Peur sur la ville

Le document est sobrement mais très explicitement intitulé « Questionnaire sur le sentiment d’insécurité. Ville de Moissac ». Vous ne l’avez pas encore reçu? Il est pourtant disponible, il provient d’une officine spécialisée. Le client est à l’évidence la mairie de Moissac qui se justifie en expliquant qu’elle a voulu donner suite à une proposition du CLSPD (Comité local de sécurité et de prévention de la délinquance). Et voilà que la même mairie en rajoute en signant avec le sous préfet et la gendarmerie une convention censée cadrer (entre autre) l’action des citoyens « référents ». L’appel à volontaires s’était fait lors d’un meeting, au Hall de Paris.

Il parait que ces vigilants ou référents (la sémantique n’y change pas grand chose) sont déjà 43 sur toute la ville. On a cependant du mal à comprendre leur rôle précis, même si le quotidien local s’évertue à en faire des pédagogues de la sécurité, une sorte de phalange anti-cambriolages. Et dans sa croisade, le quotidien en question, soudain converti aux thèses sécuritaires de la majorité municipale, dénonce l’augmentation de la délinquance… en 2013! Et 2014? Pas de chiffres! Vous avez dit bizarre?

Bref, Moissac aurait peur. Ses édiles tentent de l’en convaincre, pour lui faire mieux accepter les dispositifs sécuritaires  qu’ils mettent en place. Peut-être préoccupés, voilà nos concitoyens en tout cas occupés pour l’hiver. Alors que la ville dépérit -les commerces continuent de fermer-  alors que l’agriculture doit affronter de nouveaux maux, que le tourisme connait une sérieuse baisse de régime, alors que le développement de l’hôpital est incertain, celui du lycée tout autant, la droite a lancé ses fumigènes, et tente de masquer la dure réalité de notre ville! On la comprend, sur ces dossiers, elle est sans idée, sans projet, et peut-être même, ce qui est pire, sans volonté.

Pour avoir un aperçu : cliquez sur ce lien : Questionnaire Se?curite? Moissac

Le cadeau de l’UMP au Conseil Général

Lors de la séance d’octobre du Conseil municipal, plusieurs dossiers techniques n’appelaient pas débats particuliers. Ils ont donc été votés avec l’appui de l’opposition Divers gauche. C’est le cas de l’OPAH qui poursuit son bonhomme de chemin, de divers aménagements et même des subventions  aux écoles de sports…  A Moissac, les PV seront désormais électroniques (plus de papillon sur vos pare-brise, et le stationnement sera gratuit samedi, dimanche et jours fériés.

Mais le gros de la soirée fut consacré à la caserne des pompiers. (Voir article précédent « Le prix de la caserne des pompiers »)

On peut schématiquement résumer les débats en deux chapitres.

Sur la légalité.

La majorité UMP estime ne pas être tenue par la loi de 1996 qui attribue la responsabilité du secours incendie au Conseil général. Elle se réfugie derrière des textes qu’elle ne connait pas, voire derrière l’exemple de Grisolles qui a accepté de payer une partie de sa caserne de pompiers. Il n’empêche, la majorité se trompe et force la loi à défaut de la violer.

Sur l’opportunité.

C’est bien là la vraie déculottée d’une majorité qu’on aurait pu imaginer mieux trempée. Elle plie , à six mois des élections départementales, devant les oukases du CG expliquant pèle mêle qu’il y va de l’intérêt des pompiers et des Moissassais, que le temps presse, qu’elle a obtenu des contre-parties (la restitution de l’actuelle caserne ou encore – ne pouffez pas- la construction d’un rond point… ) Pour au final admettre que la Communauté de communes ayant dit oui à Baylet, Moissac ne se voyait pas faire bande  à part. La majorité a donc voté avec l’aide des Radicaux un budget de 300 000 euros pour la caserne qui sera installée dans la zone inter-communale de Fleury, sur un terrain donné pour l’euro symbolique. Le cadeau est de taille, au moment où les capacités d’investissement des communes se réduisent comme peau de chagrin. Moissac aurait pu utiliser cet argent ailleurs, pour développer l’activité de la ville qui en a bien besoin. Moissac aurait du tenir la position qu’elle a toujours défendue, sous la précédente municipalité. Et demander au CG de faire ce qui lui incombe!

A propos d’un questionnaire sur le sentiment d’insécurité…

L’opposition divers gauche l’a dénoncé sous toutes les coutures, fond et forme.  Un document anonyme,  pas signé, pas expliqué, aux questions orientées. Le maire a cherché à se réfugier derrière le CLSPD (Comité de prévention de la délinquance). Il a aussi expliqué que ce questionnaire émanait d’une officine spécialisée… bref que ce travail était bien fait.   Mais on veut croire que gendarmerie et police, sans parler du bouche à oreille,  dans une petite ville comme Moissac,  suffisent à renseigner sur l’état d’esprit de la population, sur les secteurs en difficultés.  Y avait-il besoin d’un tel questionnaire? La réponse est non!

Le document sera disponible à l’entrée des lieux publics.  Il veut prouver que la mairie UMP s’agite sur le front sécuritaire, qu’elle prend en compte les « souffrances » de la population. Le brouet sécuritaire pourrait très vite donner la nausée à une bonne partie de la population moissagaise.

A propos des travaux des lycées, d’enseignement général et technique…

Rien de nouveau, le Conseil régional s’est décommandé et a fixé une nouvelle réunion au 5 novembre. Le temps passe. Moissac ne saurait attendre plus longtemps. La région semble chercher des échappatoires, elle fut plus diligente pour investir sur le Lycée de Valence d’Agen.  Si en novembre les résultats tardaient à venir, il faudra bien que gauche et droite, la population moissagaise réunie, disent son fait à la Région M.P.  Moissac a besoin de lycées accueillants, bien équipés, à la mesure de leurs résultats scolaires,  à la hauteur des attentes de sa jeunesse.

Il fut aussi question de la Subvention à l’Ecole Jeanne d’Arc dont on a appris que 2 cages d’escaliers (sur 5) n’étaient toujours pas aux normes. Mais il parait que la Commission de sécurité n’y trouve rien à redire…

Fin de ce Conseil  vers 23 heures, où on l’on vit une fois de plus que la majorité UMP est sourde aux remarques et suggestions de bon sens, campant sur ses certitudes, arrogante avec son opposition, couchée devant le pouvoir départemental. Ainsi va le Tarn et Garonne!

Le prix de la caserne des pompiers

603174_18958513_460x306 A l’ordre du jour du Conseil municipal du jeudi 23 octobre, le financement de la nouvelle caserne des pompiers. Elle sera construite sur la zone intercommunale, un terrain offert par la collectivité. Budget estimé de la construction : 3 millions 245000 euros. Financé à 70% par le SDIS, le Service départemental d’incendie et de secours qui dépend du Conseil général. Les 30% restant seraient à la charge des 17 communes qui constituent le périmètre d’intervention des pompiers. Si ce montage était accepté, Moissac verserait, tous calculs faits, près de 300 000 euros, payables en trois annuités.
On peut comprendre les besoins, et la nécessité de doter nos soldats du feu de locaux modernes et opérationnels. Mais pourquoi Moissac (et les autres communes) devraient-elles payer ce qui est de la compétence exclusive du département? Il y a déjà quelques années que le Président du Conseil général de Tarn et Garonne, presse les élus de Moissac de mettre la main au porte monnaie. Jean Paul Nunzi en sa qualité de maire s’était régulièrement opposé à cette demande, Moissac n’ayant ni les moyens, ni l’envie de passer outre la loi. Mais pourquoi Moissac qui a changé de municipalité vole-t-elle maintenant au secours du C.G.? Pourquoi ceux qui pendant la campagne électorale des municipales dénonçaient son comportement, rendent-ils les armes? Pour se mettre dans les petits papiers de son président? Pour ne pas déplaire aux autres membres de la Communauté de commune que l’on sait depuis longtemps prêts à céder aux desiderata de J.M. Baylet?
La décision est surprenante. La majorité UMP de Moissac, sitôt élue, a baissé pavillon. Ses électeurs jugeront!
Mais que dit la loi sur le financement des casernes de pompiers?
C’est une loi de 1996 qui fixe les compétences dans ce domaine. Elle est claire. Les casernes, les pompiers sont de la responsabilité exclusive des SDIS, donc des Conseils généraux. En 2009, interrogé par la députée du Jura, Marie Christine Dalloz, le Ministère de l’Intérieur confirmait la lecture du texte : « S’agissant des possibilités de cofinancement des opérations immobilières décidées par le SDIS, si aucune disposition législative ou réglementaire ne permet au SDIS d’exiger des collectivités une participation financière aux opérations de constructions de casernes, en revanche, rien n’interdit à une commune d’apporter, si elle le souhaite, un financement supplémentaire au SDIS sous forme de subventions afin de réaliser une telle opération d’investissement ».
Alors, on repose la question, pourquoi Moissac est-elle tout-à-coup disposée à faire le sacrifice de 300 000 euros au seul bénéfice du Département? La majorité UMP de la ville aurait-elle déjà vendu la peau de l’ours, persuadée peut-être que ses amis contrôleront dans quelques mois le Conseil Général?

La com-com embauche et verrouille

La communauté de communes Castelsarrasin-Moissac, qui compte aussi les communes de Montesquieu, Lizac, Boudou et Durfort et qui n’a toujours pas de nom malgré les assurances de son exécutif, embauche. Trois fonctionnaires territoriaux seront prochainement recrutés : une secrétaire (pourquoi pas « un »?), un spécialiste des marchés publics et une personne en charge des ressources humaines. Il est vrai que 28 personnes travaillent déjà pour cette structure, dont les compétences vont s’élargir et qui aura donc des besoins. Au dire de son président, Bernard Darguy, ils seront comblés par une mutualisation accrue des personnels de Moissac et de Castelssarasin.
Par ailleurs, la maison de l’intercommunalité prend forme. Elle devrait même être achevée début décembre. Elle sera inaugurée avant les fêtes de fin d’année, en présence des personnels.
A l’ordre du jour de la réunion du Conseil communautaire du 20 octobre: l’adoption du règlement intérieur pour lequel la majorité n’a accepté aucun amendement, aussi minimes soient-ils, ce qui interroge sur son esprit d’ouverture. Et comme la réforme territoriale n’est pas encore passée par nos contrées, il a été décidé d’envoyer au Syndicat mixte des trois provinces, 8 représentants. Ce syndicat, le saviez-vous, élabore le SCOT, le Schéma de cohérence territoriale.(*)
On empile, on empile, on empile! A tel point qu’on trouve toujours les mêmes dans des rôles à peine différents.
(*) »Le syndicat mixte des Trois-Provinces Languedoc-Quercy-Gascogne a pour objet de constituer une organisation territoriale d’élaboration et de mise en œuvre d’une stratégie commune de développement durable. Il a pour but d’assurer la cohérence et les complémentarités des projets et des politiques territoriales, en renforçant notamment la coopération entre les acteurs publics et privés du territoire. Voilà pourquoi il est maître d’ouvrage du Scot ». Sans commentaire!

Le sabre de bois du PRG

Les Radicaux ne quitteront pas le gouvernement. ils ont, disent-ils, obtenu ce qu’ils voulaient. Officiellement, pour leur laisser une porte de sortie Manuel Valls n’a fait aucun commentaire. Rien en vérité. Le maintien des départements ruraux était réglé depuis longtemps et le reste n’est qu’un habillage pour permettre à JMB de ne pas sortir à poil de la séquence qu’il a lui même ouverte.
On se souvient : l’échec au sénatoriales, sa première défaite dans un scrutin qui à priori lui était favorable! Et sa grosse colère qui n’est toujours pas retombée. Colère contre les socialistes qui seraient les artisans de sa déconvenue. A ce stade, ce n’est plus de l’analyse, c’est de la cécité!
Pour montrer ses muscles et son pouvoir de nuisance, JMB refait à Valls le coup du chantage, un coup gagnant la dernière fois. Mais cette fois, c’était la fois de trop. Au sein de son propre parti, de nombreuses voix se sont élevées, et non des moindres, pour dénoncer la méthode et annoncer par avance qu’il n’était pas question de quitter le gouvernement. Pour aller où d’ailleurs?
Les Radicaux resteront donc au gouvernement. Dans la majorité parlementaire, c’est moins sûr. On peut parier qu’ils auront à coeur, à telle ou telle occasion, de faire entendre leur dissidence. Mais, JMB ne pourra plus mener la fronde au Sénat. En fait, cette séquence raconte sa perte d’influence, auprès du gouvernement et de F. Hollande, mais surtout au sein de son parti. En quelques semaines, JMB semble avoir perdu la main. Ce qui rend d’autant plus périlleuse pour lui la séquence politique qui s’ouvre. Avec les départementales de mars 2015, il court le risque de perdre son dernier bastion d’importance, le Conseil général de Tarn et Garonne.