Le journalisme prend l’eau

Ils ont visité l’usine de l’eau. Le chantier plutôt car d’usine, il n’y en a guère pour l’instant. Qui? Le maire de Moissac et sa petite cour, complaisamment décrite dans un récent article par la Dépêche du Midi. Ce journal raconte ensuite par le menu ce que sera cette usine, où sera pompée l’eau, comment sera géré l’ensemble… bref, il fait en apparence son travail. En apparence seulement, car une fois de plus, il oublie de dire que cette usine fut voulue et décidée par l’ancien maire, Jean Paul Nunzi et le dossier porté par un de ses adjoints, Alain Jean…

Bon c’est vrai que nous avons l’habitude, y compris de disparaître sur les photos, comme jadis à Moscou quand l’un des dirigeants n’était plus en odeur de sainteté. Mais tout de même, en ce beau pays de France, en ces douces terres de Confluences, on a du mal à le croire et surtout à s’y faire.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même

A peine élus, les nouveaux conseillers départementaux ont mis les doigts dans le pot de confiture. Ils n’ont rien eu de plus pressé que de voter une augmentation de leurs indemnités de 23%. Vous lisez bien 23%, quand les salariés du privé comme du public, se serrent la ceinture en attendant des jours meilleurs. C’est le père Ubu au Château. On n’avait jamais vu ça et l’ancien président du département, désormais dans l’opposition,  a beau jeu de dénoncer l’opération. On le comprend: ailleurs, dans nombre de collectivités, les élus renoncent à une partie de leurs indemnités, cherchent en cette période de vaches maigres à donner l’exemple. A Montauban, on se sert, on tape dans la caisse, UMP et Indépendants, unis… pour le pire…

Les donneurs de leçons, les procureurs de l’ancien régime, n’ont même pas honte. Ils dénonçaient les fastes du CG, ils s’offrent des rentes avant même d’avoir su montrer leurs mérites. C’est une injure faite aux citoyens, notamment à ceux qui souffrent de la situation économique.

Que penser en effet d’un président qui en cette période s’octroie 5500 euros par mois (le précédent s’offrait modestement 2500 euros), et de ces vice-présidents de commissions, cumulards à la petite semaine, qui délégations après délégations, se constituent un appréciable pécule? Que dire enfin de ces simples conseillers qui vont toucher 1900 euros mensuels?

Seuls les Radicaux se sont opposés. Les quatre élus socialistes, ont troqué leur vote contre trois petits emplois aidés. C’est faire bon marché du symbole. Et oublier les engagements de campagne!

Alors chante, Terres de Confluences?

Le Festival « Alors chante » qui avait fait de Montauban un des hauts lieux de la chanson française, va s’installer à Castelssarasin. La maire UMP de Montauban n’en voulait plus. Elle lui a coupé les subventions pour mettre sur rails, un nouveau festival : « Montauban en scènes » Après des mois de demi-silences, de fausses rumeurs et vrais démentis, l’association « Chants libres » confirme. Le festival fêtera son 30° anniversaire avec un concert unique, le 12 septembre à Castelssarasin. Et c’est désormais dans cette ville qu’il va élire domicile dès 2016.

Une bonne nouvelle pour la culture qui en ce moment subit de plein fouet les coupes sombres budgétaires opérées par les municipalités. Une mauvaise nouvelle pour le Festival de la Voix de Moissac. Est-il en effet raisonnable d’avoir sur le territoire de Terres de Confluences deux festivals? L’un ne condamne-t-il pas l’autre de facto? Pourquoi les élus de l’intercommunalité ne se sont-ils pas à ce jour saisis de la question? A quoi joue le maire de Castelssarasin qui jure de son engagement dans la communauté de communes et n’a de cesse de conforter, sur tous les plans, la prédominance de sa ville? Est-ce ainsi qu’on se montre bon camarade? Que fait le maire de Moissac qui semble totalement absent du débat?

Sur cette question, comme sur d’autres, il faudra bien que les élus en charge de nos communes, se mettent à table et cessent de se cacher derrière leur petit doigt. Pour les inciter, un bon débat, des états généraux de la culture sur le territoire Castel-Moissac s’imposent!

Hôpital: le ciel reste plombé

Un peu long au démarrage, mais ça y est: le moteur tousse. Personnels et usagers se mettent à faire entendre leur inquiétude quant à l’avenir de l’hôpital de Moissac. Il y a longtemps que nous le disions, seuls alors : les projets de l’ARS (l’Agence régionale de santé) et notamment ce fameux « projet hospitalier de territoire » n’annoncent rien de bon pour Moissac. Et devant l’Association des usagers, les explications de Jacques Cabrieres, le directeur du Centre hospitalier intercommunal n’ont rien de rassurant. Tout au plus cherche-t-il à gagner du temps, à calmer les esprits.

A propos de la chirurgie. Il admet qu’un projet de restructuration impliquant Montauban et Moissac existe. Et pour cause, on l’a lu. Il veut faire croire que tout peut encore bouger. On voudrait le suivre, mais ne dit-il pas dans la foulée que la chirurgie ambulatoire est une « tendance dans laquelle l’hôpital doit s’inscrire ». Autant dire : exit tout le reste, la chirurgie viscérale par exemple et bonjour la compétition entre Mautauban et Moissac pour récupérer les miettes du gâteau!

A propos des urgences, là aussi le dossier avance lentement. Quand Jean Paul Nunzi a laissé la place à Jean Michel Henryot,  ce projet était financé. Il ne l’est plus. Il était de réalisation imminente. Plus d’un an après, le directeur parle « d’un avant projet détaillé en cours de réalisation ». Nuance de taille! Les Moissagais vont devoir prendre leur mal en patience.

Quant à la maison de retraite de Castelsarrasin, vétuste et dépassée en ce qui concerne la prise en charge des résidents, « on y réfléchit » parait-il. Avec une étude à venir sur les besoins,  qui sera suivie d’un projet architectural… Mais les financements là aussi sont inconsistants. C’est dire que rien n’est encore fait.

Une bonne nouvelle cependant : le déficit de l’hôpital s’est semble-t-il réduit. Il était de 1,1 millions d’euros. Il est tombé à 470 000 euros… en partie grâce à la chirurgie!  Qui pourrait perdre l’un de ses spécialistes si une solution n’est pas trouvée pour lui conserver son salaire, garanti par contrat jusqu’à la fin juin. Bref, le ciel est loin d’être dégagé. Il est temps d’exiger un grand débat public sur les offres de soins dans le bassin de vie qu’on appelle Terres de Confluences ».

Donnez de la Voix

Il faut aider, il est encore temps le Festival de la Voix à Moissac qui a du mal à boucler son budget. Une adresse:

 https://fr.ulule.com/festival-voix/

Allez y, c’est facile comme un clic!

Il manque en effet quelques centaines d’euros pour faire face aux engagements pris en matière de programmation. Les deux élues en charge de la culture à la Mairie de Moissac lancent régulièrement un appel aux dons. C’est nécessaire. Mais il aurait été mieux que la mairie de Moissac, tout comme la Communauté de communes assument leurs responsabilités en la matière et aident, par une subvention exceptionnelle pourquoi pas, ce Festival dont tout le monde vante ou feint de vanter les mérites et l’intérêt.

Pour la première fois, il va se décentraliser réellement, offrant aux communes de « Terres de confluences » des spectacles et des soirées. L’intercommunalité aurait pu dès lors être un peu plus généreuse et donner l’exemple. Cela n’aurait pas mis à mal sa balance comptable!

Reste qu’il y a aussi à dire sur la gestion du Festival. En général, on engage des dépenses en fonction des ressources dont on dispose. Ou bien, on a recours à l’emprunt. Il est plus que hasardeux de courir ainsi après les subsides alors que parait-il le sort du festival en dépend. Il n’est pas interdit aux saltimbanques de jouer un peu aux comptables.