Régionales: à gauche ça déborde

Bon, nous sommes encore qu’au début du mois de juin. Les candidatures déclarées, potentielles, virtuelles,  fantaisistes s’agitent dans le bocal des médias, gonflent leurs petits biceps, histoire pour nombre d’entre elles de montrer leur capacité de nuisance et d’obtenir in fine une « bonne place » sur la liste capable de l’emporter. En clair, elles veulent obliger le PS et donc Carole Delga à composer avec elles, petit chantage entre « amis », petite entourloupe politique et gros danger quand les électeurs vont se faire entendre, les 6 et 13 décembre prochains.

Car c’est mal parti pour la gauche. Et Martin Malvy, le Président de Midi Pyrénées a bien raison d’en appeler à la raison, au rassemblement dès le premier tour. Faisons le compte: des écolos qui veulent se mesurer, un Parti de gauche qui veut s’opposer,un PCF qui veut sauver ses derniers meubles, des apparatchiks qui veulent s’habiller en Podemos et un PRG qui a décidé de faire bande à part… Le trop plein!

Aborder le premier tour de scrutin dans un tel équipage, c’est à coup sûr pour le parti socialiste et ses alliés naturels, amoindrir très sérieusement leurs chances de victoire. Car c’est aborder le second tour, face à la droite et à l’extrême droite, dans la plus mauvaise des positions, en queue de peloton. C’est se priver d’une dynamique, c’est envoyer aux électeurs un très mauvais signal.

Le second tour obligera bien entendu à des négociations, des tractations diverses et multiples. Il n’est pas sûr, le contraire est même certain, qu’elles aboutissent dans tous les cas. Ce qui n’a pas été possible quand chacun disposait du temps nécessaire, risque fort de ne plus l’être en l’espace de quelques jours. Sans compter l’effet détestable que de tels arrangements de dernière minute peut avoir sur nos concitoyens. Comment pourraient-ils faire confiance à des candidats, prêts à troquer leurs convictions, à mettre l’éteignoir sur leurs critiques les plus acerbes, pour un plat de lentilles? C’est ainsi que l’on déconsidère la politique et les procureurs les plus imprudents de la gestion socialiste, les zélotes du « y’a qu’à, faut qu’on » feraient bien d’y réfléchir à deux fois!

A moins que certains, adeptes de la politique de la terre brûlée, parient sur la défaite des socialistes. Pour avoir raison, certains sont prêts à tout, l’histoire est là pour nous le remettre en mémoire. On le voit l’enjeu est de taille: conserver à gauche Midi Pyrénées et Languedoc Roussillon. Pour ce faire, il nous faut bien sûr une équipe renouvelée et rajeunie, dans tous les départements, et une patronne à la manoeuvre, Carole Delga.

Mais il nous faut aussi un programme qui sache prendre en compte les aspirations de deux régions,  voisines et si peu semblables, qui sache donc fédérer, capitaliser sur le travail accompli ces dernières années et innover! Conditions sine qua non pour susciter une mobilisation populaire, la mobilisation de tous nos militants, et sympathisants, et de tous les citoyens qui ne veulent pas laisser les clés de la maison à la droite, extrême ou pas!

Au pays des Cathares, nul n’est parfait

Montpellier et Toulouse promises l’une à l’autre par la grâce de la réforme territoriale, ne sont pas loin de se crêper le chignon. Le mariage ne s’annonce pas gai!

En fait, les élus de gauche se chicanent sur les attributions de leurs métropoles respectives. Ville rose, ou Surdouée, chacune se rêve capitale. Et à l’évidence, le bras de fer tourne vinaigre, au point d’inquiéter F. Hollande et Manuel Valls. Pour calmer ce petit monde mais surtout faire le point sur l’imbroglio politique, le premier ministre  convoque les protagonistes à Matignon, en terrain presque neutre. Date de cette rencontre : le 15 juin. Y sont conviés, Martin Malvy, président de Midi Pyrénées, Damien Alary, président de la région Languedoc Roussillon, Carole Delga, vice présidente de la région Midi Pyrénées, tête de liste socialiste aux prochaines régionales et Philippe Saurel, l’empêcheur de convoler en rond, par ailleurs maire de Montpellier. Pour Paris, il est temps de contraindre à une paix des braves, faute de quoi, la gauche risque de perdre la nouvelle région.

Car à droite des socialistes, un autre danger les menace, une liste « radicale fourre tout » que cherche à construire Sylvia Pinel, ministre du logement et protégée de Jean Michel Baylet. Elle a récemment intronisé Didier Codorniou, l’ex rugbyman, vice président de la région et membre des radicaux depuis octobre 2014, comme le deuxième de sa liste. Elle continue à faire les yeux doux à Philippe Saurel qui s’interroge sur sa candidature, mais ne cache pas ses relations avec le PRG : « Il nous appartient de donner aux populations dont nous avons la charge une autre représentation que celle d’un Parisien ou d’un apparatchik » a-t-il déclaré récemment à la Dépêche du Midi.

A l’évidence, Jean Michel Baylet qui n’a pas digéré ses défaites dans son propre département, cherche à faire payer l’addition à ses anciens alliés locaux. Chantage ou détermination sans faille? L’homme entêté ne décolère toujours pas. Il faut ajouter à cela que le ministère régalien qu’il convoite risque fort de lui échapper. Voilà donc qui pourrait hâter l’heure de vérité entre radicaux et socialistes des terres cathares.

Com-com : parodie de démocratie

C’est à Montesquieu que s’est tenue la réunion du Conseil communautaire de Terres de Confluences. Trois dossiers importants étaient à l’ordre du jour.

Zig-ZAC

La ZAC de Fleury est en panne depuis des années. Prévue sur 127 hectares, elles apparait aujourd’hui sur-dimensionnée. Il a été décidé de la réduire des deux tiers, soit un peu plus de 40 hectares et de lancer les procédures administratives afin de pouvoir y accueillir la fameuse caserne des pompiers et peut-être un jour la piscine intercommunale.

Préfabriqués

A l’étroit dans ses locaux, la Communauté de communes va s’agrandir. Des bâtiments provisoires vont accueillir sur 206 m2, une dizaine d’agents de l’urbanisme pour travailler sur le PLUI, le plan local d’urbanisme intercommunal. Coût de l’opération estimé à 251 000 euros. Mais ces préfabriqués ne dureront qu’un temps, il faudra bientôt construire en dur, donc repasser à la caisse. Double dépense, qu’il était possible d’éviter. On peut en effet aujourd’hui, avec les moyens informatiques, faire travailler des équipes techniques dans des lieux différents, en l’occurence Castelsarrasin et Moissac,  Mais les délégués communautaires ne semblent guère préoccupés par les économies. Gérard Vallès s’est abstenu pour dire son opposition à ce mode de gestion.

Praesidium

Opposé aussi à la nomination d’une nouvelle vice-présidente, Colette Rollet en remplacement de Daniel Botta, démissionnaire, Un poste à 940 euros mensuels alors que l’exécutif communautaire est inutilement pléthorique.

Le Contrat

Et puis, les délégués devaient se prononcer sur le Contrat de ville de Moissac. Un contrat  dont bien peu connaissaient le contenu et qu’ils ont pourtant approuvé comme un seul homme, ou presque. L’autre hic, c’est que l’exécutif a mis la charrue avant les boeufs. Ce contrat n’a même pas été discuté en conseil municipal de Moissac. il le sera jeudi prochain. Et serait-il amendé que cela ne servira à rien, il est déjà entre les mains des services de l’état! Bousculé sur ce terrain, le maire de Moissac s’est réfugié derrière un calendrier très serré qui l’aurait empêché de faire les choses dans l’ordre. Il n’empêche, il lui appartient de respecter les règles. Cette parodie de démocratie ferait rire, jaune tout de même,  si le sujet n’était pas d’importance. Jeudi on remettra le couvert.

PS 82 : Le message de la Fabrique

Le vote des militants socialistes de Tarn et Garonne est sans appel. Ils ont donné à la motion de Valérie Rabaut, secrétaire Fédérale du parti une très large majorité. 56,7% des voix contre 26,6% à celle de Jean Christophe Cambadélis, le patron national du PS. Les Frondeurs ont obtenu 14,4% voix et la motion de Florence Augier: 2,1%.

La Fabrique, la motion de Karine Berger et Valérie Rabaut, arrive en troisième position au national. Ce texte, un brin critique sur la politique gouvernementale, se veut à mi chemin entre les frondeurs et la majorité actuelle du parti. Il entend redonner aux militants un rôle majeur, tout en proposant une approche économique plus conforme aux orientations et valeurs de la gauche. Il est le manifeste d’un parti socialiste capable de prendre en charge, sans démagogie, ni renoncement, les aspirations du peuple de gauche et au delà de tous les citoyens de ce pays, bousculés, déboussolés parfois, par la brutalité du système. Certes, le congrès de Poitiers, en juin prochain, ne ménagera pas de surprise. La ligne Hollande sera validée et JC Cambadélis sera réélu. Mais le parti, le gouvernement ne pourront pas ne pas entendre les messages de la base. Entre les frondeurs critiques, sans que l’on sache s’ils veulent un retour aux thèses du Programme commun et la Fabrique, réaliste, qui propose une voie médiane, donc une inflexion de la ligne économique, l’avertissement pèse son poids : 40% des électeurs. Ce n’est pas rien!

Autre message et non des moindres, le taux d’abstention pour ce scrutin militant. Mais les chiffres ne disent pas tout. Ils ne disent pas que nombre de militants, socialistes encore, n’ont pas pu voter parce qu’ils n’étaient pas à jour de cotisations. En cette période de crise, certains « oublient » de payer une année. Erreur fatale, car le jour du scrutin venu, le militant rechigne à faire « le gros chèque ». Certes un parti de militants est un parti de cotisants. Mais là aussi, le PS serait bien avisé de revoir un tantinet les procédures et surtout d’embarquer plus souvent, plus profondément, tous ses membres dans la réflexion et la proposition. Le monde bouge vite et les engagements de congrès ne tiennent souvent pas la distance à l’aune du réel.

Enfin, disons le, le vote militant en Tarn et Garonne est un appui clair et sans détour à la politique menée dans le département par la secrétaire fédérale. Il la conforte dans ses pratiques démocratiques et dans la manière dont elle a conduit les relations, puis les négociations avec les partenaires de gauche. Ce ne fut pas une partie de plaisir. Le Front de gauche, les Verts et surtout les Radicaux ne sont pas des partenaires faciles. On a vu les conséquences désastreuses de la ligne Baylet, fermé à tout compromis. Il est temps que chacun comprenne qu’il n’y aura pas de succès électoraux, sans un minimum d’union. Les prochaines régionales n’échapperont pas à cette règle. Si la gauche part à la bataille en ordre dispersée, elle risque fort au second tour de rester sur le bord du chemin et du coup de perdre les deux régions, Midi Pyrénées et Languedoc-Roussillon réunies, dont les réalisations font honneur à ses Présidents et aux majorités qui les ont dirigées.

Calvi, c’est fini…

Voilà donc un premier amour qui tourne court. La politique ne fait pas dans le sentiment. Daniel Calvi vient de l’apprendre. Le maire, Jean Michel Henryot n’a pas pour le coup tergiversé. Il faut dire qu’il a acquis une certaine habitude, il y a quelques mois, et pour des raisons encore mystérieuses à ce jour, il avait poussé vers la sortie Daniel Botta, un autre de ses adjoints et non des moindres puisqu’il était le grand argentier de cette équipe UMP.

Daniel Calvi vient donc de perdre sa délégation au développement économique et à la recherche d’entreprise. Risque de conflit d’intérêts explique le maire. Possible! L’adjoint en question, dont le commerce est en liquidation judiciaire, souhaitait récupérer un terrain de la zone du Luc. Un terrain qui ne serait pas commercialisable pour l’instant. Bref l’embrouille s’annonçait dangereuse. De quoi écorner un peu plus l’image de cette équipe qui a bien du mal à maintenir sa cohésion. Et qui va devoir étaler ses bisbilles lors du prochain Conseil municipal, le 4 juin.

Sans délégation, Daniel Calvi peut cependant rester conseiller municipal. Il perd ses indemnités mais conserve son poste à la Communauté de communes. Pierre Fontanié, son remplaçant putatif, risque de récupérer un dossier délicat, celui de la zone du Luc, restée en jachère depuis l’implantation d’Intermarché. Mais la majorité UMP n’est peut-être pas au bout de ses peines. On dit que Daniel Calvi pourrait bien contester devant les tribunaux la décision de la mairie de lui refuser le terrain qu’il convoitait.