L’UMP existe, le PRG l’a rencontrée

A un mois de sa retraite, G.M. Empociello, conseiller général de Moissac, se confie à son journal favori. Et cette pseudo-interview révèle en creux l’échec d’une petite tactique politicienne dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences. Décryptage.

Après la victoire à la municipale de J.M. HENRYOT, les  deux élus PRG (l’autre étant P. Guillamat) s’étaient au final fait une raison.  Le mot d’ordre était alors « tout sauf NUNZI »! Du coup, ils avaient décidé de ménager le nouveau maire, d’où les articles sympas dans leur journal. Ils pensaient alors que J.M. Henryot n’irait pas plus loin et ne leur ferait pas de l’ombre au moment des départementales.

Raté. L’homme a pris goût au pouvoir, au risque d’ailleurs d’être accusé de cumul des mandats (maire, vice président de la Communauté de communes, conseiller général peut-être…) Le contexte politique étant ce qu’il est, voilà donc un candidat capable de leur ravir  Moissac (qui n’est plus qu’un canton) Et quand on sait que le sort du département risque de se jouer à un canton près, on comprend l’inquiétude d’Empociello.

Du coup, la lucidité venant avec le temps, pour les deux PRG, Henryot est maintenant l’homme de l’UMP, de Brigitte Barèges, le candidat de Montauban. Montauban qui veut tuer l’hôpital de Moissac et réduire la ville à presque rien. Du coup Henryot n’est plus qu’un homme sans projet,  qui sollicite le département pour déménager la police municipale et cherche dans la politique de la ville, donc auprès du gouvernement socialiste, une planche de salut.

Les deux compères du PRG se sont pris les pieds dans le tapis. Comment pouvaient-ils croire,  ou espérer, que l’UMP ne chercherait pas à pousser l’avantage? Trompé, cocufié en quelque sorte, G.M. Empociello a du mal à cacher son dépit. La sortie s’annonce en effet peu glorieuse. Et pendant ce temps Moissac dépérit, oubliée du Conseil général, dirigée par une équipe déjà fatiguée, confrontée aujourd’hui à des bisbilles qui en sapent le crédit.

Le bon choix

Les Moissagais vont pouvoir dire, les 22 et 29 mars prochain, qu’ils rejettent à la fois les héritiers d’un système départemental usé jusqu’à la corde, et les aides de camp de la maison Barèges. Ni PRG, ni UMP!

Le tandem, Franck Bousquet et Estelle Hemmami, porte les valeurs d’une gauche ouverte, décidée à en finir à Moissac avec la cuisine politique. Pour faire du canton de Moissac un territoire dynamique et solidaire, fer de lance de la communauté de communes « Terres de confluences ». Pour que notre ville prenne toute sa place dans le renouvellement démocratique du département.

Un Conseil sans grand intérêt

La réunion du Conseil communautaire a débuté comme à l’accoutumée. Un président qui  avale son propos, pressé d’en terminer avant d’avoir commencé, comme s’il avait peur de rater le dernier métro pour Lizac. Et un Front national qui ne manque pas une occasion de se manifester, faisant à tout bout de champ et à sa façon, la leçon de droit, vitupérant pour un oui pour un non, menaçant du tribunal administratif la moindre délibération… bref un élu en campagne et en transe, suite à un article du Point consacré au canton de Valence d’Agen, là où il se présente face à Jean Michel Baylet.

Mais tout cela n’est que pipi de chat au regard du fonctionnement de cette instance. Débats bâclés en une heure chrono. En fait, de débats, point! Juste des élus sommés de voter. De voter pour la forme, car la majorité communautaire est assurée à tout coup de la majorité. A la Communauté de communes, on ne débat donc pas, « on travaille ». C’est le mantra que récite en choeur l’exécutif communautaire, histoire d’endormir un peu plus une assemblée frileuse. Mais où travaille-t-on et comment?

L’ordre du jour de cette séance de février était une fois encore consacré à la gestion des affaires courantes: le montant des indemnités de déplacement des personnels, la correction de quelques bourdes pointées ici même dans la rédaction du règlement intérieur, l’autorisation de consentir des avances de subventions ici ou là… Et puis il y eut la question des emprunts. Bien anodine en apparence puisqu’il s’agissait de revoir la dénomination et le numéro SIRET de quelque trois emprunts contractés auprès de Dexia, le Crédit agricole et la Banque postale, le tout pour un montant de 3,5 millions d’Euros. Une paille! Des emprunts  assortis de taux d’intérêts bien au dessus de ceux  pratiqués aujourd’hui.

J’ai donc demandé, l’occasion est trop belle, qu’on renégocie ces fameux taux. Qu’on tente au moins de le faire. Et afin de bien démontrer la détermination du Conseil sur cette question, j’ai demandé qu’on inscrive cette démarche dans la délibération. C’est me semble-t-il faire cas des deniers publics, donc de l’argent du contribuable. La suggestion me paraissait, ainsi qu’à quelques collègues, de bon sens. Mais à croire que non! Le président refusa tout net de modifier la délibération, consentant seulement, après moult palabres et sur  intervention du maire de Moissac, à inscrire cette démarche au procès verbal de séance.

On peut dès lors s’étonner que la présidence et ses adjoints  n’aient pas pensé à demander une révision des taux d’intérêt, ce qui, compte tenu de la baisse du loyer de l’argent, est une possibilité offerte à tout un chacun. Ce dont ne se privent pas d’ailleurs les particuliers.

On peut aussi s’interroger sur le manque d’ouverture de l’exécutif, son obstination à ne rien changer aux textes proposés à l’approbation des élus. Est-ce ainsi que les Conseils travaillent? Est-ce ainsi qu’on fera décoller ces « Terres de confluences »?

Festival de la voix: Castel change de ton

On croyait Castelsarrazin  attachée à faire vivre la Communauté de communes. Certains imaginaient déjà, nous en étions, l’arrivée du « Festival Alors chante » comme événement fondateur de ce nouvel espace économique et culturel. Confirmée sur les ondes de France Inter, l’arrivée de ce festival a bientôt été démentie. Rideau!

Sollicitée par MCV (Moissac culture vibrations) pour accueillir le Festival de la Voix qui essaime dans les petites communes de la Com-com, Castel a fait part d’une fin de non recevoir, estimant dans un courrier officiel que sa participation dans cet événement culturel dépendait du nombre de spectacles présentés dans ses propres salles. Manifestement l’accord n’était pas possible, certainement pas souhaité par la mairie de Castel. Nous aurons donc, cette année encore, un Festival de la voix confiné à Moissac avec quelques petites incursions alentour. Point!

Comment faut-il donc interpréter cette attitude de la municipalité de Castel? Inimitiés personnelles, désaccord sur le contenu de la manifestation, attente d’une solution alternative avec Alors chante soudain réveillée telle une Belle au Bois dormant? Tout est possible. A l’évidence, il est plus facile de s’entendre sur le financement d’une caserne de pompiers (qui demeure rappelons le de la compétence du Département) que sur une manifestation culturelle qui n’attend qu’une chose: élargir son périmètre de diffusion et donner ainsi chair culturelle à ces « Terres de confluence »

Gillis aero veut prendre l’air

L’entreprise Gillis aéro, spécialisée à Moissac dans la sous-traitance aéronautique, traitement de surface, usinage de précision et fixations aéronautiques, qui emploie une cinquantaine de salariés dont une trentaine de Moissac, envisage de déménager vers Dieupentale où elle possède des locaux qui pourraient se libérer bientôt.

La mairie de Moissac assure qu’elle a tout fait pour retenir cette entreprise. En vain dit-elle! Fataliste, elle s’apprête à voir partir une des rares unités industrielles de la ville. Le départ de cette entreprise, assujétie à l’impôt local (contrairement aux coopératives fruitières) donnerait encore un mauvais coup aux finances de la ville, déjà mises à mal par la baisse des dotations de l’état.

Moissac: l’adjoint aux finances tire sa révérence.

C’est confirmé, ce sera officiel lundi quand le préfet aura reçu le courrier : Daniel Botta, adjoint aux finances, bras droit de Jean Michel Henryot, a démissionné de tous ses mandats, mairie de Moissac et communauté de communes. C’est l’aboutissement d’une crise qui couvait depuis déjà longtemps. L’adjoint indisposait nombre de ses colistiers, qui acceptaient mal disent-ils, ses « caprices », sa propension à mettre sa démission dans la balance, à vouloir être calife à la place du calife. Il aurait mal vécu, si l’on en croit certains élus de la majorité, le fait de ne pas être le candidat de sa famille politique aux départementales.

Tout cela est certainement vrai, Jean Michel Henryot qui a gagné de l’appétit, depuis qu’il est entré à la mairie,  lorgne maintenant sur un poste d’élu départemental, embarquant dans l’aventure la mairesse de Montesquieu, Annie Feau, comme suppléante et Maryse Baulu, adjointe à Moissac, comme co-équipière. Mais au fond, ce sont deux conceptions, deux approches de la gestion municipale qui s’affrontaient. Celle du maire, faux modeste de la politique, mais qui aux dires de nombre de Moissagais, apparait de plus en plus comme l’ombre du maire de Castel et celle de Daniel Botta, grand argentier,  jaloux de ses prérogatives et guère enclin à la fantaisie budgétaire.

En fait, la crise s’est dénouée dimanche dernier, au cours d’une réunion privée chez le maire qui habite la commune de Montesquieu. Réunion discrète avec les adjoints du premier cercle, sans Daniel Botta qui a séché le conclave. Mais ce dernier avait  déjà tiré ses conclusions et sa révérence :  la démission! Au final, cela ressemble à une purge, l’adjoint aux finances qui se revendique de l’UDI, étant devenu persona non grata au sein de l’équipe UMP, en tout cas au yeux  de certains.

Et maintenant qui pour le remplacer à ce poste stratégique? Ça gamberge sec, d’autant que les compétences en la matière ne sont pas légion dans l’équipe municipale. Il y aurait bien Michel Cassignol, membre du Modem. Mais l’avocat se dit fâché avec les chiffres et jure qu’il ne veut en aucune façon de cette charge. On parle maintenant de Christine Hemery, la très discrète élue à la cohésion sociale, qui travaille dans une banque. Bref le maire n’aura pas la tâche facile, avec des élu (e)s où aucune personnalité ne parait à ce jour capable de s’imposer dans ce compartiment du jeu.

Mais la crise n’est pas finie. Entre un élu qui semble avoir disparu des écrans radar, arguant d’obligations professionnelles, et un autre de plus en plus marginal au sein de l’équipe Henryot, c’est 9 mois après son élection, la première vraie et grosse difficulté de cette équipe municipale dont on mesure déjà toutes les fragilités.