Jacques Delors


J’avais rencontré Jacques Delors à Lorient à l’occasion des journées des « Clubs Témoin » qui réunissaient tous les ans le gotha du PS dans cette ville chère à Jean-Yves Le Drian. A l’époque, la social-démocratie avait le vent en poupe et les augures présidaient même à Jacques Delors un destin national qu’il se refusa de saisir en 1995.

Je connaissais très bien son fils, Jean Paul, décédé à l’âge de 29 ans d’une leucémie. Nous étions, à un an prés, condisciples au Centre de Formation des journalistes de Paris, une prestigieuse école issue de la Résistance. Nous nous sommes un jour de 1977, donné rendez-vous à Toulouse pour, avec quelques universitaires du cru, lancer un journal. C’était pour reprendre une expression que le Maoïsme avait mis à la mode, le temps des « Cent fleurs ». Un peu partout en France naissaient de nouveaux journaux, plus ou moins militants, qui voulaient contester l’hégémonie de la presse régionale, mais dont le modèle économique était souvent mal assuré. Notre grand frère s’appelait « Sud » qui à Montpellier, avait en terre languedocienne ouvert la voie.  Notre hebdo s’appelait l’Autan. Il vécut en Midi- Pyrénées tant bien que mal trois années, difficiles, mais enthousiasmantes. Nous étions alors une SCOP (société coopérative de production). Jacques Delors en était un des actionnaires. Nous n’en étions pas peu fiers. 

Aujourd’hui je suis triste pour mille raisons. Je n’ai rien à rajouter aux hommages, sinon qu’à la veille des élections européennes, ceux qui se disent encore progressistes, devraient s’inspirer, avant qu’il ne soit trop tard, de l’immense contribution de Jacques Delors.  

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