La fête à Firmin

IMG_8341La Préfète, le Sous-préfet qui vient d’arriver de Dordogne, le directeur régional des affaires culturelles, le Président de la Communauté de communes,  la conseillère départementale en charge de la culture, le maire de Castelsarrasin, les directeurs de la Banque Occitane et de l’enseigne Leclerc, des descendants de Firmin Bouisset, les membres de l’association… il y a avait du monde, beaucoup de monde,  vendredi 3 septembre pour l’inauguration officielle de l’Espace Firmin Bouisset, à la Maison d’Espagne à Castelsarrasin.

Ce musée est en fait ouvert au public depuis le mois de juillet. Succès immédiat ! La fréquentation s’annonce bonne, répondant aux attentes de ses concepteurs, Annie Claude Elkaim et François Sikic.

A en croire les commentaires, sur le livre d’or ou de bouche à oreille, l’endroit séduit, enthousiasme même par sa beauté, sa scénographie, son intérêt pédagogique. Lieu de médiation, il accueille aussi des publics spécifiques, « empêchés » selon la terminologie en vigueur. Il s’agit en fait des populations qui ont un accès difficile aux différentes formes d’expression culturelle.

L’ouverture au monde scolaire, avec un matériel pédagogique spécifique, fait aussi partie des objectifs de cet espace, qui entend, c’est ce qu’a précisé la présidente de l’association, compléter son dispositif par la création d’un pôle événement, autour d’expositions temporaires, d’ateliers, de rencontres artistiques… Mais Annie Claude Elkaim, a également souligné la place et le rôle des collectivités locales et de l’Etat, sans lesquels le modèle économique de ce lieu ne serait pas tenable.

IMG_8339Bref, sous des cieux cléments, avec une assistance aux anges, ce fut une bien belle soirée, qu’Henri Ena, historien et « découvreur » de Bouisset n’aurait pas boudée. Et comme cela a été souligné à plusieurs reprises, un tel projet ne pouvait prendre corps, c’était peut-être écrit, que grâce à un exceptionnel « alignement des planètes ».


Mauvaises polémiques

Les Talibans sont de retour en Afghanistan. A peine le retrait américain était-il engagé, qu’ils passaient à l’offensive, reprenant sans quasiment coups férir la totalité du territoire. Kaboul dont les experts disaient qu’elle serait le dernier bastion du gouvernement en place est tombée comme un fruit mûr. Le président du pays avait pris ses précautions, fuyant piteusement dans un des émirats du golfe. On connait la suite. Les hélicoptères de l’armée américaine qui tentent de récupérer les occidentaux en panique, Des centaines d’Afghans, candidats au départ qui s’accrochent aux avions sur le tarmac de l’aéroport. Un air de déjà vu. C’était à Saïgon au siècle dernier!

La France avait anticipé autant que faire se peut cette victoire des fondamentalistes. Voilà des semaines que des avions commerciaux ou militaires rapatrient nos compatriotes, mais aussi tous les afghans ou afghanes, au total plus de 1400, qui avaient travaillé pour nos troupes ou nos institutions éducatives ou culturelles. La France n’est donc pas restée inerte, soucieuse de ne pas reproduire le comportement indigne qu’elle eut avec les harkis pendant la guerre d’Algérie.

Pour autant, les contempteurs  de Macron tentent de le mordre au mollet, décrétant que la France a vocation à accueillir toutes celles et ceux qui veulent tenter leur chance en Europe. 

Voilà le gouvernement sommé d’ouvrir grand ses frontières, sans même prendre le temps de se concerter avec ses voisins, l’Allemagne entre autre qui n’a pas oublié l’épisode des réfugiés syriens en 2015. Cette gauche tricolore, une certaine gauche, toujours en retard d’une guerre, toujours en mal  d’une cause, chicane même le président sur son vocabulaire. Parler de « flux migratoires » serait bien la preuve de l’inhumanité de Macron, » le banquier, le président des riches ». Faudrait-il alors mettre dans le même sac le président de l’association « Action contre la faim », qui sur cette même question s’autorisait dans une interview à France Inter les mêmes mots?

Décidément ce pays a besoin de polémiques aussi ineptes qu’improductives. En ce qui concerne l’Afghanistan, notre engagement passé nous impose d’aider toutes celles et tous ceux, intellectuels, artistes, enseignants, et principalement les femmes, qui ont de bonnes raisons de se sentir menacés par les obscurantistes de tous poils. Mais l’accueil de réfugiés, n’en déplaise à certains maires soucieux d’afficher sans frais leur générosité, suppose des dispositifs complexes. Et ils le savent bien. En premier lieu, l’accés à un logement. Difficile en ces temps de pénurie de logements sociaux!  L’apprentissage de la langue, la formation professionnelle s’avèrent aussi nécessaires pour trouver un emploi. Faute de quoi on condamnerait ces migrants à une errance sociale dont on connait les effets délétères y compris dans les zones « d’accueil ». On doit donc sur ces questions agir avec discernement. Choisir le camp de la raison plutôt que celui de l’émotion! Surtout quand elle est grosse d’arrières pensées! 

Le prix de l’eau

Cette rivière s’appelle la Barguelonne. On la voit ici à proximité de l’ancien moulin installé sur la commune de Montesquieu. Le petit pont à partir duquel a été pris la photo était pendant la guerre de 100 ans la frontière entre les royaumes d’Angleterre et de France. C’est aujourd’hui pour les plus téméraires ou les plus nécessiteux un lieu de baignade par grosses chaleur. IMG_8307Mais il faut une certaine dose d’inconscience pour piquer une tête dans un tel bouillon de culture. Depuis quelques jours les algues prolifèrent à foison, tandis que les berges s’ourlent d’une mousse à l’origine indéfinie faute d’analyse un peu sérieuse.

L’ARS (l’agence régionale de santé) procède pourtant régulièrement à une analyse de l’eau, celle que vendent les syndicats des eaux, en l’occurrence pour cette portion du territoire Tarn-et-garonnais, le SMEP sis à Golfech  et qui fournit quelques 40 000 abonnés. Dans son dernier bulletin de santé, l’ARS note une présence trop importante de pesticides dans l’eau de nos robinets, tout en s’empressant de nous rassurer, nous les consommateurs. Fin de l’alerte pour l’agence gouvernementale. Pourtant, il ne faut pas être grand clerc pour trouver la responsable: l’agriculture! Ce sont les agriculteurs qui utilisent les pesticides, qui lessivés par les pluies descendent dans la nappe phréatique et polluent les eaux de captage. Selon l’ARS tout est désormais rentré dans l’ordre. On tente de la croire. Mais les algues? Pas les pesticides, non, pour le coup ce sont les nitrates qui sont en cause.  Les nitrates très présent dans les intrants agricoles, les engrais si vous préférez.

Cela veut donc dire que les agriculteurs ne tiennent pas leurs engagements. Pesticides en quantité pour les fruits ou les céréales, nitrates dans les sols pour les grandes cultures… il y a encore loin de voir s’installer une agriculture totalement vertueuse, même s’il faut lui reconnaître quelques efforts. Le GIEC vient de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme à propos du réchauffement climatique. Il dénonce aussi, avec les organismes onusiens, la perte d’une partie de la biodiversité. A ce train les choses ne vont pas s’arranger et pourtant le temps presse. Mais plus prosaïquement, pour pouvoir boire une eau potable, il faut multiplier les opérations de traitement. Longues et chères! De quoi faire grimper le prix du mètre cube!Une fois de plus le consommateur est piégé. Et pourtant, il existe un principe simple, faire payer les pollueurs, pour qu’ils cessent de polluer.  Voilà notre nouvelle frontière!

La java des poteaux

A Montesquieu on attend toujours la fibre qu’on nous avait promise pour l’an dernier. Aujourd’hui, la maire de la commune est incapable de dire quand les foyers seront raccordés. Nous voilà soumis au bon vouloir des fournisseurs d’accés, Orange, SFR et quelques autres. Le département paie, et les opérateurs font comme bon leur semble. Mais cette question de la disponibilité du signal serait presque anecdotique au regard du maquis juridique et administratif qui s’est installé dans nos vertes campagnes.

La fibre est en souterrain sur une partie du territoire intercommunal. Elle passe en aérien dans les campagnes, accrochées aux poteaux téléphoniques. Et là, bienvenue dans le monde de Kafka! Le long du chemin communal, des poteaux de toute taille, de toute nature, ciment, bois et métal, se disputent l’espace, se tirent la bourre dans une sarabande d’ivrognes sur le point de perdre l’équilibre, gâchant définitivement le paysage. A quoi sert donc d’enterrer les lignes électriques de moyenne tension, si on n’est pas capable de mettre un peu d’ordre dans le reste. Car la France est ainsi faîte que des boîtes, fussent-elles à capitaux publics, comme l’électricité ou le téléphone, ne se parlent pas, ne cherchent pas la solution qui préserverait l’environnement et la beauté de nos campagnes. A chacun ses poteaux, à chacun ses câbles, petits ou gros, et plus ou moins tendus. Il est même des endroits sur la commune, où les fils sont à terre, décrochés par un méchant coup de vent, ou l’imprudence d’un engin agricole. Mais personne ne semble en avoir cure!

J’ai alerté la maire de la commune qui m’a avoué son impuissance. Ces boîtes dites de service public, font ce qu’elles veulent, quand elles veulent et ne répondent pas aux élus qui financent pourtant une bonne partie de leurs activités. Cela n’est pas tolérable. Elles doivent rendre compte de leurs interventions dans nos territoires. Elles ne sont pas simplement comptables du signal électrique qu’elles nous proposent, elles doivent préserver nos campagnes et sécuriser nos approvisionnement. Que va-t-il se passer demain lors du prochain orage avec une fibre juchée sur des poteaux branlants? On connait la réponse. Il est urgent que la puissance publique, commune, intercommunalité ou département qui en l’occurrence est le maître d’ouvrage, reprennent la main.

Un triste 14 juillet

Pas de Marseillaise, pas de feu d’artifice non plus le soir venu. Moissac a eu le 14 juillet penaud et triste. Juste quelques soldats, venus de Castelsarrasin pour marquer le coup, lors d’une cérémonie, c’est le cas de le dire, sans tambour ni trompette. Ne cherchez pas trop loin la raison. C’est le maire frontiste de Moissac qui en a décidé ainsi. Courageux, mais pas téméraire, il s’est pourtant défaussé sur les militaires qui interrogés, ont clairement expliqué qu’ils n’y étaient pour rien, la décision appartenant à la mairie.

Une fois de plus Moissac se distingue quand partout en France, la prise de la Bastille donne lieu à des commémorations républicaines dignes de ce nom. La députée PRG de la circonscription, flanquée de son assistante parlementaire et depuis peu vice-présidente de la région Occitanie n’ont pipé mot, ni publiquement, ni sur les réseaux sociaux où elles sont souvent plus prolixes. Heureusement, il y eut trois citoyennes de Moissac pour faire entendre le chant des Marseillais. Comme un petit acte de bravoure.  A capella s’il vous plait !

Mais pourquoi à Moissac un 14 juillet du pauvre ? La covid ? Le manque de personnel ? Le manque d’argent ? Que nenni ! On ne s’est pas interrogé longtemps. Il suffisait quelques heures plus tard de tomber sur un twitt du maire. Il souhaitait à ses ouailles une bonne fête de la Fédération. Et oui, il y a le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille et le 14 juillet 1790, la fête de la Fédération, à laquelle assista Louis XVI, promu pour quelques temps, roi des Français. Deux évènements et deux lectures de la Révolution française. Décidément, les frontistes veulent faire bande à part, quitte à faire douter de leur attachement à la République. Vous venez de dire douter ? Comme vous y allez !