Primaires (suite)

C’est fait. Sylvia Pinel sera bien candidate à la primaire de « La belle alliance populaire » Le comité directeur du PRG, déserté par une bonne partie de ses membres, a finalement entériné ce choix. Les ministres radicaux du gouvernement peuvent donc dormir tranquilles jusqu’au mois de juin. On connaîtra dans les jours qui viennent, les autres contre-parties de cet engagement.

De son côté Vincent Peillon fait savoir qu’il a payé l’addition à son parti. Quelque 20000 euros d’arriérés de cotisations, sans lesquelles, il ne pouvait s’aligner dans cette  compétition.

Si on compte bien, « La belle alliance » regroupe ce soir 8 candidats, dont une femme!

Primaires: l’heure de vérité

Tel Zorro, il arriva, surgi de nulle part, échappé à ses chères études. Vincent Peillon, l’ancien ministre de l’éducation, disparu des écrans radars de la politique nationale depuis belle lurette, fait un retour aussi inattendu qu’impromptu! Le voilà tout à trac candidat à la primaire socialiste. Un de plus ! Et bien sûr, promis, juré, au nom du rassemblement. De qui, de quoi ? On verra bien d’ici le 22 janvier. Ce qui est sûr, c’est que le député européen intermittent, heureux auteur de polars est en mission. Accessoirement pour porter, comme il le proclame, le bilan de F. Hollande, centralement pour dézinguer Manuel Valls. Mais pour que sa candidature soit valablement enregistrée, Vincent Peillon devra se mettre à jour de ses arriérés de cotisations. C’est encore la règle au sein du PS !

Les autres, tous les autres candidats à cette primaire de « La belle alliance populaire » ont quoiqu’on en dise, une légitimité à concourir. Ils se sont préparés, ont rencontré les militants, occupé le terrain politique. Vincent Peillon, lui, débarque un soir sur le plateau du 20H de France2 et annonce son entrée dans le cirque. Qui croira que tout cela n’est pas téléguidé, mis en place quelque part dans les arrières cuisines de la République ?

Marie Noëlle Lienemann de son côté a renoncé à se présenter. Son appel au rassemblement autour d’Arnaud Montebourg et Benoit Hamon avait fait choux blancs. Mais, est-ce bien la bonne explication ? N’aurait-elle pas cédé à d’amicales pressions, concernant par exemple le renouvellement de son mandat au Sénat ? Quoiqu’il en soit, alors qu’il ne reste plus qu’un jour pour se déclarer, l’affiche de la primaire est bien remplie : 7 prétendants et pas une femme !

Le Cas Pinel

A moins, à moins que Sylvia Pinel, la cheftaine du PRG, décide de se sacrifier. Et s’inscrive dans la compétition ! Elle était partie la fleur au fusil, annonçant qu’elle sauterait la case primaire pour défendre à l’occasion de la présidentielle, les intérêts du parti. Mais le renoncement de F. Hollande à concourir à nouveau l’aurait conduite à reconsidérer sa position. Qui croira ce conte de Noël ? En fait, comme à leur habitude, les radicaux négocient, des rôles, des places, des rentes. Il est en effet étrange, et incompréhensible aux esprits simples, que les ministres radicaux n’aient pas perdu leurs portefeuilles à la faveur du remaniement ministériel, alors qu’une fois de plus, ils se sont imprudemment aventurés en dehors de la majorité. Parions donc que Sylvia Pinel va aujourd’hui se déclarer candidate à la primaire, bien qu’une petite moitié de son parti soit opposée à cette démarche et penche plutôt du côté de Macron. Parions donc qu’elle va obtenir l’investiture de la rue de Solférino sur la deuxième circonscription de Tarn et Garonne, ce qui annonce un bras de fer entre Paris et le département. Comment les socialistes tarn-et-garonnais qui ont décidé d’y présenter leur candidat, vont-ils prendre la chose ? Que se passera-t-il sur la première circonscription, où Valérie Rabault est à nouveau candidate ? Affaire à suivre donc!

Primaire : mode d’emploi: Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 décembre 2016. Pour se présenter, les candidats doivent réunir un certain nombre de parrainages représentant soit « 5% des membres titulaires du Conseil national (15) ; soit 5% des parlementaires socialistes (19) ; soit 5% des conseillers régionaux et départementaux socialistes représentant au moins 4 régions et 10 départements (66) ; soit 5% des maires socialistes de villes de plus de 10.000 habitants représentant au moins 4 régions et 10 départements (10) ». Ils doivent également signer une « charte d’éthique qui fixe les règles de conduite durant la campagne et la déclaration d’engagement qui porte sur le rassemblement des candidat(e)s à l’issue du scrutin ».

Chaque candidat recevra 50.000 euros maximum à dépenser lors de la campagne

 

 

La COM-COM parie sur l’avenir

C’était la dernière séance. L’année prochaine, Terres des Confluences comptera 22 communes et près de 40000 habitants, le deuxième bassin de population du département derrière Montauban. Une nouvelle gouvernance sera élue en janvier. L’actuel président, le maire de Lizac, Bernard Garguy devrait retrouver son siège, fort d’un accord négocié avec les nouveaux entrants et du soutien des maires de Castelsarrasin et Moissac qui ont tenu à lui rendre hommage en fin de réunion.

La salle du Conseil municipal de Moissac n’était pas totalement remplie, de nombreux conseillers communautaires s’étant fait représenter. Le menu de cette ultime réunion 2016 était pourtant copieux et intéressant. Mais dossiers après dossiers, les élus présents ont bien senti les limites de l’exercice, soulignées par Gérard Vallès et Patrice Charles. Nombre de délibérations votés ce mardi soir engagent en effet l’avenir. Elles mettent d ‘une certaine manière les communes nouvellement adhérentes devant une sorte de fait accompli, et égratignent au passage les principes démocratiques. Du coup, il faudra en 2017 revoter certaines délibérations, même si l’exécutif communautaire a assuré qu’il agissait en plein accord avec les maires des communes nouvellement intégrées. (voir la liste en cliquant ici).

Les communautés récupèrent nombre de compétences qui jusqu’ici appartenaient aux seules communes. C’est un gros travail politique et administratif de délimitation des périmètres,  de transferts de moyens, et de mutualisations des tâches. Le schéma de mutualisation définitif a été voté qui fixe les grandes lignes de l’action de Terres des Confluences.  En voici quelques dossiers emblématiques.

Tourisme. Un office intercommunautaire sera créé en 2017. Il aura compétence sur l’organisation et la promotion du tourisme sur le territoire. A l’évidence le dossier n’est pas bouclé et la communauté a obtenu du préfet qui veille au grain sur les processus de mise en place, un délai de réalisation.

Même chose pour l’aire des gens du voyage qui est aussi une compétence communautaire. Moissac qui ne s’est toujours pas mise en conformité avec la loi – mais concédons que le dossier est délicat- pourrait échapper à la contrainte. Castelsarrasin dispose en effet de deux sites adaptés qui vont tomber dans le giron de la communauté et permettre ainsi à tout le territoire de répondre aux obligations légales. L’affaire est sensible et pourrait bien durer encore quelques temps.

Les repas portés à domicile et dans les écoles sont fabriqués dans des cuisines centrales qui ne répondent plus aux normes sanitaires et qui sont sous-dimensionnées. Elles seront reconstruites sur la zone de Barrès ou de Fleury, et pourront assurer 2000 repas. Coût de l’opération : 1, 2 million d’euros, financés avec des aides de l’Europe, de l’état, de la région et du département.

Une étude de faisabilité, d’un montant de 30000 euros va être lancée pour la construction d’une piscine intercommunale qui à l’évidence concernera en priorité les villes de Moissac et Castelsarrasin.

Cette dernière a dit adieu à son POS (plan d’occupation des sols) pour se doter d’un PLU (plan local d’urbanisme) qui viendra se fondre dans le PLUI (plan local d’urbanisme intercommunautaire). Ceci faisant désormais partie des compétences obligatoires des communautés de communes.

Trop de gauches tue la gauche

Ce qui se joue dans la présidentielle, c’est la recomposition de la gauche, l’identification du mâle dominant au sein d’une meute déboussolée.

Le peuple de gauche en a la tête tourneboulée. Le président qui renonce in extremis à se représenter. Le premier ministre qui après lui avoir fait la leçon, annonce sa candidature à la primaire de la gauche et démissionne dans la foulée. Une fois de plus, tous les pronostics sont déjoués. Le calendrier socialiste, à travers l’opération « La belle alliance populaire » avait été conçu pour François Hollande. Cela n’aura servi à rien, sinon à réduire dramatiquement le temps de campagne des sept candidats à cette primaire, toujours fixée les 22 et 29 janvier. Le Président hors jeu, Manuel Valls, soudain moins sanguin, mais toujours téméraire, reprend le flambeau. Sa candidature de prime abord ne soulève pas les foules. Et ses petits camarades ont été bien prompts à instruire contre lui un procès en mutinerie, lui déniant presque le droit de se revendiquer socialiste.

Où est la gauche?

Donc, cette primaire s’annonce mal. De surcroît, elle n’est pas « belle », elle raconte des rancoeurs tenaces, et des règlements de comptes en cascade. Ce n’est pas une « alliance », tout juste une sorte de congrès socialiste dans lequel se serait égaré un dissident écolo. (De Rugy). Enfin rien de « populaire » là dedans ! Mélenchon, Macron, Jadot pour les Verts, Pinel pour le PRG, sans oublier les deux ou trois représentants d’un trotskysme momifié, ont fait le choix de se présenter en candidats libres. Sept, huit, neuf candidats se revendiquant de la gauche pourraient ainsi s’aligner au premier tour de la présidentielle. Situation grotesque, ubuesque qui bien évidemment se solderait par un face-à-face Fillon-Le Pen au second tour, en mai prochain.

Donner de l’élan

Certes d’ici là, les choses peuvent évoluer. Et les candidats socialistes apprendre à retenir leurs coups. On peut rêver n’est-ce pas ! En tout cas, rien ne serait pire qu’un crêpage généralisé de chignons, qu’un affrontement d’ex-camarades, tellement occupés à s’entredéchirer qu’ils en oublieraient de regarder sur leur droite. A coup sûr, ce spectacle achèverait ce qui reste de militants socialistes ! Combien d’électeurs se déplaceront pour cette primaire ? La droite a mis la barre très haut et il est presque certain que le PS ne parviendra pas à faire aussi bien. Du coup, son candidat partira avec un handicap important, une sorte de déficit de légitimité. Pour l’heure, les sondages (ah les sondages !) donnent Manuel Valls vainqueur de la primaire. Mais au premier tour de la présidentielle, serait-il porté par le parti, par tout le parti ? Pas sûr !

Pour un front commun

Ce même sondage (Paris Match) crédite le candidat socialiste de 10% des intentions de vote. Derrière Mélenchon :12,5, derrière Macron :13,5, derrière Le Pen : 24 et derrière Fillon : 27,5. Pas besoin de sortir d’HEC pour comprendre qu’un candidat de la gauche unie, de toute la gauche, de Mélenchon à Macron serait qualifié pour le second tour et affronterait du coup le candidat de la droite. La seule alliance Macron-Valls serait même suffisante pour faire trébucher le FN, compte tenu de la dynamique dès lors engendrée.

Voilà qui met chacun devant ses responsabilités. Mais Macron et Mélenchon refusent de « s’enfermer » comme ils disent dans une primaire. De fait, ils ont tiré un trait, comme nombre de militants socialistes sur l’élection présidentielle. Ils jouent tous scrutin perdu. Et sont déjà sur le coup d’après, les législatives. Espèrent-ils les gagner ? Certes nous vivons une époque imprévisible, mais jusqu’à présent, les électeurs ont toujours voté dans le même sens. A l’évidence, chacun veut se compter, car une voix dans ces élections là, c’est de l’argent. L’état abonde en effet le budget des partis au prorata des résultats et en cette période de disette militante, tout cela n’est pas négligeable. Mais dérisoire !

NB : aux dernières nouvelles, Sylvia Pinel pourrait renoncer à sa candidature à la présidentielle. Elle est créditée de 0% dans les sondages. Nous y reviendrons !

Le bras d’honneur de Sylvia Pinel

Sylvia Pinel candidate à l’élection présidentielle! Comme une grande,  et qui se dispense de la primaire! Aujourd’hui « la belle alliance » chère à JC Cambadélis a la gueule de bois. Le principal et unique, le lilliputien allié du PS au gouvernement, le PRG, lui fait en pleine tourmente un magistral bras d’honneur. Sa présidente, la Tarn et Garonnaise Sylvia Pinel, a obtenu ce qu’elle voulait. Cette annonce a de quoi achever les militants socialistes déjà bien mal en point!

Surtout ceux de Tarn et Garonne qui au nom de la solidarité gouvernementale, du soutien au Président et de je ne sais encore  quelles fadaises, ont du avaler toutes les couleuvres, accepter tous les renoncements, se plier aux desiderata, aux chantages permanents du clan Baylet-Pinel. Cruel et inutile sacrifice! Quand le bateau coule, le PRG prend le large. Sur le radeau de la méduse!

Sylvia Pinel est la créature politique de Jean Michel Baylet. Entrée en politique sous son aile (comme bien d’autres hélas). Simple attachée parlementaire, députée, ministre, présidente d’un parti croupion, première vice présidente de la région Occitanie, elle est une extraordinaire illustration du détestable en politique. Le carriérisme,  le cynisme comme valeur cardinale!

Le PS, sur ordre de Christophe Borgel, grand maître des opérations électorales, avait gelé la deuxième circonscription, Moissac-Castelsarrasin, pour laisser la place à Mme Pinel qui aurait préféré la 5° circonscription de Hte Garonne, mais que les militants socialistes avaient recalée. Il faut aussi se souvenir des élections régionales, quand au terme d’un chantage qui n’a rien à voir avec l’engagement citoyen, les Radicaux, forts de leur empire de presse, avaient obtenu la création d’une première vice-présidence, réservée à leur patronne actuelle. Carole Delga, la présidente d’Occitane qui a décidément l’échine souple et un certain talent pour les accomodements, avait, lors de la Fête de la rose du Tarn et Garonne, fait la publicité de son « alliée », un modèle à ses yeux de loyauté. Parlons en! Qu’en pense maintenant notre présidente? Cette défection, cette trahison aura-t-elle des conséquences sur le fonctionnement de l’exécutif régional? Et François, le Président de la république, qui ne dit toujours rien, qui attend que les déchirements de son parti deviennent de mortelles blessures, que va-t-il faire de J.M. Baylet? De cet inconstant et méprisable « allié » qui ne s’est jamais privé au Sénat de s’opposer aux réformes du gouvernement?

Pas de doute, les socialistes ont de quoi l’avoir amère. Plus que ça même! Et dans ce département où les Radicaux ne font plus la loi, mais pactisent, toute honte bue, avec Brigitte Barèges, la « meilleure » adversaire de la gauche et peut-être même d’une partie de sa famille politique, le moment est venu de procéder à de « radicales » et définitives clarifications. La gauche, les électeurs de gauche, toutes tendances, toutes obédiences confondues, méritent mieux. Le Parti socialiste doit en tout cas prendre ses responsabilités, trancher dans le vif, faute de quoi, il perdrait ici tout crédit!