Un samedi ordinaire

Gilets jaunes et cagoules noires, une fois de plus réunis pour mettre à mal le droit de manifester. La stratégie est en effet claire, même si elle n’est le fait que d’une infime minorité de la population : casser, provoquer des affrontements avec les forces de l’ordre pour hurler ensuite par réseaux sociaux interposés à « l’état policier ». Il s’agit de pousser le gouvernement à la faute, à la bavure dans l’espoir d’embarquer l’opinion. De Sivens, à Nantes, le mécanisme est toujours le même.

Ces émeutiers n’ont aucun projet. Ils se foutent totalement de la société, de ceux qui travaillent dans l’espoir de jours meilleurs, de celles et ceux qui souffrent. En fait, ils sont comme des poissons dans l’eau dans un système que par ailleurs ils dénoncent à coup de slogans approximatifs et de cocktails Molotov. Ils cherchent à saper les fondements de la République. Et mettent en péril le droit, constitutionnel, de manifester. Ils sont les adeptes du pire, les prédicateurs du chaos.

De ce point de vue, la réaction de Greenpeace France qui a préféré se retirer samedi de cette manifestation noyautée d’entrée de jeu par les casseurs, est salutaire et de bon aloi. Mobiliser les citoyens pour changer la donne climatique, défendre sa retraite, revendiquer du pouvoir d’achat… et que sais-je encore, sont des motifs légitimes qui forcent le respect si ce n’est l’adhésion. Mais il ne faut pas mélanger les genres et c’est de la responsabilité des organisateurs que de se désolidariser verbalement et physiquement des casseurs du samedi après-midi. N’en déplaise à certains, la convergence des luttes qu’ils appellent de leurs vœux, ne saurait s’accommoder des exactions des bandes noires ou jaunes. Ce 21 septembre était le 45iéme samedi d’émeutes urbaines. Un samedi presque ordinaire . Journée du patrimoine pour beaucoup de nos concitoyens !

La fête de l’élevage

Beaucoup de monde, un site incitant à la déambulation en famille, sous les hautes futaies de la prairie de Laujol. Paulette Caulet et son association des éleveurs ont offert aux visiteurs un moment de détente heureuse et de découvertes.

La santé n’a pas de prix…

Comme à l’accoutumée, Plantu, d’un coup de crayon expert, pose le problème. La grogne aux urgences ne faiblit pas. La grève des personnels se poursuit. Un rassemblement national est même prévu en septembre. A Moissac, les personnels demeurent dans le mouvement et réclament toujours des mesures sur les effectifs, les salaires, les conditions de travail en général.

Au regard de leur tâche et du service rendu à la population, les urgentistes ont parfaitement raison. Ils posent la question de leur utilité sociale. De premier plan bien sûr ! Et quand on compare leurs salaires avec ceux de professionnels du sport ou de certains amuseurs publics, on se dit que notre société, à force de se refuser à faire des choix, se donne de bien étranges priorités. On pourrait d’ailleurs s’interroger pareillement sur l’éducation nationale dont le statut social s’est fortement dégradé depuis quelques décennies.

Cela dit, les urgences dans les hôpitaux ne peuvent à elles seules répondre aux besoins de la population. Elles ont été créées pour donner une réponse médicale aussi rapide que possible à des accidents de la route ou de la vie, à des crises aiguës dans certaines pathologies, ou à des situations de stress… Elles n’ont pas vocation à assurer les consultations, les examens médicaux qui relèvent de la prévention ou du suivi régulier des malades. En fait, depuis des années, on leur demande de se substituer à la médecine libérale, de remplacer le fameux médecin de famille qui naguère encore, disponible et dévoué, savait répondre au premier appel, ouvrir son cabinet au premier venu. Il y avait quelque chose du sacerdoce chez ces médecins qui à l’occasion pouvaient se faire conseillers en affaires familiales, psychologues, voire même confesseurs.

Les temps modernes ont rompu le pacte. Des territoires entiers ont perdu leurs médecins, partis à la retraite ou vers d’autres opportunités. Le désert médical progresse inexorablement. Les rescapés de cet exode intérieur croulent sous la demande et refusent de nouveaux patients. Direction l’hôpital ! Thrombose ! Dès lors, c’est tout le système de soins qui claudique. On peut certes comprendre les aspirations des médecins libéraux à une vie moins contrainte. Il faut alors tout repenser. Le numérus clausus bien sûr ! Heureusement c’est déjà acté. Mais au-delà, les droits et les devoirs des médecins libéraux. Et surtout l’organisation des soins sur un territoire donné, la place de l’hôpital, la création de structures collectives, pluridisciplinaires (maisons, centres de santé…) Il faut aussi responsabiliser patients et malades. Les remettre dans le jeu si j’ose dire. L’accès aux soins ne peut être réduit à un acte de consommation ordinaire. Il suppose l’intégration dans un parcours de santé, avec ses contraintes, ses passages obligés. De quoi remettre les services d’urgences à leur vraie place, et leur redonner à moindre frais l’oxygène dont elles ont besoin. Il faudra à Moissac, comme ailleurs, se mettre sérieusement à y travailler. Parce que si la santé n’a pas de prix, elle a un coût!

La politique à la masse

A l’évidence, il y a dans notre beau pays de France des citoyens qui font bon marché des principes démocratiques. Dans le droit fil des émeutes en gilets jaunes, certains se croient autorisés, détenteurs auto-proclamés de la vérité, de casser des permanences, de menacer des élus de la nation pour les punir d’un vote, ou les obliger à en changer. Certes, le phénomène n’est pas nouveau, mais il prend de l’ampleur. Pire, il est maintenant revendiqué par des organisations ayant pignon sur rue, comme les Jeunes agriculteurs, dont il faut rappeler qu’ils bénéficient, à l’instar de toutes les organisations syndicales, de subventions publiques, pour exercer leur droit constitutionnel. Est-ce acceptable ? Il y a aussi ces partis d’opposition, comme les Insoumis, voire certains Républicains, qui feignent de condamner ces violences tout en les comprenant. On ne fait pas mieux dans la duplicité aveugle et dans l’irresponsabilité politique. A encourager de telles pratiques, ces élus creusent leur tombe car ils délégitiment leur fonction et le système qui va avec.

Au final, que cherchent-ils ? A empêcher le gouvernement d’agir ? A faire tomber Macron ? En démocratie, les élections, la prochaine présidentielle c’est dans trois ans, permettent au peuple de s’exprimer, de choisir qui le représentera. Et donc de changer éventuellement de dirigeants ! Minoritaires, groupusculaires, ces contestataires s’offrent à peu de frais un certificat d’insurrection. Ils ne risquent rien ou pas grand-chose, une nuit au poste tout au plus. Mais pour se concilier les bonnes grâces de l’opinion, ils espèrent la bavure, la bonne et sanglante bavure qui leur permettrait toute affaire tenante de dénoncer « l’état policier » ou encore plus risible « la dictature de macron » A cet égard, les réactions de certains à la mort par noyade d’un jeune homme de Nantes, mort qui fait l’objet de multiples enquêtes dont nous n’avons pas toutes les conclusions, frisent l’indécence.

Cette violence va aujourd’hui crescendo. Elle pose question sur le vivre ensemble, sur la difficulté grandissante de faire peuple, de faire nation. Elle atteste d’une perte de repères, d’un refus d’accepter les règles, entre autres celle qui fonde notre démocratie et qui veut que les minoritaires ne doivent pas imposer par la force leur point de vue à la majorité. Qui veut que dès lors que la règle est transgressée, que l’intimidation, le chantage, la violence sont convoquées, l’état peut faire usage de la force, à proportion bien entendu de la menace et du degré de conflictualité. Le risque n’est pas minime qu’une telle escalade ne dégénère gravement. N’a-t-on pas vu au plus fort du mouvement, des gilets jaunes demander que le président de la république soit pendu?

Les agressions, les attaques de permanence de députés ou d’élus ne doivent pas être tolérées. Depuis trop longtemps on s’est accommodé de ces actions dites « de désespoir » ce qui n’est après tout qu’un élément de langage parmi d’autres. Car rendu où nous en sommes, je pose une question : qui a lu dans son entier le traité, le fameux CETA ? Qui est capable à brûle pourpoint d’en indiquer les avantages et les inconvénients ? La viande aux hormones est interdite en France depuis belle lurette. Elle le restera ! Et notre agriculture qui est largement exportatrice devrait admettre que pour vendre aux autres, il faut aussi leur acheter. Cela s’appelle le commerce. Les paysans le savent, mais d’autres tentent de transformer les inquiétudes d’une profession en arme anti-macron, sous couvert de défense de l’environnement, du consommateur, des agriculteurs et j’en passe… Décidément le trumpisme qui jusqu’à plus ample informé n’est pas un progressisme, fait tâche d’huile, rassemblant derrière le même mouvement de menton et les tenants d’un capitalisme rapace et les anti-capitalistes orphelins du grand soir !

Le tourisme cahin-caha

Serions-nous en Terres des Confluences, les touristes du tourisme ? Des amateurs, des bricoleurs incapables de nous donner les moyens financiers, humains et organisationnels nécessaires à ce que d’aucuns appellent une industrie ? De crise en crise, on pourrait s’en persuader. Chacun a encore en mémoire, le départ précipité de la première directrice

lire « OTI chronique d’un gâchis »

recrutée par le tout nouvel office intercommunal (OTI) Elle avait dénoncé alors les ingérences de certains élus, la guerre sournoise mais dévastatrice que l’ex office moissagais lui livrait. Plus globalement, l’organisation générale de la structure !

On croyait que la leçon avait porté. On découvre à l’occasion des dernières réunions du Conseil d’administration que d’autres problèmes viennent doucher les enthousiasmes initiaux. A Saint Nicolas de la Grave et Castelsarrasin l’Office dispose en effet d’un bureau, tenu ici par la capitainerie du port (Jacques Cousteau), là par les bénévoles d’une association. Une situation qui n’est pas du goût de la présidente de l’OTI, Marie Josée Maurièges. Il y a trois semaines, elle met en balance sa présidence.

Certes, le département a mis à disposition des emplois d’été. De quoi soulager les volontaires. Mais après ? L’arrière-saison venue ? Rien ! Le bureau de la Communauté de communes a refusé toute rallonge budgétaire, pourtant proposée par la commission du tourisme. L’impasse ! A cela s’ajoutent des difficultés récurrentes que la nouvelle directrice ne peut à l’évidence régler seule : des logiciels instables qui perdent les informations que les personnels s’échinent à saisir et des maladies qui en pleine saison touristique perturbent le fonctionnement.

Bref, dernier CA, la présidente en titre, campe sur ses positions. Le poste est donc vacant. Stupeur dans l’assistance qui a du mal à tenir ses nerfs. Et au terme de plusieurs heures d’échanges tendus, un bureau est enfin désigné, avec comme président, un socio-professionnel, propriétaire de l’hôtel « Les crêtes de Pignols » C’est une première. Les apparences sont sauves, mais le malaise est profond.

Première conséquence, la direction de l’OTI sort déstabilisée de l’épisode, le pacte de confiance avec ses administrateurs paraissant écorné. Faute de pouvoir régler les problèmes récurrents : des outils informatiques mal adaptés aux besoins, des personnels fragiles, des objectifs pas toujours très clairs, la direction fatigue et à l’évidence se replie sur ses missions de base.

Le nouveau bureau du CA, le Conseil d’administration tout entier, ne peuvent se contenter d’enregistrer les comptes rendus d’activité sans broncher. Ils doivent préciser les objectifs, aider la direction à définir les priorités, les assortir de moyens en négociant avec la Communauté de communes. L’équipe, les salariés ont besoin de se sentir soutenus, épaulés. Ils ont, dans un environnement difficile, essuyé les plâtres. Il faut les encourager à aller de l’avant !