Le 7 février prochain sera officiellement lancée à la préfecture de Montauban, la mise en place d’un numéro unique pour tous les secours (voir ici) Ce numéro sera opérationnel dès le deuxième semestre 2018. Mais contrairement à ce que j’écrivais un peu vite, il n’a pas encore été choisi. Et pour cause, il faut au préalable réunir moult commissions, prendre l’avis de tous les secteurs concernés et même consulter l’Europe qui a dans ce domaine un rôle de régulateur. Bref, oublions le 8 et attendons comme au loto que la boule tombe. Une campagne de presse, me dit-on du coté du SDIS (service départemental d’intervention et de secours) sera mise sur pied afin que nul n’en ignore. Moralité: ne jamais confondre vitesse et précipitation!
Auteur : G. VALLES
Nos paysans
Les agriculteurs poursuivent leur mobilisation en bloquant routes et autoroutes en particulier en Tarn et Garonne, devenu l’épicentre de la contestation.
Ils ont le sentiment de s’être fait balader par le préfet et le gouvernement. A l’issue d’une première journée de mobilisation, on leur avait promis la révision de cette fameuse carte des zones défavorisées, celle qui donne droit à une ICHN, Indemnité compensatoire de handicaps naturels. Mais vendredi dernier, retour à la case départ. Le ministère campe sur ses positions premières qui conduisent à une réduction considérable des périmètres.
349 éleveurs tarn-et-garonnais resteraient éligibles à la fameuse ICHN. Ils étaient 675 dans la configuration initiale. L’enveloppe financière prévue passerait ainsi de 5,32 millions d’euros à 3,4 millions d’euros. Au niveau des communes, on passerait, si la carte est maintenue en l’état, de 183 communes concernées à 83. Le Tarn-et-Garonne perdrait donc beaucoup dans cette nouvelle donne. Et avec lui l’Occitanie qui en fait curieusement les frais .
Du coup, les agriculteurs promettent de nouvelles actions, dans le Lot et Garonne et à Toulouse. Le gouvernement ferait bien de vite les entendre et de répondre à une revendication qui est légitime et dont on voit bien qu’elle ne coûte pas très cher. Le maintien d’une agriculture paysanne, d’une agriculture familiale, la survie de territoires entiers est à ce prix.
Les Etats généraux de l’alimentation ont permis de poser la question des prix à la production. Le chantier est ouvert. Et c’est formidable ! Il serait dommage que ces perspectives encourageantes soient oblitérées, chez nous tout au moins, par l’affaire des ICHN. le gouvernement doit rouvrir sans délai les négociations.
N.B. Dans une délibération votée à l’unanimité le Conseil municipal de Moissac, s’était prononcé l’automne dernier pour le maintien des aides à tous les agriculteurs concernés.
Nos vieux
Les personnels des EHPAD dénoncent leurs conditions de travail. Ils ont raison. Les pensionnaires de ces établissements pourraient probablement faire chorus, et dénoncer à leur tour la manière dont on les traite, voire les maltraite. Bien entendu, il ne s’agit pas de mettre tous les établissements dans le même sac, encore moins de jeter la pierre à des soignants qui font ce qu’ils peuvent dans un univers que la société tient aussi longtemps que possible à l’écart. Sauf quand la question se pose, quand les parents vaincus par l’âge deviennent un fardeau impossible pour leur descendance.
Il en va de même pour les hôpitaux psychiatriques, dont le journal le Monde soulignait il y a quelques jours la grande misère. Pas assez de lits, pas assez de personnels soignants, le retour sournois, pour reprendre la forte parole d’un infirmier « du garde-fou »…
Il en va de même pour les prisons, vétustes, surpeuplées, où les matons, faute d’effectifs suffisants et de reconnaissance professionnelle, se sentent souvent aussi enfermés que les détenus.
EHPAD, hôpitaux psychiatriques, prisons, trois lieux d’enfermement, de relégation où la société croit se débarrasser à bon compte de ceux qui sont hors norme, aux confins d’une vie d’homme, de tout ce qui freine sa frénésie productiviste et consumériste. Les vieux, les fous, les prisonniers, trois images d’une marginalité que notre société si soucieuse du respect des droits de l’homme, peine à intégrer dans ses préoccupations premières.
Et pourtant, il y a urgence ! Il faudra bien consentir des efforts, de gros efforts financiers pour améliorer la vie, les vies de cette humanité en souffrance, personnels et pensionnaires, dont le sort est intimement lié. Il faudra aussi, en même temps, mobiliser les intelligences, consentir peut-être à l’impopularité sur les réseaux sociaux, pour porter un autre regard, inventer d’autres solutions aux lourdes, très lourdes questions que nous posent la vieillesse, la folie, la délinquance.
Dans les années soixante, la psychiatrie, la prison, grâce à des intellectuels comme Michel Foucault étaient l’objet d’un questionnement en profondeur, d’initiatives audacieuses, novatrices, soucieuses de l’homme dans toute sa complexité. La société en parlait, en avait fait un sujet. Aujourd’hui elle se tait et quand la question devient cuisante, se réfugie derrière des livres comptables. Ouvrons les yeux ! Interrogeons-nous ! Pour revenir à des considérations beaucoup plus locales, est-il normal (quel drôle de mot), qu’il ait fallu presque 20 ans pour finaliser le dossier de la reconstruction de l’EHPAD de Castelsarrasin ? Nos vieux en restent cois !
« L’homme est une invention dont l’archéologie de notre pensée montre aisément la date récente. Et peut-être la fin prochaine. » Michel Foucault.
Sainte Barbe se porte bien

Il y avait du monde pour la traditionnelle fête des pompiers qui pour la première fois se déroulait dans la toute nouvelle caserne de Fleury. Les volontaires venus de Moissac et de Castelsarrasin travaillent maintenant avec des professionnels ce qui ne va pas sans bousculer les habitudes. Par exemple, les tours de garde sont dorénavant postés, c’est dire que 24h sur 24, il y a des pompiers à la caserne de Fleury prêts à démarrer à la première alerte.
La féminisation progresse doucement: 16% des effectifs. On est loin de la parité, et il reste encore des organisations, et des comportements à faire évoluer pour convaincre les jeunes femmes d’embrasser la carrière. Pour autant, les vocations ne manquent pas. Les jeunes, filles et garçons, intègrent toujours plus nombreux les JSP (Jeunes sapeurs pompiers). Pendant 4 ans, ils apprennent le métier dans les centres de formation de Valence d’Agen, Montpezat de Querçy et Laguépie (voir ici) … Et heureusement que la relève est en route car les besoins de la population augmentent d’année en année. Presque 3000 interventions par an pour le Centre de secours principal de Castel-Moissac dont plus de 80% pour venir en aide à des personnes.
Le « 8 » à tout faire
Pierre Mardegan, vice président du Service départemental d’intervention et de secours (SDIS) a annoncé ce matin une petite révolution. premier département en France à tenter l’expérience, les Tarn-et-Garonnais disposeront bientôt en cas de besoin d’un seul numéro d’appel: le « 8 »
Le « 8 » va ainsi remplacer le 15 (Samu), le 17 (Police secours), le 18 (Pompiers), le 112 (numéro d’appel général) et surtout le 115 (Urgence sociale, en particulier pour les sans abris).
Une plateforme unique gèrera tous les appels, les usagers n’auront donc qu’un seul numéro à retenir (le »8″), ce qui reconnaissons le devrait nous faciliter les choses. Cette organisation sera expérimentale dans un premier temps et testée pour en évaluer l’efficacité, l’objectif étant aussi de réduire au maximum les délais d’intervention.
Toute une histoire
Je publie aujourd’hui, c’est d’actualité, le courrier d’une possible lectrice où il est question de retraite, de diesel, d’impôts et au final de cette existentielle question : comment être rural ? (J’ai volontairement raccourci le texte, par crainte cher lecteur de te lasser)
« J’habite une charmante bourgade. Jusqu’à aujourd’hui j’ai été épargnée par la maladie. Je suis donc dans la force de l’âge. Et J’ai beaucoup de chance, j’ai un mari, qui a un an de plus que moi et que le temps et le labeur n’ont pas trop abimé. A tous les deux nous touchons un peu plus de trois mille euros de retraite. Pas de quoi dîner tous les soirs chez les étoilés du Michelin, mais assez pour vivre correctement dans la maison que nous avons fini de payer il y a tout juste 10 ans, et où nos deux enfants sont nés.
Nous sommes des retraités actifs, engagés au service des autres. Mon mari est aux Restos du cœur, au club de rugby où il encadre des minots et moi je fais du soutien scolaire. Conseillère municipale, c’est mon premier mandat, je travaille sur l’animation, les fêtes et les activités culturelles de notre commune. Voilà, nous sommes des ruraux comme il y en a tant d’autres qui veulent rester vivants, les deux pieds dans la modernité.
Mais quand on habite la France profonde, c’est comme ça qu’ils disent à la télé, les choses ne sont pas toujours très simples, pas aussi évidentes que ces messieurs-dames des villes l’imaginent. Comment réserver un billet de train -il n’y en a plus beaucoup par chez nous- quand on n’a pas internet ? Comment faire sa déclaration d’impôts quand on n’a pas internet ? Je vous épargne la litanie. Le fait est que dans nos campagnes, comme jadis l’électricité, puis le téléphone, l’internet se fait désirer. Pas de réseau ou si peu ! Fracture numérique ! A propos de fracture, le voisin ne se remet pas de la sienne, à la jambe gauche. Pas de bol pour ce socialiste historique ! Il enrage, il n’a plus de médecin. Le dernier du coin est parti en Tunisie vivre une retraite de nabab. Le voisin, comme nous tous, n’a plus que l’hôpital pour se faire soigner. Plus de trente kilomètres à parcourir et des urgences transformées en dispensaire. Galère ! Et voilà qu’on nous dit que l’hôpital pourrait fermer, avalé par celui de Montauban. Le désert !
En centre-ville, les boutiques ferment les unes après les autres et à la mairie, on s’arrache les cheveux pour stopper l’hémorragie. Mais je me demande parfois si on n’est pas un peu tous responsables. Au bonheur des supermarchés, le grand commerce au milieu des champs ! Le béton et la bagnole. Le rêve des années Pompidou ! Les Glorieuses qui vendaient pas cher, la liberté au volant d’un diesel. Mais voilà que le carrosse se révèle citrouille empoisonnée. Particules fines. Elémentaire mon cher Watson ! Quand je démarre mon DCI, je pense à mes petits enfants. Et puis j’oublie, jusqu’à la pompe qui me dit qu’il va falloir arrêter les frais. Elle n’est pas la seule. Le gouvernement annonce des assurances plus chères, des contrôles techniques plus tatillons, des amendes plus lourdes…On nous roule, et à petite vitesse. A petit feu ! Du coup je me remettrais bien à la bicyclette s’il n’y avait pas toutes ces côtes dans notre beau pays de Serres. Avec ces économies je pourrais payer la CSG. Dommage qu’on ne soit pas assujettis à l’ISF, on aurait fait encore plus d ‘économies maintenant qu’elle est supprimée.
Certains soirs, quand la pluie tapisse la nuit, coup de blues. Sommes-nous les derniers des Mohicans, d’encombrants indigènes rescapés du monde d’hier ? Comme me disait mon mari, c’est parfois difficile d’être moderne, surtout quand la modernité semble nous faire grief d’exister. Mais trêve de jérémiades, à la gare ! Mamie va à la grande ville, embrasser ses petits enfants. » s