Le gazole est au plus bas. Ils s’en moquent. Le gouvernement a mis 10 milliards sur la table pour le pouvoir d’achat des plus défavorisés. Peccadilles ! Il avait auparavant lancé un plan grande pauvreté, un plan Alzheimer. Déjà oubliés! L’orientation, la réforme du bac et le soutien aux élèves en difficulté. Bof! La transition énergétique, la lutte contre les pesticides, la promotion d’une agriculture paysanne… Qu’il s’occupe de nos fins de mois ! Les chantiers, retraites, chômage, dépendance, justice, ouverts avec les partenaires sociaux. Pas entendu parler !
C’est marrant, les ronds-points qui se servent à merveille des réseaux sociaux, et ceux qui par conviction ou panurgisme, qui en l’occurrence pourrait s’appeler pétoche face au jaune, font comme si, en 18 mois, il ne s’était rien passé. Comme si ces dernières semaines, le gouvernement n’avait rien fait pour répondre aux revendications aussi multiples que contradictoires. Pourtant, on peut comprendre, si l’on demeure un citoyen responsable, que la tâche est et sera rude et longue. Et que s’il faut changer des choses, il le faut, il sera nécessaire de s’assurer, par un dialogue le plus profond possible, que les citoyens dans leur ensemble approuvent les changements, en mesurent bien les tenants et aboutissants.
C’est certainement trop demander à ceux qui samedi après samedi s’exercent à la guérilla urbaine, aux techniciens de la manipulation de masse qui rêvent, pour reprendre le titre d’un opuscule de Julien Coupat, le gourou de Tarnac, de « l’insurrection qui vient ». Mais en dépit des samedis de vitrines brisées, de mobiliers urbains pulvérisés, de voitures particulières incendiées, Mélenchon, Le Pen, les commandos en gilets jaunes et cagoules noires, ne voient toujours rien venir. Et pourtant, ceux-là n’économisent pas leur peine, saturent les réseaux, occupent les médias, justifiant tout, la haine antisémite, le racisme le plus crasse, la violence sans limite, sans objet. Voilà Mélenchon et consorts rendus en 1793, rêvant de la terreur qui sut si bien faire tomber les têtes et dévorer ses propres enfants.
Répétons-le, chacun a le droit de ne pas être d’accord avec la politique du gouvernement. Il a le droit de manifester son opposition, dans la rue, dans la grève et dans les élections. Mais nous faisons société parce que, tous autant que nous sommes, dans notre diversité, nous nous acceptons, nous nous sommes donné des règles, des lois, nous nous reconnaissons dans le pacte républicain qui repose sur la démocratie représentative. Certes, on peut améliorer la République, faire en sorte que les citoyens participent plus aux délibérations, soient régulièrement consultés. Par exemple, dans certaines communes, les maires qui sont élus, et révocables tous les 6 ans, ont mis en place des budgets participatifs, à la discrétion des citoyens.
Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Ne cédons pas aux modes médiatiques qui passent de plus en plus vite, ne cédons pas aux injonctions de la toile, aux mises en demeure, aux manipulations politiques, aux menaces, à l’hystérie ambiante. Prenons le temps de la réflexion, de la discussion collective, pacifiée, organisée, émancipatrice. Soyons Républicains !