Le gouvernement instaure donc un moratoire sur les taxes carburant et esquisse d’ores et déjà de nouvelles propositions. Il recule. Chacun, à droite comme à gauche le lui demandait instamment, pour ramener le calme dans le pays et asseoir tout le monde à la table des concertations qui devraient s’ouvrir dans quelques jours. La situation quasi insurrectionnelle créée par les Gilets jaunes, ne lui laissait pas d’autre choix. Le gouvernement recule et voilà que les partis politiques en demandent plus, un changement de cap, un reniement, veulent l’acculer au renoncement, voire à la démission. Rêvent d’une revanche avant même les échéances démocratiques. La presse embraye et évoque déjà la chute du premier ministre, une possible cohabitation. Bref au chaos chacun s’ingénie à ajouter le chaos, indifférent aux désastreuses conséquences pour le pays. A l’intérieur où l’on mesure déjà les effets sur le commerce, le tourisme, l’attractivité de la France, sur l’économie en général. A l’extérieur où la parole de la France vient de perdre une partie de son poids. Trump triomphe, Salvini respire ! Ici n’est pas en cause la personne de Macron, mais bien ce qui se joue à l’international : Qui au niveau international défend le multilatéralisme, demande aux signataires de l’accord de Paris sur le climat de tenir leurs engagements ? Qui en Europe tente de tenir tête aux populismes, italiens, hongrois, polonais, danois, anglais, autrichiens ?
Si la situation ne se redresse pas, la France aura du mal à faire entendre sa voix, à peser sur le cours des choses qui au niveau planétaire n’annonce rien de bon. Qu’ont-ils à gagner les Français, la France dans cette absence au monde ? Qui peut raisonnablement se réjouir de cette perte d’influence ? Notre bien-être dépend pour partie de notre place dans le concert des nations. Ne l’abîmons pas. Alors oui, remettons tout sur la table : la fiscalité, le pouvoir d’achat des salaires, la place des territoires, mais aussi l’environnement qui est déterminant pour l’avenir. Mais refaisons société. A cet égard, les CESER (Conseil économique, social et environnemental régional) parce qu’ils regroupent les associations, les syndicats, les organisations professionnelles, tous les grands courants de pensée de la société, et parce qu’ils ont l’expérience de ce dialogue républicain, pourraient fournir le cadre à cette vaste consultation. C’est tout le sens de la proposition de Jean Louis Chauzy (lire ici), président du CESER Occitanie.
