Alwa Bonheur a travaillé un mois pendant ses vacances d’été. Elle a gagné 1500 euros. Mais son employeur lui a fait savoir, en fin de contrat qu’il ne pourrait pas lui verser la totalité de ses gains. Dans un premier temps, il lui donnerait 35% de son salaire, puis 70% de la somme restante, et enfin le solde. Combien touchera Alwa lors du dernier versement ? Je vous fais grâce des commentaires sur ce « mauvais » payeur, et « mauvais » patron. Reste le problème d’arithmétique, qu’un élève de sixième devrait savoir résoudre. Mais si l’on en croit le classement PISA, une étude récente faite au sein de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement) qui regroupe 38 pays, les petits français figurent tout en bas du tableau quand les Coréens ou les Lithuaniens caracolent en tête.
N’en déplaise au corps enseignant, nos élèves ne brillent guère dans le domaine du calcul et ça ne s’arrange pas beaucoup en vieillissant. Selon une enseignante qui témoignait sur une radio, certains, parmi les plus grands ne connaissent plus leurs tables de multiplication. Quant au théorème de Pythagore… ? Bref, c’est un peu la Bérézina dans ce domaine, alors que, paradoxe, l’école française de mathématiques, je parle là de l’élite, est une des meilleurs du monde, récompensée par une médaille Field et un prix Fermat, pour Cédric Villani, ce qui dans le domaine des maths équivaut à un prix Nobel.
Autre paradoxe, dénoncé en son temps par le corps enseignant, le ministre, Jean Michel Blanquer qui voulait à juste titre mettre le paquet sur les savoirs fondamentaux, lire, écrire, compter, est celui qui a supprimé l’enseignement des mathématiques en classe de première générale. Heureusement que rue de Grenelle, les ministres changent. Pap Ndiaye vient après concertation avec les instances compétentes de rétablir pour la rentrée 2023, cet enseignement. Il était temps.
La France qui veut restaurer sa souveraineté industrielle a certes besoin de chercheurs de pointe, mais aussi d’une jeunesse encouragée et ouverte aux savoirs scientifiques, mathématiques, chimie, physique et numérique. Nous sommes nombreux à nous émouvoir, à juste titre, des inégalités salariales entre hommes et femmes dans les entreprises, tout comme nous dénonçons, cela va avec, leur sous-représentation dans les postes de responsabilité. Dès lors, nous devons donc approuver le dispositif envisagé qui permettra aux jeunes élèves et étudiantes de prendre toute leur place dans les cursus scientifiques. Mais pour tenir cet objectif, les spécialistes le disent, il va falloir revoir les manières d’enseigner et conséquemment la formation des maîtres et des professeurs.
Du coup, j’ai envie, moi qui n’eus pas beaucoup d’appétit pour les matières scientifiques, de crier vive le calcul, vive les maths ! Pour vous amuser, vous pouvez aller sur le site de Pisa https://www.oecd.org/pisa/test-fr/#d.en.258913 et tenter de résoudre les problèmes posés aux élèves cobayes. Bon courage!
- Théorème de Pythagore de Samos : dans un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des côtés de l’angle droit.
- Et Alwa ? Lors du troisième versement, elle touchera 292,5 euros. Vous aviez trouvé ?
Trente mille euros, au bas mot, et sans tenir compte de l’inflation, pour refaire une beauté à la statue ! Pas n’importe laquelle, il est ici question de la statue de la vierge. Cette œuvre du sculpteur Abbal, installée depuis 1858 sur son promontoire d’où elle domine la ville, subit, elle aussi, les outrages du temps. Il n’y a donc pas eu de miracle !
De petits fanions, bleus et blancs, accrochés aux lampadaires de la ville annoncent la couleur : c’est la fête ! La fête en ce 15 aout de Marie et de Jeanne, la pucelle d’Orléans. Les catholiques ont probablement apprécié, ce grand retour de la tradition avec processions et messes en grande pompe. Il y a longtemps que Moissac n’avait connu pareille jubilation. Béni soit donc le maire qui de concert avec la paroisse, prise depuis quelques temps de mystiques élans, a orchestré, au nom des « autorités civiles » ces festivités, inaugurant de l’uvarium à l’abbatiale la procession des vierges pèlerines. Diable ! Mais que les mécréants et les ignares se gardent de ricaner sous cape, en ces temps incertains ces vierges, ne sont pas de chair, mais de pierre. Des statues de Marie portant haut l’enfant Jésus, de simples icônes dont le sieur Fricoteaux notaire à Saint Denis, converti au cours d’un voyage à Rome et décédé en 2007, a eu la révélation. Et selon le site France Catholique, « au total, ce seront, grâce à lui, plus de 10.000 statues et icônes qui seront finalement envoyées dans le monde, et le projet « Marie de Nazareth », qui se développe actuellement, verra le jour, après Bethléem, comme un fruit des Vierges pèlerines » C’est dit ! Et voilà Moissac de l’aventure !
Pas difficile d’imaginer que cette foi ostentatoire n’est pas faite pour déplaire à ce maire qui conçoit son mandat comme une croisade. « Retrouvons Moissac » était son slogan de campagne. Moissac l’opulente, mais aussi, Moissac la catholique, haut lieu d’une foi conquérante qui nous a légué l’abbatiale, ce joyau architectural. Ses électeurs comprendront le message. L’homme veille toujours sur ses ouailles, inquiètes d’une immigration qui dérange leur quotidien et qui leur est pourtant vitale. Et, après quelques pas de côté vite corrigés, le maire s’affiche à nouveau comme un bon soldat RN. Qui de mieux donc pour manifester sa fidélité frontiste que Jeanne d’Arc, appelée à la rescousse, la pucelle qui met en transe les vieilles barbes du parti ? Moissac a donc eu droit, c’est une première, à la parade d’une Jeanne, à cheval et en grand équipage. Pas la bergère, mais bien la cheffe de guerre, missionnée par quelque divine voix pour « bouter les Anglais hors de France ». Le message est gros comme une élingue de grutier. Mais à défaut de convaincre, ça fait son effet. Et dans la bataille idéologique, il faut bien reconnaître que la mairie de Moissac fait feu de tout bois, avec constance et obstination.