Le printemps moissagais

Séverine LAURENT vient donc d’ouvrir le bal des municipales à Moissac. Face à Michel CASSIGNOL qui était l’autre postulant, elle a été élue par l’Union citoyenne moissagaise (UCM) pour porter en 2026, les couleurs d’un mouvement, né de rien, si ce n’est de l’impérieux besoin ressenti par nombre de Moissagais de prendre leurs affaires en main, de s’affranchir de la tutelle de partis qui à ce jour sont restés impuissants face au rouleau compresseur du RN. La question est toujours la même : comment construire localement une alternative crédible à l’extrême droite, que proposer aux électeurs déboussolés par l’esprit de chapelle et ses querelles byzantines ?

Un mouvement citoyen

L’UCM s’est donc attaquée à cette tâche en voulant tout d’abord passer par-dessus les clivages partisans, rassembler dans un large mouvement tous les Moissagais, de gauche comme de droite, intéressés par la chose publique, désireux de construire ensemble des perspectives d’avenir pour notre ville. Et si l’on en croit les adhésions qui vont croissant, la participation aux assemblées, le mouvement est loin de laisser les citoyens indifférents. Il y a un véritable appétit pour cette initiative, qui a désormais un cadre et une incarnation.  Mais il ne faut pas se méprendre, c’est du moins mon point de vue, l’UCM n’est pas un nouveau parti politique, de gauche, voire de droite. Elle ne veut prendre la place de personne. Elle cherche depuis ses débuts et avec constance à installer localement une dynamique inclusive. C’est bien pourquoi, dès octobre 2024, elle a tendu la main aux partis de l’arc républicain, invités à se joindre sans drapeau ni cocarde au mouvement. Tous les adhérents, les historiques comme les derniers venus, sans oublier les représentants des partis se sont retrouvés, après des heures de palabres, sur des valeurs communes, des objectifs partagés, tous mus par la même passion pour Moissac.

Voilà qui promettait !  Pour travailler sur le programme de la future liste, plusieurs groupes s’étaient constitués. Depuis, ils ont grossi, se sont diversifiés
et appellent toutes les bonnes volontés, toutes les compétences à les rejoindre. Autonomes dans leur organisation, coordonnés pour plus d’efficacité, ils forment une sorte de forum éclaté où s’évalue le bilan du maire sortant en même temps que se discutent les projets de la prochaine mandature. Mais derrière cette vitrine aguichante, les premiers craquements, les premières critiques, venues comme souvent de l’intérieur, se sont vite fait entendre.

Pour Moissac, sans partis pris

Voilà l’UCM sommée de dire pour qui elle roule : le PS, (sous couverture NFP,  le Nouveau front populaire) ou Macron ? On croyait pourtant que les textes initiaux étaient clairs pour tout le monde : ni NFP, ni Macron, ni personne… mais Moissac ! Il fallait donc trancher, au risque de voir s’étioler le bel enthousiasme de début. En janvier 2025, un vote à main levé est organisé, confirmé par une AG le mois suivant. L’UCM demeure fidèle à son acte de naissance : citoyenne et sans drapeau. PS et PC en tirent immédiatement les conséquences. Ils quittent le navire et laissent entendre à qui le veut qu’ils feront liste à part. Dans une récente livraison de la Dépêche du Midi la socialiste Estelle Hemmami confirme, tout en concédant que nombre de ses adhérents ne la suivent pas. 

La rupture est consommée ! L’histoire pitoyablement se répète. Pourtant, jusqu’au bout, les membres de l’UCM ont espéré le retour de cette dissidence socialiste, comme un retour à la raison, comme la fin, enfin, des chicayas personnelles. Ultime péripétie, le 27 mars, au cours de l’AG qui s’est tenue au Moulin de Moissac, des voix se sont élevées, dont on peut se demander si elles étaient téléguidées, pour demander la suspension du processus de désignation de la future tête de liste. Autant dire, demander aux adhérents de plier devant l’oukase des partis de gauche. A mains levées, l’AG a tenu bon, puis choisi à bulletins secrets sa future candidate. Dont acte !

Transformer l’essai

Mais ce n’est pas la fin de l’histoire. Le maire RN aurait tort de se réjouir trop vite du mauvais coup qui vient d’être porté au mouvement citoyen par quelques apparatchiks.  L’UCM constitue en effet un événement majeur de la vie politique moissagaise de ces dernières années. Les sympathisants de gauche la rejoignent massivement, refusant les logiques mortifères des appareils locaux, car cette Union constitue à leurs yeux, comme à ceux des sympathisants de droite, la seule force capable de battre le RN et de faire revivre la démocratie locale. Mais pour cela, elle va devoir s’affirmer fidèle à sa promesse et construire avec les Moissagais un projet humaniste, solidaire et rassembleur pour notre ville. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain est parti

Un ami, Alain Jean, est parti au terme d’un long combat contre la maladie. Il est parti entouré des siens, de son épouse dont le stoïcisme m’impressionne, de ses enfants et petits enfants auxquels vont mes pensées. Maître des horloges, il a réuni il y a quelques jours, les uns après les autres, ses très nombreux amis , venus d’ici et de plus loin. Lui et nous, lui et moi, on s’est parlé, presque comme d’habitude, de l’actualité un peu, de la suite qu’il tenait à mettre en place, de sa douleur aussi, même si Alain ne l’évoquait qu’avec une extrême pudeur, comme si tout cela était de l’ordre de l’anecdotique, comme s’il ne voulait pas embarrasser davantage nos esprits affligés. C’est dans ces moments là qu’on mesure l’homme.

Fort et généreux! Alain était généreux. Sa vie, ses vies, intime, professionnelle et citoyenne en témoignent. Fort, il l’était tout autant, dans sa façon de défendre ses convictions, de ne rien céder sur l’essentiel, accommodant cependant sur l’accessoire pour ne rien perdre du goût des autres. Alain était un citoyen engagé, un écolo de toujours, un militant au long cours qui, pour reprendre la formule de Jean Jaurès, avait le « courage… d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. »

Avec quelques autres, nous formions jadis une bande, pas voyou pour un sou, de camarades comme on disait alors, rassemblés sous la houlette de Jean Paul Nunzi, candidat et maire de Moissac. Alain, je dois en convenir, m’éveilla à l’écologie municipale si j’ose la formule. Le début d’une longue et fructueuse fréquentation qui ne nous dispensa pas de quelques homériques coups de gueule, qui ne gomma pas non plus nos parcours philosophique ou politique, mais qui devint sans crier gare une solide amitié. « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ». aurait dit Montaigne.

Une Union est née

Ça bouge enfin à Moissac ! En ligne de mire, les municipales de 2026 ! Et l’espoir d’en finir avec l’omnipotence RN ! https://alternativecitoyenne82.wordpress.com/2025/01/10/preparer-la-municipale/

 Il a fallu moult réunions vespérales, où se sont retrouvés dans un melting-pot aussi improbable que surprenant des militants associatifs, des citoyens sans étiquette, des personnalités venues de tous les bords politiques et professionnels, décidées à se faire entendre, toutes motivées pour chasser l’extrême droite, toutes convaincues qu’il n’y aura pas de victoire possible en 2026 dans la division et la cacophonie. Toutes conscientes que les polémiques, les querelles de partis n’ont pas de raison d’être dans la future élection municipale. Et l’extraordinaire s’est produit :  chacun a affiché son souci de ne pas sacrifier l’intérêt général, l’intérêt des Moissagais aux intérêts de boutiques, fussent-elles nécessaires et respectables.

Pourtant au départ, le défi était de taille et après des années pendant lesquelles ce petit monde s’est regardé le plus souvent en chiens de faïence, on pouvait craindre la tâche impossible. Mais l’intelligence était cette fois au rendez-vous. La conscience de la situation, la volonté de passer par-dessus les obstacles étaient plus fortes que toutes les préventions, que toutes les rancœurs rances héritées du passé. Chacune et chacun, dans un dialogue parfois trébuchant, a pu mesurer que ce qui les rassemblait était plus grand que ce qui les divisait. Plus grandes ces valeurs en partage, sur la démocratie, la solidarité, le rôle de l’enseignement, de la culture et du sport, et sur le développement durable ! Des valeurs qui constituent autant d’axes pour un programme municipal qui reste bien sûr à écrire. Ce sera, chacun en est bien conscient, la tâche o combien ardue des prochains mois. Il y faudra beaucoup de bienveillance, une bonne dose de confiance réciproque et le goût du dialogue avec tous les citoyens de notre ville qui depuis trop longtemps n’ont pas eu leur mot à dire sur la chose publique. Mais rien ne saurait se refuser aux audacieux ! 

Ce 19 février 2025, était ainsi officiellement créée « L’union citoyenne moissagaise » dont la première apparition publique vient de prendre forme avec un appel aux Moissagais, à toutes les bonnes volontés qui veulent tourner la page d’un pouvoir municipal rétrograde et sectaire et permettre à notre ville d’espérer, non pas des lendemains qui chantent, mais des jours meilleurs. Ce sera déjà beaucoup ! Tous les Moissagais peuvent d’ores et déjà se faire entendre, en disant qu’ils veulent en finir avec la parenthèse RN, qu’ils veulent construire une véritable alternative pour notre ville, en cliquant sur ce lien et en signant d’ores et déjà cet appel : https://www.unioncitoyennemoissagaise.com/

On peut aussi consulter la page Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=61573044134692

La suite est à construire. Ce n’est pas la fin de l’histoire !

Moissac: le fiasco sécuritaire

Il y a du bleu, beaucoup de bleu dans les rues de Moissac. Équipés de pieds en cap, les policiers municipaux, auxquels deux ou trois gendarmes viennent parfois prêter main forte, arpentent quotidiennement les rues de la ville. Il faut, c’est la doctrine du maire, rassurer le Moissagais, agiter par tous les moyens le grelot sécurité, histoire de convaincre jeunes et vieux qu’avec le RN la délinquance n’a qu’à bien se tenir.

Mais l’image d’Épinal ne résiste pas aux chiffres. Ils sont accablants pour le maire qui se faisait fort pourtant, tel un archange Saint Michel, de terrasser le démon. Les diables modernes, petits ou grands délinquants ont la vie dure, le coup de poing facile et la cupidité solide. En trois ans, de 2020, date de l’élection du maire d’extrême droite, jusqu’en 2023, les crimes et délits ont progressé de près de 30% à Moissac. Et les chiffres de 2024 ne promettent pas une embellie !

Bien sûr le bilan n’est pas uniforme. Si les coups et blessures intra-familiaux ont augmenté de 193%, les vols d’accessoires sur véhicules ont baissé de 60% quand les vols de véhicules, eux, ont progressé de 120%. Dans chaque cas, pour bien mesurer l’état des lieux, il serait utile d’en connaître les raisons, le contexte, de se pencher par exemple sur la démographie locale ou l’évolution du parc automobile. Totalement révélateurs de l’échec du maire sont les autres résultats. Plus 57% de cambriolages, plus 83% de coups et blessures, plus 61% de vols sans violence contre des personnes, plus 32% de dégradations. N’en jetez plus !

Mais si ! Car on continue de se droguer à Moissac, plus 11% de PV pour usage de produits interdits. Ce chiffre corrobore d’ailleurs une autre statistique de la gendarmerie qui nous dit que la conduite sous stupéfiants a fortement augmenté dans le département. Petite lueur d’espoir dans cette sinistrose moissagaise, la baisse des violences sexuelles : moins 42%. Hélas pour la mairie, il y a gros à parier que l’arsenal sécuritaire déployé avec force communications n’y est pas pour grand-chose.

Faut-il en conclure que le tout répressif, l’exhibition de la force brute ne règlent pas tous les problèmes ? C’est à croire, c’est même sûr ! Il n’est pas de bonne politique en matière de sécurité publique qui fasse l’économie de la prévention et de l’accompagnement des plus fragiles. Voilà qui devrait alimenter le futur débat municipal .  

Préparer la municipale

La mort de J.M. Le Pen arrive à point nommé pour nous rappeler que dans un an auront lieu les élections municipales ! Comme le temps passe vite, il me semble que 2020, c’était hier. A Moissac, c’était l’arrivée au pouvoir du RN, une première dans le département qui pourrait être suivie de quelques autres, toutes aussi emblématiques, si la classe politique s’obstine dans ses vieux schémas.

En 2020, j’avais très tôt, je n’étais pas le seul, appelé au rassemblement, à l’union des démocrates, à constituer localement un arc républicain. Peines perdues ! Pour des raisons sur lesquelles il n’est plus l’heure de s’attarder, nous sommes partis à la bataille en ordre dispersé, décrédibilisant d’entrée de jeu toutes nos propositions, aussi pertinentes fussent-elles.

Ne faisons pas cette fois les mêmes fautes. Il est capital que face au RN, les démocrates avancent unis, sous la même bannière, sans s’encombrer de préoccupations boutiquières. Il faut apprendre à taire les querelles idéologiques qui ne sauraient avoir cours dans un scrutin municipal. Bien sûr, personne n’est sommé de renoncer à ses convictions, à ses engagements passés ou présents. Et dans la circonstance chacun peut en faire une ressource, une richesse afin de partager une ambition pour notre ville, afin de lui soumettre, ensemble un projet séduisant.

Je suis persuadé que nombre de Moissagais attendent que des voix se lèvent pour leur annoncer la bonne nouvelle. Dès lors, et au-delà des petits cercles politiques traditionnels, se manifesteront des volontés, germeront des vocations et des idées originales. Autre certitude, il faut à la tête de cet attelage, une personnalité forte, ouverte aux autres, bienveillante et déterminée, libre ! Elle va devoir donner à Moissac et aux Moissagais de l’espoir, tracer avec eux un chemin qui permette à notre ville de sortir de l’ornière dans laquelle le RN l’a plongée.

Car le RN a mis la vie sociale et démocratique sous l’éteignoir. Les lieux de rencontres, de discussions sont pour la plupart fermés ou interdits aux associations qui n’ont pas fait allégeance, aux partis politiques souvent réduits à la clandestinité des arrière-salles de bistrots. Les employés municipaux ont été mis au pas, ou poussés à partir. Une trentaine ont quitté le navire. La ville est sous emprise.  Il y a urgence de l’en libérer, de remettre Moissac en mouvement, d’en faire un espace économique, un territoire attractif, un lieu de rayonnement culturel et touristique. Une ville du bien vivre.