Schématiquement la situation électorale est marquée par quatre phénomènes aussi complémentaires, qu’en apparence contradictoires.
Tout d’abord, depuis plus de deux décennies, l’abstention ne cesse de croitre. Une croissance régulière, une désaffection qui illustre et participe au délitement de la démocratie.
Parallèlement, les hommes politiques font l’objet d’un rejet dominant, les »scandales »à répétition, les avantages perçus comme des privilèges, les situations acquises et reconduites jusqu’au grand âge, parfois des formes de népotisme et de favoritisme avéré, contribuent à un rejet, exprimé dans les sondages, mais aussi dans des résultats électoraux inattendus (cas de Michel Delebarre aux municipales de Dunkerque,ou de JM Baylet aux sénatoriales, même sanction).
Troisième élément, le bi-partisme a cédé la place au tri-partisme. Le corps électoral est divisé en trois tiers inégaux: le FN,la droite républicaine (UMP/UDI…) et la gauche (elle-même repartie en 4 ou 5 sous familles). Résultat: la difficulté non seulement de trouver une majorité, mais aussi la faiblesse des marges de légitimité (d’où le mal à réformer dans un sens ou un autre).
Enfin, les électeurs, qui choisissent d’exprimer leur vote, sont de plus en plus infidèles et inconstants. Les partis de gouvernement ont fait, font et feront les frais de ce mouvement pendulaire. Les uns comme les autres produisent des discours d’ espoirs à la hauteur des insatisfactions et des désillusions. La crise économique, la redistribution mondiale, le chômage en progression continue depuis 1973, et bien d’autres facteurs alimentent ce va et vient électoral, traduction politique de la crise.
Une telle situation aboutit à ronger aussi sûrement que profondément la République, et la démocratie. Le besoin de renouvellement que traduisent certains résultats électoraux à un niveau local et territorial, ralenti par des Elus adeptes du cumul des mandats et des fonctions, soutenu par des partis maitrisés et dominés par ces mêmes Elus, se confirme à chaque élection.
Nationalement, le FN a le vent avec lui. Les questions pour des républicains sociaux, pour des démocrates convaincus, pour ceux dont la vision politique est faite de consensus et de dialogue, sont aussi complexes qu’urgentes. Alliances, avec qui? Urgence des réformes institutionnelles? Programme minimum?
Les élections départementales et régionales à venir peuvent être une étape dans une recomposition des alliances à partir de territoires, et sur la base des prémices de renouvellement enregistré lors des dernières élections… Et si la refondation émanait, non plus uniquement des sièges centraux des partis, mais des aspirations exprimées dans les territoires!
D.P.
