France, as-tu du coeur?

Vingt-trois réfugiés sont annoncés pour début octobre à Bruniquel. Et déjà la moitié de la bourgade est en ébullition ! Au cours d’une réunion publique, le préfet qui est en charge de l’opération a du faire assaut de pédagogie pour calmer les esprits. Une autre partie de la population à juste titre s’indigne et  se mobilise pour mettre en place un acccueil digne de ce nom.

Mais où sommes nous ? Dans quel pays vivons-nous ? Bruniquel n’est pas un cas isolé en France où quelques bonnes âmes s’accommoderaient bien de la jungle de Calais. Comment  accepter ce « ratatinement » cérébral, cette lepénisation rampante des consciences?

« Ma France » chantait Jean Ferrat, oui ma France, ce n’est pas, ce ne peut être cet égoïsme franchouillard, cette trouille petite bourgeoise ! Ma France, c’est la République généreuse, solidaire, fraternelle.

Bien sûr rien n’est simple et l’état qui a la responsabilité de ces opérations doit y mettre les moyens, rassurer nos compatriotes, gérer les angoisses. Mais quand on veut, on peut. A Saint Antonin Noble Val, les réfugiés ont trouvé un havre amical et ont su vivre en bonne intelligence avec la population de la ville. Les associations d’entraide, une forme de mobilisation citoyenne, ont permis de faciliter les choses, d’aider ces réfugiés à s’installer, à partager notre vie de janvier à avril 2016.

La France n’est pas aujourd’hui réduite « à accueillir toute la misère du monde ». Elle multiplie d’ailleurs les reconduites aux frontières. Nous n’avons pas manifesté la même générosité (ou la même candeur) que l’Allemagne. En l’espèce, l’état, parce que les Français du Calaisis le lui demandent, veut en finir avec la jungle (curieuse expression d’ailleurs). Avec ce bidonville indigne d’un pays comme le nôtre ! Et pour ce faire, il mobilise les ressources du territoire  national.

La région Occitanie devrait accueillir quelque 1091 personnes. Une goutte d’eau ! Les autres régions, sauf l’Ile de France, seront également mises à contribution. Rhône –Alpes-Auvergne, mais aussi PACA. Les présidents de ces grandes et riches régions, Laurent Wauquiez et Christian Estrosi (on est content d’avoir voté pour lui) s’opposent à l’arrivée de réfugiés et menacent le gouvernement de faire sécession. Rien que ça ! Mais où est donc ma France ? Il faudra s’en souvenir, la prochaine fois, dans les urnes !

La loi des grandes surfaces

Intermarché sera donc ouvert le dimanche. Profitant de la loi Macron, son patron en a fait la demande à la préfecture qui n’y voit pas d’inconvénient. La mairie non plus qui ne dit mot. Et c’est bien connu « qui ne dit mot consent » !

Gêné aux entournures, l’exercice se révèle difficile, le maire a commis dans le « Petit journal » une tentative d’explications où il affirme sans rire que son combat à lui, c’est le petit commerce de centre ville. Pour ce faire, il dispose même d’un formidable outil qui à l’en croire, mobilise sa majorité à plein temps : le « contrat de ville », contrat initié et proposé par l’état. Certes, mais il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’un supermarché ouvert le dimanche va plomber un peu plus le petit commerce, et risque d’appauvrir encore un peu plus le marché de plein vent.

Il est vrai que la mairie ne veut pas, et ne peut pas fâcher Intermarché qui dès son installation sur la zone du Luc avait posé ses conditions, bloquant de fait tout développement de cette zone jusqu’en 2020. L’enseigne y fait la loi. C’est elle qui a choisi les nouveaux commerces, comme cette grande surface dédiée aux sports, concurrente directe de la « Traversée de Moissac », une boutique installée elle en centre ville.

Mais le maire n’en a cure, tout heureux de récupérer une partie de l’investissement initial. La vente du terrain aurait rapporté à la commune quelque 500 000 euros auxquels il faut retirer près de 400 000 euros au titre de l’extension des réseaux d’assainissement.

La majorité de droite qui veut se donner le beau rôle, cherche en fait à en tirer un avantage politique. Mais cela ne fera pas longtemps illusion. Alors qu’elle bénéficie d’une sollicitude d’état comme jamais Moissac n’en a connu (contrat de ville, FISAC…) elle ne parvient pas à trouver des solutions aux problèmes récurrents que connaît la ville. Elle bricole entend-on sur les terrasses ensoleillées !

Hôpital: déjà 7000 signatures

Le service des urgences de l’hôpital de Moissac a fait peau neuve. Plusieurs mois de travaux, que l’état a financé à hauteur de trois millions d’euros. Cette modernisation avait été défendue et lancée par Jean Paul Nunzi qui préside aujourd’hui le Comité de défense de l’hôpital.

Il est marrant le maire de Moissac. Dans un article récent, consacré à l’hôpital et publié par le « Petit Journal », il s’offusque des  « bruits qui circulent » et se sent tout à coup obligé à une mise au point.

Bien ! Jean Michel Henryot a enfin compris le sens de nos questions en Conseil municipal qui loin de relever de « la polémique stérile » comme il l’écrit, témoignent de l’inquiétude des Moissagais et Moissagaises. C’est exactement pour ces raisons que nous avions demandé la tenue d’un conseil municipal extraordinaire. Proposition rejetée d’un revers de main par l’équipe en place. L’article signé par le maire peut donc être lu comme une réponse à l’opposition de gauche et une tentative de clarification à l’usage de la population.

Sur ce dernier point, je crois que JMH devra remettre l’ouvrage sur le métier et qu’il faudra plus qu’un papier concocté par ses services pour lever ambiguïtés et doutes.

La population qui veut comprendre ce qui se passe a dit massivement son attachement à son hôpital. Une pétition toujours ouverte, lancée par le Comité de défense de l’hôpital a recueilli à ce jour plus de 7000 signatures.

C’est tout dire ! C’est dire surtout que les habitants de Moissac, de Castelsarrasin et des alentours veulent avoir voix au chapitre. Ils ne se satisferont pas des justifications laborieuses sur telle ou telle décision de l’ARS. Ils s’inquiètent du vote des membres de la Commission médicale d’établissement (CME), donnant à l’hôpital de Montauban une majorité de fait. Ce qui revient à lui abandonner le pouvoir sur la future structure, le Groupement hospitalier de territoire. Ils s’interrogent sur les grandes et petites manœuvres de Pierre Mardegan, vice-président du Conseil départemental, ancien ami de Brigitte Barèges et au sein du Conseil départemental, nouveau compagnon de jeu de Jean Michel Henryot. Il se trouve que PM qui ne cache pas ses ambitions en cas d’alternance en 2017, veut aussi construire un nouvel et grand hôpital départemental. L’emplacement est déjà trouvé : Bressols. Mais qu’en pense donc le maire de Moissac? Sur ce sujet, il reste coi !

Après la fête, les choses sérieuses

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Plus de deux cents militants et le soleil s’étaient donnés rendez-vous à Cayrac pour une journée festive et studieuse. Les deux tables rondes, « Emploi/formation » et « Se soigner, se déplacer, manger » ont ouvert des débats intenses, nourris du vécu des participants. De nombreuses propositions ont été mises sur la table. (Nous y reviendrons ultérieurement)

Du concret donc au menu de cette journée, mais bien peu de politique politicienne, alors que la presse, les réseaux sociaux, les conversations de bistrots, racontent à flots continus les avatars de la vie politique. A Cayrac chacun s’est employé à ne pas aborder les sujets qui fâchent:  Hollande, les déchirures du PS, et de la gauche, les combats d’égo, la panne idéologique… Discrets, le Parti communiste et le MRC étaient présents. Pas les Radicaux. Ils étaient en Congrès pour désigner le successeur de J.M. Baylet à la tête du parti. Et pour ceux qui n’aurait pas lu le journal du ministre, l’heureuse élue est: Sylvia Pinel! Décidément le PRG demeure une petite entreprise tarn-et-garonnaise!

Et c’est bien là le hic. Carole Delga, la présidente d’Occitanie, a fait applaudir sa Première vice-présidente en dressant un éloge public que bien des socialistes présents ont trouvé hors de propos. Certes le PS qui se sent un peu seul, cherche désespérément un voisin à qui parler. Le PRG l’a bien compris et depuis longtemps, qui par la voix de son ex président n’a jamais hésité à user du chantage, nationalement et localement pour imposer ses femmes et ses hommes, et protéger ses intérêts. Les  prochaines élections législatives promettent déjà le même cirque. Sylvia Pinel, qui se voyait un destin en Haute Garonne, a du renoncer devant l’hostilité des socialistes de la 4° circonscription. La voilà donc, Carole Delga l’a dit à mots couverts, de retour au bercail, bientôt candidate sur la 2° circonscription de Tarn et Garonne.

Et voilà le PS du 82, sommé de se ranger. Tous derrière la candidate « loyale et fidèle » comme l’a présentée Carole Delga! On entend déjà le discours:  ne pas obtempérer, se poser simplement la question du meilleur candidat, de la meilleure candidate possibles pour plus de justice et d’égalité, pour battre la droite, constitue aux yeux des appareils une trahison rédhibitoire. Une fois de plus, la mâchoire se referme. Il appartient aux socialistes de faire tomber les masques. Les Moissagais se souviennent comment JM Baylet a préféré donner la mairie à la droite, plutôt que de soutenir une équipe de gauche qui n’était pas à sa botte. Les électeurs qui s’intéressent à la vie du Conseil départemental constatent tous les jours les connivences affligeantes entre le PRG et Brigitte Barrèges, la maire LR de Montauban. Pour le boss radical  la vengeance est un plat qui se mange rance.

A l’évidence, mais cela n’engage que moi, la clarification est nécessaire. Sera-t-elle possible?  Peut-on imaginer un accord électoral sans une remise à plat des objectifs et des pratiques du PRG dans le département? Sans la mise sur pied d’un code de bonne conduite,  d’un engagement à remettre un peu d’éthique, un peu moins de cynisme dans la vie publique, et surtout à construire une autre relation aux citoyens?  And last but not least, sans un pacte ouvrant la voie à la reconquête des villes perdues en 2014?

 

Fête de la Rose à Cayrac

Samedi prochain, 3 septembre, les socialistes Tarn et Garonnais font la fête. La traditionnelle Fête de la rose ! C’est connu, il n’y a pas de roses sans épines et il est vrai qu’en ce moment, elles prolifèrent un peu trop vite. Raison de plus pour venir nombreux, très nombreux analyser la situation politique, participer aux tables rondes, rencontrer Carole Delga et Valérie Rabault, se mettre un peu de baume au cœur.

Il faudra bien en effet discuter de Hollande, Macron, Valls, Montebourg, Hamon, Mélinchon et consorts. Parler d’eux, mais surtout de cette gauche en miettes, qui ne sait plus vraiment répondre à la société et encore moins aux classes populaires. Finie en effet la belle et reposante époque où l’avenir s’écrivait dans le Manifeste du parti communiste, le Front populaire, voire même dans le Programme commun de gouvernement.

C’était au siècle dernier. Nous sommes entrés depuis quelques années dans l’ère des temps incertains, dans la mise en questions de toutes nos évidences. Qui à droite comme à gauche, est capable aujourd’hui de fournir une réponse globale, crédible et donc rassurante aux questions que se posent nos sociétés modernes ? Par quel bout prendre le problème ? L’économie ? Les inégalités ? La culture ? La religion ? La sécurité ? Chaque jour, un thème chasse l’autre, un expert en détrône un autre.

Les certitudes d’hier font les querelles d’aujourd’hui et les impasses idéologiques de demain. Le temps s’accélère. Avec l’avènement du numérique, le monde est entré en ébullition permanente : ça communique, ça discute, ça dénonce, ça s’insurge à tous moments et sous toutes les formes. La cacophonie est totale et absolue, faisant un bruit de fond générateur d’angoisses. Les médias sont emportés par le maelstrom. Parfois misérables, ils s’imaginent puissants, entraînant avec eux la classe politique. Pour exister, il faut tweeter, face-booker à tout va, se perdre aux confins du pas grand chose, quand ce n’est pas du rien de la pensée. Cette complexité nous dépasse, feignons donc de lui donner sens. Faisons du bruit, communiquons, soyons médiatiques ! Et pendant ce temps, Billancourt désespère. Passy aussi et avec eux, tout cet entre-deux, ce ventre mou que les sociologues appellent la classe moyenne !

La complexité en effet n’est pas que sociétale. Les sciences, les technologies changent chaque jour nos vies, en modifient le sens et les finalités. Nous font tutoyer les dieux ! Enivrant et tragique privilège, gigantesques carambolages de révolutions dont le capitalisme triomphant repait le commun des mortels. Mais à tout ça y- a t-il une alternative ? Peut-on seulement la penser ? Quel monde voulons nous pour demain, pour nos enfants ? Et eux que veulent-ils ? Comment construire les résistances ? Au niveau des états, des blocs ? Localement ? Comment articuler ces réponses? Il est urgent, probablement vital de repenser nos modèles démocratiques, collectivement pour que chacun y trouve sa place. Et se remette à croire aux lendemains qui chantent!