Lendemain de bal

Moissac vient de tourner une page de son histoire. Avec une participation supérieure de 8 points à celle du premier tour, les électeurs n’ont pas boudé ce rendez-vous démocratique. Ils ont voulu faire un choix clair et de ce point de vue les résultats sont incontestables. Pour autant, ils interrogent lourdement l’avenir. En donnant les clés de la ville au RN, les Moissagaises et Moissagais ont fait un pari perdu d’avance.

Ville historiquement de gauche, radicale d’abord, puis socialiste pendant 36 ans, la voilà désormais dans les mains d’un groupe dont le programme peut se résumer à son slogan de campagne : « Retrouvons Moissac ». Comme une photo sépia, une façon de regarder l’avenir dans le rétroviseur, sur fond de France éternelle, et d’ordre social immuable. Cette idéologie à proprement parler réactionnaire ne résoudra rien des problèmes que connaît notre ville. Pire, elle aura tôt fait de les aggraver.

Bien sûr des raisons économiques et sociales peuvent expliquer un tel résultat. Jadis, la ville affichait une prospérité enviable fondée sur une présence industrielle qui faisait le pendant à une agriculture dont l’essor dépendait déjà d’une main d’œuvre étrangère. Mais depuis plusieurs années, et la dernière mandature de droite n’a fait que précipiter le mouvement, Moissac perd pied. Conséquences : aux difficultés économiques s’ajoutent des problèmes sociaux de plus en plus lourds. Le RN, comme partout où il s’implante, en a fait son fond de commerce. Les Moissagais verront vite que la marchandise est frelatée. Il ne suffit pas de quelques coups de menton bien appuyés, pour redresser une situation, attirer des investisseurs et redonner espoir.

D’autres raisons ont présidé à la victoire du RN. Le « dégagisme » à la mode aussi sur les bords du Tarn, n’y est pas étranger. Mais la division encore plus sûrement ! Nous avions très tôt tiré la sonnette d’alarme. Nous avions dès 2019 proposé le rassemblement, de la gauche à la droite sur un véritable projet municipal. Notre démarche fit long feu. Après le premier tour, dont les résultats ont confirmé sans contestation possible, toutes nos craintes, nous avons à nouveau appelé à un Front républicain. Pas un rabibochage aux relents de tambouille politicienne. Mais un accord de fusion dans une même liste dont le programme et les candidats témoigneraient de cette volonté de rassemblement. Hélas, forte d’un score qui la mettait pourtant très loin derrière le RN, pétrie de certitudes, la liste TEMS a refusé tout net. Manque de lucidité, de courage politiques ? « Errare humanum est, perseverare diabolicum »

Pour ce qui nous concerne, l’élection d’un disciple de Marion Maréchal Le Pen ne sonne pas la fin de la partie. Nous n’avons pas l’intention de rester sur le banc de touche.

« Moissac naturellement »

Lundi 29 juin 2020

Afin que nul n’en ignore

Mentir par omission, c’est mentir. Le quotidien régional s’en est fait une spécialité, surtout quand il parle des gens qu’il déteste. Et ils peuvent être nombreux ! Donc, dans la dernière livraison du dit journal, un encadré évoque les prises de position de personnalités ou de partis, dans l’élection moissagaise. Sont cités toutes et tous ceux qui d’une manière ou d’une autre s’opposent au RN et à son candidat. Tous, sauf « Moissac naturellement » qui demeure, en dépit de son échec du premier tour, un collectif auquel près de dix pour cent des moissagais ont manifesté leur confiance et la République en marche 82. Chacun de leur côté, et en toute indépendance ainsi qu’il en a toujours été, le collectif et le parti ont appelé les électeurs à dire non au RN, à manifester par leur vote leur refus de voir s’installer à la mairie de Moissac, un homme et un parti, étrangers à l’histoire de notre ville et qui à coup sûr la conduiraient dans le mur. (Qu’on lise ici le communiqué de « Moissac naturellement » et celui de « Larem 82″)

Mais de cela, le quotidien ne souffle mot. C’est ballot ! Vive la démocratie, avec ou sans le dit journal!

 

Communiqué Moissac Naturellement

A la veille de ce second tour de l’élection municipale, nous appelons les Moissagaises et Moissagais à dire non au Rassemblement National et à son candidat. L’idéologie qu’il porte est incompatible avec les valeurs que nous avons défendues pendant la campagne et qui constituent le socle de notre engagement citoyen. Soyons fidèles à l’histoire de notre ville qui n’a jamais transigé sur l’essentiel, notamment sur les valeurs républicaines.

Dans le contexte politique local et face aux difficultés de tous ordres que Moissac connaît, un large rassemblement, une sorte de Front républicain s’imposaient. Nous l’avons inlassablement appelé de nos vœux. Nous n’avons pas été entendus. Nous le déplorons. Pour autant, nous restons déterminés : non au RN et à ses nostalgies!

Moissac le 24 juin 2020

« Moissac naturellement »

Communiqué  La République en Marche 82

 

Second tour de l’élection municipale à Moissac 

Dire non au Rassemblement National

A la veille de ce second tour de l’élection municipale, fidèle à ses valeurs, attachée à la défense en tous lieux de la démocratie, prônant le rassemblement au service de la nation, La République En Marche 82 appelle tous les électeurs, dans toutes les communes où le Rassemblement National, et ses épigones demeurent en lice, à lui faire barrage.

Le RN tente à la faveur de ces élections, à Moissac comme ailleurs, à Perpignan par exemple, de se donner l’image d’un parti comme les autres, ouvert même à d’autres sensibilités. Il n’en est rien. Il avance masqué, mais n’a rien abdiqué de son idéologie contraire aux valeurs de notre République faite du rejet de l’autre, d’un refus des solidarités, d’un mépris pour la culture.

Lundi 22 juin 2020

L’équipe départementale de La République En Marche 82

Une histoire moissagaise (suite)

Par ces temps covidés, agités, déboussolés, le révisionnisme fait flores. Je ne parlerai pas des déboulonneurs de statues, des « intellectuels » dont la pensée a sombré dans les abîmes de la mauvaise conscience, des starlettes et autres artistes qui n’ont souvent pas grand-chose à réviser, ni même de ces politiques qui en mal de cause nouvelle, voient dans le moindre zéphyr contestataire la cause d’un peuple depuis longtemps perdu de vue.

Triste époque où le révisionnisme est aussi localement tendance. Un récent article du quotidien régional consacré à la situation électorale à Moissac, en donne si je puis dire une nouvelle illustration. Chacun sait que le plumitif de service ne veut à mes amis et à moi même que du bien, c’est pourquoi il s’attaque d’abord à l’ancien maire socialiste pour l’exécuter d’une formule lapidaire : « il a préféré offrir la ville à la droite ». Pour oser pareille conclusion, il faut être amnésique ou aux ordres, ou les deux ! La défaite de Jean Paul Nunzi en 2014 ne fut que l’épilogue d’un long conflit au sein de la majorité de gauche. Dès 2012, les élus PRG rompirent le pacte majoritaire, refusant même de voter le budget en fin de mandat. L’objectif était clair, faire tomber le « vieux » ! Ainsi en avait décidé le grand manitou du radicalisme cassoulet, qui enrôla derechef son journal dans ce combat. Pendant deux ans, le quotidien tapa à bras raccourci sur le maire en place, usant de toutes les vieilles ficelles que n’aurait pas boudé la Pravda. Le PRG fit donc liste à part. Jean Paul Nunzi ne voulut pas céder au dictat. On connaît la suite. Les électeurs sanctionnèrent les deux.

Mais revenons à 2020. C’est mon tour. Le journal de la Démocratie, dont on ne sait pas au juste pour qui il roule, a manifestement un problème avec les faits. J’ai dès 2019, ne lui en déplaise, lancé l’idée d’un rassemblement allant de la droite à la gauche. Cette proposition, dont le seul objectif était de faire pièce au RN, s’adressait à E Hemmami comme à M. Baulu. Elle se solda par un échec. On peut en lire le détail en cliquant ici. Malheureusement, le premier tour de la municipale, en mars dernier valida nos analyses. Le RN manqua de peu l’élection. Bien que n’étant pas qualifiés pour le second tour, et pensant qu’il n’est jamais trop tard, mes amis et moi, avons alors relancé l’idée d’un rassemblement, un Front républicain, de la gauche à la droite, avec Hemmami et Baulu.  Pas pour nous refaire la cerise, ou tenter je ne sais quelle manœuvre de contournement. Juste pour rassembler, pour permettre aux électeurs de retrouver confiance dans l’avenir. Refus catégorique de Tems. Dès lors, j’ai indiqué à Maryse Baulu, que cette démarche, amputée sur sa gauche, perdait tout son sens. Exit le Front républicain ! Exit Valles et son équipe.

Voilà pour les faits. Mais comme on connaît ses saints on les honore. Qu’on me permette donc d’aller un peu plus loin. Pourquoi cet acharnement de la Dépêche à nier les évidences ? A taire l’attitude de Tems qui n’a jamais voulu entendre parler de quelque rassemblement que ce soit ? Pour une raison simple : il faudra au lendemain du 28 juin, trouver un responsable, voire un coupable. En 2014, la droite a gagné, c’est la faute à Nunzi. En 2020, si  le RN l’emporte, ce sera la faute à Vallès. La Dépêche prépare ainsi les esprits et cherche à réécrire la petite histoire moissagaise.  Mais les faits sont têtus. On saura le lui rappeler. Et rappeler à chacun ses aveuglements. Ce n’est pas la fin de l’histoire!

PS: je suis l’ancien directeur du Pôle sud ouest de France3 (message personnel au grand quotidien qui est si souvent fâché avec les faits…)