Alain Juppé et François Fillon ont fait le plein de téléspectateurs hier soir sur France2 et TF1. Un vrai record! C’est dire si cette primaire de la droite intéresse au delà des rangs des Républicains et consorts. C’est dire surtout que les prétendants apparaissent crédibles et interpellent les électeurs!
Les sondages de fin de soirée donnaient un net avantage à François Fillon. Y compris sur le programme. Avantage écrasant chez les sympathisants et militants de la droite. Emoi. Alors plusieurs remarques viennent à l’esprit:
1) Les sondés répondent n’importe quoi et prennent le vent dominant. Possible pour certains! Quand on voit le nombre de ralliements qu’enregistre l’écurie Fillon, on peut rester perplexe devant l’opportunisme de certains, en particulier chez les élus et autres carriéristes politiques.
2) Les sondés n’ont pas écouté les propositions, précises et nombreuses il faut lui rendre cette justice, formulées par le candidat Sarthois. Ce serait faire injure à ces citoyens, qui ont préféré un débat austère, programme contre programme, à une mauvaise série américaine dont nous accablent chaque soir les chaînes de la TNT.
3) Les sondés ont parfaitement perçu « la richesse » de ce programme qui annonce la suppression de 500000 postes de fonctionnaires, appelés à travailler 39h par semaine mais payés 37, la mise en place d’un régime de Sécurité sociale à deux vitesses avec recours aux assurances privées pour couvrir les frais de santé ordinaires, la suppression de l’impôt sur la fortune, l’augmentation de la TVA de 2 points, la baisse des charges patronales sans contrepartie aucune…
Faisons leur ce crédit. Mais voilà qui ouvre des abîmes de perplexité. On suivra donc avec une attention particulière les résultats du vote de dimanche, un sondage n’est jamais qu’un sondage! On regardera en particulier la participation, on analysera la composition du corps électoral dont on a dit au premier tour qu’il était plutôt masculin, provincial et retraité. On verra alors s’il est possible de dresser un état de la France politique. Que veulent les Français? Y-a-t-il encore ce qu’on appelait un peuple de gauche? Quel discours tenir pour demeurer audible, dans les classes moyennes comme chez les plus déshérités?
Et plutôt que de s’amuser à départager les deux champions de la droite française, les électeurs de gauche feraient bien de se mettre à l’écoute de la société, pour construire, ensemble et sans parti-pris inutiles, des réponses aux questions qu’elle nous pose, pour aider à incarner un projet alternatif, autrement qu’à travers de petites et atterrantes combinaisons politiques.
NB: Et voilà maintenant qu’ A. Montebourg appelle les électeurs de droite à voter en janvier prochain à la primaire socialiste (« La belle alliance ») pour battre F Hollande! En termes polis, cela s’appelle la « défaite de la pensée »
A bien écouter le pays qui ronchonne, on peut craindre que cette chimère de la France éternelle n’ait contaminée nombre de nos concitoyens à gauche de la nébuleuse bleue. Si tel était le cas, la droite pourrait triompher deux fois : pour ses résultats électoraux, passés et à venir, pour sa capacité à imposer, provisoirement n’en doutons pas, ses lunettes et son récit. Le triomphe de F. Fillon en est le symptôme patent, incarnation de la force tranquille d’une droite assumée et passéiste. On notera au passage qu’il ne dit rien sur l’environnement, sur les énergies renouvelables, les nouveaux vecteurs de croissance. On notera encore que l’homme qui veut supprimer 500 000 fonctionnaires, n’a pas un début de réflexion sur nos organisations territoriales, ce fameux mille-feuille, terreau des notables de tout poil. La France profonde vous dis-je !
c’était devant les élus de la Communauté de communes, une vingtaine à peine (sur 130) avait alors répondu à l’invitation du maire de Moissac. En adepte de la méthode Coué, (le fameux psychologue) le docteur Mardegan invite donc chacune et chacun à croire à l’avenir de l’hôpital. Et à le dire, car selon lui, c’est nécessaire. Et pourtant dans ce paysage soudain repeint aux couleurs du printemps, des questions demeurent. Comment fonctionnera l’attelage avec Montauban ? Et les médecins, joueront-ils le jeu ? Certains généralistes préfèrent depuis longtemps envoyer leurs malades dans le secteur privé. Et pourquoi l’hôpital de Moissac ne disposerait-il pas d’un service de pédiatrie, de neurochirurgie… etc…