Moissac perd sa trésorerie

Il s’agit en fait de la perçeption, des services fiscaux qui vont pour une partie émigrer à Castelsarrasin, pour une autre rejoindre Montauban. Le maire de Moissac qui s’est bien gardé d’en informer son Conseil municipal était au courant depuis le mois de janvier. L’information a finalement transpiré à l’occasion d’une réunion intercommunautaire sur le devenir de l’hôpital.

Ce jour là étaient convoqués le Président de Terres de Confluences, le maire de Castelsarrasin, le président du Comité de défense de l’hôpital et le maire de Moissac, Jean Michel HENRYOT  qui avait oublié l’heure de la réunion. Il s’agissait juste de faire le point sur l’avancement du projet de l’ARS, l’Agence régionale de santé qui veut rapprocher les hôpitaux de Montauban et de Moissac. Un projet (lire plus bas) qui inquiète fortement les Moissagais et sur lequel l’opposition socialiste au Conseil municipal ne cesse d’interpeller le maire.

Faute d’informations précises et rassurantes, le Comité de défense a décidé de s’adresser directement au préfet de Tarn et Garonne. Ci dessous vous pourrez lire le principal de ce courrier qui n’a pas encore reçu de réponse.

Nous avons appris incidemment la réduction très importante du service public qu’est la Trésorerie de Moissac.
Dans ce cadre, il semblerait que la gestion de l’hôpital Castel-Moissac serait transférée à la Trésorerie de Montauban, ce qui serait préjudiciable pour les familles des résidents des EHPAD de Castelsarrasin et Moissac qui perdraient ainsi un service de proximité.
Notre inquiétude, et la raison de notre intervention, est la menace d’une gestion commune des établissements hospitaliers de Montauban et Moissac, ce qui pourrait constituer une première étape vers la fusion de ces deux établissements.
Aucune information n’a été communiquée, ni aux médias, ni à la population, ni au personnel, ni au Conseil de Surveillance.
Nous vous serions très reconnaissants de nous faire connaître rapidement le contenu de cette éventuelle décision administrative.

Moissac, la droite fait le ménage

C’est le moment, c’est l’été, la saison des mauvais coups! Fin de contrat pour Jean Pierre Simonot. Après plus d’un an de bons et loyaux services à la tête de la communication municipale, il vient d’apprendre que son contrat ne sera pas renouvelé. Son péché originel : avoir été choisi et nommé par l’ancienne majorité de gauche. Qu’importe son engagement au service de la ville, ses qualités professionnelles, son savoir faire, son ouverture aux autres!

L’aile dure de la majorité municipale voulait sa peau. Le maire a emboîté le pas à ses ultras. La communication municipale perd donc un de ses piliers. Une seule personne désormais pour faire le travail, c’est bien peu quand on sait  le poids de la communication aujourd’hui. Sauf à sacrifier un peu plus l’avenir de la ville, la droite va devoir trouver des pis-allers, comme le transfert de certains personnels. Mais la « com » c’est un métier! Alors? Autre solution: le recours à des prestataires de service.  D’autant plus probable que la directrice de l’Office du tourisme, dont on dit qu’elle pourrait superviser la com municipale, a ses entrées dans ce petit monde.

Pour justifier ses décisions, le maire a recouru à l’argument économique : il faut en ces temps de vaches maigres diminuer la masse salariale. Foutaises ! Quand on sait qu’il embauche des vacataires pour remplacer les congés, quand on sait que l’audit sensé proposer une réorganisation du personnel et des modes de gestion a accouché… de  la mise au placard du DGS.

Fatigué, écoeuré, sans perspective professionnelle, ce dernier, Eric Trescazes a décidé de tirer sa révérence. Il quitte Moissac et laisse la place libre à son successeur, dont le profil convient mieux aux élus de droite. Une droite qui en dépit de ses engagements n’hésite pas à pratiquer le « spoil system ». En bon français cela pourrait s’écrire croisade!

Régionales: le coup de Pinel

Une conférence de presse nationale nous l’a appris, l’accord PS-PRG est enfin conclu! La fin d’un interminable suspense… Au bras de fer, Baylet est bien meilleur que Cambadélis. Obligé de sauver ce qu’il reste de la majorité présidentielle, le chef du PS a du passer sous les fourches caudines du nouveau magnat de la presse régionale.

Car l’accord en question concerne en priorité et presque exclusivement le Sud (Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon), le nouveau terrain de chasse de la maison Baylet.

« Nous ne pouvions pas nous permettre de perdre un allié, on ne peut pas gouverner qu’à coups de 49/3 »

disent en coeur les caciques socialistes. Certes! Mais 18 places éligibles (contre 16 en 2010), 3 têtes de liste départementales, une 1° vice présidence garantie à Sylvia Pinel, le prix de cette cynique poignée de main n’est-il pas déjà trop élevé?

Dans cette affaire, le PS risque d’être le seul, le grand, perdant. D’abord au niveau national: rien ne garantit la loyauté d’un partenaire qui au Sénat a souvent fait défaut à ses alliés. Au niveau régional ensuite où le PRG s’assure d’une représentation sans commune mesure avec ses capacités militantes. Mais cela serait sans grande importance, si à l’issue d’un premier tour que cette fois on prévoit difficile, il ne faudra pas négocier avec d’autres listes et donc leur offrir des places éligibles. Elles ne seront pas légion! Voilà qui réduira sérieusement le nombre d’élus socialistes, au risque de faire perdre au parti la majorité au sein du Conseil régional. Et donc la présidence à Carole Delga! Au niveau du département enfin. Le PRG a obtenu la tête de liste pour Sylvia Pinel. Le coup… de Pinel, un véritable hold up politique! Le énième bras d’honneur à une Fédération socialiste qui élection après élection avale toutes les couleuvres radicales, sans jamais en être payée de retour.

Les roses voient rouge

Municipales perdues, cantonales perdues, sénatoriales perdues et chez les socialistes comme une envie de prendre la tangente…! Le radicalisme, réduit au Bayletisme, gangrène la vie politique dans le département, ramène la réflexion à des gesticulations électorales, pour en faire une pitoyable  course aux échalotes. Le système s’est effondré, mais le cadavre bouge encore et métastase en profondeur les corps politiques, de gauche comme de droite.

Réunis en Conseil fédéral, les socialistes ont réitéré leur entier soutien à la candidature « Delga-Alary », mais ils ont refusé dans un texte envoyé à Jean Christophe Cambadelis d’être placés sous la curatelle Pinel. Ils revendiquent des places éligibles dans la future liste et ne veulent pas faire les frais des négociations avec les possibles, éventuels, improbables alliés de dernière heure. Ils demandent également au PRG de s’engager par écrit et publiquement à soutenir la candidature à la présidence de région de Carole Delga. Ils estiment enfin qu’en l’état, et à défaut d’évolution positive dans la constitution de la liste départementale, il appartient au seul PRG d’organiser localement la campagne.

Bref, et il fallait s’y attendre, les socialistes tarn-et-garonnais qui ont voté majoritairement il y a quelques semaines contre l’hypothèque radicale, voient rouge. Et ils le font savoir! Il est vrai que le dernier gag de cette affaire qui est à l’évidence loin de sa conclusion, revient à Manuel Valls, qui pour complaire à Baylet et sauver malgré tout le soldat Alary (actuel président du Languedoc Roussillon) est prêt à inventer un nouveau poste, celui de co-président de région. Et à le faire voter en automne par le parlement. On sait depuis longtemps que le ridicule ne tue plus. Mais on sait aussi qu’à trop prendre les électeurs pour des gogos, on s’expose au retour de bâton. Décidément, on ne se méfie jamais assez de ses « amis »…!

 

Pauvres maires de Tarn et Garonne

Les maires de Tarn et Garonne  ont récemment tenu conclave pour se plaindre, du mauvais sort que leur réserve l’Etat. Il est vrai que les dotations ont sérieusement baissé et que rien ne dit que ça ne va pas continuer. Ce qui interdit à nombre de communes, d’investir à tout va et les oblige souvent à faire des choix budgétaires dont elles craignent qu’ils soient bien peu payants électoralement parlant.

Tout ceci est vrai. Et vu de ce côté des territoires, on peut le regretter, et même faire chorus avec ces édiles. Mais, on peut aussi se dire que la crise, c’est aussi l’occasion de remettre en question les habitudes, voire même les organisations.

Pour 254000 habitants, le département compte 195 communes soit en moyenne 1303 habitants par commune et seulement 15 intercommunalités dont la plus petite, le Quercy Vert revendique à peine 5100 citoyens. Est-ce bien raisonnable? Ne pourrait-on pas en finir avec cet émiettement? Chaque commune, c’est un Conseil municipal, des locaux, du personnel… des frais donc, beaucoup de frais… A quoi sert-il d’avoir tous les 5 kilomètres une salle polyvalente, une maison des chasseurs, des terrains de sports occupés 10% de l’année?

Il faut en finir avec ces 195 communes. Elles doivent se regrouper, en finir avec cette organisation d’un autre âge. Elles doivent aussi se fédérer au sein d’importantes intercommunalités, aux compétences étendues. L’occasion de mutualiser les moyens, de supprimer les doublons en terme d’emplois, d’investir plus efficacement et plus rationnellement! De rééquilibrer aussi les capacités des différents territoires. Est-il normal qu’au sein du Syndicat des deux Rives, la manne Golfech permette à certaines communes de se passer d’une partie des taxes locales?

Ceux qui pleurent, résistent aussi de toutes leurs forces au changement, chacun accroché comme un noyé à son esquif, à sa parcelle de pouvoir. Dans la loi « NOTRE » sur la nouvelle organisation territoriale, l’Etat s’est montré une fois de plus trop frileux. Il fallait aller plus loin, inciter plus et mieux les collectivités locales à se regrouper, tailler aussi dans le maquis des compétences. C’est le moment, c’est nécessaire!

 

Régionales: la bourse des valeurs

Le Pinel vaut-il plus que l’Alary? Les experts socialistes, au premier chef, Christophe Borgel, député de Haute Garonne et responsable des Fédérations, se prennent la tête sur cette épineuse question.

Le chantage de Jean Michel Baylet ravage une fois encore les rangs socialistes. Dépité, avide de vengeance après ses défaites électorales, le patron du PRG exige pour sa protégée le poste de 1° vice présidente. A défaut de quoi, il menace de rejoindre Philippe Saurel, le maire de Montpellier, en délicatesse depuis l’affaire Frêche avec la rue de Solférino, et bien sûr avec la Fédération de l’Hérault.

Cette revendication « radicale » est totalement incompatible avec la représentation des territoires. A Midi Pyrénées la présidente, au Languedoc Roussillon le 1° vice président. Un difficile équilibre avait été trouvé. Damien Alary qui préside encore cette région, tient mordicus à cette répartition des rôles. On le comprend. La surdouée n’est pas disposée à se laisser conter violette! L’oukase PRG est aussi indéfendable.  Deux ministres femmes en tête de liste, ce serait faire peu de cas de la parité et interdire pour quelques années encore, le nécessaire renouvellement des responsables. Enfin, sauf à se renier, Philippe Saurel ne pourra faire un accord en bonne et due forme avec les Radicaux,  il crie trop haut et trop fort son aversion pour les accords de partis!

Comme on disait naguère, pendant l’été le combat continue. Feutré, à peine relayé par quelques journalistes pugnaces! Les militants n’en sauront rien ou pas grand chose, eux qui ont voté très majoritairement pour l’équipe Delga-Alary. Une consultation dont on mesure jour après jour le peu de valeur qu’elle a aux yeux des appareils politiques. Une fois de plus, le PS est en passe de se coucher devant ce « partenaire » qui n’a ni consistance idéologique, ni poids électoral, et qui a voté, au Sénat en particulier, contre nombre de textes d’inspiration socialiste. Majoritaire, le PS apparait comme le vassal non pas d’un parti, mais d’un groupe de presse, La Dépêche,  qui vient de réaliser l’accord parfait en contrôlant désormais la grande majorité des médias du Languedoc Roussillon. N’est-il pas surprenant que l’empire Baylet s’étende désormais sur le territoire de la nouvelle grande région? N’est-ce pas au passage une grave atteinte au pluralisme que nombre de beaux esprits, j’en fus, dénoncèrent,  quand Hersant, le « Papivore » ambitionnait de racheter titres après titres.

Passer tout par dessus bord, militants, élus, convictions… Perdre son âme dans un marché qui donne de la politique la pire des images, celle de la course aux échalotes… pourquoi le PS n’a-t-il pas mis autant d’ardeur et de constance à rassembler les autres partenaires de gauche et qui ont sur le terrain de l’engagement politique, du projet sociétal,  d’aussi grands mérites, pour le moins, que le PRG?

Poser la question, c’est peut-être y répondre. Sur la plage, à la montagne, ou au fond d’un verdoyant bocage, gardez l’oeil ouvert et les neurones en alerte. Le PS, la gauche peuvent encore avoir besoin de vous.