Il me revient, parfois par les réseaux dits sociaux, que certains citoyens qui s’intéressent à la chose publique, ne comprennent pas mes prises de position à l’égard du maire de Moissac. A mon tour de m’étonner de la chose. Qu’on m’accorde au moins cela : je n’ai pas la critique en dessous de la ceinture. Je tape politique. Je critique les idées, je dénonce les actes, je mène un combat idéologique et dans ce domaine, il ne faut laisser aucun répit à l’adversaire. J’allais dire à l’ennemi, mais comme je suis un républicain, je tiens, rênes courtes mes emportements.
Je n’ai jamais contesté le résultat de l’élection municipale comme voudrait parfois le faire croire un plumitif local. Faut-il le répéter, le maire a été élu et très bien élu. Là n’est pas la question ! D’ailleurs disons-le, au titre de maire, il est pour les Moissagais et pour les institutions, un interlocuteur inévitable. Un interlocuteur obligé, si l’on préfère. Ainsi est faite la démocratie. Pour autant, rien n’oblige à faire plus qu’il ne faut. Rien ni personne n’oblige le représentant d’une association, d’un club, d’une amicale à tirer gloire sur ces mêmes réseaux sociaux d’une rencontre, d’un échange par ailleurs normal entre le patron de la commune et lui-même. Je ne parle pas là d’un sympathisant RN pour qui cela irait de soi, je parle de certains autres qui en pleine campagne des municipales ne parlaient qu’à gauche, à celles et ceux qui qu’ils avaient eux-mêmes estampillés tels.
Certains, je crois hélas qu’ils sont à cette heure-ci toujours nombreux, peuvent apprécier la politique que mène le maire RN de Moissac. Ils peuvent se sentir en accord avec lui. D’autres, ceux qui dénoncent depuis des lustres l’extrême droite, les différents visages qu’elle peut emprunter, s’ils veulent rester cohérents avec eux-mêmes, seraient bien inspirés de garder leurs distances avec le « petit moissagais ». Contrairement à lui, Ils n’ont rien à y gagner, même pas la « warholienne » minute de célébrité !
A Moissac, où vit une importante population de harkis, on s’est souvenu aussi et devant un maigre aréopage d’élus et de « personnalités », le maire RN a célébré à sa manière ce soixantième anniversaire. Il a cru bon pour l’occasion de délivrer son sempiternel message militant. Au cours d’une allocution qui s’est autorisée de quelques historiens pour rendre plus crédible son propos, il s’est permis sans que personne ne relève l’outrecuidance, de qualifier le geste du Président de mesure électoraliste, tout en convoquant les thématiques de l’extrême droite qu’il a complaisamment développées pour finalement faire un appel du pied un peu balourd à cet électorat. Et oui, il est en campagne pour le RN ! Et comme toujours, les donneurs de leçons sont pris le doigt dans le pot de confiture. Le Moissagais ne fait pas exception, qui ne sait pas faire une apparition publique, sans pratiquer la rhétorique frontiste, oubliant qu’il est, faut-il le lui rappeler constamment, un élu de la République et que la fonction devrait l’inciter à manifester un peu plus de hauteur de vue.
La Préfète, le Sous-préfet qui vient d’arriver de Dordogne, le directeur régional des affaires culturelles, le Président de la Communauté de communes, la conseillère départementale en charge de la culture, le maire de Castelsarrasin, les directeurs de la Banque Occitane et de l’enseigne Leclerc, des descendants de Firmin Bouisset, les membres de l’association… il y a avait du monde, beaucoup de monde, vendredi 3 septembre pour l’inauguration officielle de l’Espace Firmin Bouisset, à la Maison d’Espagne à Castelsarrasin.
Bref, sous des cieux cléments, avec une assistance aux anges, ce fut une bien belle soirée, qu’Henri Ena, historien et « découvreur » de Bouisset n’aurait pas boudée. Et comme cela a été souligné à plusieurs reprises, un tel projet ne pouvait prendre corps, c’était peut-être écrit, que grâce à un exceptionnel « alignement des planètes ».