffe des cadres du parti. Cela obscurcit l’avenir de la patronne qui en juin prochain devrait être fixée sur son sort.

Pour autant, son poulain, Jordan Bardella, voit bien que même pour lui, le ciel n’est pas sans nuage. Une condamnation lourde de la direction du RN en ferait l’héritier d’un système corrompu. Nul doute que ses adversaires politiques, et ils auraient bien raison, ne manqueraient pas l’occasion de l’obliger à s’expliquer, voire à se repentir…

Cette perspective n’est pas sans conséquences immédiates. Voici le RN contraint à une modestie qui confine à l’effacement. Quand fleurissent un peu partout les listes citoyennes, les listes des partis politiques, de droite comme de gauche, le RN donne l’impression de s’être absenté, d’avoir déserté le pré politique, y compris dans notre département que le maire de Moissac, il y a quelques temps encore, rêvait d’ajouter à ses trophées. Ne pas sortir du bois, se faire attendre, si ce n’est désirer ! Tactique ou pas, ses supporters feignent de ne pas s’inquiéter de ce qui ressemble à un trou d’air, jurent même « que c’est tactique, qu’il n’a, contrairement à ses adversaires, rien à prouver » 

Diantre ! Mais a-t-il quelque chose à défendre. Son bilan ?  Inconsistant, qui sur l’immigration, la sécurité, la santé, la culture brille par sa vacuité. Voilà qui pourrait expliquer cette tactique de l’esquive. Ne pas s’exposer, ne pas affronter, en tout cas le plus tard possible, les questions et les débats. Laisser les adversaires s’étriller. Réduire la confrontation démocratique à peau de chagrin. N’a-t-il pas, ce qui à Moissac est une première depuis l’avènement de la République, interdit les préaux d’école aux candidats ! Privé les quartiers de ces débats du soir qui sont le sel de la démocratie ! Et que reste -t-il de l’affichage libre ? Quelques malheureux panneaux ! 

Embarras, on l’a compris, suffisance et mépris, voilà ce que tout ça raconte. Suffisance à se croire dispensé de descendre comme les autres dans l’arène. Mépris aussi pour des électeurs qui plébiscitent pourtant l’élection municipale. Mais ces postures cacheraient-elles une difficulté, bien concrète celle-là ? Le candidat fantôme, le dahu dont tout le monde parle et que personne n’a encore vu, semble avoir du mal à boucler son tour de table. Le voilà donc parti à la pêche et les informés murmurent qu’il aurait ramené dans ses filets quelques anciens élus, un arboriculteur,  un employé de banque et quelques autres qui firent les riches heures de la droite moissagaise.

On verra bien. Les listes doivent être déposées en Préfecture avant le 26 février. Il restera alors une quinzaine de jours pour la campagne officielle.  Bien peu pour éclairer l’électeur!