Dans les cafés, à l’heure du pastis, on n’entend plus que ça : « Sylvia Pinel bouffe à tous les rateliers ». Vous avez vu son affiche de campagne ? Elle est la candidate du PRG, de Génération écologie et du PS ! Ne vous étranglez pas, elle bénéficie d’un accord signé avec le PRG par Christophe Borgel , député de la Haute Garonne, monsieur élections de la rue de Solférino. Résultat, il y a des mois, des plombes que la circonscription 2 du Tarn et Garonne lui a été offerte. Et comme l’accord n’a pas été dénoncé, y compris au vu de la nouvelle donne politique, madame « Ex. » s’en sert. Elle aurait bien tort de s’en priver, même si le résultat n’est pas garanti. Du coup reconnaissons lui une forme de courage, à moins que, finaude, elle n’ait parié sur son nouvel atout maître : le Président !
Depuis qu’elle sait que Macron la protège, elle s’autorise toutes les audaces. La voilà, en même temps, PRG-PS et majorité présidentielle. Ce n’est plus la politique du ni-ni, mais bien celle du et-et. Un véritable saut quantique !
On peut en rire… jaune. Il y a dans cette affiche une usurpation, un abus de sueur militante qui a de quoi révulser les pauvres couillons qui ont travaillé à l’élection de Macron. Pendant toute la campagne des présidentielles, Sylvia Pinel était aux abris, se gardant bien de parler, de sortir, de se mouiller un instant. Il est vrai que dans l’ombre, à Paris, à Lyon, ailleurs, ses amis travaillaient pour elle. Au premier rang , Jean Michel Baylet aidé de son compère désormais ministre, le sénateur PRG Jacques Mézard.
Travail efficace. La dame a raflé la mise, au grand dam des militants d’En Marche qui après un moment de sidération ont tenté de réagir, de protester, d’expliquer aux cénacles parisiens qu’il y avait meilleure image du renouvellement à trouver en Tarn et Garonne. En vain !
Mais ce qui est encore plus choquant dans cette péripétie, c’est la surdité d’En Marche, son absence de démocratie interne qui le conduit à nier toute intelligence politique à ses militants de terrain. A les prendre pour quantité négligeable, tout juste bons à coller des affiches et à tracter ! Pas sûr qu’en Tarn et Garonne le mouvement n’y laisse pas des plumes. J’en connais plus d’un sur le point de rendre son tablier !
