La belle équipe

Enfin, il se passe quelque chose du côté de Moissac, comme le frémissement d’un printemps politique, comme une bouffée d’air frais. Un an après des municipales catastrophiques, sauf pour le RN bien entendu, les élections départementales vont localement créer la surprise. La première, celle pour laquelle nous avons pendant si longtemps prêché dans le désert, c’est le rassemblement.2021-04-25 10.39.31

Séverine Laurent, Ignace Véla, avec pour suppléants Jules Duffaut et Nabila Cacouch partent à la conquête du Canton qui regroupe les communes de Lizac, Moissac, et Montesquieu. Ils étaient sur les listes de « Tems », de « Moissac naturellement », voire nulle part. Ils représentent des sensibilités politiques différentes, mais qui s’accordent, des engagements le plus souvent complémentaires, et qui créent du lien. Ils sont quatre générations à eux tous seuls, le benjamin a 18 ans, le plus âgé en a 63. Il siège dans l’opposition au Conseil municipal de Moissac.

Certes, tout le petit monde politique n’a pas répondu à l’appel. Les Radicaux en effet font bande à part. Bernard Garguy, ex président de la Com-Com « Terres des Confluences » et par ailleurs maire de Lizac se présente avec l’urgentiste Sabine Augé. Au passage on ne savait pas que cette ancienne élue de la liste Henryot avait succombé aux sirènes radicales. La fédération du PS, pour préserver les accords à la région et préparer une improbable majorité départementale, s’est rangée sans un mot derrière le compagnon de route de Jean Michel Baylet. Reste le cas de l’élue sortante, Maryse Baulu. Après avoir dit non, puis peut-être, à nouveau non, elle a finalement dit oui au patron des « Mobilisés », Christian Astruc, l’actuel président du Conseil départemental. Son binôme n’est autre que Jean Luc Henryot, fils de son père et estampillé LR. Donc pas de surprise de ce côté !

On attend maintenant que le RN sorte du bois. Jusque-là, le maire de Moissac était resté à couvert, laissant entendre qu’il pourrait renoncer au département, pour mieux se consacrer à la région, voire à la députation… Mais l’édile frontiste, bien que jeune, sait parfaitement que la députation l’obligerait à laisser son fauteuil de maire. Ecran de fumée donc que tout cela ! C’est désormais une certitude, il sera présent dans cette élection. Il lui reste à trouver son binôme féminin, pas encore désigné à l’heure où j’écris ces lignes. Nous aurons donc à Moissac une quadrangulaire !

Face à ces candidatures dont on connaît le bilan, le quatuor Laurent-Véla-Cadouch-Duffaut ne manque pas d’arguments. Ils sont d’abord la vivante image du renouvellement, de la montée en puissance d’une génération jeune, très jeune et féminine. Ils racontent à leur manière, à travers leurs histoires personnelles une volonté d’enracinement, d’engagement syndical, associatif, sportif. PHOTO-2021-04-24-19-27-05Ils nous disent que terroir peut rimer avec innovation, qu’il faut savoir se mettre à l’heure de cette époque qui n’en finit pas de bousculer nos évidences, nos certitudes, qui fait éclater une à une nos bulles de confort. Qu’il faut, avec la principale concernée, la jeunesse, savoir préparer l’avenir.

Ces quatre-là n’ont pas froid aux yeux et veulent voir au-delà des limites du canton. « Nous souhaitons une terre commune placée sous le sceau du soin et de la qualité de
PHOTO-2021-04-24-19-27-44vie, un territoire vert, travaillant au progrès durable. »
Ils portent un regard sans concession sur la gestion de l’équipe départementale sortante : « Face à l’immobilisme du Département, nous avons décidé d’agir… nous portons un programme fondé sur le progrès social et écologique, appuyé par nos valeurs d’humanisme, de travail et de courage » Du coup, ils nous annoncent trois grands axes, l’agriculture, le soin et la jeunesse. Ils ont à peine deux mois devant eux pour convaincre les électeurs. Aux contraintes de temps, s’ajoutent, pour eux comme pour leurs concurrents, les contraintes sanitaires. Mais ils ont dans leur manche trois atouts de taille : leur goût des autres, une grande familiarité avec les outils modernes de communication, et une belle et bouillonnante équipe.

Ce samedi matin sur le marché de Moissac, on respirait presque un air de fête, comme la promesse de quelque chose qui vient. Une douzaine de jeunes gens, filles et garçons, issus des quatre coins de la circonscription, et reconnaissables à leurs tee-shirts PHOTO-2021-04-24-19-30-56

« #terroir-innovation », accompagnaient les candidats. Pour cette jeunesse, cette sortie était un peu comme une première fois. Les Moissagais leur ont fait bon accueil, surpris probablement et ravis d’un tel déploiement militant. Quelque chose est en train de naître du côté de ces jeunes-là et nous aurons PHOTO-2021-04-24-18-33-55bientôt, j’en suis certain, l’occasion d’en reparler.  Plus discrets, mais bien
présents, nous étions quelques-uns, élus d’opposition sous l’étiquette TEMS, ou anciens de l’équipe « Moissac naturellement » à prendre notre part dans cette campagne qui débute. Décidément, quelque chose est en train de se passer sous le ciel moissagais et certains de nos concitoyens tout réjouis devant cette perspective nouvelle, n’ont pas manqué de nous le faire remarquer.

 

Misérable politique

Le RN, le maire de Moissac en première ligne, a décidé de faire rendre gorge à Escale Confluences. Il vient de lui supprimer sa subvention annuelle au prétexte que cette association caritative, qui travaille de surcroît avec les pouvoirs publics, n’aurait pas payé ses dettes d’eau, d’électricité, voire de location de bureaux. C’est la seule association de la commune dont la subvention est purement sucrée, quand d’autres, les associations sportives ou de retraités bénéficient d’une rallonge parfois substantielle.

Faut-il s’en étonner? Bien sûr que non ! Le RN applique avec un zèle qui ne se dément pas sa politique sociale qui trie entre les « bons » nécessiteux et les autres, les étrangers, les cabossés de la vie, les sans domicile, les sans emploi, les sans espoir qui viennent chercher dans cette association quelques raisons de croire qu’ils appartiennent encore à notre société, que le monde des bien-pensants, des bien dormants, ne les a pas complètement rejetés.

Je ne sais pas combien l’association doit à la mairie. Doit-elle d’ailleurs quelque chose ? Mais quel que soit le poids de l’ardoise, on ne peut accepter de telles méthodes. Brutales comme une soldatesque en goguette, injustes, profondément injustes, elles sont d’abord de la communication, un message que le RN envoie à sa clientèle. Pas de discussion, on tranche dans le vif ! Et après, on verra !

La bienveillance n’étouffe pas ces messieurs-dames de la mairie. On s’en doutait. Mais une telle décision, au-delà de toute considération morale, est totalement déraisonnable, au sens fort du terme. Suffit-il de fermer l’infirmerie pour que disparaissent les maux de l’existence ? Évidemment non ! Et à persévérer dans cette décision, la mairie de Moissac pourrait bientôt en mesurer les conséquences, tant sont nombreuses et profondes les plaies de notre territoire. On ne badine pas avec la misère, on la combat !

Allo docteur bobo!

Ne cherchez pas un médecin en Tarn et Garonne, il n’y en a plus ! Médecins des villes ou médecins des champs, ils ne veulent plus de clients ! Il serait plus juste de dire qu’ils refusent tous les nouveaux patients, tous les nouveaux venus, tous les imprudents, tous ceux qui un triste jour apprennent que la retraite, la maladie, quand ce n’est pas la mort, vient de leur enlever leur toubib de famille. C’est un ami montalbanais qui en a fait la douloureuse expérience. Le voilà sans médecin traitant, désespéré de trouver un cabinet compatissant. Obligé de se présenter aux urgences de l’hôpital pour obtenir une simple ordonnance de soins! Mais si cela peut le consoler, il n’est pas le seul. Ils seraient près de 2000 montalbanais à la recherche d’un médecin référent.

C’est un jeune couple de Castelsarrasinois dont le bébé ne semble pas au mieux de sa forme, et qui n’a d’autres solutions que de courir à l’hôpital de Moissac pour faire examiner leur petit rejeton. Installés depuis plus d’un an dans le coin, ces jeunes parents n’avaient pas trouvé de médecins prêts à les accepter dans leur patientèle. On pourrait multiplier les histoires, les exemples qui tous montrent que ce département a un gros problème avec sa médecine de ville. A Moissac, où le phénomène a commencé il y a déjà quelques années, deux ou trois toubibs s’apprêtent à raccrocher le stéthoscope. Et pas de jeunes en vue pour les remplacer !

Les maisons de santé censées attirer les jeunes diplômés de la faculté de médecine demeurent le plus souvent, comme à Saint Nicolas de la Grave, des coquilles à moitié vides. Les élus y voyaient une panacée. Raté ! En attendant, et ce n’est pas la première fois que cette question est ici évoquée, le désert médical avance, il grignote peu à peu les autres secteurs du soin aux personnes. C’est en cette veille ou avant-veille d’élections départementales l’un des gros dossiers que bien peu ne veulent ouvrir. Et pourtant, il est pour nos concitoyens de la première importance. On peut, dans nos territoires, se passer d’un centre des impôts. Pas d’un médecin, d’un dentiste, d’une infirmière ! Il est des priorités qui ne souffrent pas le débat. Et pourtant la classe politique préfère s’écharper sur le projet d’un nouvel hôpital à Montauban, quand l’ancien, vétuste et inadapté, craque de toute part. 

Il faut que chacun en soit bien conscient, ne pas construire l’hôpital de Montauban ne donnera pas plus d’allant à celui de Moissac ou de Valence d’Agen. Bien au contraire. Personne, et surtout pas les citoyens de ce département, ne gagnera à opposer l’un à l’autre. La santé, ce n’est pas la concurrence entre établissements, entre public et privé, c’est la complémentarité, d’autant que tous sont quelque part tributaires de la caisse d’assurance maladie. C’est bien pourquoi, l’urgence est de convoquer toutes les parties prenantes à ce dossier, afin de trouver les voies et les moyens pour répondre à la crise qui s’annonce. Des états généraux départementaux de la santé et du soin pour un plan, un vrai ! Ce n’est pas l’argent qui manque le plus, c’est la volonté.  Il est temps pour les élus, futurs ou actuels,  de risquer l’escapade hors de leur zone de confort intellectuel, d’oser innover, expérimenter sans attendre qu’une loi leur octroie la compétence santé ! 

JMB: l’éternel retour

Il lui a fallu plus d’un mois pour trouver les mots, les phrases, pour dénoncer le complot politique dont, pauvre justiciable, il serait la victime. Jean Michel Baylet accusé d’inceste par Nathalie Collin s’est confié à son journal. Quoi de plus naturel pour un propriétaire ! Il nie tout et accuse son accusatrice d’être manipulé par son père, Yvon Collin qui était de la famille, comme « un frère », son homme lige qu’il amenait avec femme et enfant faire bamboche au large de la Grèce, il y a quelque quarante ans.

A l’évidence, ce plaidoyer a été pesé au trébuchet. Pas une expression de trop, pas d’emportement inapproprié, pas de vindicte oratoire. Ses conseils sont passés par là. Tenir la posture, endosser le costume de l’homme outragé, du père ulcéré, de l’élu persécuté. Mais entre les lignes parle un autre personnage, le chef de « la famille », celui qu’ont popularisé les séries télévisées. Comment ne pas songer, aussi, à une version revisitée du mythe de Caïn et Abel ! Yvon et Jean Michel ! C’est là toute l’habileté de la riposte. Ne pas s’attarder sur les accusations d’inceste, sur les faits détaillés par le menu dans l’enquête de police, déplacer la problématique, enjamber le temps et proposer au lecteur une histoire qui chassera l’autre. Forcément !

Et la victime dans tout ça ? Où est-elle passée ? A la trappe ! Sa douleur d’enfant, ses tourments d’adulte, ses années d’analyse, ses peurs… allons donc, pure invention, pure fiction écrite par un père revanchard !  Voici sa parole escamotée, son vécu réduit à néant ! A celui d’un sujet délirant! Femme sous influence suggère le mis en cause !  Heureusement Nathalie Collin parle encore, dans le « Petit Journal » où elle dit une nouvelle fois cette enfance volée, où elle défie Jean Michel Baylet de porter plainte pour dénonciation calomnieuse. Il ne lui reste plus que ça, tenter de faire entendre sa voix, la sienne, pas celle de son père, sa voix de victime face à un mur d’indifférence.

Car il faut bien en convenir, avez-vous entendu le silence assourdissant des féministes, pourtant si promptes à conduire au bûcher le premier qui fait un mot malheureux, ose un regard de trop, esquisse un pas de travers ? Où étaient-elles, que faisaient-elles quand le patron du groupe de presse s’invitait à la cérémonie d’hommage à Manuel Azana et paradait aux côtés du Président de la République qui n’a pas su ou pas voulu garder la distance ? Et les politiques locaux qui ont tous en eux un peu de JMB, que disent-ils ? Rien ! Les plus imprudents parlent « d’histoire ancienne ». Les plus nombreux passent à l’ombre, quand certains, certaines se Dépêchent (suivez mon regard) de conclure avec le boss un accord électoral. PS-PRG, main dans la main pour les départementales et pour les régionales. L’union d’une gauche bien-pensante, suffisante, bouffie de certitudes, qui fait la leçon à la terre entière pour ne pas avoir à balayer devant sa porte.  Le retour du bon vieux temps, intérêts bien compris !

JMB ressuscité ! C’est Pâques. On le croyait tombé aux enfers et le voilà en majesté, prêt à repartir à la conquête de « son bien », de ce département qui fait partie de toute éternité des bijoux de famille. Sa cohorte d’obligé(e)s lui emboîte déjà le pas, lui déroule le tapis rouge, élimé et crasseux. C’est beau comme de l’antique et triste à en pleurer. 

Le petit démocrate

Le maire de Moissac refuse d’ouvrir des bureaux de vote pour permettre aux Bulgares (ROM) de Moissac (près de 11% de la population de la ville) de choisir le 4 avril prochain leurs députés. Il fait, comme le RN en est coutumier, un bras d’honneur aux dispositions européennes qui prévoient que les résidents doivent pouvoir voter lors des consultations organisées dans leur pays d’origine. Il faut rappeler que la Bulgarie fait partie de l’Europe depuis 2007. Le parlement bulgare, une seule chambre, compte 240 députés élus pour 4 ans. Par ailleurs, la Bulgarie connaît en ce moment une grave crise politique qui oppose le Président, proche des socialistes à son premier ministre de droite (PPE).

L’opposition municipale a raison de dénoncer l’attitude du maire, bien peu européenne (on s’en doutait), et surtout bien peu solidaire et bienveillante. Mais la mise en place d’un bureau de vote est à la discrétion du maire qui pour le coup se moque comme d’une guigne d’aider la jeune et turbulente démocratie bulgare à fonctionner. L’affaire est d’autant plus navrante qu’on sait combien les communautés ROM ont du mal à trouver leur place, y compris dans leur propre pays.

Après une campagne électorale tonitruante et monomaniaque sur la présence bulgare à Moissac, le maire s’était fait étonnamment discret. Et pourtant les sujets demeurent : la santé de ces populations en ces temps de Covid, leur localisation et les conditions d’hébergement, la scolarité des enfants, la place de ces familles dans la ville et sur le territoire, les voies, les filières par lesquelles elles sont arrivées et arrivent jusqu’ici… Mais, ces sujets n’intéressent pas le militant RN qui entend dormir tranquille et ne pas inquiéter les employeurs. Pas de bruit ! C’est le mot d’ordre. Et pour complaire à son électorat, on s’offre une petite séquence média, menton haut et biceps gonflés : que les ROMS aillent voter ailleurs ! C’est sans risque et ça crée l’ambiance !

Sur la question ROM, on peut s’intéresser au travail de Moissac Lab qui mène une étude au long cours. Une première visioconférence publique a permis d’entendre des chercheurs. Le podcast est disponible à cette adresse :  https://youtu.be/A4eXN5svcMs

Une deuxième conférence est prévue prochainement avec l’intervention d’acteurs de terrain. Un dossier complet sera réalisé au terme de ce travail pluridisciplinaire.

Moissac Lab : c’est déjà sur Facebook