Qui sera candidat aux départementales de mars prochain à Moissac? Aujourd’hui le jeu est ouvert comme disent les amateurs de rugby. On peut cependant risquer quelques hypothèses que la rumeur, les confidences savamment distillées nous autorisent à émettre. A droite, l’UMP qui se sent le vent en poupe aura à coeur de transformer sa victoire des municipales. Jean Luc Henryot, le fils du maire et par ailleurs adjoint en charge de la sécurité, affiche déjà ses ambitions. Ce n’est pas nouveau, il fut naguère candidat. Le Front national qui tente lui aussi de prendre le vent, sera à n’en pas douter candidat. Son leader, Patrice Charles, devrait payer une fois de plus de sa personne. Ave l’espoir de faire mieux qu’aux municipales.
A gauche, il devrait y avoir du monde, au premier tour tout au moins. Le Parti de Gauche qui rejette en bloc la politique du gouvernement et celle de la gauche moissagaise, toutes étiquettes confondues, pourrait bien faire un tour de piste. Et puis il y a le PRG, pour qui l’enjeu est de taille. La perte de quelques cantons, dont celui de Moissac, qui n’en fait plus qu’un (*) pourrait lui être fatale. C’est dans ces cantons là que risque de se jouer le sort du président Baylet. C’est pour cette raison, et peut-être pour quelques autres plus personnelles, que Pierre Guillamat devrait jeter l’éponge et se consacrer à sa chère étude. C’est donc Guy Michel Empociello, le sénéchal de la maison Baylet qui devrait s’y coller, une fois de plus. Mais conseiller sortant, il n’incarne pas vraiment le renouvellement. Il est aussi celui qui a introduit le ver dans la gauche moissagaise, avec les conséquences que l’on sait. Du coup, les socialistes, les divers gauche, les écologistes pourraient bien récuser ce compagnonnage et donc faire bande à part. Franck Bousquet est sur les rangs.
De son coté, la Fédération du PS a décidé de rencontrer ses traditionnels partenaires de gauche, histoire de trouver un accord électoral, canton par canton. Une perspective inenvisageable à Moissac où les plaies sont loin d’être refermées.
*Le canton de Moissac : Moissac, Lizac, Montesquieu.
Les miasmes d’après sénatoriales
Bon, les chiens sont lâchés. la Dépêche titre sur une affaire de corruption qui concernerait le sénateur Collin. Yvon Collin, vous savez, celui qui a battu JM Baylet, son ancien ami et compagnon de PRG. Prolixe tout à coup, le quotidien donne des détails, cite des noms, évoque même les loges maçonniques, nous ouvre les portes d’un monde où les petits arrangements entre amis (PRG) seraient monnaie courante. Est-ce possible?
A ce stade, difficile de se prononcer, de dire qui dit vrai des accusateurs (de l’accusateur) et du sénateur qui dément tout en bloc « la tête sur le billot ». Ce qui est sûr, c’est que cette affaire sort opportunément, quelques jours après que JM Baylet a perdu son fauteuil au Palais du Luxembourg. On sait qu’il a la défaite amère et qu’il ne cache pas son intention de régler des comptes. Avec ses anciens amis, avec les socialistes aussi. il n’hésite pas à se répandre contre Valérie Rabault, la secrétaire fédérale du PS qu’il rend responsable de tous ses maux. L’homme ne serait plus que bruits et fureurs, jusqu’à menacer ces jours derniers de quitter le gouvernement. Mais à fâcher tout le monde, le président du Conseil général pourrait bien connaître d’autres déconvenues. La droite a aujourd’hui le vent en poupe. Elle s’apprête à donner l’assaut au Château et du coup à devenir hégémonique dans le département. La gauche n’a plus beaucoup de temps pour se ressaisir et construire, y compris avec le PRG, une alternative crédible au système Baylet.
Régions : le big bang de Valls
La réforme régionale est la « mère des réformes ». Manuel Valls, le premier ministre l’a dit à Toulouse, en clôture des travaux de l’Association des régions de France, reprenant en cela un mot de son président, Alain Rousset, par ailleurs à la tête de la région Aquitaine.
Le premier ministre a confirmé le re-découpage à 13 régions, tout en concédant des discussions encore possibles. Le calendrier est désormais clair : présentation devant le Sénat, le 28 octobre du texte sur la réforme régionale, et vote du parlement en janvier-février.
Mais au delà du re-découpage, le premier ministre, qui a entendu les messages des élus régionaux réunis depuis deux jours au Centre des Congrès de Toulouse, a fait quelques annonces lourdes de conséquences.
Les régions disposeront de la compétence économique exclusive. C’est très important. C’est dire, comme le souhaitait fortement Alain Rousset, qu’elles seront le seul interlocuteur des entreprises et qu’elles porteront les politiques de développement. Pour leur faciliter la tâche, elles pourront disposer de ressources spécifiques, avec la mise en place d’une fiscalité économique identifiée. Par ailleurs, si l’état n’entend pas doter chaque région à l’identique, il versera une dotation globale afin que soient mises en place des politiques régionales en cohérence avec la politique nationale. En clair, l’état veut mettre de l’ordre dans ses interventions. Pour autant, les Contrats de plan ne seront pas remis en cause. ce sont quelques 12 milliards d’euros qui tomberont grâce à ce dispositif dans l’escarcelle des régions. Et pour mieux coordonner l’action des régions, mais aussi des autres collectivités territoriales avec celle de l’état, Manuel Valls propose une rencontre annuelle, en septembre. D’ores et déjà, dans le domaine de l’innovation, deux à trois expérimentations bénéficieront de l’aide de l’état qui a bien compris tout l’enjeu de la recherche et de la formation à l’échelle des territoires. La formation, l’apprentissage, deux terrains de jeu sur lesquels les régions excellent et revendiquent là aussi le droit à l’innovation. Message entendu par le premier ministre. Enfin cette autre annonce, très importante pour les régions rurales, les aides à l’agriculture qui devraient prendre effet dès janvier 2015.
Une fois éteints les feux du Congrès, certains grands élus ne cachaient pas leur satisfaction, peut-être un peu inquiets du big bang en chantier, mais séduits par les annonces de Manuel Valls. Comme Alain Rousset qui a fait valider ses propositions, comme Jean Paul Huchon aussi, le président d’Ile de France.
Elections départementales. 22/29 mars 2015. 1
Il s’agit des anciennes élections cantonales. A Toulouse le premier ministre l’a précisé. ces élections auront lieu les 22 et 29 mars 2015, sur la base des nouveaux cantons et des nouvelles règles qui veulent que dans chaque canton il y ait un binôme, un homme et une femme, et deux suppléants. En Tarn et Garonne, les électeurs seront convoqués dans 16 cantons. Moissac forme désormais un canton unique avec les communes de Montesquieu et Lizac.
Et les ray ban aviator?
La mairie de Moissac vient d’offrir, c’est Noël avant l’heure, un véhicule 4-4 aux policiers municipaux. Avec gyrophare, sirènes et lumières clignotantes. A croire que la bonne vieille kangoo faisait trop ancien régime, antiquité démodée, pas raccord avec les feuilletons américains dont nous abreuvent les télés, pas raccord surtout avec la volonté de la droite moissagaise d’afficher sa préoccupation sécuritaire.
Un policier ça pose et ça en impose. Et question look, on ne peut faire mieux que les Etats Unis qui exportent partout leurs codes et leurs normes. Voilà donc nos policiers équipés de pieds en cap, avec radio et tout le tintouin. Manquent juste les pistolets. Il y a gros à parier que le FN qui ne rate pas une occasion de surenchérir sur la question, va derechef les réclamer.
Avec les Vigilants, ces citoyens sensés surveiller leur quartier, et dont on n’entend guère parler, avec des policiers équipés comme à Chicago, la délinquance moissagaise n’a qu’à bien se tenir. A cet égard, on sera attentif au rapport de la gendarmerie, histoire de voir si derrière l’affichage publicitaire il y a du résultat.