Le magnum et le voleur

La police municipale de Moissac sera bientôt armée. Elle disposera de révolvers, des  357 magnum de marque Manurhin prêtés pour 5 ans – cela fera l’objet d’une convention avec l’Etat-  par la police nationale. Nos 7 policiers qui ont parait-il déjà fait joujou avec des armes, devront néanmoins suivre une formation initiale de 57 heures. Dans ce domaine, la mairie tient donc ses promesses, et cajole dans le sens du poil les représentants de l’autorité.man_5

Révolver à la ceinture, faux 4/4 et vraies Ray-ban, bureaux refaits à neuf en coeur de ville, nos shérifs n’auront  plus rien à envier à leurs collègues américains, même si aux dires de l’adjoint en charge de la sécurité « Moissac n’est pas Chicago ». Voire!

On ne connait toujours pas, en tout cas ils ne sont pas publiés, les chiffres de la délinquance dans la commune (*). Naguère, mais je vous parle là d’une autre époque, la gendarmerie n’hésitait pas à les mettre sur la place publique. Faute de statistiques, il reste le vécu. le ressenti comme disait un premier ministre. Et là rien ne va plus. Panique au Sarlac! Dans ce quartier à la fois populaire et pavillonnaire, les vols se multiplient. Excédés, les habitants, à en croire les témoignages recueillis par le quotidien régional,  se sentent abandonnés. Mais il faut dire, à la décharge de l’équipe municipale qui a fait de la sécurité son crédo, que les 42 caméras de vidéo surveillance annoncées lors du dernier Conseil municipal, n’ont pas encore été installées. Elles ne le seront pas dans le quartier du Sarlac qui n’est pas annoncé comme la première priorité de ce dispositif.

Certes les caméras, quand elles sont judicieusement placées, peuvent aider, et dissuader le voleur! Mais le voleur apprend vite… à apprivoiser les objectifs. Et comme il n’y aura personne pour regarder en temps réel les images, le voleur ne sera pas dérangé, encore moins inquiété par une escouade de policiers municipaux…  pourtant armés jusqu’aux dents.

Moissac  nous fait le coup de la gesticulation sécuritaire. On affiche la panoplie, on raconte à coup de clichés une histoire sensée rassurer les braves gens, mais Moissac ne fait que de la communication. Sans grands effets, mais à grands frais!

(*) Ils ont très fortement augmenté dans le département

Tourisme: Moissac à la peine

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Pas de doute, quelque chose ne tourne plus rond dans le tourisme moissagais. Ce tableau montre la baisse inquiétante de la fréquentation du cloître, et ce malgré les moyens importants consentis par la municipalité à l’Office du tourisme. A peine 60000 visiteurs en 2015 venus pour 35% d’entre eux de la région Midi Pyrénées, quand ils ne sont que 11% originaires de l’Aquitaine voisine. La boutique, avec une fréquentation en baisse est tout de même parvenue à améliorer son chiffre d’affaire. Chez les visiteurs étrangers, en tête les Allemands et les Espagnols. Maigre consolation, Moissac écrase le Musée Ingres de Montauban qui accueille moitié moins de visiteurs. Pas de quoi pavoiser donc! C’est tout le département de Tarn et Garonne qui n’attire décidément pas les foules. Et si l’on veut croire que l’été 2015, trop chaud en juillet, n’a pas aidé à améliorer la performance, il faudra bien que les élus et les responsables du tourisme s’interrogent sur cette désaffection. Et prennent les mesures qui s’imposent!

Les manifestations que la ville soutient ou finance ont bien du mal à rayonner au delà du bassin de population. Le Festival des Voix rassemblerait, c’est une estimation, quelque 10000 spectateurs, et à peine 5000 personnes pour la Fête des fruits. Pour le coup, c’est Montauban qui nous dame le pion: 40000 spectateurs pour Montauban en scène, 8000 à Valence d’Agen pour le spectacle Au fil de l’eau.

Le camping qui offre 109 emplacements et 13 bungalows connait aussi une baisse de fréquentation: 2000 nuitées en moins en 2015 par rapport à 2014. Le port, en revanche fait un peu mieux que l’année précédente. La voie verte, le long du canal, lui emboîte le pas, puisque malgré un été chaud ou peut-être à cause de cela, elle enregistre en 2015 une fréquentation équivalente à 2014: 70000 comptages à Castelsarrasin.

Source: Observatoire économique 2015. Office du tourisme de Moissac.

 

Sylvia Pinel veut se placer dans la 5°

Sylvia Pinel a  quitté son ministère du logement et du même coup, son bel hôtel particulier du VII° arrondissement à Paris. Jean Michel Baylet s’en est aussitôt emparé, lui qui trouvait indigne de son standing les locaux du ministère des collectivités locales. Encore une histoire de valeur!

On prête à la nouvelle patronne du PRG, l’intention de se représenter à la députation en 2017, non plus dans la 2° circonscription de Tarn et Garonne, mais dans la 5° de Haute Garonne (Fronton, Grenade, Toulouse).  Cette circonscription est acquise à la gauche depuis 1997, et la sortante socialiste, Françoise Imbert, a  indiqué qu’elle ne souhaitait pas se représenter. Il n’en fallait pas plus pour aiguiser l’appétit de l’ex ministre prompte à caresser ainsi la perspective  d’ une réélection. Mais, ce transfert n’est pas du goût de tous les militants socialistes. Une pétition circule déjà dans les rangs du PS de la 5° pour s’opposer au parachutage de Sylvia Pinel. Pour l’instant, la Fédération de la Haute Garonne feint de ne rien voir. Passez au large, il n’y a pas de sujet! Il est vrai que l’année prochaine le contexte politique s’annonce plutôt difficile pour le PS et ses alliés, en particulier en Tarn et Garonne où le Front national se taille la part du lion. Il a dépassé les 40% sur la 2°circonscription à l’occasion des élections régionales.

Forte de sa position de vice présidente de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Sylvia Pinel cherche une fois de plus à faire plier son grand allié socialiste en choisissant sa circonscription. Il semble même que Jean Michel Baylet soit déjà intervenu auprès de Carole Delga pour qu’elle légitime ce parachutage. Il est vrai qu’elle n’a pas grand chose à refuser au ministre des collectivités locales et ci- devant PDG de la Dépêche. Ainsi, à l’occasion du Salon de l’agriculture, la région a acheté et distribué 100000 exemplaires d’un tiré à part du journal. A 40 centimes l’unité, ça fait une belle enveloppe. Une aide à peine déguisée qui risque de susciter quelques mouvements d’humeur parmi les élus régionaux.

Hôpital: front commun

Le Chic, le Centre hospitalier intercommunal de Moissac, ça fait plus classe, le Chic disais-je, survivra-t-il au traitement de choc que lui préparent l’ARS (l’Agence régionale de santé) et les consultants spécialisés? Depuis quelques semaines, ils font plancher des groupes d’experts, des professionnels du secteur qui doivent faire entrer de gré ou de force l’hôpital de Moissac dans le cadre défini par la loi santé. Quatre réunions ont déjà eu lieu, quatre sont en cours pour fondre dans une structure commune Montauban et Moissac. Ces travaux doivent accoucher d’un projet de territoire, donc d’une nouvelle répartition des rôles,  qui sera présentée aux élus et mise en place avant le 1° juillet pour une période expérimentale de 6 mois.

Le Comité de défense de l’hôpital demande par la voix de son président Jean Paul Nunzi que le plateau chirurgical dont le renouvellement était initialement prévu en 2016, soit maintenu. C’est en effet la condition sine qua non pour que Moissac continue médicalement à exister. Le 15 février dernier au cours d’une rencontre avec le Comité,  Pierre Mardegan, président de la CME de Montauban,  a presque éludé la question: « le dossier doit être complet » s’est-il contenté de répondre. Et dans la foulée de précisIMG_2784er qu’il faut pour Montauban un hôpital moderne. Mais bon prince le docteur Mardegan se s’est pas montré hostile à l’idée que Moissac devienne l’hôpital support de la nouvelle structure. Les Moissagais peuvent toujours rêver! A moins qu’il ne s’agisse là d’un artifice permettant de faire endosser à Moissac les dettes de Montauban!

J.M. Henryot veut rafler la mise

Bref comme dirait le docteur Henryot, par ailleurs maire de Moissac, « il faut rester vigilant ». Il parle d’or monsieur le maire, lui qui s’attribue dans le bulletin municipal, sans que le rouge ne lui monte au front, le mérite de la mobilisation pour le maintien de notre hôpital. Il oublie un peu vite que c’est l’opposition de gauche qui depuis des mois, à chaque conseil municipal, met la question de l’hôpital sur la table, le sommant d’agir et de rendre compte. Il fait fi du travail du Comité de défense, qui a su en quelques mois, créer le rapport de force avec l’ARS, portant ainsi la voix des Moissagais. En cette délicate période, on fera grâce à notre édile d’une mauvaise polémique qui nous affaiblirait. Mais n’empêche: ce n’est pas bien de vouloir récupérer pour soi tout seul le front commun!

L’EPHAD de Castelsarrasin

Vétuste, mal adapté, offrant des conditions d’hébergement indignes, l’établissement a besoin d’une intervention forte de la part de la puissance publique. Pierre Mardegan qui veut bien se rendre compte sur place, a déclaré qu’il y allait de la responsabilité des collectivités. Et d’annoncer pour bientôt « une bonne nouvelle »! Le Conseil départemental, il est membre de la majorité de Christian Astruc, pourrait s’engager sur un financement amélioré des EPHAD de Montauban et Castelsarrasin.

Musée, vous avez dit musées

Après le dernier Conseil municipal, nous écrivions: « Sur la base des études lancées par l’ancienne municipalité, Moissac va installer dans l’aile est du cloître un musée-site pour présenter aux visiteurs les collections lapidaires quelques expositions temporaires et les pièces du Musée d’art et d’histoire. » La gauche a bien entendu voté cette délibération dans l’espoir qu’elle trouve rapidement ses financements, ce qui n’est pas encore acquis. Mais on ne peut pas dire, comme l’écrit la Dépêche du Midi que ce musée a été empêché par d’autres projets. Ils constituent tous, à un titre ou un autre, des atouts pour la ville. IMG_1677Ils méritent en effet une approche spécifique, mais ne se contrarient pas. Ils sont complémentaires.

C’est vrai au premier chef de l’Espace Firmin Bouisset. Il ajouterait au rayonnement culturel et patrimonial de notre ville et offrirait un pôle d’animation et de développement des activités artistiques. Des formations aux métiers des arts et de  la publicité pourraient ainsi être envisagées avec l’Education nationale et la région.

Un temps envisagée, nous ne sommes pas favorables à la création d’un musée du chasselas, mais à la mise en place avec l’inter-profession d’une maison des producteurs. Elle pourrait rassembler en un même lieu, l’histoire du chasselas (il est cultivé à Moissac depuis le Moyen âge) et offrirait un espace d’exposition et de vente des meilleurs produits de nos terroirs. Revisité, scénarisé, le musée Marguerite Vidal pourrait lui aussi trouver sa place dans ce dispositif muséal aujourd’hui nécessaire à Moissac car propre à séduire un tourisme à dimensions multiples.