Décidément, le RN a du mal à digérer la Fête de la joie et des couleurs (voir plus bas) Le maire de Moissac avait le premier manifesté ses aigreurs estimant que ce rassemblement bon enfant était un succédané de la Fête de l’Humanité. Invité ainsi que son Conseil municipal, il aurait pu constater, s’il avait daigné jeter un œil ou tendre une oreille dans la cour de l’école Jeanne d’Arc, qu’aucun parti politique n’était présent ou représenté, qu’aucune parole politique n’a été prononcée aux cours d’une journée effectivement haute en couleurs, sur les visages et dans les assiettes.
Voilà maintenant que dans un communiqué, le RN départemental répand sa bile sur la Cimade et la mairie de Castelsarrasin. La Cimade est une association protestante, accusée par l’extrême droite de « faire l’apologie des migrants, des clandestins et du communautarisme ». Elle défend tout simplement, y compris dans les centres de rétention, les droits des réfugiés. Serait-ce un crime ? Certains le pensent, aiguillonnés par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui n’a pas fait mystère dans une saillie dont il est désormais coutumier, de son peu de considération pour l’Etat de droit.
Mais venons-en au gros morceau. J.P. Bésiers, le maire de Castelsarrasin, est, c’est le titre du communiqué RN : « complice de l’extrême gauche pro OQTF » Convenons déjà que la formulation ainsi bâclée peut sembler bien équivoque. Donc incompréhensible ! Mais le propos est ailleurs et vite dévoilé. En aidant la Fête des couleurs, Bésiers ne respecterait pas « les opinions de 65% des Castelsarrasinois » qui l’ont pourtant élu en 2020 (*). La ficelle est grosse, d’autant plus que la mairie de Castelsarrasin, soucieuse des deniers communaux, fait payer ses prestations aux nombreuses associations moissagaises qui vont chercher chez les voisins l’aide que leur refuse la municipalité RN. En fait le RN pose ses jalons. En marquant Bésiers du fer rouge de la gauche radicale, il espère le priver d’une partie de ses soutiens au sein de la droite modérée et même au centre. Le RN, ça crève les yeux, lorgne sans vergogne sur Castelsarrasin.
Le Tarn et Garonne était il y a encore quelques années une terre radicale-socialiste. Mais scrutin après scrutin elle se donne aujourd’hui à l’extrême droite qui croit possible de faire tomber les derniers gros bastions modérés : Castelsarrasin bien sûr, Valence d’Agen peut-être ! Raison de plus pour ne pas jouer avec le feu, se vautrer dans des divisions mortifères. Préparons ensemble et sans posture politicienne les prochaines échéances. Et puis il y a Montauban dont le sort n’est pas écrit. Les sociaux-démocrates, à en croire les résultats des législatives 2024, y ont une carte maîtresse à jouer.
Le maire de Moissac supporte mal les fêtes dont il n’est pas le grand ordonnateur. Les associations à l’initiative de la Fête de la joie et des couleurs l’ont appris à leurs dépends. Interdites cette année sur les berges du Tarn, elles ont du se replier sur l’école Jeanne d’Arc, en centre ville, qui leur a gracieusement prêté la cour de l’école. Un beau geste qu’il faut saluer et qui l’honore!
Décidément, le maire de Moissac ne désarme pas. Il poursuit sa croisade idéologique, jusqu’à l’aveuglement, jusqu’à faire courir le bruit que cette conviviale après midi était une sorte d’ersatz de la » Fête de l’humanité ». Consternant! Mais si on fait fi de la parano de l’édile RN, il faut se rendre à l’évidence. Ce fut bien la fête, une très belle fête avec force victuailles, chansons à boire et à danser, et même déclarations d’amour et d’amitié. Point de discours politique donc, mais comme un hymne à cette humanité, la voilà donc la catin, colorée, bigarrée parfois, joyeuse en tout cas venue de la plaine et des coteaux moissagais faire en famille la java .
Cette deuxième édition de la Fête de la joie et des couleurs a peut-être quelque peu pâti de son dépaysement comme disent les juristes, plus certainement de la mauvaise publicité que lui a faîte la mairie. Pour l’instant, il faut bien faire avec. Félicitons les organisateurs, les associations partie prenantes qui ont une fois de plus, manifesté leur sens du partage. Et à l’année prochaine sur les berges du Tarn pour une Fête de l’humanité moissagaise!
Gouvernement de droite, conservateur, réactionnaire… commentateurs et figures de proue de la gauche n’ont pas de mots assez forts pour caractériser l’équipage Barnier. Ils n’ont pas tort. C’était prévisible, je l’avais dit ici. Il n’y a donc pas de surprise et il ne faudra pas s’étonner des mesures que décidera ce gouvernement dont nombre de ministres ne brillent pas par leur ouverture d’esprit sur les questions sociétales. Fort heureusement, le droit à l’IVG est maintenant inscrit dans la Constitution, mais on peut d’ores et déjà s’inquiéter du sort qui sera fait à la loi sur la fin de vie, élaborée après une remarquable consultation citoyenne et que la dissolution de l’Assemblée nationale a condamnée à la relégation. A l’évidence, ce gouvernement qui pour les plus anciens d’entre nous ressuscite les riches heures du RPR, ne va pas renverser la table. Règlerait-il quelques menus problèmes économiques et sociaux que ce serait déjà pas mal !
Fruit d’un accord aux forceps entre la macronie et les Républicains, il espère disposer d’une majorité toute relative qui cependant ne le met pas à l’abri d’un coup de sang du NFP et du RN. « Gardez-vous à gauche, gardez-vous à droite » disait en 1356, son fils au roi Jean Le Bon lors de la bataille de Poitiers ! Car, de chaque côté de l’hémicycle, on enrage, on promet à ce gouvernement du sang et des larmes, la chute prochaine. Le RN, majoritaire en voix mais battu au deuxième tour des législatives par un Front républicain dont on pressent qu’il a fait long feu, cherche le défaut de la cuirasse, il retient ses coups, laisse planer la menace. Comme le crocodile au bord du marigot, il attend son heure. Mais, sait-il lui-même sur quelle horloge il a réglé son estomac : 2025 ou 2027 ? Le crocodile baigne en eaux troubles et peine à trouver le sens du courant!
La gauche est sur la barricade. Elle n’en revient pas du coup de Macron. Un coup digne de Jarnac qu’elle qualifie de déni démocratique. Forte de ses 193 députés, ce qui en faisait la première coalition à l’Assemblée, elle voyait Lucie Castet, sa nouvelle égérie entrer à Matignon avec armes et programme. Le Président qui nomme le gouvernement n’en a pas voulu. Il avait en tête une autre coalition, embarquant ses troupes, certes défaites par les deux récents scrutins, mais encore assez nombreuses pour demeurer incontournables. Avec qui les acoquiner ? La gauche, le PS ? Redevable à LFI, ce dernier s’accroche au NFP comme la bernique à son rocher. C’était non ! Ça tombait bien, Macron n’en voulait pas non plus, l’épisode Cazeneuve n’étant qu’un leurre pour gagner du temps. Car Macron, contrairement à ce qui a été répandu sur les ondes et les réseaux sociaux, ne procrastinait pas. Il faisait travailler la poutre. Si coalition il devait y avoir, Nicolas Sarkozy le serinait sur tous les tons, elle devait se construire à droite. Il lui fallait du temps et un levier. Ce fut Michel Barnier. Ainsi, ce qui semblait impossible avant les élections, le devint par la force des choses. Laurent Vauquiez avait opportunément tourné casaque et Gerard Larcher, président du Sénat, mobilisé son formidable entregent. Une coalition était née, rassemblant sur le papier, près de 250 députés.
Il n’y a donc pas eu de déni démocratique au sens propre. Tout au plus une extraordinaire coup de bluff et une cuisine politicienne qui en dit long sur les appétits des uns et des autres mais peut-être aussi sur un projet de reconstitution du paysage politique.
On sait que le RN cherche à désagréger la droite LR, l’aventure Ciotti en témoigne, et se rêve comme l’épicentre d’une force populiste, fédérant les différentes familles de la droite historique à la droite dure. Ce qui est en train de naître actuellement sous la bannière de Barnier serait-il un contre-feu au projet Le Pen ? Depuis 2017, et surtout depuis 2020, la macronie n’a cessé de glisser lentement et progressivement vers la droite, persuadée au vu des études d’opinion et des résultats électoraux qu’elle se mettait ainsi en phase avec le pays. Il est probable que la macronie n’a pas encore trouvé son point d’encrage idéologique. Le rapprochement avec les LR et ses satellites serait-il le prélude à une recomposition de grande ampleur, associant dans leurs diversités les héritiers du gaullisme, du pompidolisme, du giscardisme et même du sarkozisme? Demeure la question de savoir qui de la macronie ou des LR en sera la matrice ? Demeure surtout deux questions : savoir si l’aventure, se heurtant au réel, lui résistera et perdurera ; si les ambitions personnelles qu’on voit déjà nombreuses et féroces ne contrarieront pas les nouvelles amours de la droite ?
Le lieu est discret, derrière la voie ferrée. Ce sont les anciens abattoirs de Moissac. Dans ces bâtiments dont l’architecture témoigne encore de leur première activité est installée depuis 1995 l’association Escale confluences. Ici on accueille les grandes et petites misères de la vie. Pour une boisson chaude, un repas, une nuit, des longs séjours. Les bâtisses ont résisté au temps, rénovées par petits bouts, comme autant de pansements pour les rendre habitables. Depuis quelques mois, ça bouge à Escale. Sa nouvelle présidente, Séverine Laurent, a ouvert de multiples chantiers : le management, les structures, le financement au travers par exemple de nombreux partenariats locaux. En redéfinissant les missions de l’association, la présidente cherche à mettre fin à certaines dérives et à donner plus de cohérence aux activités d’Escale. Les salariés sont pleinement impliqués dans cette recherche d’efficacité, ils sont secondés maintenant par de très nombreux bénévoles. Ils disposent de bureaux flambant neufs.
Inauguration des bureaux Raymond Py qui fut premier Président de l’association Moissac Solidarité. Il fut aussi le premier médecin à assurer des consultations médicales gratuites à l’accueil de jour, il y a presque 30 ans. Dans son discours plein d’émotion, il a relaté cette aventure pionnière et tellement humaniste.
Les bureaux ont été construits par la petite communauté d’Escale Confluences, plus des deux tiers des 42 personnes engagées pour ce chantier solidaire étant des bénévoles bénéficiaires volontaires. « Après l’autorisation de travaux accordée par la mairie pour rénover ce bâtiment qui appartient à la municipalité, nous avons sollicité des organisations qui nous ont appuyé spontanément : l’association Epice 82 avec les jeunes travailleurs du programme Tapaj, les entreprises Lamarénie et Fils, Thierry Serre Electricité Générale, Weldom Moissac, mais aussi BSI 82 ou l’Ebénisterie de Saint Nicolas de la Grave… explique à l’auditoire Séverine Laurent. Chacun s’est engagé pour offrir quelques heures de travail, des dons, des prêts d’équipements ou de matériaux de chantier. Chef de travaux Roger Tornambé qui, à l’occasion, s’est mué en formateur.
Quelques repères
Escale Confluences enregistre plus de 11000 passages par an. En centre-ville, au Sarlac ou à Castelsarrasin les hébergements d’Urgence accueillent plus de 300 résidents. Plusieurs jeunes femmes qui travaillent, à temps partiel chez des commerçants ou des associations du territoire. D’autres suivent une formation. Des familles avec enfant et des jeunes hommes, parfois de moins de 21 ans. Escale héberge et domicilie également des travailleurs saisonniers et leur famille, en pleine force de l’âge. « Et ceci, même si nous pensons que, pour accueillir les 25.000 travailleurs saisonniers dont ont besoin les agriculteurs Tarn-et-Garonnais chaque année, des foyers de travailleurs seraient nettement plus dignes et mieux adaptés » fait remarquer la présidente. D’autres personnes sont hébergées dans ces lieux : « plus marginales qui ne trouvent pas leur place dans la société, qui traînent des addictions destructrices et dans un registre différent des réfugiés fuyant la guerre, victimes de sérieux traumatismes, de réseaux mafieux… Ces engagements font partie de l’héritage d’Escale Confluences, ils ont été impulsés dès 1995 sous le mandat de Jean-Paul Nunzi par un petit groupe de militants décidés et engagés. Citons Colette Cavailé ancienne directrice du CCAS de Moissac, Catherine Albert-Jean qui fut la première secrétaire de l’association ou encore Colette Coladon qui en fut la première trésorière »
Des projets, une ambition
Séverine Laurent ne manque ni de projet, ni d’ambition pour Escale Confluences. Elle a la fibre sociale, elle aime les gens, ça se voit et ça transpire dans toutes ses initiatives. « Dès l’aube de notre mandat, fin 2023, nous avons pris langue avec les services de la Préfecture du Tarn-et-Garonne, avec la DDETSPP, et avec la Mairie de Moissac. Nous avions deux objectifs majeurs en tête : l’adaptation de nos services aux réalités du territoire et le déménagement du Centre d’Hébergement d’Urgence. Escale Confluences doit absolument déménager des immeubles du quartier du Sarlac.
Se posait alors une autre question cruciale : comment financer un tel projet ? En transformant nos services, nous pouvons accéder au Plan Humanisation. Ce plan national piloté par l’ANAH vise à améliorer les conditions d’accueil et d’hébergement via une subvention qui peut atteindre plus d’un million d’Euros pour la rénovation des bâtiments. Il ne nous manque que l’autorisation municipale pour transformer ces bâtis et libérer le Sarlac. Nous discutons avec la mairie de la transformation du bail temporaire en bail emphytéotique »
Le maire de Moissac, s’est à son tour exprimé sur cette question. Pas d’opposition de principe, mais deux préalables cependant. Romain Lopez demande au Conseil départemental de mieux répartir l’effort d’accueil entre toutes les communes du secteur. Il ne veut pas que la ville concentre toutes les misères. Il s’est inquiété par ailleurs de la multiplication des problèmes entre les résidents et les forces de l’ordre. Le Sous-Préfet, Pierre Bressolles lui a fort justement fait remarquer qu’il ne fallait pas mettre « au débit de l’association » ce type de difficultés. L’Etat soutient en effet la démarche d’Escale Confluences, tout comme la Région Occitanie qui par la voix de Marie Castro a redit son intérêt pour le projet d’insertion sociale et professionnelle. « Aujourd’hui nous proposons principalement de l’hébergement d’urgence a expliqué la présidente. Avec les services de l’Etat et de la mairie nous travaillons pour proposer de l’hébergement et des services de Réinsertion sociale. En plus de cette adaptation nécessaire, nous souhaitons transformer 24 autres places du dispositif de stabilisation en places d’hébergement et de réinsertion sociale » Le Département, représenté par Anne Lus, a fait remarquer qu’il demeurait un des gros contributeurs de l’association.
Escales Confluences, on l’a compris, a réussi à mettre autour de la table des partenaires institutionnels et privés partenaires historiques et technico-financiers que Séverine Laurent n’a pas manqué de remercier : « la Préfecture et le Conseil Départemental du Tarn-et-Garonne, la Région Occitanie et à la Communauté de Communes Terres des Confluences, la Mairie de Moissac qui est notre principal bailleur. Nous remercions également toutes les entreprises qui ont rejoint notre cause ces derniers mois, Lamarénie et Fils, Thierry Serre Electricité Générale, Quercy Confort, Weldom Moissac, BSI 82, Cancel fruits, Intermarché la Mégère, Leclerc Castelsarrasin, Peugeot Macard, Le Pot à l’envers, Boyer et l’ébénisterie de Saint Nicolas de la Grave. Merci, spécialement à la boulangerie Oh Petits Blés qui nous offre chaque jour le pain quotidien pour une trentaine de personnes sans domicile fixe. Enfin, nous remercions les associations, elles sont presque au nombre d’une trentaine… »
Aux pouvoirs publics, Etat, Région, Département, Mairie, de tenir leurs engagements afin qu’Escale Confluences puisse toujours mieux répondre aux besoins du territoire.
Michel Barnier, premier ministre. Au secours la droite revient disait jadis une affiche socialiste quand Mitterrand craignait une cohabitation. Voilà des semaines que le Président consultait le gotha politique, auscultait l’âme et le cœur de quelques locataires putatifs de Matignon, culbutait les certitudes de médias qui n’en pouvaient mais… Un feuilleton qui a tenu l’audience grâce à des cliffhanger bien troussés à faire pâlir n’importe quelle série grammy-awardisée. Et après ! Après avoir écarté d’une pichenette la candidate du NFP, après avoir tenté d’en décrocher le PS en lui jetant Caseneuve en pâture, Macron, avec cette volte-face « à droite toute », croit avoir trouvé l’oiseau rare, celui (il n’y avait pas de femme dans le casting élyséen) qui pourra échapper à la censure immédiate, ne pas contrarier Jupiter dont les foudres sont de plus en plus aveugles et inefficaces, et permettre au pays de redresser la barre alors que s’annonce la tempête.
Celui qui voulait en finir avec les partis d’hier, voire d’avant-hier, s’est vu obligé de quémander leur avis, de décrypter leurs propos, surtout de ne pas les croire sur parole afin d’en saisir le sous texte ; il a même été conduit à décréter le RN, miraculeusement fréquentable au risque d’en faire l’arbitre des élégances au Palais Bourbon. Et c’est fait ! A l’issue d’une séquence qui restera comme un modèle de tambouille politique, de gigantesque partie de poker menteur, le RN tient la macronie dans ses serres, se répand maintenant en indulgences au point qu’on peut se demander s’il n’a pas obtenu la promesse d’une quelconque reconnaissance. De son côté, le PS a réussi, peut-être sans le vouloir, à conduire la macronie à assumer ce qu’elle est devenue depuis le deuxième quinquennat : un conglomérat de droite sous la férule du seul Macron, désormais flanqué des LR de Wauquiez prêchant soudain la résilience.
On revient de loin mais pour l’instant on ne va nulle part ! A force de finasseries, de postures de foire, les politiques, et Macron à leur tête, ont plongé la France dans une mélasse qui lasse et désespère, préparant à bas bruit des lendemains de colère. Il est vrai que le malentendu est général et profond. On espérait des législatives une clarification, une mise à jour des rapports de force à l’Assemblée nationale. Les électeurs en décidèrent autrement. Ils décidèrent de ne rien décider, laissant la main aux partis et au Président. On voit dans ce pays prompt à la barricade et étranger au compromis, ce que cela a donné : l’encalminage ! De quoi faire réfléchir sur l ‘éventuel retour de la proportionnelle !
Mais soyons lucides, le casting et ses péripéties n’était qu’un écran de fumée qui cache mal la question de fond : celle du programme. Un premier ministre pour quelle politique ? Il faut reconnaître au NFP cette lucidité qui d’entrée de jeu en avait mis un sur la table. Un programme immédiatement salué à droite comme au sein de la macronie par des cris d’orfraie et la promesse d’une censure immédiate. Mais que dit Barnier, que disent les professionnels de la politique, les experts économiques sur la situation de la France, sur cette dette abyssale dont on découvre jour après jour qu’on nous en a caché la profondeur ? Comment mettre plus de justice sociale, augmenter les impôts des plus riches sans risquer leur départ pour des cieux plus cléments ? Comment préserver la classe moyenne sur laquelle repose la vitalité du pays ? Que disent-ils sur la réforme des retraites, sinon pour certains un retour à la case départ, alors que le COR (Conseil d’orientation des retraites) estime maintenant qu’elle n’atteindra pas ses objectifs et plaide pour une réforme plus ambitieuse. Comment rendre nos services publics efficaces, école et hôpital entre autres, tout en mettant fin à la politique du panier percé ? Comment améliorer les revenus des moins favorisés sans mettre en péril nos entreprises dont les défaillances se multiplient à grande vitesse ? Comment rester compétitifs quand la concurrence chinoise, et ce dans tous les secteurs, ruine jour après jour nos espoirs de réindustrialisation, sur le territoire national et en Europe ? Comment juguler une immigration de moins en moins choisie, qui bouscule notre vivre ensemble et met à mal notre laïcité, pierre angulaire de notre République ? On pourrait poursuivre la litanie, mais on aimerait qu’en ces temps incertains, quand à la question climatique s’ajoute la perspective d’une crise économique majeure, les responsables politiques en finissent avec les effets de manche et nous disent ce qu’ils vont faire et comment. Et vite !