Il faut en finir avec le projet « retraite ». Ne pas attendre que le Conseil Constitutionnel en invalide certaines dispositions, ne pas parier sur la possibilité d’un RIP, référendum d’initiative partagé. Il faut reprendre la main, il faut qu’E Macron reprenne la main pour sortir par le haut de la nasse. Ceux qui me lisent savent ce que depuis le début je pense d’un texte que le commun des mortels résume à un report de l’âge légal de départ à la retraite. C’est maigre, terriblement maigre et à voir les réactions dans la rue et dans les médias, c’est en même temps énorme !
Conférence sociale
Bien sûr qu’il faut que le Président s’exprime et vite. Mais pour dire quoi ? Pour s’expliquer, pour tirer devant les Français les leçons de ce qui apparaît comme une double faute. Il serait sage semble-t-il qu’il retire ce texte, à tout le moins qu’il ne le promulgue pas, et propose toutes affaires cessantes une Grande conférence sociale, comme le demande la CFDT, où on parlerait emploi, conditions de travail, rémunérations, carrières, formation… et retraites. Oui retraites, car le sujet demeure sur la table et pour longtemps. Oui, il y a dans les années qui viennent, un problème de financement de notre système par répartition. Ceux qui disent le contraire, sont des flibustiers, contredits par tous les organismes d’analyse économique. Et pour cause, nous vieillissons de plus en plus en plus nombreux, notre vie s’allonge grâce aux progrès de la médecine, et de l’élévation de notre niveau de vie. La dépendance, les affections du grand âge s’inscrivent comme une tendance lourde dans la société. Et je prends même le pari, parce qu’on peut parler d’expérience, qu’il faudra dans dix ou quinze ans remettre le couvert sur la question des retraites. Le monde change plus vite qu’il ne l’a jamais fait, il faut bien en suivre le mouvement. C’est inéluctable.
Le malaise des salariés
Nous avons globalement mis un peu de temps à percevoir ce que la Covid avait bousculé de nos certitudes sur nos modes vie et sur la perception de la valeur travail notamment au sein des jeunes générations. Car, bien au-dessus des pantalonnades de l’Assemblée nationale, la crise actuelle est d’abord l’expression d’un énorme malaise du monde du travail, de celles et ceux qui font tourner la machine France et n’acceptent pas qu’on leur impose de nouveaux efforts quand d’autres réalisent des profits gigantesques dont l’obscénité révulse les plus consentants à l’ordre libéral.
Double faute
C’est là la première faute du gouvernement et d’E Macron. Cette cécité, ce refus obstiné de regarder la société en face, ses évolutions, ses convulsions ; de ne pas entendre les corps intermédiaires, en l’occurrence les syndicats dont le comportement est à ce jour exemplaire. La démocratie ne se découpe pas en rondelles de saucisson, elle est une pratique, une praxis aurait dit Marx, qui articule le social, le sociétal et le politique. Et peu importe que pris à la gorge, le gouvernement promet maintenant une loi travail, feignant d’ignorer que la vie active et la retraite ne peuvent se penser indépendamment l’une de l’autre. Qu’il fallait les appréhender dans le même mouvement, avec le même souci de demain.
La deuxième faute du pouvoir, c’est le 49.3. Certes, son utilisation est prévue dans la Constitution, donc jusque-là rien de scandaleux. Mais activer cette disposition sur un texte aussi sensible que les retraites, c’est s’asseoir allègrement sur la démocratie représentative, bafouer le rôle de l’Assemblée nationale. C’est affirmer une verticalité, un jupitérisme qu’on croyait rangés au magasin des accessoires. Mais pouvait-il, voulait-il faire autrement ?
Mauvaise pioche
D’abord il y a doute sur les intentions réelles du chef de l’Etat. L’épisode 2019 et l’opposition au projet à points (malgré le soutien discret de la CFDT) a certainement laissé des traces profondes au sein de l’exécutif gouvernemental. Cet échec l’a peut-être convaincu de réduire ses ambitions, de s’en tenir à un projet comptable, respectueux des fameux grands équilibres. Un projet qui faute d’approbation populaire pourrait trouver à l’AN le soutien des LR, dont le mantra favori est depuis des lustres, la retraite à 65 ans. E.Borne, la première ministre, avait probablement pour mission première de s’assurer de leur vote. E Ciotti, leur chef l’avait monnayé au prix fort. On connaît la suite ! La motion de Censure concoctée par Charles de Courson, qui en sept mandatures s’était fait un nom « monsieur comptes de la nation » n’a pas obtenu, à 9 bulletins près, les 287 voix nécessaires à son adoption. La loi Retraites est donc adoptée.
Et maintenant ?
Le Conseil constitutionnel va se pencher sur le texte. S’il passe l’examen, il ne restera plus aux opposants que le RIP (le référendum d’initiative partagée) mis en place par N. Sarkozy. Long parcours et issue plus qu’incertaine ! Et la rue, que dit-elle ? Tout bien considéré, les blocages, manifestations, opérations coups de poing, et autres actes de vandalisme que depuis trois jours connaissent ici ou là les nuits hexagonales ne racontent pas, pour l’instant, un mouvement de masse. Cela illustre d’une certaine manière les sondages. Une majorité de Français, massivement les salariés, contre le projet de loi. Ils le disent dans les manifestations syndicales. Et en même temps, 78% des sondés convaincus que le texte s’appliquera. Un fatalisme qui n’a certainement pas échappé à l’Elysée, tenté du coup de « prendre son risque » Au risque d’un embrasement social plus fantasmé que probable. Au risque d’une fracture profonde et depuis longtemps perceptible avec la société. Au risque d’un enlisement gouvernemental, faute de majorité, même de circonstance… On attend la parole du Président. Pour qu’il fasse tomber la pression dans la cocotte-minute !
MAJ (Moissac animation jeunesse) a définitivement mis la clé sous la porte après une trentaine d’années de présence auprès des jeunes du territoire. Ainsi en a décidé à l’unanimité l‘assemblée générale des adhérents qui n’a pu que constater que l’association n’était plus en mesure de poursuivre ses activités. Et pour cause. Le maire RN de Moissac a décidé de supprimer la subvention municipale qui représentait à elle seule 40% du budget de MAJ. Malgré les subventions maintenues du CD, de la Région et de la Communauté de communes, la situation devenait ingérable. Les huit salariés dont plus de la moitié sont pour des raisons diverses en arrêt de travail vont donc émarger dorénavant à Pôle emploi, l’association étant mise en liquidation judiciaire. A vrai dire, la situation financière de MAJ s’était considérablement dégradée ces dernières années à la suite d’une gestion hasardeuse et d’une profonde crise au sein de l’équipe d’animation, des différents qui pour certains sont encore instruits par la justice. La nouvelle équipe de direction ne pouvait dans ces conditions redresser la barre sans un soutien franc et massif de la municipalité. Le maire n’a jamais fait mystère de son objectif : tailler dans le gras des associations qui ne sont pas à sa botte et plus généralement contrôler en réduisant leur périmètre, les politiques sociales. C’est ainsi que de toutes les activités de MAJ, ne reste à ce jour que l’animation pour les 11-15 ans pilotée désormais par la mairie. Tout le reste est passé à la trappe, vidant du même coup la Maison de l’Emploi et de la Solidarité transformée ces derniers temps, pour reprendre l’expression d’un habitué, « en véritable bunker ».