10 millions d’euros dans la piscine

Terres des Confluences avait donné rendez-vous à ses conseillers et conseillères dans la salle des fêtes de La Ville-Dieu du Temple. A cause de l’été probablement, il manquait du monde à l’appel. Entre climatisation bruyante et micro défaillant, il fallait bien du mérite aux élus présents pour suivre l’ordre du jour. On l’a déjà dit ici, le Conseil communautaire ne peut pas travailler sérieusement dans de telles conditions. Et ce n’est pas la première fois! Du coup, l’heure aidant, des débats ont été escamotés, comme celui qui devait porter sur le très intéressant Projet d’aménagement et de développement durables de Durfort Lacapelette. 

La piscine

Officiellement le Centre aquatique intercommunal. Le cabinet ADOC, chargé de l’étude de faisabilité, a présenté trois scénarios. C’est le plus cher qui a été retenu, plus de 10 millions d’euros d’investissement pour un bassin sportif avec fond mobile, un bassin détente loisirs pour les scolaires et le grand public, une pataugeoire avec espace de jeux et un espace bien-être avec SPA.

Le financement de ce projet sera assuré par un recours à l’emprunt et des subventions qui ne sont pas encore accordées,  de l’Etat, de la Région et du département. Les communes mettront la main à la poche, notamment Moissac et Castelsarrasin qui se sont déjà engagées. Le hic dans cette affaire, c’est que d’entrée de jeu, il est prévu un déficit annuel de fonctionnement de quelque 500 000 euros! Rendez-vous en fin d’année pour les décisions définitives.

Effectifs

Entre créations et suppressions de postes, les effectifs de la COM-COM augmentent doucement mais sûrement. A ce jour 66 postes budgétisés. Un protocole relatif au temps de travail des agents nous a été présenté. Il détaille avec beaucoup de précision, les conditions d’emploi et fixe les règles d’organisation et de fonctionnement.Un bon travail qui permettra d’harmoniser la situation des différentes communes. Il ne nous a pas été dit si les syndicats avaient été consultés.

Le PLUI-H

Il faut apprendre dare-dare cet acronyme. Le Plan local urbanisme intercommunautaire  en matière d’habitat. Il s’agit de construire un projet de territoire à 22 en prenant en compte les objectifs de développement durable. Trois gros chapitres vont structurer l’approche. Il s’agira d’abord de travailler à la croissance des activités productives et du tourisme, promu levier de développement. Les centres bourgs feront l’objet de toutes les attentions afin d’y maintenir des activités commerciales. Les parcours de vie des habitants et des touristes constitueront le deuxième axe de cette politique. Il s’agit de répondre aux besoins des populations, notamment en matière de numérique. Enfin, le PLUI-H entend se préoccuper de la qualité du cadre de vie en favorisant les aménagements durables et la mobilité respectueuse de l’environnement.

Zones défavorisées

Unanime, le Conseil communautaire a voté une motion demandant le classement des communes exclues en zones défavorisées. Il s’agit de les aider à compenser les handicaps naturels par des subventions spécifiques. Les agriculteurs pourraient ainsi être autorisés à faire de l’élevage, sans lequel, l’équilibre des exploitations est parfois difficile à trouver.

Une école du numérique à Moissac

Web masters, programmeurs, community managers… les métiers du numérique ont d’étranges noms, empruntés pour la plupart à la langue anglaise. Une vingtaine d’étudiants, niveau bac, va dès octobre prochain en apprendre les contenus et se préparer ainsi à entrer dans cet univers en expansion permanente qui s’appelle l’économie numérique. Moissac, en tant que membre de la communauté de communes « Terres des Confluences », va donc accueillir cette première promotion étudiante. Une formation de deux ans environ, qui mettra l’accent sur les aspects pratiques, très concrets de ces métiers, l’objectif étant, à l’instar de ce que fait Xavier Niel, patron de Free avec son « Ecole 42 », de former des professionnels immédiatement opérationnels. Et ça marche! Chez Niel, le taux de placement sortie de formation dépasse les 90%. C’est sur ce modèle que l’Occitanie a lancé ce vaste projet qui consiste, un peu partout dans les territoires de la région, à essaimer ces écoles d’un genre nouveau. Elles associent étroitement collectivités locales, Région et opérateurs privés susceptibles de dispenser les formations. Dans cette affaire, Moissac fournira des locaux, équipés et desservis bien entendu par le haut débit. Une société de Montauban prendra en charge l’encadrement pédagogique.

Membre du CESER, le Conseil économique social et environnemental régional, je travaille au sein de la section « Débats de société » à un rapport sur le Numérique. Dans ce cadre, nous avions auditionné le directeur des formations au sein du Conseil régional. Il nous a convaincu que l’Occitanie voulait s’inscrire pleinement dans la révolution numérique. J’ai compris tout de suite que Moissac et notre territoire pouvaient y prendre leur part. Jean Philippe Bésiers, maire de Castelsarrasin, vice président de la communauté de communes et en charge du haut débit pour le département a aussitôt adhéré. Le reste, c’est la procédure dite de « manifestation d’intérêt ». Un dossier réalisé par les services intercommunautaires, l’examen des candidatures par la Commission permanente du Conseil régional, et au final, ce choix qui va permettre à une vingtaine de jeunes du département de trouver un emploi dans le numérique. Un choix qui ouvre pour notre territoire des perspectives de développement économique. Aux élus de jouer!

La République de Macron

Macron Jupiter, monarque républicain, assemblée pléthorique, députés godillots… gazettes et réseaux sociaux s’interrogent depuis quelques jours sur la démocratie en danger, voire sa fin annoncée avec l’avènement de la République en marche. Je sais d’expérience que la période estivale oblige les rédactions à creuser profond pour trouver des sujets dignes d’intérêt. Et si l’on doit reconnaître un mérite à cette angoisse existentielle qui a soudain saisi les journalistes, c’est bien, momentanément tout du moins, de nous épargner des thèmes aussi pointus que le bronzage sans effort, les joies de la plage, la montagne ça gagne ou la campagne c’est bien mais sans les mouches.

Mais nécessité n’est pas vertu ! Il y a quelque chose de déplacé, de fabriqué, dans cette soudaine agitation de poulailler, persuadé d’avoir vu entrer le renard. La REM est majoritaire à l’assemblée. La faute à qui ? La REM a mis un des siens au perchoir ? Depuis que la constitution existe, il en a toujours été ainsi. La REM s’octroie tous les postes de questeurs, de vice présidents et que sais-je encore ? Un c’est faux, deux, vu l’état de l’opposition, explosée façon puzzle comme dirait Audiard, elle ne pouvait pas faire carton plein. Mais les Républicains de Baroin feraient bien de la mettre en sourdine, eux qui du temps de leur splendeur n’avaient pas beaucoup plus d’égard avec l’opposition d’alors. Bien entendu, à gauche, les Insoumis font chorus. C’est de bonne guerre, après avoir tenté d’instruire un procès en illégitimité, eux dont le leader a été élu avec un des plus fort taux d’abstention aux dernières législatives, ils dénoncent la monarchie, l’absolutisme du nouveau pouvoir, appellent à la résistance, à l’insurrection parfois. Rien que ça !

Voilà des députés qui dénient au Président de la République jusqu’au droit de convoquer le Congrès, qu’il bouderont d’ailleurs pour manifester place de la République Consternant aveuglement, inconséquente pitrerie, misérable vindicte qui peine à cacher le désarroi de cette classe politique, pour le coup toutes tendances confondues, confrontée tout à coup au spectacle de sa déréliction. Il faut dire que l’on en voit de belles ! Des Insoumis s’apitoyer par exemple sur le sort du premier ministre offensé disent-ils de devoir faire son discours de politique générale, après la réunion du Congrès. Les Français n’ont pourtant pas oublié les engagements du candidat dans ce domaine. Et puisqu’un homme averti en vaut deux, il est aussi prévu la rotation des postes à mi mandat. Que diront donc les zélées vestales de la cinquième république ? Qu’il est brutal de remplacer des hommes et des femmes d’expérience ? On se souviendra alors que les mêmes se gaussaient de ces député(e)s novices. Ces mêmes qui au nom d’une parité absolue qu’il n’ont bien évidemment jamais revendiquée et encore moins appliquée dans leurs entreprises, ont trouvé que la REM trahissait ces engagements en élisant un homme au perchoir.

Le Président ne donnera pas la traditionnelle interview du 14 juillet. Qui s’en plaindra ? Il y a longtemps que cela n’intéressait guère que les deux journalistes sélectionnés par l’Elysée. Le Président ne tient pas la chronique de ses jours, n’est pas le commentateur de ses faits et gestes. Il a tellement été reproché, à juste titre, à l’ancien président de céder à cette manie, qu’il est pour le moins incongru de faire grief à l’actuel locataire de l’Elysée de n’y point s’y résoudre. Un président Jupitérien ne fait pas tomber la foudre sur ses sujets apeurés, il est juste celui qui sort de la mêlée, qui protecteur de la République, tente de donner du sens. On pense tout de suite à De Gaulle et Mitterrand. Vous voyez bien que la Révolution macronienne est au sens propre une révolution, c’est-à-dire un retour aux sources… de la V° République.

 

Mauvais procès et vieilles ficelles

Les Français sont des démocrates. Du moins on l’espère. Mais à entendre les commentaires sur le résultat des législatives, on peut parfois s’interroger. Oui l’abstention a battu son propre record dans ce type d’élection. Et c’est bien entendu préoccupant, voire inquiétant. Une majorité d’électeurs avait donc décidé de ne pas choisir entre les deux qualifiés du second tour. Sont-ils, ces Français, à ce point fâchés avec la démocratie représentative ? Préfèrent-ils la démocratie d’opinion, ou la démocratie populaire ? Dans ce cas, il fallait massivement rejoindre les « Nuits Debout ». Que je sache, ce ne fut pas le cas, et les places publiques les mieux garnies ont vite déchanté, faute d’une adhésion populaire massive.

Voilà qui nous ramène à ce que certains commentateurs appellent la fatigue démocratique, ce sentiment croissant de ne pas être citoyen, de compter pour du beurre, de ne pas se sentir représenté. Pourtant lors du premier tour de ces élections le choix était large, plus de vingt candidats dans certaines circonscriptions. Chacun aurait du y trouver la sensibilité de ses rêves et donc mobiliser pour la faire gagner. A noter que l’abstention fut également très importante, y compris dans le camp de ceux qui aujourd’hui n’ont pas de voix assez forte pour dénoncer « le pouvoir illégitime de Macron ». Le sont-ils -légitimes- plus que lui et ses députés, eux qui parfois, c’est le cas de JL Mélenchon élu avec moins de 20% des inscrits, ont été élus par une toute petite minorité d‘électeurs ?

Mauvais procès donc ! En droit, on dit (je vous fais grâce de la citation latine) que nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. Et pourtant c’est bien le spectacle auquel on assiste. Toute une cohorte de commentateurs, de mauvais perdants, de gagnants à la triste figure font chorus sur les ondes et les réseaux sociaux. Certains affichent même une conception putschiste de la démocratie tels ces Insoumis d’Evry partis à l’assaut de la mairie parce que leur candidate avait été battue d’un courte tête par M Valls. Inquiétant vous dis-je, car ces gens là préfèrent au recours judiciaire le recours à la force. Et d’ailleurs, s’ils craignaient tant la triche, pourquoi ne pas avoir posté des assesseurs dans chaque bureau de vote ? Ça c’est légal, mais ça suppose aussi que chacun veuille jouer de bout en bout le jeu démocratique. Avez-vous vu l’arrivée de Mélenchon au Palais Bourbon ? Grotesque ! Avez vous entendu les propos de Mélenchon sur les élus LRM, sur un mathématicien, médaillé Field, excusez du peu ? Odieux !

Bref, Macron a fait exploser les anciennes organisations, il a bousculé les codes d’une classe politique qui n’en revient toujours pas d’avoir été débarquée aussi cavalièrement. Les médias eux-mêmes peinent à appréhender ce nouveau paysage qui brouille tout leurs repères, eux qui étaient naguère si prompts à réclamer renouvellement générationnel et programmatique. Pire, ils n’hésitent pas à dénigrer la nouvelle représentation nationale, se gaussant des hésitations, des gaffes, des faux pas parfois de telles ou tels jeunes élus, doutant même de leurs capacités à endosser le costume. Bien entendu, sur le nombre, on trouvera toujours des gens qui ne sont pas à leur place, qui ont fait fausse route. Faut-il pour autant prendre l’arbre pour la forêt ?

 

Législatives: faux semblant

Une fois n’est pas coutume, on va d’abord se réjouir de la belle victoire de Valérie Rabault, la députée sortante PS dans la première circonscription du département. Elle coiffe nettement sur le poteau son adversaire, Pierre Mardegan investi par LRM.

On a déjà dit ici tout le bien qu’on pensait du travail de Valérie Rabault, il faut maintenant ajouter à son palmarès éloquent, une formidable campagne de deuxième tour qui lui a permis de remonter son handicap et de s’imposer largement. Faute de données précises, on ne va pas se livrer à une analyse politique de ce retournement de situation, on peut ce soir constater simplement qu’au premier tour, les électeurs de Montauban lui avaient en partie fait défaut. Ils se sont beaucoup plus mobilisés en sa faveur lors de ce second tour. Voulaient-ils faire barrage à P. Mardegan à qui l’on prêtait des visées sur la mairie de la ville? Ce qui est sûr, c’est que le renfort de J Mézard, le ministre PRG-macronien de l’agriculture,  qui entre les deux tours avait fait le déplacement en Tarn-et-Garonne, est resté sans effet.

Du coup, on ne sait pas quelle fut la réaction de J.M Baylet. Bougon?: Valérie Rabault, celle qu’il accuse de lui avoir fait perdre le Sénat, se voit reconduite par les électeurs. Ravi?: son autre bête noire, P. Mardegan qui avec ses amis regroupés autour de C. Astruc, et au prix de quelques spectaculaires retournements de veste, lui a chipé le Conseil départemental, a lourdement chuté. Il avait misé gros sur la deuxième circonscription. Là les choses se sont passées comme prévu. Après avoir neutralisé les velléités macroniennes de renouvellement, usé de toute son influence pour inscrire sa candidate sous la bannière de la majorité présidentielle, voilà Sylvia Pinel élue face au FN (55%/45%). Ici comme ailleurs, le candidat frontiste peut remercier sa patronne dont la désastreuse prestation à l’occasion du débat du second tour de l’élection présidentielle, a découragé nombre de ses électeurs. Il se réjouira cependant de l’excellent score qu’il réalise à Moissac, où il fait jeu égal (17 voix d’écart) avec l’ancienne ministre. Voir ci dessous le détail.

A l’évidence, une partie des électeurs de droite a voté FN, ce qui va poser problème à la majorité municipale qui voit son électorat se dérober sous ses pieds. A l’évidence, nombre de républicains (pas tous) se sont réfugiés dans l’abstention, le vote blanc ou le vote nul pour dire leur aversion d’un système féodal qui perdure et dénoncer la faute politique commise ici par LRM. Dans la perspective des élections municipales de 2020, il faudra se pencher sérieusement sur ce résultat qui demeure, n’en déplaise aux obligés de J.M. Baylet, un faux semblant.